Moins d’une semaine après la présidentielle controversée du 28 juillet, le Venezuela replonge dans la crise. Dans les rues de Caracas, des milliers de manifestants défient le président réélu Nicolas Maduro, qui s’accroche au pouvoir et menace ses opposants. Un pays déjà exsangue économiquement qui se déchire à nouveau, sous les yeux d’une communauté internationale largement impuissante.
Ce samedi, Maria Corina Machado, cheffe de file de l’opposition vénézuélienne, a refait surface pour mener une manifestation monstre à Caracas. Plusieurs milliers de ses partisans se sont rassemblés pour contester la réélection de Nicolas Maduro, malgré un important déploiement policier.
Nous n’avons jamais été aussi forts qu’aujourd’hui et jamais le régime n’a été aussi faible.
Maria Corina Machado, opposante vénézuélienne
Déclarée inéligible avant le scrutin, Maria Corina Machado revendique néanmoins la victoire de son candidat Edmundo Gonzalez Urrutia, qui l’avait remplacée au pied levé. Ce dernier est d’ailleurs reconnu comme le président élu légitime par les États-Unis et plusieurs pays d’Amérique latine.
De son côté, Nicolas Maduro reste inflexible. Proclamé vainqueur vendredi par l’autorité électorale avec 52% des voix, il accuse l’opposition de vouloir mener un « coup d’État » avec l’appui des États-Unis.
Personne n’imposera le scénario putschiste. On n’acceptera pas qu’ils essaient d’usurper à nouveau la présidence de la République.
Nicolas Maduro, président du Venezuela
Face à ses partisans, le dirigeant chaviste a assuré que les « patrouilles militaires et policières sont maintenues dans tout le Venezuela pour protéger le peuple ». Une façon à peine voilée de menacer de réprimer toute contestation.
Depuis le scrutin du 28 juillet, la répression s’est durcie. L’opposition dénonce « une répression brutale » :
Des chiffres qui témoignent de la violence de la confrontation entre les deux camps. Le Venezuela, déjà plongé dans une profonde crise économique, s’enfonce un peu plus dans le chaos.
Face à cette nouvelle crise politique, la communauté internationale apparaît divisée et relativement impuissante. Si les États-Unis et plusieurs pays d’Amérique latine dénoncent « une fraude massive » et reconnaissent la victoire de l’opposition, d’autres, comme la Russie, l’Iran ou Cuba, continuent de soutenir Nicolas Maduro.
De leur côté, sept pays européens, dont la France, appellent à la publication rapide des procès-verbaux de l’élection. Mais au-delà des déclarations, peu d’actions concrètes pour l’instant.
Un statu quo qui arrange Nicolas Maduro, bien décidé à s’accrocher au pouvoir, quitte à plonger son pays dans un bain de sang. Pour l’opposition et les manifestants, le chemin de la démocratie s’annonce encore long et périlleux.
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