Imaginez des pâturages autrefois verdoyants transformés en étendues brunes et poussiéreuses où l’herbe refuse de pousser, des tiges de canne à sucre desséchées qui n’arrivent plus à être replantées, et des éleveurs confrontés à une hausse alarmante de la mortalité de leur bétail. En Martinique, cette réalité s’impose depuis plusieurs mois à cause d’une sécheresse qualifiée d’exceptionnelle pour la saison. Les Antilles françaises ont reçu seulement la moitié des quantités normales de précipitations en juin et en juillet, plaçant l’île en alerte sécheresse et entraînant les agriculteurs dans ce qu’ils décrivent eux-mêmes comme une situation catastrophique.
Une Sécheresse Prolongée Qui Frappe Les Antilles Françaises
Alors que la saison cyclonique, qui commence habituellement en juin, apporte en temps normal des pluies abondantes, la Martinique subit une période de sécheresse prolongée. Ce phénomène, lié à El Niño, touche l’ensemble de l’archipel des Caraïbes et frappe de plein fouet l’agriculture locale, en particulier l’élevage. Les données météorologiques confirment l’ampleur du déficit hydrique. Sur la période juin-juillet, les départements français de la Martinique et de la Guadeloupe n’ont enregistré qu’environ la moitié des pluies attendues, ce qui a conduit à un manque d’eau généralisé.
La Guadeloupe a connu son deuxième mois de juin le plus sec depuis 1991, suivi d’un mois de juillet non seulement exceptionnellement sec mais aussi le plus chaud depuis 1995. En Martinique, la préfecture a alerté le 18 août sur une sécheresse exceptionnelle pour la saison depuis le mois de juin, accompagnée d’une situation hydrologique sous grande tension. Même si quelques journées modérément pluvieuses ont été observées mi-août, le retour à la normale reste encore très loin.
Le Passage En Alerte Sécheresse Et Ses Conséquences Immédiates
Les services de l’État ont replacé l’île en alerte sécheresse le 17 juillet, après l’avoir déjà fait en mai. Cette décision reflète la gravité de la situation hydrique. Les agriculteurs figurent parmi les professionnels les plus en difficulté. Ils subissent une baisse des rendements et des pertes de récolte pour les cultivateurs, ainsi qu’une hausse du coût de l’alimentation et une raréfaction du fourrage pour les éleveurs.
José Maurice, président de la chambre d’agriculture de la Martinique et patron d’une exploitation maraîchère et d’élevage dans le centre de l’île, résume le sentiment général : d’une façon globale, on est dans une situation assez catastrophique. Les effets du manque d’eau pénalisent l’ensemble de la profession. Une rencontre est prévue le 25 août entre le préfet de la Martinique, Etienne Desplanques, et les représentants des filières agricoles pour un nouveau point de situation. Les doléances des agriculteurs s’accumulent et attendent des réponses concrètes.
L’Élevage Bovin Face À Une Mortalité En Forte Hausse
Les élevages bovins ont déjà payé un lourd tribut à cette sécheresse. La filière a constaté plus de 25 % de mortalité en plus par rapport à 2025. Les animaux meurent de faim sur des pâturages où l’herbe ne pousse plus. André Prosper, président de la Coopérative des éleveurs bovins de la Martinique, s’émeut de cette réalité quotidienne. Plus de mille têtes de bétail se trouvent en grande difficulté sur les 6 000 bovins présents dans les exploitations affiliées à cette coopérative, s’inquiète José Maurice.
Cette hausse de la mortalité s’explique directement par la raréfaction du fourrage et l’augmentation des coûts d’alimentation. Les éleveurs doivent faire face à des conditions extrêmes qui mettent en péril la survie de leurs troupeaux. Le spectacle de désolation s’étend sur de nombreuses exploitations, transformant ce qui était autrefois des prairies productives en zones arides où le bétail peine à trouver de quoi se nourrir.
Plus de 25 % de mortalité supplémentaire chez les bovins par rapport à l’année précédente : un chiffre qui illustre la gravité de la crise pour les éleveurs martiniquais.
