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Utilisateurs et employés de BitMart exigent des réponses concrètes avant le 19 août. Retraits impossibles, salaires non versés, réserves opaques. Que se cache-t-il vraiment derrière cette fermeture annoncée ?

Imaginez un instant que vos avoirs numériques, durement accumulés au fil des mois ou des années, se retrouvent soudainement inaccessibles. Pas à cause d’un bug passager, mais d’un silence prolongé de la plateforme qui les détient. C’est exactement la situation dans laquelle se trouvent aujourd’hui des milliers d’utilisateurs de BitMart, une place de marché qui a décidé de tirer le rideau après neuf années d’existence. La date du 19 août approche à grands pas, et avec elle une demande collective claire : des réponses précises, des chiffres vérifiables et un plan de remboursement concret.

Une plateforme en fin de course face à ses responsabilités

Le 26 juillet dernier, BitMart a officialisé sa décision de cesser progressivement ses activités. Plus de nouvelles inscriptions, plus de dépôts, plus d’ouvertures de positions. Les services de trading devaient s’arrêter le 26 août, avant une extinction complète prévue pour le 31 janvier 2027. L’annonce, formulée de manière assez neutre, évoquait des conditions de marché difficiles et un repositionnement stratégique. Aucun événement précis n’a été cité. Pourtant, depuis plusieurs semaines, les signalements s’accumulent. Des utilisateurs affirment ne plus pouvoir retirer leurs fonds normalement. Certains employés n’auraient pas touché leur dernier salaire ni les compensations promises.

Cette tension a donné naissance à une déclaration publique adressée directement au fondateur Sheldon Lee et à Yi Li. Le texte, diffusé largement, ne se contente pas de plaintes vagues. Il formule des exigences précises et fixe une échéance : le 19 août. Au-delà de cette date, les auteurs menacent de transmettre des éléments aux autorités compétentes, aux régulateurs et aux médias spécialisés dans plusieurs juridictions.

Les demandes concrètes formulées par les utilisateurs

Le groupe à l’origine de la lettre ouverte réclame avant tout de la transparence. Il demande que BitMart publie la liste de ses portefeuilles, le détail de ses actifs, de ses passifs et surtout le montant des réserves réellement utilisables pour honorer les retraits clients. L’idée n’est pas de se contenter d’une déclaration interne. Les signataires insistent sur la nécessité d’un contrôle indépendant réalisé par un tiers. Autrement dit, des chiffres que chacun pourrait vérifier, et non une simple communication d’entreprise.

Ils souhaitent également comprendre pourquoi des retraits restent bloqués ou ralentis malgré l’annonce de la fermeture. Qui a pris la décision de restreindre les sorties de fonds ? À quel moment cette décision a-t-elle été actée ? Et, point plus sensible encore, est-ce que la plateforme a continué à encourager les dépôts et le trading alors même que des difficultés de liquidité étaient déjà identifiées en interne ?

Ces questions ne sont pas anodines. Dans l’univers des échanges centralisés, la confiance repose largement sur la capacité à retirer ses avoirs à tout moment. Lorsque cette promesse s’effrite, les soupçons montent très vite. BitMart avait déjà dû faire face, en juin, à des plaintes similaires. À l’époque, la direction avait évoqué des contrôles de risque liés à un schéma organisé visant à exploiter des subventions d’activité. Après l’annonce de la fermeture, elle avait précisé que les retraits resteraient possibles, mais soumis à des vérifications renforcées portant sur l’identité, les appareils, les adresses IP, les destinations et le respect des sanctions internationales.

Pourquoi une simple preuve de réserves ne suffit pas

Beaucoup d’échanges publient aujourd’hui des rapports de preuve de réserves. Ces documents comparent les soldes clients à un instant T avec les fonds détenus dans des portefeuilles identifiés. C’est utile, mais incomplet. Une telle photographie ne révèle ni les dettes hors chaîne, ni les emprunts, ni les engagements futurs. Elle ne dit rien non plus de la liquidité réelle disponible pour traiter un afflux massif de demandes de retrait.

