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Bitcoin Chute De 50 Pour Cent BlackRock Reste Optimiste

Bitcoin a perdu plus de 50 % depuis son record. BlackRock refuse de changer d’avis et livre une analyse qui surprend. Ce que le géant de la gestion d’actifs révèle sur la suite pourrait changer votre vision du marché.

Plus de 50 %. C’est le chiffre qui résonne encore dans les esprits des investisseurs en cryptomonnaies. Depuis le sommet historique touché en octobre 2025, le Bitcoin a perdu plus de la moitié de sa valeur, plongeant sous la barre des 60 000 dollars au plus bas de juin. Pourtant, au milieu de cette correction brutale, un acteur de poids refuse de changer de discours. BlackRock, le plus grand gestionnaire d’actifs au monde, vient de publier une note de recherche dans laquelle il affirme que le scénario d’investissement à long terme du Bitcoin n’a pas bougé d’un iota.

Cette position, exprimée en août 2026, suscite autant de soulagement que de questions. Comment un géant institutionnel peut-il rester aussi serein face à une chute aussi violente ? La réponse, selon le rapport, tient moins dans une prédiction de rebond que dans une lecture froide des causes du mouvement. Pour BlackRock, il s’agit d’un événement de positionnement et de liquidité, pas d’une remise en cause structurelle des qualités monétaires ou de diversification du Bitcoin.

Une chute spectaculaire mais pas une rupture de thèse

Le parcours du Bitcoin depuis fin 2022 a de quoi donner le vertige. Parti d’environ 15 765 dollars, l’actif a grimpé jusqu’à un record de 124 606 dollars en octobre 2025. Cette ascension fulgurante s’est accompagnée d’une accumulation massive de levier. Les intérêts ouverts sur les contrats à terme ont dépassé les 90 milliards de dollars au plus haut. Environ 80 % de cette exposition provenait de contrats perpétuels négociés sur des plateformes offshore, parfois avec des leviers allant de 50 à 125 fois.

Dans un tel environnement, une simple variation de prix peut déclencher des liquidations automatiques en cascade. C’est exactement ce qui s’est produit. Le premier grand mouvement de débouclage a suivi les annonces de droits de douane américains visant la Chine, le 10 octobre 2025. Le Bitcoin a alors perdu 6 % en une journée tandis que les intérêts ouverts fondaient de 20 milliards de dollars. BlackRock qualifie cet épisode de plus importante réduction quotidienne d’intérêts ouverts observée dans les données analysées.

D’autres vagues de liquidations ont suivi en février puis en juin 2026, poussant finalement le prix sous les 60 000 dollars. Ces séquences nourrissent l’argument central du rapport : le levier a amplifié la baisse, même s’il n’en a pas été la cause unique. La distinction est importante. Elle permet à BlackRock de séparer un mouvement de marché technique d’une éventuelle invalidation de la thèse d’investissement.

Le rôle du levier dans l’amplification des pertes

Le marché des dérivés a profondément évolué. Les plateformes offshore ont longtemps dominé les volumes de contrats perpétuels, offrant des niveaux de levier rarement vus sur les marchés traditionnels. Lorsque le prix commence à baisser, les positions trop endettées sont automatiquement liquidées. Ces ventes forcées font encore baisser le prix, ce qui déclenche de nouvelles liquidations. Le cercle vicieux est bien connu des traders, mais son ampleur a surpris même les observateurs aguerris.

BlackRock souligne que cette dynamique de débouclage a été particulièrement visible après le pic d’octobre 2025. Le rapport ne prétend pas que le levier explique à lui seul la totalité de la correction. Il insiste toutefois sur le fait qu’il a joué un rôle d’accélérateur majeur. Une fois les positions excessives nettoyées, le marché se retrouve dans une configuration plus saine, même si le prix reste loin des sommets.

Parallèlement, le paysage réglementaire américain a bougé. La CFTC a approuvé en mai le contrat perpétuel onshore de KalshiEX, estimant que sa structure respectait les règles fédérales sur les dérivés. Pour la première fois, un produit longtemps associé aux places offshore entre dans le cadre réglementé américain. Cette évolution pourrait, à terme, réduire la part des expositions non réglementées et limiter l’ampleur des liquidations futures.

