Huit mois se sont écoulés depuis ce jour de janvier où l’armée américaine a capturé Nicolas Maduro. Pour beaucoup de Vénézuéliens, ce moment a d’abord représenté une libération, une bouffée d’air après des années de tension. Pourtant, le goût qui reste aujourd’hui est nettement plus amer. La peur s’estompe peu à peu, les manifestations reprennent, les messages politiques circulent plus librement sur les réseaux. Mais les réalités quotidiennes n’ont guère changé. Les salaires restent misérables, l’inflation continue de grimper, les coupures d’électricité rythment encore les journées. Dans les rues de Caracas comme dans les ateliers et les marchés, les habitants racontent la même histoire : le dirigeant est parti, mais les difficultés, elles, sont toujours bien présentes.
Une joie initiale rapidement confrontée à la réalité quotidienne
Lorsque la nouvelle de la capture a circulé le 3 janvier, de nombreux Vénézuéliens ont cru que tout allait basculer. Les attentes étaient immenses. Certains parlaient déjà d’une transformation complète du pays. Marbelis Daliz, pâtissière de 54 ans, se souvient de cette période avec une clarté particulière. Avec son mari, elle tient une petite entreprise. Elle préparait alors ses gâteaux en se disant que le Venezuela venait enfin de changer. Aujourd’hui, dans son atelier où flotte encore l’odeur des bananes fraîchement cuites, elle avoue que la réalité les a rattrapés très vite.
Les prix continuent d’augmenter de manière effrénée. Les coupures d’électricité restent fréquentes et obligent à travailler dans l’urgence. Elle prépare une pavlova à toute vitesse, redoutant que le courant ne tombe au milieu de la cuisson. Ses gâteaux couvrent à peine les coûts de production. Pourtant, elle refuse d’abandonner. « L’économie est un désastre. J’ai l’espoir qu’à un moment donné, tout cela se termine et que nous nous relevions », confie-t-elle. Cette détermination se retrouve chez beaucoup d’autres habitants qui, malgré la fatigue, continuent d’avancer jour après jour.
Des salaires qui ne suivent pas la hausse des prix
Le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole de la planète. Cette richesse naturelle n’a pourtant pas empêché une crise économique d’une ampleur rare. Le produit intérieur brut s’est contracté d’environ 80 % en dix ans avant d’amorcer une légère reprise. Aujourd’hui encore, les effets se font sentir dans chaque foyer. L’inflation annuelle en bolivars avoisine les 575 % selon les chiffres de la Banque centrale. En dollars, les analystes estiment qu’elle a tourné autour de 35 % en 2025. Ces chiffres se traduisent concrètement par des paniers alimentaires hors de portée pour une grande partie de la population.
Un panier alimentaire pour une famille se situe autour de 730 dollars d’après le centre de recherche Cendas. Face à cela, les revenus restent extrêmement bas. Zaida Mujica, travailleuse sociale de 61 ans, avait nourri beaucoup d’espoirs après la capture. Elle reconnaît que le départ du dirigeant a plu à presque tout le monde. Mais elle ajoute rapidement : « Ils ont emmené le dictateur, pas la dictature. Il n’y a rien eu qui profite au peuple. » Cette phrase résume le sentiment partagé par de nombreux citoyens. Le changement de tête n’a pas automatiquement entraîné un changement de système économique.
La présidente par intérim, Delcy Rodríguez, gouverne sous une forte pression de Washington. Elle a lancé une réforme des lois sur les hydrocarbures et les mines dans le but d’attirer des investissements étrangers. La production quotidienne de pétrole a augmenté de près de 30 % depuis janvier selon les données officielles. Cette hausse constitue un signal positif pour le secteur énergétique. Pourtant, elle ne se répercute pas encore sur le niveau de vie des habitants. Les salaires du secteur public restent très faibles.