Les auteurs de la lettre le savent. Ils demandent donc non seulement la valeur des actifs restants et le montant total des passifs, mais aussi une estimation du taux de recouvrement possible pour les clients. Ils veulent connaître l’ordre de priorité des remboursements, les dates de début et de fin du processus, ainsi que le nom de l’entité chargée de superviser l’ensemble. L’acceptation d’un audit indépendant figure également parmi les points non négociables.

Point clé à retenir : une preuve de réserves classique montre ce qui se trouve dans les portefeuilles à un moment donné. Elle ne garantit pas que ces fonds sont libres de toute obligation ni qu’ils pourront être distribués rapidement en cas de fermeture.

Les soupçons autour de comptes liés à Yi Li

La lettre ne s’arrête pas aux aspects purement comptables. Elle interroge également Yi Li sur l’origine et la propriété de fonds qui se trouveraient dans des comptes qui lui seraient associés. Selon des éléments encore en cours de vérification, ces comptes auraient concentré des montants évalués à plusieurs dizaines de millions de dollars, avec des sorties effectuées par lots successifs.

Les auteurs prennent soin de préciser qu’aucune qualification pénale ne doit être appliquée tant que les faits ne sont pas établis. Ils demandent simplement des clarifications : ces comptes existent-ils vraiment ? Qui en est le propriétaire effectif ? D’où provenaient les fonds ? Pourquoi ont-ils transité par ces structures ? Où sont-ils partis ensuite ? Et existe-t-il un lien, même indirect, avec les avoirs des clients de BitMart ?

Des publications sur les réseaux sociaux montrant des achats de luxe attribués à Yi Li sont également évoquées. Les signataires reconnaissent que ce type de dépenses ne constitue en rien une preuve de malversation. Ils estiment toutefois que, dans le contexte actuel, la question de l’origine des fonds mérite une réponse publique et vérifiable.

Les employés, oubliés de la transition

Au-delà des clients, la lettre met en lumière la situation des salariés. Certains d’entre eux n’auraient pas perçu le salaire du mois précédent ni les indemnités liées à la fermeture. Le message est clair : le travail fourni doit être rémunéré, et les compensations promises doivent être versées. Les employés ordinaires n’ont pas décidé de la stratégie financière de l’entreprise. Ils ne devraient pas supporter les conséquences de choix managériaux.

Cette dimension sociale ajoute une couche de gravité à l’affaire. Une plateforme qui cesse ses activités sans régler correctement ses obligations envers son personnel fragilise encore davantage sa crédibilité. Dans un secteur où la confiance est déjà fragile, chaque manquement alimente les doutes.

Un historique qui n’aide pas à rassurer

BitMart n’en est pas à son premier épisode difficile. En décembre 2021, l’échange avait subi une attaque majeure sur ses portefeuilles chauds. Environ 196 millions de dollars d’actifs avaient été dérobés. La direction s’était alors engagée à indemniser les clients touchés. L’incident avait marqué les esprits et rappelé la vulnérabilité inhérente aux solutions de garde centralisées.

Plus récemment, en décembre 2025, des analyses de carnets d’ordres montraient que BitMart présentait encore une profondeur intéressante sur les marchés perpétuels de bitcoin et d’ethereum, supérieure à celle de plusieurs concurrents sur la période observée. Cette solidité apparente rend d’autant plus surprenante la décision de fermer boutique si rapidement.

Le contraste entre une présence encore significative sur les marchés et l’annonce d’un arrêt progressif nourrit les interrogations. Les utilisateurs se demandent si la plateforme a réellement anticipé les difficultés ou si elle a tenté de prolonger l’activité le plus longtemps possible malgré des signaux d’alerte internes.

Ce que prévoit le plan de remboursement exigé

Les signataires de la lettre ne se contentent pas de réclamer des chiffres. Ils veulent un calendrier. Combien d’actifs restent disponibles ? Quel est le montant total des créances clients ? Quel pourcentage pourra effectivement être remboursé ? Dans quel ordre les dossiers seront-ils traités ? Qui supervisera le processus ? Et surtout, BitMart acceptera-t-il de se soumettre à un audit externe indépendant ?

