Le logo rouge affichant simplement « 1935 » a mis moins de quelques heures à envahir tous les fils d’actualité. Mi-août 2026, HBO a officialisé ce que les fans de Ça : Bienvenue à Derry attendaient avec une impatience mêlée d’appréhension : la série préquelle recevra bien une deuxième saison. Et cette fois, la machine à cauchemars ne se contentera pas de revisiter les années 60. Elle va plonger encore plus loin dans le passé de cette ville maudite du Maine, au cœur de la Grande Dépression, là où un massacre presque oublié attendait de ressurgir.
Une saison 2 qui change radicalement d’époque
Lancée en 2025, Ça : Bienvenue à Derry avait déjà réussi le pari délicat de s’imposer comme une préquelle digne des films de 2017 et 2019. Portée par Andy et Barbara Muschietti, la série a su capturer l’essence du roman de Stephen King tout en construisant son propre univers. Après un final dense en indices, la question n’était plus de savoir si Grippe-Sou reviendrait, mais plutôt sous quel visage et à quelle période de l’histoire de Derry.
La réponse est désormais claire. La saison 2 se déroulera en 1935, soit vingt-sept ans avant les événements de la première saison. Ce choix n’est pas anodin. Il respecte scrupuleusement le cycle de vingt-sept ans qui rythme les apparitions de la créature dans l’œuvre originale. Chaque génération de Derry doit, un jour ou l’autre, affronter la même horreur sous une forme nouvelle. En 1935, cette horreur prendra le visage d’un contexte social particulièrement sombre.
La Grande Dépression n’est pas seulement un décor. Elle devient un personnage à part entière. Chômage de masse, misère, corruption locale, sentiment d’abandon : la ville de Derry est déjà brisée bien avant que Grippe-Sou ne décide d’y semer la terreur. Les créateurs ont clairement indiqué vouloir accentuer cette dimension sociale. Le ton promis est plus adulte, plus âpre, plus centré sur la survie que sur l’innocence perdue des enfants des années 60.
Le massacre du gang Bradley au cœur de l’intrigue
Au centre de cette nouvelle saison se trouve un épisode que Stephen King n’avait traité que brièvement dans le roman : le massacre du gang Bradley. Ces braqueurs de banques font une halte à Derry pour se procurer des munitions. Ils pensent y trouver un refuge temporaire. Ils découvrent au contraire une violence inexplicable, orchestrée dans l’ombre par une force qu’ils ne peuvent ni comprendre ni combattre.
Les scénaristes ont décidé de développer ce passage presque anecdotique en le transformant en colonne vertébrale d’une saison entière. C’est un choix ambitieux. Dans le livre, l’interlude historique sert surtout à illustrer la longue présence de Grippe-Sou. Ici, il devient le récit principal. On y suivra ces criminels face à une menace bien plus ancienne et bien plus organisée qu’eux.
Les indices étaient déjà présents dans la saison 1 pour ceux qui savaient regarder. Le générique montrait une fusillade où une silhouette familière semblait rôder. Un épisode voyait le général Shaw déterrer une vieille voiture remplie de squelettes. Selon plusieurs analyses, il s’agissait précisément du véhicule du gang Bradley. La série avait donc déjà planté les graines de ce qui allait devenir le cœur de la saison 2.
« Les spectateurs les plus attentifs avaient déjà repéré les clins d’œil. La voiture de squelettes n’était pas un simple clin d’œil. C’était une promesse. »
En faisant de cet épisode le récit central, les Muschietti et le showrunner Brad Caleb Kane confirment leur volonté de bâtir une fresque historique. Chaque saison explore une époque différente de Derry, chaque cycle de vingt-sept ans révélant une nouvelle facette de la créature et de la ville qui l’abrite malgré elle.
Un ton plus adulte et plus social
Brad Caleb Kane a déjà promis un registre plus mature. Là où la saison 1 jouait encore avec l’innocence relative de la jeunesse des années 60, la saison 2 s’ancre dans un monde où l’espoir est rare. La misère économique n’est pas un simple arrière-plan. Elle influence les comportements, les alliances et les trahisons. Dans une ville où tout le monde lutte pour survivre, la présence de Grippe-Sou devient presque une conséquence logique d’un mal plus diffus.