En avril, le « revenu minimum intégral » des salariés du gouvernement a été relevé à 240 dollars. Ce montant se compose essentiellement de primes et d’un salaire minimum dérisoire de 130 bolivars, soit quelques centimes de dollar. Pour beaucoup, cela ne suffit pas à couvrir les besoins de base. José Manuel Puente, universitaire à l’Institut d’études supérieures d’administration, explique que le changement politique était nécessaire et extrêmement important. Il précise toutefois qu’il ne suffit pas à générer une stabilité et une croissance macroéconomiques. Tant que le pays conserve l’une des inflations les plus élevées du monde, le bien-être reste hors de portée.
Survivre au quotidien entre inflation et coupures
Javier Chacon, couturier de 44 ans, a célébré la capture de Nicolas Maduro en privé avec son épouse. Pendant des années, la crainte de la répression avait été constante. Aujourd’hui, il se rend sur un marché populaire de Caracas et raconte : « Nous avons cru qu’il allait y avoir un changement. Malheureusement, au Venezuela, nous ne faisons que survivre. » Cette notion de survie revient sans cesse dans les conversations. Les gens travaillent, inventent des solutions, adaptent leurs horaires aux pannes d’électricité, mais le sentiment de stagnation demeure.
Les coupures d’électricité illustrent l’effondrement des services publics. Elles obligent les artisans, les commerçants et les familles à organiser leur journée autour de l’incertitude. Marbelis Daliz n’est pas la seule à se presser pour terminer une préparation avant que le courant ne tombe. Dans les immeubles, les réfrigérateurs s’arrêtent, les ventilateurs cessent de tourner, les commerces ferment temporairement. Ces interruptions répétées freinent toute activité économique et accentuent le sentiment d’épuisement.
Le double séisme de juin a ajouté une couche supplémentaire de difficultés. Plus de 6 500 personnes ont perdu la vie. Des centaines de bâtiments ont été endommagés ou détruits. Plus de 25 000 habitants se sont retrouvés sans logement. Carmen Ramirez, commerçante de 40 ans qui vend des produits d’hygiène sur une place de Caracas, a vu son appartement touché. Elle range sa marchandise à l’arrière de son camion et lance simplement : « Il faut sortir et continuer à se battre. » Cette phrase, sobre et déterminée, résume l’état d’esprit de nombreux Vénézuéliens face aux épreuves accumulées.
La disparition progressive de la peur politique
Sur le plan politique, un changement notable s’est produit. La peur qui dominait après la réélection contestée de 2024, jugée frauduleuse par l’opposition, s’est nettement atténuée. Les arrestations massives et la répression féroce de ces dernières années avaient imposé un silence relatif. Aujourd’hui, enseignants, travailleurs de la santé, proches de prisonniers politiques et militants de gauche osent à nouveau descendre dans la rue. Les manifestations ont repris. Les discussions politiques circulent plus librement.
Marbelis Daliz se réjouit de pouvoir publier des messages qu’elle n’aurait jamais osé écrire auparavant. Dans son atelier, elle explique : « Je n’osais pas mettre un message politique sur Instagram, maintenant oui, j’écris : Que chévere que Maduro soit parti ! » Cette liberté d’expression retrouvée constitue l’un des gains les plus concrets de la période actuelle. Les réseaux sociaux, autrefois surveillés de près, redeviennent un espace d’expression pour une partie de la population.
Un dialogue politique a également démarré sous l’égide de Washington. Le pouvoir et l’opposition échangent en vue d’une transition démocratique. Ces discussions représentent une ouverture nouvelle. Elles restent toutefois fragiles et n’ont pas encore produit de résultats tangibles pour la majorité des habitants. Le processus est lent et soumis à de nombreuses pressions extérieures et intérieures.
Les prisonniers politiques et la mémoire encore vivante
Pour certains, la peur n’a pas complètement disparu. Jerry Ostos, ancien prisonnier politique de 56 ans, a été libéré en mars. Il avait purgé deux ans de détention pour avoir brandi une pancarte avec un message anti-Maduro. Aujourd’hui encore, il doit se présenter au tribunal tous les mois. Il reste accusé d’avoir voulu tuer le président. Pour lui, le pouvoir continue de maintenir en détention des personnes qui expriment une opinion différente.