La Canne À Sucre Dans Une Impasse De Replantation
Les champs de canne à sucre offrent également un spectacle de désolation. Depuis la fin de la récolte en juin, les cultivateurs n’ont pas pu replanter leurs parcelles. Justin Céraline, président de l’Union des producteurs de canne, se désole : j’ai perdu ce que j’ai planté car les tiges destinées à la replantation se sont desséchées. Les cultivateurs n’ont pas pu épandre d’engrais en raison du temps sec.
La filière accuse un retard considérable en prévision de la prochaine saison. Cette situation est d’autant plus préoccupante que la Martinique avait déjà subi une sécheresse en 2025. Celle-ci s’était traduite par une perte d’environ 40 000 tonnes sur la récolte en début d’année, soit 20 % du volume annuel. Les producteurs de canne se retrouvent ainsi confrontés à une accumulation de difficultés qui compromettent les perspectives futures.
Le cycle normal de la culture est profondément perturbé. Sans humidité suffisante, les tiges se dessèchent avant même de pouvoir être mises en terre. L’absence d’épandage d’engrais aggrave encore le déficit de croissance potentiel. Tout cela crée un retard structurel difficile à rattraper une fois que les conditions météorologiques redeviendront plus favorables.
Les Actions De Solidarité Entre Filières
Face à l’urgence, des actions ponctuelles de solidarité entre filières ont été mises en place. Les producteurs bananiers ont livré plus de 20 m³ de fruits non commercialisables aux éleveurs afin de nourrir leur bétail. Cette initiative montre comment les différentes branches de l’agriculture locale tentent de s’entraider dans un contexte de crise partagée.
Cependant, ces gestes de solidarité, aussi précieux soient-ils, ne suffisent pas à compenser l’ampleur des pertes. Les producteurs devront encore être patients avant d’être indemnisés. Bertrand Hateau, directeur adjoint du service alimentation à la Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt, déclare que l’on travaille à une reconnaissance de calamité agricole. Cette reconnaissance constitue une étape essentielle pour ouvrir la voie à des compensations financières.
L’Attente D’Une Reconnaissance Officielle De Calamité Agricole
Le processus de reconnaissance de calamité agricole est en cours. Il représente un espoir pour les agriculteurs touchés qui ont besoin d’un soutien concret pour faire face aux pertes déjà enregistrées et à celles qui continuent de s’accumuler. En attendant cette reconnaissance, les professionnels doivent gérer au jour le jour une situation qui met en danger la pérennité de nombreuses exploitations.
La rencontre prévue le 25 août avec le préfet devrait permettre de faire un point précis sur l’état des filières et d’évoquer les mesures d’accompagnement possibles. Les représentants agricoles arriveront avec des demandes claires portant à la fois sur l’aide immédiate et sur les perspectives à moyen terme.
Vers Une Nécessaire Adaptation Des Pratiques Agricoles
À plus long terme, la récurrence de ces sécheresses risque de contraindre les agriculteurs à s’adapter. José Maurice estime qu’après cette crise, après tout ce qui est urgent, il faudra réfléchir à stocker de l’herbe chaque année pour le bétail. Cette réflexion sur le stockage de fourrage apparaît comme une piste concrète pour limiter les impacts futurs.
Les producteurs n’auront pas le choix. Les sécheresses devraient s’intensifier aux Antilles sous l’effet du dérèglement climatique. Emmanuel Cloppet, directeur interrégional de Météo-France aux Antilles et en Guyane française, anticipe que ce que l’on observe en 2026 préfigure ce que l’on attend dans les décennies à venir, avec une baisse des précipitations annuelles et une arrivée plus tardive de la saison des pluies.
Cette perspective change profondément la façon dont l’agriculture martiniquaise doit envisager son avenir. Les cycles habituels de pluie et de croissance végétale ne peuvent plus être considérés comme acquis. L’adaptation devient une nécessité structurelle plutôt qu’une option temporaire.
