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Kalshi Demande Approbation CFTC Pour Perpétuels US500 Et Cuivre

Kalshi vient de déposer deux demandes cruciales auprès de la CFTC. Si elles passent, un nouveau chapitre s’ouvre pour les indices et les métaux. Mais un procès majeur pourrait tout changer avant même le lancement…

Imaginez un marché où l’on peut parier en continu sur la performance de cinq cents grandes entreprises américaines ou sur le cours du cuivre, sans jamais voir le contrat expirer. C’est exactement ce que Kalshi tente de rendre possible. Le 18 août 2026, la plateforme a déposé deux dossiers auprès de la Commodity Futures Trading Commission. L’un porte sur un contrat perpétuel lié à un large indice actions américain, l’autre sur le métal rouge. Ces demandes arrivent dans un contexte déjà tendu, alors qu’un procès intenté par un concurrent de poids remet en question la nature même de ces produits.

Deux dossiers déposés pour élargir le champ des perpétuels

Kalshi a choisi la voie de l’approbation volontaire prévue par le règlement 40.3 de la CFTC. Cela signifie que l’autorité doit explicitement donner son feu vert avant que les contrats puissent être listés. Aucune date de lancement n’a été annoncée. L’entreprise a simplement indiqué qu’elle mettrait les produits en ligne peu de temps après une éventuelle autorisation.

Cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large. Après avoir obtenu l’aval pour des perpétuels sur le bitcoin, puis sur l’ether et le XRP, Kalshi cherche désormais à sortir du seul univers des crypto-actifs. Les deux nouveaux contrats touchent des marchés traditionnels : l’un s’appuie sur un indice d’actions, l’autre sur un métal industriel largement négocié. Le message est clair. La plateforme veut démontrer que le modèle des perpétuels peut s’appliquer bien au-delà des actifs numériques.

Le contrat US500 : un miroir de cinq cents sociétés américaines

Le premier produit s’appelle US500. Il suit l’indice MerQube US Large Cap, qui regroupe cinq cents des plus grandes entreprises cotées et domiciliées aux États-Unis. La pondération se fait selon la capitalisation boursière disponible au public. En pratique, le contrat reflète la performance globale de ce panier d’actions.

Le règlement se fait en cash. Il n’y a ni date d’expiration fixe ni livraison physique. Pour maintenir le prix du contrat aligné sur l’indice de référence, un mécanisme de financement périodique intervient entre les positions longues et les positions courtes. Ce paiement régulier vise à corriger les écarts éventuels.

La valeur notionnelle d’un contrat complet correspond au niveau de l’indice multiplié par un dollar. Une variation d’un point de l’indice se traduit donc par un mouvement d’un dollar sur la valeur du contrat. Kalshi a proposé un niveau de responsabilité de position de 25 millions de dollars, calculé en mark-to-market. Des bandes de prix, des limites d’ordres et des contrôles de position sont également prévus pour limiter les risques de transactions erronées, de concentration excessive ou de perturbations de marché.

La plateforme avance un argument juridique important. Parce que le contrat s’appuie sur un large indice de titres, il relèverait de la compétence exclusive de la CFTC. Les futures sur actions individuelles ou sur indices étroits relèvent en général d’une supervision conjointe avec la Securities and Exchange Commission. Ici, Kalshi estime que le caractère large de l’indice change la donne.

Le contrat COPPERPERP : le cuivre en version continue

Le second produit, baptisé COPPERPERP, suit le prix spot du cuivre en dollars américains par livre. La référence utilisée est le flux de prix XCU/USD fourni par le réseau Pyth. Chaque contrat complet représente mille livres de cuivre. La taille minimale de négociation est fixée à un millième de contrat. Un mouvement de 0,0005 dollar par livre se traduit par une variation de 0,50 dollar sur la valeur d’un contrat complet.

Les horaires de négociation proposés s’étendent du dimanche 18 heures heure de l’Est au vendredi 17 heures. Le contrat resterait ouvert pendant les périodes de maintenance en semaine, mais fermerait le week-end. Un niveau de responsabilité de position de 5 millions de dollars a été suggéré, ainsi qu’une position maximale de 25 000 contrats. Cette limite s’inspire des règles fédérales applicables au contrat cuivre négocié sur le COMEX.

Si le marché sous-jacent est signalé comme fermé par Pyth ou si le flux devient obsolète, l’indice utiliserait le dernier prix publié éligible. Kalshi a également prévu des bandes de prix et d’autres contrôles de risque pour les moments où le marché de référence n’est plus disponible.

Une extension au-delà des actifs numériques

Ces deux demandes marquent une étape significative. Jusqu’à présent, les perpétuels approuvés par la CFTC pour Kalshi concernaient essentiellement des crypto-actifs. L’arrivée d’un indice actions large et d’un métal industriel traditionnel change la perspective. Le régulateur avait déjà indiqué, lors de l’approbation du bitcoin perpétuel en mai, que les produits référencant d’autres classes d’actifs devraient faire l’objet d’un examen au cas par cas. Les structures de marché diffèrent, et les questions soulevées ne sont pas identiques.