Le gouvernement affirme avoir libéré 1 046 prisonniers politiques depuis janvier. L’ONG Foro Penal estime quant à elle que près de 400 personnes restent derrière les barreaux. Ces chiffres divergent et entretiennent le doute. Jerry Ostos résume sa vision en une phrase forte : « Le monstre est encore vivant. » Cette expression illustre le sentiment que les structures de contrôle et de répression n’ont pas entièrement disparu, même si le dirigeant emblématique n’est plus en place.
Les proches de détenus continuent de se mobiliser. Les manifestations organisées par les familles et les militants rappellent que la question des prisonniers politiques reste centrale dans le débat public. La libération progressive de certains détenus est saluée, mais le maintien d’autres en détention empêche beaucoup de croire à une rupture totale avec le passé.
Les efforts économiques face à une inflation tenace
La réforme des lois sur les hydrocarbures et les mines vise à ouvrir le secteur aux investisseurs étrangers. L’augmentation de près de 30 % de la production pétrolière quotidienne constitue un résultat visible. Pourtant, les bénéfices de cette hausse ne se traduisent pas encore dans les poches des citoyens ordinaires. L’économie reste marquée par des distorsions profondes. Les salaires en bolivars perdent rapidement de leur pouvoir d’achat. Même les revenus exprimés en dollars restent insuffisants pour beaucoup.
Les entrepreneurs comme Marbelis Daliz et son mari illustrent cette réalité. Leurs coûts de production augmentent sans cesse. Les matières premières deviennent plus chères. L’électricité instable complique la fabrication et la conservation des produits. Malgré cela, ils persistent. Cette résilience individuelle contraste avec la lenteur des améliorations structurelles. L’espoir d’une reprise durable existe, mais il se heurte chaque jour aux chiffres de l’inflation et aux salaires stagnants.
José Manuel Puente insiste sur le fait qu’un changement politique, aussi important soit-il, ne génère pas automatiquement de stabilité macroéconomique. L’inflation la plus élevée du monde empêche le retour du bien-être. Tant que cette spirale n’est pas maîtrisée, les hausses de production pétrolière et les réformes législatives restent insuffisantes pour transformer le quotidien des familles.
Le poids des catastrophes naturelles sur une économie déjà fragile
Le double séisme de juin a frappé un pays déjà éprouvé. Plus de 6 500 morts, des centaines de bâtiments détruits et plus de 25 000 personnes sans abri ont aggravé une situation déjà difficile. Carmen Ramirez, dont l’appartement a été endommagé, continue de vendre ses produits d’hygiène sur une place de Caracas. Elle range sa marchandise dans son camion et insiste sur la nécessité de sortir et de se battre. Cette attitude se retrouve chez de nombreux sinistrés qui, malgré la perte de leur logement, cherchent des solutions immédiates.
Les séismes ont mis en lumière la fragilité des infrastructures. Les bâtiments endommagés, les routes perturbées et les réseaux de services déjà défaillants ont rendu l’aide et la reconstruction plus complexes. Dans un contexte d’inflation élevée et de salaires bas, les familles touchées peinent à trouver les moyens de se reloger ou de réparer. L’événement naturel s’est superposé à la crise économique et a renforcé le sentiment d’accumulation des épreuves.
Pourtant, même dans ces circonstances, la population continue d’organiser sa survie. Les marchés populaires restent actifs. Les commerçants s’adaptent. Les artisans trouvent des créneaux entre les coupures. Cette capacité d’adaptation constitue l’un des traits les plus remarquables de la période actuelle. Elle ne masque cependant pas l’ampleur des besoins non satisfaits.
Une transition politique encore inachevée
Le dialogue entre le pouvoir et l’opposition, encouragé par Washington, représente une étape nouvelle. Il vise une transition démocratique. Les discussions portent sur l’avenir des institutions et sur les conditions d’une éventuelle normalisation. Pour l’instant, elles n’ont pas encore produit de transformations majeures visibles dans la vie quotidienne. Les Vénézuéliens observent ces échanges avec un mélange d’intérêt et de prudence.