On peut s’attendre à voir des personnages tiraillés entre la nécessité de se protéger et la tentation de collaborer avec des forces qu’ils ne comprennent pas. La corruption locale, déjà évoquée dans le roman, devrait prendre une place plus importante. Derry n’est pas seulement hantée par un monstre. Elle est hantée par ses propres démons humains.
Cette orientation sociale permet aussi de différencier clairement chaque saison. Après le Derry des années 60, teinté de nostalgie et de secrets familiaux, celui de 1935 s’annonce plus âpre, plus sale, plus proche d’un thriller social que d’un simple récit d’horreur. Le monstre n’est plus seulement extérieur. Il se nourrit de la souffrance collective.
Bill Skarsgård et le retour de Grippe-Sou
Côté casting, aucune liste officielle n’a encore été publiée. Pourtant, plusieurs sources convergentes évoquent le retour très probable de Bill Skarsgård dans le rôle de Grippe-Sou, également connu sous le nom de Bob Gray. L’acteur a incarné le personnage avec une intensité particulière dans les films. Le voir réapparaître dans un contexte historique différent soulève de nombreuses questions.
Sous quel visage se présentera-t-il en 1935 ? Grippe-Sou change d’apparence selon les époques et les peurs qu’il rencontre. Dans les années 30, le clown pourrait adopter des codes différents, plus proches de l’esthétique des cirques ambulants de l’époque ou des figures populaires de la Grande Dépression. Les fans espèrent aussi revoir certains personnages déjà aperçus à d’autres périodes, créant ainsi des ponts temporels entre les saisons.
De nouveaux visages rejoindront forcément la galerie. Les membres du gang Bradley, les habitants de Derry touchés de plein fouet par la crise, les figures d’autorité locales… Tout un écosystème humain devra être construit pour donner du poids à ce nouveau cycle. Le défi sera de rendre ces personnages aussi mémorables que le Club des Ratés de la saison 1, tout en les ancrant dans une réalité sociale beaucoup plus dure.
Date de sortie et perspectives de production
Pour l’instant, aucune date officielle de diffusion n’a été communiquée. Les scripts sont en cours d’écriture. Au regard du calendrier de tournage et de post-production de la première saison, les estimations les plus réalistes pointent vers une fenêtre située entre fin 2027 et début 2028 sur HBO Max, y compris pour le public français.
Ce délai peut sembler long, mais il s’explique. Une série de cette ampleur, avec des effets spéciaux importants, des reconstitutions historiques soignées et un casting potentiellement international, demande du temps. Les Muschietti ont toujours privilégié la qualité à la précipitation. Après le succès de la saison 1, la pression est forte pour que la suite tienne ses promesses.
La production devra aussi gérer la transition temporelle. Passer des années 60 aux années 30 implique un changement complet de décors, de costumes, de véhicules et d’ambiance. Le Derry de 1935 n’a pas le même visage que celui de 1962. Les rues, les magasins, les attitudes, tout doit être repensé. C’est un travail de reconstitution qui, s’il est bien mené, renforcera l’immersion.
Une fresque pensée sur plusieurs saisons
Les créateurs n’ont pas caché leur ambition. L’arc de 1935 ne serait qu’une étape. Ils ont déjà évoqué la possibilité de remonter encore plus loin, jusqu’en 1908, autour du drame de la fonderie Kitchener. Cette explosion, également mentionnée dans le roman, constitue un autre moment clé de l’histoire secrète de Derry.
Si le projet se confirme sur trois saisons, on aurait alors une véritable chronologie inversée de la malédiction. 1962, puis 1935, puis 1908. Chaque saison éclairant un peu plus le fonctionnement de Grippe-Sou et la façon dont la ville a appris, génération après génération, à vivre avec l’horreur… ou à la nier.
Cette structure en fresque est rare dans le paysage des séries d’horreur contemporaines. La plupart des productions se contentent de prolonger une même époque ou de multiplier les arcs contemporains. Ici, le choix de voyager dans le temps permet de renouveler complètement les enjeux tout en restant fidèle à l’esprit du livre. C’est à la fois un hommage et une expansion intelligente de l’univers.