Les sorties d’ETP et la concurrence des fonds AI

Les produits cotés en bourse liés au Bitcoin ont connu un parcours en deux temps. Entre leur lancement aux États-Unis en janvier 2024 et octobre 2025, les ETP Bitcoin au comptant ont attiré environ 60 milliards de dollars. Puis, jusqu’en juillet 2026, ils ont enregistré près de 5 milliards de dollars de sorties nettes. Ce retournement de flux a coïncidé avec une forte demande pour les fonds thématiques liés à l’intelligence artificielle, qui ont collecté plus de 46 milliards de dollars sur la même période.

BlackRock estime que cette rotation a probablement concurrencé les allocations Bitcoin. L’interprétation reste prudente : les données de flux ne permettent pas de connaître les motivations exactes de chaque investisseur. Pourtant, le timing est frappant. Au moment où l’attention des marchés se tournait massivement vers l’intelligence artificielle, les flux entrants sur le Bitcoin se tarissaient.

Les données plus récentes apportent une nuance. Les 17 et 18 août 2026, les ETP américains ont enregistré respectivement 297,5 millions et 189,3 millions de dollars d’entrées nettes, soit près de 487 millions de dollars en deux jours. Ces flux positifs ont suivi une semaine de sorties d’environ 385 millions de dollars. Le marché reste donc irrégulier, mais les signaux les plus récents ne sont plus exclusivement négatifs.

Les ventes des trésoreries d’entreprises ajoutent de l’offre

Outre le levier et les flux d’ETP, BlackRock pointe aussi les ventes de mineurs, de grands détenteurs et de sociétés de trésorerie d’actifs numériques. Ces acteurs ont injecté de l’offre sur le marché au moment où la demande faiblissait. Un exemple notable : MARA a cédé 15 133 Bitcoin pour environ 1,1 milliard de dollars en mars, selon ses documents réglementaires.

Strategy, de son côté, a mis en place un programme de monétisation de Bitcoin permettant de financer des réserves, des dividendes, des intérêts et des rachats de titres. Le programme n’impose aucune obligation de vente et n’a pas de date d’expiration. Une déclaration auprès de la SEC datée du 10 août a confirmé que Strategy avait vendu 1 690 Bitcoin pour 108,6 millions de dollars entre le 3 et le 9 août. Les fonds ont servi à racheter des actions préférentielles STRC.

Ces opérations, bien que limitées en volume par rapport à la capitalisation totale, ont contribué à maintenir une pression vendeuse pendant la phase de faiblesse. Elles illustrent aussi l’évolution du comportement de certains acteurs institutionnels qui, après avoir accumulé, choisissent parfois de monétiser une partie de leurs réserves.

Pourquoi BlackRock maintient son argument d’allocation limitée

Au cœur de la note se trouve une analyse historique sur dix ans. BlackRock a testé l’ajout d’une allocation de 1 % ou 2 % de Bitcoin à un portefeuille traditionnel américain 60/40. Les résultats, purement hypothétiques et construits a posteriori, montrent une amélioration des rendements ajustés au risque. Avec 1 % de Bitcoin, le ratio de Sharpe passe de 0,81 à 0,90. Avec 2 %, il atteint 0,96.

Les drawdowns maximaux restent proches. Le portefeuille traditionnel a connu une baisse de 20,3 %, contre 20,6 % avec 1 % de Bitcoin et 20,9 % avec 2 %. Ces chiffres ne constituent évidemment pas une garantie de performance future. Ils servent plutôt à illustrer qu’une exposition limitée n’a pas, historiquement, dégradé de façon significative le profil de risque d’un portefeuille diversifié.

BlackRock rappelle également les caractéristiques structurelles qui, selon lui, n’ont pas changé : une offre plafonnée, une corrélation de 0,18 sur dix ans avec l’indice S&P 500, et un potentiel de couverture contre l’érosion du pouvoir d’achat des monnaies fiduciaires. Ces éléments forment le socle de la thèse long terme défendue par la société.

Il est important de noter que BlackRock gère elle-même le iShares Bitcoin Trust ETF. La société prévient explicitement que le Bitcoin reste un actif volatile, spéculatif et susceptible d’entraîner une perte totale du capital investi. L’analyse présentée n’est donc pas une recommandation d’achat, mais une évaluation de la solidité relative de la thèse d’investissement face à une correction sévère.