La présidente par intérim Delcy Rodríguez doit gérer à la fois les pressions externes et les attentes internes. Les réformes économiques qu’elle promeut cherchent à rassurer les investisseurs potentiels. L’augmentation de la production pétrolière est présentée comme un signe de redressement. Mais les salaires et le pouvoir d’achat restent les indicateurs les plus suivis par la population. Tant que ces éléments ne s’améliorent pas de manière significative, le scepticisme demeure.
Zaida Mujica exprime clairement cette distance : le dictateur est parti, mais la dictature, au sens des structures et des pratiques, n’a pas disparu. Cette distinction revient souvent dans les conversations. Elle montre que le départ d’un homme, aussi symbolique soit-il, ne suffit pas à transformer un système en profondeur. Les Vénézuéliens attendent désormais des preuves concrètes dans leur portefeuille et dans leurs conditions de vie.
La résilience des habitants face à l’incertitude
Dans les ateliers, les marchés et les places publiques, la résilience se manifeste chaque jour. Marbelis Daliz continue de préparer ses gâteaux malgré les risques de panne. Javier Chacon coud et vend sur le marché. Carmen Ramirez range ses produits et insiste sur la nécessité de se battre. Ces gestes quotidiens constituent une forme de résistance silencieuse. Ils montrent que la population n’attend pas passivement une amélioration venue d’en haut.
L’espoir n’a pas complètement disparu. Il s’est simplement transformé. Il n’est plus l’attente d’une transformation immédiate et spectaculaire. Il est devenu plus patient, plus ancré dans le long terme. Les habitants savent que le redressement économique prendra du temps. Ils savent aussi que la liberté d’expression retrouvée constitue un acquis précieux qu’ils entendent préserver.
Les manifestations qui reprennent, les messages politiques publiés sans crainte excessive et les discussions ouvertes sur les réseaux illustrent ce changement d’atmosphère. La peur s’estompe. Mais les difficultés économiques, elles, persistent avec une constance décourageante. C’est dans cet entre-deux que se situe aujourd’hui le Venezuela : plus libre sur le plan politique, toujours à genoux sur le plan économique.
Les chiffres qui résument la situation actuelle
Quelques données permettent de saisir l’ampleur des défis. L’inflation en bolivars avoisine les 575 % sur un an. L’inflation en dollars a tourné autour de 35 % en 2025. Le panier alimentaire familial se situe près de 730 dollars. Le revenu minimum intégral des salariés du gouvernement a été porté à 240 dollars. La production pétrolière a augmenté de près de 30 %. Plus de 1 000 prisonniers politiques ont été libérés selon le gouvernement, tandis que près de 400 resteraient détenus d’après Foro Penal. Le séisme de juin a fait plus de 6 500 morts et laissé plus de 25 000 personnes sans logement.
Ces chiffres, mis côte à côte, dressent un portrait contrasté. Des progrès existent dans certains domaines. La production énergétique remonte. La liberté d’expression s’élargit. Des prisonniers sont libérés. Mais les indicateurs du quotidien – salaires, prix, services publics – restent préoccupants. C’est cette contradiction qui nourrit l’amertume de nombreux Vénézuéliens huit mois après la capture de Nicolas Maduro.
José Manuel Puente le résume avec précision : le changement politique était nécessaire, mais il ne suffit pas. Sans maîtrise de l’inflation et sans amélioration réelle des revenus, le bien-être reste inaccessible. Les habitants le constatent chaque jour lorsqu’ils font leurs courses, lorsqu’ils paient leurs factures ou lorsqu’ils tentent de faire fonctionner leur petite entreprise entre deux coupures d’électricité.