Le cuivre dispose déjà de marchés physiques et de futures avec des horaires de cotation bien établis. L’indice actions, de son côté, repose sur des titres qui ne se négocient pas de façon continue. Ces particularités pourraient influencer la décision de la Commission. Elle peut approuver les contrats, demander des modifications ou les rejeter si elle estime qu’ils violent la Commodity Exchange Act ou ses propres règlements.

Aucun calendrier précis n’accompagne les dépôts. Les documents publics ne fixent ni date de lancement ni délai de réponse de l’autorité. Tout dépendra de l’analyse approfondie que mènera la CFTC.

Le procès CME qui plane sur l’ensemble du dossier

Pendant que Kalshi avance ses pions, un conflit juridique de fond se déroule en parallèle. En juin, le CME Group a assigné la CFTC en justice. L’échange affirme que les contrats perpétuels correspondent à la définition légale des swaps au sens de la loi Dodd-Frank. Il demande à un tribunal fédéral d’annuler l’approbation du produit bitcoin de Kalshi et, plus largement, la politique des perpétuels mise en place par le régulateur.

La CFTC conteste cette lecture et a qualifié le recours de « frivole ». L’affaire n’est pas encore tranchée. Aucune décision de justice n’a invalidé la voie d’approbation existante. Pourtant, l’issue de ce litige pourrait redessiner le cadre dans lequel évoluent les perpétuels. Si un tribunal estimait qu’il s’agit bien de swaps, les obligations en matière de négociation, de compensation, de marge et de reporting changeraient radicalement.

Le CME a même changé de cabinet d’avocats en juillet. Le cabinet sortant a évoqué des conflits de position avec d’autres clients. Ce remplacement n’a pas mis fin à la procédure. Le dossier continue donc son chemin pendant que Kalshi multiplie les demandes d’extension.

Ce que révèle la stratégie de Kalshi

En multipliant les classes d’actifs, Kalshi cherche à ancrer le modèle des perpétuels dans le paysage réglementé américain. Après le bitcoin, l’ether et le XRP, l’indice large et le cuivre représentent une nouvelle étape. L’entreprise veut montrer que ces produits peuvent répondre à des besoins de couverture et de spéculation sur des marchés très différents.

Le mécanisme de financement périodique constitue le cœur technique de ces contrats. Il permet de maintenir l’alignement avec le prix de référence sans date d’échéance. Cette caractéristique attire les opérateurs qui souhaitent conserver une exposition sur le long terme sans avoir à rouler des positions à chaque expiration.

Les niveaux de responsabilité de position et les limites maximales proposés reflètent une volonté de cadrer les risques. Pour l’US500, le seuil de 25 millions de dollars marque une ambition de liquidité importante. Pour le cuivre, le plafond de 25 000 contrats s’inspire de pratiques déjà en vigueur sur le marché traditionnel. Ces paramètres seront sans doute scrutés de près par les services de la CFTC.

Les particularités techniques qui retiennent l’attention

Sur le contrat cuivre, le choix du fournisseur de données Pyth Network n’est pas anodin. Ce réseau décentralisé de prix oracles est déjà utilisé dans l’écosystème crypto. L’appliquer à un métal industriel traditionnel crée un pont entre deux univers. La règle de repli sur le dernier prix éligible en cas de fermeture ou de données obsolètes vise à assurer une continuité, même lorsque le marché physique est fermé.

Les horaires de négociation proposés pour le COPPERPERP s’étendent presque sur cinq jours complets. Cette amplitude contraste avec les sessions plus limitées des marchés physiques et des futures classiques. Elle pourrait offrir une liquidité supplémentaire en dehors des heures habituelles, mais elle soulève aussi des questions de surveillance et de gestion des risques pendant les périodes de moindre activité.

Côté US500, le multiplicateur d’un dollar par point d’indice rend le contrat relativement accessible. Un mouvement de cent points se traduit par une variation de cent dollars sur un contrat complet. Cette granularité facilite la gestion des positions pour des opérateurs de tailles différentes.

Les questions que le régulateur devra trancher

La CFTC dispose d’une marge d’appréciation importante. Elle peut valider les contrats en l’état, exiger des ajustements sur les horaires, les limites de position ou les mécanismes de financement, ou purement et simplement les refuser. Les arguments juridiques avancés par Kalshi sur la compétence exclusive pour l’indice large seront examinés avec attention.

Le contexte du procès CME complique encore la donne. Même si la Commission approuvait les nouveaux produits, une décision de justice défavorable pourrait remettre en cause l’ensemble du cadre. À l’inverse, un rejet des demandes de Kalshi serait interprété comme un frein à l’extension des perpétuels vers les marchés traditionnels.