Le Manque D’Eau Généralisé Et Ses Répercussions Sur L’Ensemble Du Territoire
Le manque d’eau ne se limite pas aux seules parcelles agricoles. Il touche l’ensemble du territoire et crée une tension hydrologique importante. Les réserves naturelles s’amenuisent et la pression sur les ressources disponibles s’accroît. Pour les agriculteurs, cela se traduit par des choix difficiles entre l’irrigation des cultures prioritaires et le maintien des pâturages.
Dans le centre de l’île, où se trouve l’exploitation de José Maurice, la situation illustre parfaitement les difficultés croisées entre maraîchage et élevage. Les deux activités souffrent simultanément, multipliant les sources de pertes pour une même exploitation. Cette double peine caractérise de nombreuses structures agricoles martiniquaises qui combinent plusieurs productions.
Points clés de la crise actuelle :
- Seulement la moitié des précipitations normales en juin et juillet
- Plus de 25 % de mortalité bovine supplémentaire
- Plus de 1 000 bovins en grande difficulté
- Retard considérable dans la replantation de la canne à sucre
- Perte de 40 000 tonnes déjà enregistrée en 2025
Les Cultures Maraîchères Également Sous Pression
Bien que l’élevage et la canne à sucre concentrent une grande partie des témoignages, les cultures maraîchères ne sont pas épargnées. La baisse des rendements et les pertes de récolte touchent l’ensemble des cultivateurs. Le manque d’humidité du sol freine la croissance des plants et réduit la qualité des produits récoltés.
Dans un contexte où les coûts de production augmentent déjà à cause de la nécessité d’acheter davantage d’alimentation pour le bétail ou de faire face à des semis ratés, chaque perte de rendement pèse lourdement sur la trésorerie des exploitations. Les agriculteurs se retrouvent pris dans une spirale où les difficultés d’une filière se répercutent sur les autres.
Le Rôle D’El Niño Dans Cette Situation Exceptionnelle
La sécheresse prolongée qui frappe la Martinique s’inscrit dans un contexte climatique plus large lié à El Niño. Ce phénomène influence les régimes de précipitations sur l’ensemble de la zone caribéenne. Il explique en partie pourquoi la saison cyclonique, habituellement porteuse de pluies, n’a pas apporté les quantités d’eau attendues.
Les observations de Météo-France confirment le caractère exceptionnel de la période. Le mois de juillet particulièrement chaud et sec en Guadeloupe, combiné au déficit pluviométrique généralisé, crée des conditions rarement observées à cette période de l’année. Ces éléments renforcent le sentiment d’urgence partagé par les acteurs agricoles.
Les Perspectives À Court Terme Pour Les Agriculteurs
À court terme, l’attention se porte sur la rencontre du 25 août. Elle doit permettre d’évaluer précisément l’état des différentes filières et d’identifier les mesures les plus adaptées. Les agriculteurs espèrent des avancées concrètes concernant la reconnaissance de calamité agricole et les aides d’urgence possibles.
En parallèle, les actions de solidarité déjà engagées, comme la livraison de bananes non commercialisables aux éleveurs, continuent d’apporter un soutien ponctuel. Ces initiatives locales démontrent la capacité de résilience et d’entraide du monde agricole martiniquais, même dans les moments les plus difficiles.
L’Impact Sur La Prochaine Saison Agricole
Le retard accumulé dans la replantation de la canne à sucre aura des répercussions directes sur la prochaine campagne. Les surfaces non replantées se traduiront par une production inférieure, prolongeant les effets de la sécheresse bien au-delà de la période actuelle. Pour les éleveurs, la reconstitution des stocks de fourrage prendra du temps, même si les pluies reviennent.
Cette projection rend encore plus urgente la réflexion sur les pratiques d’adaptation. Stocker de l’herbe chaque année, comme le suggère José Maurice, pourrait constituer une première réponse structurelle. D’autres pistes devront sans doute être explorées pour renforcer la résilience des systèmes de production face à des épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents.
Une Situation Hydrologique Sous Grande Tension
La préfecture a insisté sur le caractère exceptionnel de la sécheresse pour la saison et sur la situation hydrologique sous grande tension. Ces termes officiels soulignent que le problème dépasse le cadre strictement agricole et concerne la gestion globale de la ressource en eau sur l’île.