Ce que dit vraiment le rapport sur la nature de la correction

La distinction entre un événement cyclique et une rupture structurelle est au centre de la communication de BlackRock. Le rapport décrit la baisse comme un mouvement de positionnement et de liquidité. En d’autres termes, trop de levier, des flux institutionnels plus faibles et un ralentissement des achats par les sociétés de trésorerie d’actifs numériques ont créé les conditions d’une correction profonde. Ces facteurs ne remettent pas en cause, selon la société, les propriétés monétaires ou de diversification du Bitcoin.

Cette lecture a le mérite de la clarté. Elle évite de promettre un rebond immédiat tout en refusant de jeter aux oubliettes la thèse long terme. Elle laisse la porte ouverte à deux scénarios. Si les flux vers les ETP se stabilisent et si le levier spéculatif reste contenu, l’argument d’une correction cyclique gagne en crédibilité. À l’inverse, de nouvelles vagues de liquidations ou la poursuite des ventes de trésorerie maintiendraient une pression baissière et mettraient à l’épreuve cette interprétation.

Le marché a d’ores et déjà commencé à tester ces hypothèses. Le 19 août 2026, le Bitcoin évoluait autour de 64 300 dollars après avoir reconquis la zone des 64 000 dollars. Ce rebond s’est produit en parallèle d’un retour d’entrées nettes sur les ETP. Pourtant, le retour du levier laisse la porte ouverte à un nouveau retournement rapide.

Les signaux à surveiller dans les prochaines semaines

Pour les investisseurs qui cherchent à comprendre si la correction a atteint son point bas, plusieurs indicateurs méritent une attention particulière. Les flux nets des ETP Bitcoin au comptant constituent le premier baromètre. Des entrées soutenues sur plusieurs semaines indiqueraient un retour d’intérêt institutionnel. Des sorties prolongées, en revanche, confirmeraient que la concurrence d’autres thématiques reste forte.

Le niveau d’intérêts ouverts sur les contrats à terme, et surtout la part des expositions offshore à fort levier, offre un second indicateur. Une réduction durable de ce levier diminuerait le risque de nouvelles cascades de liquidations. À l’inverse, une reconstitution rapide des positions spéculatives augmenterait la vulnérabilité du marché à la moindre mauvaise nouvelle.

Enfin, les déclarations des sociétés de trésorerie d’actifs numériques et des mineurs restent à suivre de près. Toute nouvelle vague de ventes importantes pourrait continuer d’alimenter l’offre à un moment où la demande institutionnelle n’est pas encore pleinement revenue.

Une perspective institutionnelle qui tranche avec le bruit du marché

Dans un environnement où les réseaux sociaux amplifient souvent les mouvements de panique ou d’euphorie, la position de BlackRock se distingue par sa sobriété. Le gestionnaire d’actifs ne promet pas de nouveaux sommets historiques. Il ne déclare pas non plus que le Bitcoin a perdu sa raison d’être. Il se contente de rappeler que les caractéristiques qui avaient justifié une allocation limitée dans un portefeuille diversifié n’ont pas disparu avec la correction.

Cette approche a le mérite de recentrer le débat. Au lieu de se demander si le prix va rebondir la semaine prochaine, la question devient : les fondamentaux monétaires et de diversification du Bitcoin ont-ils changé de manière durable ? Selon BlackRock, la réponse est non. La correction s’explique principalement par un excès de levier, un ralentissement des flux et des ventes de trésorerie, et non par une invalidation de la thèse de long terme.

Bien entendu, cette analyse n’engage que son auteur. Elle ne constitue en aucun cas un conseil d’investissement. Le Bitcoin reste un actif extrêmement volatil, capable de baisses encore plus profondes. Les investisseurs doivent rester pleinement conscients du risque de perte totale du capital. La note de BlackRock apporte toutefois une grille de lecture claire pour ceux qui cherchent à distinguer le bruit de la tendance de fond.

Le contexte plus large des flux de capitaux

La rotation vers les thématiques d’intelligence artificielle n’est pas un phénomène isolé. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large où les capitaux se déplacent rapidement d’un récit de croissance à un autre. En 2025 et 2026, l’engouement pour l’IA a capté une part importante de l’attention et des flux institutionnels. Dans ce contexte, le Bitcoin a temporairement perdu de son attrait relatif.