Les précédents comptent. L’approbation du bitcoin perpétuel en mai avait été accompagnée d’un message clair : chaque nouvelle classe d’actifs mérite un examen spécifique. Le cuivre et l’indice actions ne sont pas des crypto-actifs. Leurs dynamiques de marché, leurs horaires et leurs interconnexions avec d’autres produits dérivés diffèrent. Ces éléments seront au cœur de l’analyse.

Un enjeu plus large pour les marchés réglementés

Au-delà du sort immédiat de ces deux dossiers, c’est la place des perpétuels dans le paysage américain qui se joue. Si la CFTC valide l’extension vers les indices et les métaux, d’autres plateformes pourraient suivre. Les investisseurs disposeraient alors d’outils de couverture et de spéculation continus sur des actifs jusqu’ici principalement accessibles via des futures à échéance fixe ou des ETF.

Le modèle perpétuel présente des avantages. Il élimine le risque de rollover et les coûts associés aux échéances successives. Il permet une exposition plus fluide dans le temps. Mais il impose aussi une discipline stricte sur le mécanisme de financement et sur la gestion des risques de liquidité, surtout lorsque le marché de référence est fermé.

Les opérateurs institutionnels observeront de près la façon dont les bandes de prix et les contrôles de position fonctionnent en pratique. Une trop grande rigidité pourrait freiner la liquidité. Une trop grande souplesse pourrait exposer le marché à des mouvements désordonnés. Trouver le bon équilibre sera déterminant.

Les prochaines étapes à surveiller

Pour l’instant, tout reste en suspens. Les dossiers ont été déposés le 18 août. La CFTC a commencé son examen. Aucun calendrier public n’a été communiqué. Les acteurs du marché guetteront les éventuelles demandes de précisions ou de modifications émanant du régulateur.

Parallèlement, le procès intenté par le CME continue de progresser. Un jugement, même interlocutoire, pourrait influencer le climat dans lequel les nouvelles demandes sont instruites. Kalshi, de son côté, a déjà démontré sa capacité à faire aboutir des dossiers sur des actifs numériques. L’extension vers les indices et les métaux constitue un test de nature différente.

Si les deux contrats obtiennent le feu vert, le paysage des dérivés réglementés américains s’enrichira de deux outils inédits. Un perpétuel sur un large indice actions et un perpétuel sur le cuivre offriraient des possibilités de trading et de couverture jusqu’ici absentes de l’offre réglementée. Le succès commercial de ces produits dépendra ensuite de la liquidité, de la clarté des règles et de la confiance des opérateurs.

En attendant, le simple dépôt de ces dossiers illustre une ambition claire. Kalshi ne se contente plus d’occuper le terrain des crypto-actifs. Elle veut prouver que le modèle des contrats sans échéance peut s’étendre à des marchés beaucoup plus traditionnels. La réponse de la CFTC, et celle de la justice dans le dossier concurrent, diront si cette ambition trouve un écho réglementaire durable.

Les prochains mois seront donc décisifs. Chaque précision demandée par le régulateur, chaque argument échangé dans le procès, chaque ajustement éventuel des paramètres techniques apportera des indices sur la direction que prend le cadre américain des perpétuels. Pour les participants aux marchés, l’attente est déjà palpable. Un nouvel outil pourrait bientôt s’ajouter à la panoplie disponible. Ou rester, pour le moment, au stade des intentions.

La prudence reste de mise. Rien n’est acquis tant que la Commission n’a pas rendu sa décision et tant que le contentieux judiciaire n’a pas trouvé d’issue. Pourtant, le simple fait que ces demandes aient été formalisées marque une évolution. Le débat sur la nature des perpétuels et sur leur place dans le système réglementé américain s’élargit désormais bien au-delà des seuls actifs numériques. C’est peut-être là le point le plus significatif de cette actualité.

Les acteurs qui suivent de près les évolutions réglementaires savent que chaque nouvelle classe d’actifs testée constitue un précédent. Si l’US500 et le COPPERPERP voient le jour, d’autres indices ou d’autres métaux pourraient suivre. Si les dossiers sont rejetés ou profondément modifiés, le message sera différent. Dans un cas comme dans l’autre, le marché disposera d’informations précieuses sur les limites que le régulateur entend fixer à ce type de produits.

En définitive, ces deux dépôts illustrent la tension permanente entre innovation et cadre juridique. Kalshi pousse les frontières du possible dans un environnement réglementé. Le CME défend une lecture plus restrictive de la loi. La CFTC se trouve au centre de ce débat. Les prochains développements diront qui l’emporte, et dans quelle mesure le modèle des perpétuels peut s’imposer durablement sur des marchés aussi différents que les actions américaines et le cuivre.

Pour l’heure, les dossiers sont sur la table. L’analyse commence. Les opérateurs observent. Et le marché attend de savoir si, bientôt, il sera possible de négocier en continu, sans échéance, l’évolution de cinq cents grandes entreprises ou le prix d’une livre de cuivre. La réponse n’est pas encore écrite. Elle le sera dans les semaines ou les mois à venir.

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