Même les quelques journées de pluie modérée observées mi-août n’ont pas suffi à inverser la tendance. Les sols restent secs, les nappes peinent à se recharger et les besoins des cultures et du bétail continuent de s’accumuler. Le retour à un équilibre hydrique normal prendra vraisemblablement plusieurs semaines, voire plusieurs mois selon l’évolution des conditions météorologiques.
Le Témoignage Des Acteurs De Terrain
Les paroles des responsables agricoles donnent une dimension humaine à ces données chiffrées. Quand André Prosper évoque les animaux qui meurent de faim, ou quand Justin Céraline explique qu’il a perdu ce qu’il a planté, on mesure concrètement le désarroi des producteurs. José Maurice, en qualifiant la situation de catastrophique, exprime un sentiment largement partagé sur le terrain.
Ces témoignages convergent vers le même constat : l’ensemble de la profession est pénalisé. Que l’on soit éleveur, producteur de canne ou maraîcher, le manque d’eau frappe sans distinction. Cette uniformité de l’impact rend la crise particulièrement lourde pour un secteur déjà confronté à de nombreux défis structurels.
D’une façon globale, on est dans une situation assez catastrophique.
José Maurice, président de la chambre d’agriculture de la Martinique
Les Enjeux De La Solidarité Inter-Filières
La livraison de plus de 20 m³ de bananes non commercialisables aux éleveurs illustre une forme de solidarité concrète et immédiate. Ces fruits, qui ne pouvaient pas être vendus sur le marché, ont trouvé une utilité en servant de complément alimentaire pour le bétail en difficulté. Ce type d’initiative montre comment les pertes d’une filière peuvent partiellement soutenir une autre.
Toutefois, ces actions restent ponctuelles. Elles ne remplacent pas un dispositif d’indemnisation structuré ni des mesures d’adaptation durables. Elles constituent néanmoins un filet de sécurité temporaire appréciable dans l’attente de solutions plus pérennes.
Anticiper Les Décennies À Venir
Les prévisions de Météo-France indiquent que les observations de 2026 préfigurent les tendances des décennies à venir. Une baisse des précipitations annuelles et une arrivée plus tardive de la saison des pluies sont attendues. Pour l’agriculture martiniquaise, cela signifie que les épisodes de stress hydrique risquent de devenir plus fréquents et plus intenses.
Dans ce contexte, la réflexion engagée par les agriculteurs sur le stockage de fourrage prend tout son sens. Elle s’inscrit dans une démarche plus large d’adaptation aux nouvelles conditions climatiques. Les pratiques agricoles devront évoluer pour intégrer davantage de mécanismes de résilience face à l’irrégularité croissante des précipitations.
Le Poids Des Pertes Déjà Enregistrées En 2025
La sécheresse de 2025, qui avait déjà provoqué une perte d’environ 40 000 tonnes de canne, soit 20 % du volume annuel, alourdit encore le bilan actuel. Les producteurs n’ont pas eu le temps de se relever complètement de cet épisode précédent qu’une nouvelle crise frappe. Cette succession d’événements défavorables fragilise durablement les structures agricoles.
Le retard considérable constaté aujourd’hui dans la replantation s’ajoute donc à un passif déjà important. La capacité de rebond des exploitations dépendra en grande partie de la rapidité et de l’ampleur des aides qui pourront être mobilisées une fois la reconnaissance de calamité agricole obtenue.
Une Profession Entière Sous Tension
Au-delà des chiffres de mortalité bovine ou des pertes de canne, c’est l’ensemble de l’économie agricole martiniquaise qui se trouve sous tension. Les hausses de coûts d’alimentation, la raréfaction du fourrage, les baisses de rendements et les pertes de récolte se cumulent pour créer une pression financière forte sur les exploitations.
Les services de l’État reconnaissent que les agriculteurs figurent parmi les professionnels les plus en difficulté. Cette reconnaissance officielle du caractère prioritaire de la situation agricole constitue un point de départ important pour la mobilisation des moyens nécessaires.