Cette concurrence entre récits d’investissement n’est pas nouvelle. Elle s’était déjà manifestée lors de précédents cycles. Ce qui change, c’est l’ampleur des sommes en jeu et la vitesse à laquelle les flux peuvent s’inverser. Les ETP Bitcoin ont démontré qu’ils pouvaient attirer des dizaines de milliards de dollars en un temps record. Ils ont aussi montré qu’ils pouvaient en perdre une partie non négligeable lorsque le sentiment change.

Pour BlackRock, cette volatilité des flux ne remet pas en cause la pertinence d’une allocation stratégique limitée. Elle rappelle simplement que le Bitcoin, même lorsqu’il est accessible via des véhicules réglementés, reste soumis aux cycles d’attention et de liquidité typiques des actifs risqués.

Les implications pour les portefeuilles diversifiés

L’argument d’une allocation de 1 % ou 2 % mérite d’être examiné avec attention. Dans un portefeuille traditionnel 60/40, une telle exposition reste marginale en termes de poids. Pourtant, les tests historiques de BlackRock suggèrent qu’elle a pu améliorer le ratio de Sharpe sans augmenter de façon significative le drawdown maximal. Ces résultats, construits avec le recul, ne préjugent en rien de l’avenir. Ils illustrent néanmoins pourquoi certains investisseurs institutionnels continuent de considérer le Bitcoin comme un actif de diversification potentiel, même après une correction de 50 %.

La corrélation de 0,18 sur dix ans avec le S&P 500 reste un élément clé de cette réflexion. Une corrélation aussi faible signifie que le Bitcoin a, historiquement, évolué de manière relativement indépendante des actions américaines. Cette caractéristique peut, en théorie, contribuer à réduire la volatilité globale d’un portefeuille, à condition que l’allocation reste limitée et que l’investisseur accepte la forte volatilité propre à l’actif.

Il faut toutefois rappeler que la diversification n’élimine pas le risque de perte. Elle peut uniquement le répartir. Une allocation même réduite au Bitcoin expose le portefeuille à des mouvements de prix parfois violents. C’est précisément pourquoi BlackRock insiste sur le caractère spéculatif de l’actif et sur la possibilité d’une perte totale.

Une lecture utile au-delà du prix du jour

Le principal intérêt de la note de BlackRock ne réside peut-être pas dans les chiffres de performance hypothétique, mais dans la façon dont elle cadre le débat. En refusant de traiter la correction de 50 % comme une invalidation de la thèse, la société invite les investisseurs à distinguer les facteurs techniques des facteurs structurels. Le levier, les flux et les ventes de trésorerie appartiennent à la première catégorie. L’offre plafonnée, la faible corrélation historique et le potentiel de couverture monétaire appartiennent à la seconde.

Cette distinction n’est pas purement académique. Elle conditionne la manière dont les investisseurs institutionnels et particuliers vont positionner leurs portefeuilles dans les mois à venir. Si la majorité des acteurs adopte la lecture cyclique de BlackRock, les périodes de faiblesse pourraient être utilisées pour renforcer progressivement les positions. Si, au contraire, le marché interprète la baisse comme le signe d’un changement de régime plus profond, la pression vendeuse pourrait se prolonger.

Pour l’heure, le prix évolue autour de 64 300 dollars, loin des sommets d’octobre 2025 mais également loin des plus bas de juin. Les flux d’ETP montrent des signes de stabilisation, sans pour autant retrouver l’ampleur des périodes d’euphorie. Le levier reste présent, mais à des niveaux probablement plus raisonnables qu’au pic. Les prochaines semaines diront si ces conditions suffisent à soutenir l’interprétation de BlackRock ou si de nouveaux chocs viendront la remettre en question.

En attendant, la position du plus grand gestionnaire d’actifs au monde offre un point de repère utile. Elle rappelle que, même dans un marché aussi émotionnel que celui des cryptomonnaies, il est possible de séparer le bruit des signaux de long terme. Que l’on partage ou non cette analyse, elle a le mérite de poser clairement les termes du débat : la correction de 50 % a-t-elle changé la nature du Bitcoin, ou a-t-elle seulement révélé les fragilités d’un marché encore trop dépendant du levier et des flux spéculatifs ?

La réponse que chacun apportera à cette question déterminera largement sa stratégie dans les mois qui viennent. Pour BlackRock, la réponse est déjà formulée. Le scénario d’investissement à long terme reste intact. Reste maintenant à observer si le marché, dans sa brutalité habituelle, finira par confirmer ou par contredire cette lecture.

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