Ce que l’on sait déjà de la saison 2 :
- Action située en 1935 pendant la Grande Dépression
- Focus principal sur le massacre du gang Bradley
- Retour pressenti de Bill Skarsgård dans le rôle de Grippe-Sou
- Showrunner Brad Caleb Kane de retour aux commandes
- Ton annoncé plus adulte et plus social
- Possible troisième saison autour de 1908 et de la fonderie Kitchener
Pourquoi cette annonce arrive au bon moment
La saison 1 a cartonnée sur HBO Max. Elle a su séduire à la fois les fans historiques de Stephen King et un public plus large attiré par l’horreur contemporaine. Dans un paysage saturé de séries de genre, Ça : Bienvenue à Derry s’est démarquée par sa capacité à mêler frissons, reconstruction historique et profondeur psychologique.
L’annonce de la saison 2, survenue mi-août 2026, intervient alors que le final de la première saison est encore frais dans les esprits. Les réseaux sociaux ont immédiatement réagi au teaser affichant « 1935 ». Les théories fleurissent déjà. Certains fans se replongent dans le roman pour relire les passages consacrés au gang Bradley. D’autres s’interrogent sur la façon dont Grippe-Sou s’adaptera à un contexte de crise économique majeure.
Ce timing est stratégique. Il maintient l’intérêt sans laisser le projet s’étioler. Il permet aussi à la production de capitaliser sur le succès tout en prenant le temps nécessaire pour écrire et préparer correctement la suite. Dans l’univers des séries, trop de renouvellements précipités ont conduit à des saisons décevantes. Ici, la prudence semble de mise.
L’héritage de Stephen King et la liberté de la série
Adapter Stephen King n’a jamais été simple. Les films de 2017 et 2019 avaient déjà prouvé qu’il était possible de moderniser l’histoire tout en respectant son esprit. La série va plus loin en explorant des zones du roman que les films n’avaient fait qu’effleurer. Le massacre du gang Bradley, l’explosion de la fonderie Kitchener, les cycles historiques de Derry… autant d’éléments qui enrichissent la mythologie sans la trahir.
Les Muschietti ont toujours revendiqué une grande liberté créative tout en restant fidèles à l’essence de l’œuvre. Cette approche semble se confirmer avec la saison 2. En choisissant de développer un interlude historique en saison complète, ils démontrent qu’ils ne se contentent pas de recycler des scènes connues. Ils creusent, ils amplifient, ils interrogent.
Cette liberté est aussi ce qui permet à la série d’exister à côté des films sans les répéter. Le Club des Ratés des années 60 n’est plus au centre. De nouveaux personnages, une nouvelle époque, de nouveaux enjeux. Grippe-Sou reste le fil rouge, mais chaque saison raconte une histoire différente. C’est une promesse de renouvellement permanent.
Ce que les fans peuvent espérer (et redouter)
Les attentes sont élevées. Après une première saison réussie, le public veut à la fois de la continuité et de la surprise. Voir Bill Skarsgård revenir dans un contexte aussi différent serait un atout majeur. Découvrir comment la créature se manifeste dans un Derry en pleine misère sociale promet des scènes d’horreur inédites.
Mais le risque existe aussi. Passer d’une époque à une autre peut déstabiliser une partie du public attachée aux personnages de la saison 1. Les liens temporels devront être suffisamment solides pour que l’ensemble forme un tout cohérent. Les clins d’œil, les objets récurrents, les légendes orales transmises de génération en génération seront essentiels pour maintenir le sentiment d’unité.
La dimension plus adulte annoncée peut également diviser. Certains préfèrent l’horreur centrée sur l’enfance et la perte d’innocence. D’autres salueront une approche plus politique et sociale. Le défi de Brad Caleb Kane et des Muschietti sera de trouver le bon équilibre entre frissons purs et réflexion sur une Amérique en crise.
Derry, une ville qui ne pardonne jamais
Au fond, ce qui rend Ça : Bienvenue à Derry si captivante, c’est la ville elle-même. Derry n’est pas un simple décor. C’est un organisme vivant, malade, qui absorbe le mal et le recycle génération après génération. Chaque cycle de vingt-sept ans révèle une nouvelle strate de sa corruption. Chaque massacre laisse des traces que les habitants s’empressent d’oublier… jusqu’au prochain.
En 1935, cette dynamique prend une résonance particulière. La Grande Dépression a déjà brisé des vies. Grippe-Sou n’a qu’à souffler sur les braises. La série a l’opportunité de montrer comment une communauté en souffrance devient le terreau idéal pour une horreur plus ancienne encore. C’est peut-être là que réside la véritable force du projet : non pas dans les jumpscares, mais dans la façon dont le monstre révèle la monstruosité ordinaire des hommes.