Les Prochaines Étapes Attendues
La rencontre du 25 août entre le préfet et les représentants des filières agricoles marque une étape importante. Elle doit permettre de dresser un bilan actualisé et d’échanger sur les pistes de solutions. Les agriculteurs y porteront leurs doléances nombreuses et attendront des engagements concrets.
En parallèle, le travail engagé pour la reconnaissance de calamité agricole se poursuit. Cette reconnaissance conditionne l’accès à certaines aides et constitue donc un enjeu majeur pour les mois à venir. Les producteurs savent qu’ils devront encore faire preuve de patience, mais ils comptent sur une issue favorable.
La Nécessité D’Une Vision À Plus Long Terme
Si la gestion de l’urgence occupe aujourd’hui le premier plan, la question de l’adaptation structurelle ne peut être éludée. Stocker de l’herbe chaque année pour le bétail représente une piste pragmatique. D’autres adaptations devront sans doute être imaginées, qu’il s’agisse de choix variétaux, de techniques culturales ou de gestion de l’eau.
Les agriculteurs martiniquais se trouvent à un tournant. La sécheresse exceptionnelle de 2026, après celle de 2025, montre que les conditions climatiques évoluent. Y faire face exige à la fois un soutien immédiat et une réflexion collective sur les pratiques futures.
Dans les champs où l’herbe ne pousse plus et où les tiges de canne se dessèchent, le temps presse. Chaque jour sans pluie suffisante aggrave un peu plus la situation. Pourtant, au milieu de cette épreuve, des gestes de solidarité et une volonté d’adaptation émergent. C’est peut-être dans cette capacité à réagir collectivement que réside l’espoir d’un avenir agricole plus résilient pour la Martinique.
La saison cyclonique n’a pas apporté les pluies attendues. El Niño a joué son rôle. Les chiffres de précipitations sont sans appel. Les témoignages des éleveurs et des cultivateurs sont unanimes. Face à cette réalité, les autorités et les professionnels avancent ensemble, pas à pas, vers des solutions. La rencontre du 25 août et la procédure de reconnaissance de calamité agricole constitueront des jalons essentiels dans les semaines qui viennent.
En attendant, les agriculteurs continuent de gérer au quotidien une situation qu’ils jugent catastrophique. Ils comptent sur le retour des pluies, sur les aides à venir et sur leur propre capacité d’adaptation. Car au-delà de la crise actuelle, c’est bien l’avenir de l’agriculture martiniquaise qui se joue dans la façon dont cette sécheresse exceptionnelle sera surmontée et dont les leçons en seront tirées.
Les pâturages brûlés par le soleil, les parcelles de canne en attente de replantation et les élevages en difficulté composent aujourd’hui le paysage agricole de l’île. Ce spectacle de désolation appelle une mobilisation à la hauteur des enjeux. Les prochaines semaines diront si les réponses apportées permettront de limiter les dégâts et de poser les bases d’une agriculture plus préparée aux défis climatiques à venir.
La Martinique, comme le reste des Antilles françaises, traverse une période critique. Le manque d’eau généralisé, la hausse de la mortalité animale, les pertes de récolte et le retard dans les travaux agricoles forment un ensemble de difficultés majeures. Pourtant, au sein de cette épreuve, des initiatives de solidarité et des réflexions sur l’adaptation montrent que le monde agricole ne reste pas passif. Il cherche des solutions, il s’entraide et il se projette déjà au-delà de la crise.
C’est cette double dynamique d’urgence et de projection qui caractérise le moment présent. Gérer l’immédiat tout en préparant le long terme. Soutenir les exploitations en difficulté tout en réfléchissant aux pratiques qui permettront de mieux résister aux prochaines sécheresses. Telle est la double exigence à laquelle sont confrontés aujourd’hui les agriculteurs et les autorités en Martinique.
Les données météorologiques, les témoignages de terrain et les alertes officielles convergent. La sécheresse est exceptionnelle pour la saison. Ses effets sont déjà lourdement ressentis. Les réponses doivent être à la mesure de cette réalité. Dans les jours et les semaines qui viennent, chaque avancée sur le front de l’aide et de l’adaptation sera scrutée avec attention par une profession qui a plus que jamais besoin de perspectives concrètes.