Un avenir encore incertain mais une population déterminée
Le Venezuela d’aujourd’hui n’est plus tout à fait celui d’hier. La figure centrale du pouvoir a disparu. La peur collective a reculé. Les voix critiques se font entendre plus librement. Un dialogue politique a commencé. Ces éléments constituent des avancées. Pourtant, pour la majorité des habitants, la vie quotidienne n’a pas fondamentalement changé. Les salaires restent bas. Les prix continuent d’augmenter. Les services publics restent défaillants. Les catastrophes naturelles ont ajouté leur lot de souffrances.
Dans ce contexte, la population continue d’avancer. Elle invente des solutions, elle s’adapte, elle refuse d’abandonner. Marbelis Daliz continue de cuire ses gâteaux en espérant des jours meilleurs. Zaida Mujica constate l’absence de bénéfices concrets pour le peuple. Javier Chacon parle de survie. Carmen Ramirez insiste sur la nécessité de se battre. Jerry Ostos rappelle que le monstre n’est pas complètement mort. Ces voix, différentes mais complémentaires, dressent le portrait d’un pays en transition inachevée.
Huit mois après la capture, le bilan reste contrasté. La joie initiale a cédé la place à une évaluation plus réaliste. Le dictateur est parti. La dictature, au sens des structures et des pratiques économiques et politiques, n’a pas encore complètement disparu. Les Vénézuéliens savent désormais que le chemin sera long. Ils savent aussi qu’ils n’ont d’autre choix que de continuer à avancer, un jour après l’autre, entre espoir fragile et difficultés persistantes.
La question qui demeure est celle du rythme et de la profondeur des changements à venir. Les réformes économiques, l’augmentation de la production pétrolière et le dialogue politique offrent des pistes. Mais tant que les salaires ne permettront pas de vivre dignement et que l’inflation ne sera pas maîtrisée, le sentiment d’amertume restera présent. Pour l’instant, les Vénézuéliens goûtent à une liberté plus grande tout en continuant de lutter pour leur survie économique. C’est dans cet équilibre précaire que se dessine l’avenir du pays.
Les témoignages recueillis dans les rues de Caracas, dans les ateliers et sur les marchés montrent une population lucide. Elle célèbre les avancées politiques tout en exigeant des améliorations concrètes dans son quotidien. Elle refuse de baisser les bras face aux coupures, à l’inflation et aux salaires insuffisants. Elle se souvient des années de répression tout en profitant de l’espace de parole qui s’est rouvert. Cette lucidité et cette détermination constituent peut-être les atouts les plus précieux du Venezuela dans la période actuelle.
Le pays dispose toujours des plus grandes réserves de pétrole de la planète. Cette richesse, mal gérée pendant des années, pourrait redevenir un moteur de croissance si les conditions politiques et économiques s’améliorent durablement. Pour l’instant, elle ne suffit pas à compenser les décennies de contraction et les distorsions accumulées. Les Vénézuéliens le savent. Ils attendent désormais des résultats tangibles, au-delà des symboles et des déclarations.
Dans les mois qui viennent, l’évolution du dialogue politique, la poursuite des réformes et la capacité à maîtriser l’inflation seront déterminantes. Les habitants continueront, eux, à se lever chaque matin pour travailler, pour vendre, pour cuisiner, pour coudre, pour survivre. Ils le feront avec l’espoir que, un jour, la réalité cesse de les écraser et qu’ils puissent enfin se relever collectivement. C’est cette attente patiente et cette résilience quotidienne qui caractérisent le Venezuela de l’ère post-Maduro.
La peur s’estompe. Les difficultés persistent. Entre ces deux réalités, les Vénézuéliens cherchent leur chemin. Ils savent que le départ d’un homme ne résout pas à lui seul les problèmes structurels d’un pays. Ils savent aussi que la liberté retrouvée constitue un premier pas indispensable. Le reste reste à construire, jour après jour, dans les ateliers, sur les marchés et dans les discussions politiques encore hésitantes. Huit mois après, le goût amer demeure, mais l’espoir, même fragile, n’a pas complètement disparu.