Les fans les plus attentifs savent déjà que Derry ne s’arrête jamais vraiment de saigner. La saison 2 ne fera que confirmer cette vérité. Et si, comme le laissent entendre les créateurs, une troisième saison devait un jour explorer 1908, alors le tableau serait presque complet. Une fresque sanglante s’étendant sur plus d’un siècle, portée par une créature qui ne meurt jamais vraiment.
Une attente qui s’annonce longue mais justifiée
Entre l’annonce de mi-août 2026 et une diffusion probable fin 2027 ou début 2028, les fans vont devoir patienter. Cette attente n’est pas vaine. Elle permet à l’équipe de peaufiner les scripts, de préparer les décors, de trouver les interprètes idéaux pour le gang Bradley et les habitants de Derry. Elle permet aussi au public de se replonger dans le roman, de relire les interludes historiques, de formuler des théories.
Dans l’intervalle, le teaser au logo rouge « 1935 » continue de circuler. Il suffit d’un symbole simple pour raviver toute l’excitation. C’est la force de cette franchise : même un simple chiffre suffit à faire frémir. Parce que derrière ce chiffre se cache une promesse. Celle d’un nouveau cycle. Celle d’un nouveau bain de sang. Celle d’un retour de Grippe-Sou sous une forme que personne n’a encore vue.
La saison 2 de Ça : Bienvenue à Derry n’est pas seulement une suite. C’est une descente supplémentaire dans les archives sanglantes d’une ville qui n’a jamais vraiment guéri. Et si les premières informations se confirment, ce voyage en 1935 pourrait bien être l’un des plus glaçants de toute la franchise.
Derry n’a pas fini de nous hanter. Et Grippe-Sou non plus.
Les enjeux artistiques d’un nouveau cycle
Au-delà de l’annonce purement factuelle, cette deuxième saison soulève des questions artistiques passionnantes. Comment raconter une histoire d’horreur dans un contexte de crise économique mondiale ? Comment faire en sorte que la peur du monstre dialogue avec la peur du lendemain, du chômage, de la faim ? Les scénaristes semblent avoir compris que la Grande Dépression offre un terrain fertile pour une horreur plus diffuse, plus sociale, plus insidieuse.
Dans les années 30, les cirques ambulants, les figures de clowns et les spectacles de foire avaient encore une place importante dans l’imaginaire populaire. Grippe-Sou pourrait s’y glisser avec une aisance particulière. Le personnage de Bob Gray, le clown, trouve peut-être dans cette époque un terreau encore plus favorable que dans les années 60. La frontière entre le spectacle et l’horreur était déjà poreuse. La série a l’opportunité de jouer pleinement avec cette ambiguïté.
Il faudra aussi gérer la violence. Le massacre du gang Bradley, tel qu’il est décrit dans le roman, est d’une brutalité extrême. Adapter cette séquence pour le petit écran tout en restant fidèle à l’esprit de Stephen King demandera un vrai sens de la mesure. Trop de gore pourrait faire basculer la série dans un registre purement sensationnaliste. Trop de retenue pourrait décevoir ceux qui attendent le bain de sang promis. L’équilibre sera délicat.
Le rôle des producteurs et du showrunner
Andy et Barbara Muschietti ont prouvé, à travers les films puis la série, qu’ils comprenaient l’univers de Stephen King mieux que la plupart des adaptateurs. Leur capacité à mêler horreur pure et émotion humaine a été l’une des clés du succès. Brad Caleb Kane, en tant que showrunner, apporte quant à lui une vision plus télévisuelle, plus attentive aux arcs longs et aux personnages secondaires.
Ce trio semble avoir trouvé une alchimie efficace. La première saison a su doser frissons et développement de personnages. La deuxième devra confirmer cette réussite dans un contexte radicalement différent. Le fait que Kane rempile aux commandes est un signal rassurant. La continuité de vision est essentielle pour une série qui se pense comme une fresque sur plusieurs époques.
On peut aussi s’attendre à ce que les Muschietti restent très impliqués dans les choix de mise en scène et d’effets. Leur signature visuelle – jeux de lumière, apparitions soudaines, utilisation de l’espace – devrait continuer à imprégner la série. Le passage aux années 30 offrira de nouvelles possibilités esthétiques : éclairages plus contrastés, décors plus austères, une palette de couleurs peut-être plus terreuse et désaturée.
Une place particulière dans le paysage des adaptations
Le catalogue des adaptations de Stephen King n’a jamais été aussi riche. Entre films, mini-séries et productions originales, l’auteur est partout. Dans ce contexte saturé, Ça : Bienvenue à Derry a su se démarquer en choisissant non pas de revisiter les mêmes événements, mais d’explorer les angles morts du roman. Cette stratégie de préquelle intelligente, qui creuse plutôt qu’elle ne répète, pourrait servir de modèle à d’autres projets.
La décision de consacrer une saison entière au gang Bradley illustre parfaitement cette approche. Là où d’autres se seraient contentés d’un flashback de quelques minutes, la série prend le temps de développer, d’installer une atmosphère, de faire vivre des personnages que le livre ne faisait qu’évoquer. C’est une marque de respect envers le matériau original tout autant qu’une preuve d’ambition.
Si la saison 2 confirme les promesses, on pourrait assister à l’émergence d’une véritable saga télévisée autour de Derry, capable de rivaliser en longévité et en richesse avec d’autres univers de genre. Le cycle de vingt-sept ans offre un cadre narratif idéal pour ce type de projet : chaque saison est à la fois autonome et reliée aux autres par un fil rouge indestructible.
Les attentes du public français
En France, HBO Max a su fidéliser un public exigeant autour de ses productions originales. Ça : Bienvenue à Derry s’inscrit dans cette lignée. Les fans français ont particulièrement réagi à l’annonce de la saison 2, notamment autour de la promesse d’un ton plus adulte et du retour possible de Bill Skarsgård. La période de diffusion envisagée, fin 2027 ou début 2028, laisse le temps aux discussions et aux théories de se développer.
Le public hexagonal est aussi particulièrement sensible à la dimension sociale des récits. Une saison ancrée dans la Grande Dépression pourrait donc trouver un écho particulier. Les parallèles avec d’autres périodes de crise, sans jamais être forcés, offriraient une profondeur supplémentaire à l’horreur pure. C’est souvent dans ces zones de friction entre le fantastique et le réel que les meilleures histoires de Stephen King trouvent leur force.
Reste à savoir si la série saura conserver, dans ce nouveau contexte, la même capacité à créer de l’attachement aux personnages. Les membres du gang Bradley ne sont pas des enfants innocents. Ce sont des criminels. Pourtant, Stephen King a toujours excellé à rendre humains même les êtres les plus imparfaits. Si la série parvient à faire éprouver de l’empathie pour ces braqueurs avant de les livrer à Grippe-Sou, elle aura gagné une partie essentielle du pari.
Vers une mythologie encore plus dense
Chaque nouvelle saison de Ça : Bienvenue à Derry a vocation à enrichir la mythologie globale. Les objets, les lieux, les légendes orales, les apparitions de Grippe-Sou à travers les âges… tout contribue à bâtir un univers cohérent et de plus en plus dense. La voiture de squelettes découverte dans la saison 1 trouve enfin son explication. D’autres éléments plantés dans les premiers épisodes pourraient de la même façon trouver leur résolution ou leur prolongement en 1935.
Cette construction en strates est l’une des grandes forces du projet. Le spectateur qui a suivi la saison 1 ne regarde pas la saison 2 de la même façon qu’un nouveau venu. Les références croisées, les échos, les objets qui traversent les époques créent un plaisir de reconnaissance tout en laissant la porte ouverte à de nouvelles découvertes. C’est exactement ce que l’on attend d’une grande saga.
Si la troisième saison autour de 1908 voit effectivement le jour, le tableau sera presque complet. On aura alors exploré trois cycles majeurs de l’histoire de Derry, trois manifestations différentes de la même horreur, trois portraits d’une ville incapable de se libérer de sa malédiction. Et peut-être, au bout du chemin, une meilleure compréhension de ce qui, exactement, hante ces rues depuis si longtemps.
En attendant, le logo rouge « 1935 » continue de briller comme une promesse et comme une menace. Derry se prépare à un nouveau cycle. Les fans aussi. Et Grippe-Sou, quelque part dans l’ombre des années 30, attend déjà son heure.
La suite s’annonce sanglante. Et passionnante.