Ces éléments permettraient aux utilisateurs d’avoir une vision réaliste de leurs chances de récupération. Sans eux, chaque jour qui passe alimente l’angoisse et les rumeurs. L’absence de réponse claire avant le 19 août pourrait transformer une situation déjà tendue en crise ouverte, avec des conséquences juridiques potentielles dans plusieurs pays.

Les points non négociables selon la lettre ouverte :

  • Publication des portefeuilles et des actifs
  • Détail des passifs et des réserves utilisables
  • Explication des restrictions de retrait
  • Plan de remboursement daté et chiffré
  • Acceptation d’un audit indépendant
  • Clarifications sur les comptes liés à Yi Li
  • Paiement des salaires et compensations dus

Les risques d’une absence de réponse

Si BitMart ne fournit pas d’éléments concrets et vérifiables d’ici le 19 août, les auteurs de la déclaration indiquent qu’ils envisagent de transmettre les documents en leur possession, les pistes de transactions et d’autres preuves aux forces de l’ordre, aux régulateurs, à des avocats et à des organes de presse dans plusieurs juridictions. Ils appellent également les acteurs de l’industrie, les chercheurs et les médias à suivre de près l’évolution du dossier et à soutenir un examen indépendant des flux financiers.

Ils précisent ne pas demander à des tiers d’accepter d’emblée les allégations. Leur objectif déclaré est de rendre publics les éléments sous-jacents afin que chacun puisse se forger sa propre opinion sur des bases factuelles.

Cette stratégie de pression collective n’est pas nouvelle dans le secteur. Elle a déjà été utilisée lors d’autres défaillances d’échanges. Elle repose sur l’idée que la transparence forcée peut parfois accélérer les procédures de récupération ou, a minima, limiter les pertes supplémentaires.

Le contexte plus large des échanges centralisés

L’affaire BitMart s’inscrit dans une période où les utilisateurs sont de plus en plus sensibles aux questions de solvabilité. Après plusieurs faillites retentissantes ces dernières années, la moindre restriction de retrait déclenche immédiatement des réactions de défiance. Les rapports de réserves publiés par d’autres plateformes, même s’ils restent partiels, sont devenus un standard minimum attendu par une partie de la communauté.

Certains acteurs majeurs publient régulièrement des snapshots montrant l’évolution des soldes clients en bitcoin ou en stablecoins. Ces documents ne constituent pas des audits complets, mais ils offrent au moins un point de comparaison dans le temps. Pour une plateforme en phase de fermeture, l’exigence est encore plus forte : il ne s’agit plus seulement de prouver qu’on détient les fonds, mais de démontrer qu’on est en mesure de les restituer de manière ordonnée.

La distinction entre actifs détenus et liquidité réelle devient alors cruciale. Un échange peut afficher des réserves importantes tout en faisant face à des difficultés de trésorerie si une partie de ces actifs est immobilisée, engagée ou difficilement cessible sans impact de marché.

Ce que les utilisateurs peuvent faire en attendant

En l’absence de communication officielle détaillée de la part de BitMart, les détenteurs de fonds sont invités à documenter scrupuleusement leur situation. Captures d’écran des soldes, historiques de transactions, échanges de messages avec le support : chaque élément peut s’avérer utile en cas de procédure collective ou individuelle.

Il est également recommandé de suivre les canaux officiels de la plateforme et les discussions communautaires, tout en restant vigilant face aux rumeurs non sourcées. Dans ce type de crise, les informations contradictoires circulent rapidement et peuvent induire en erreur.

Pour ceux qui parviennent encore à retirer une partie de leurs avoirs, la prudence reste de mise. Les délais de traitement allongés et les contrôles supplémentaires sont explicitement mentionnés par la direction. Anticiper ces frictions permet d’éviter les mauvaises surprises de dernière minute.

Une date butoir qui pourrait tout changer

Le 19 août n’est pas seulement une date symbolique. Elle marque la limite fixée par une partie des utilisateurs et des employés pour obtenir des réponses structurées. Si BitMart choisit de communiquer de manière transparente, avec des chiffres vérifiables et un calendrier crédible, la tension pourrait redescendre. Dans le cas contraire, le dossier risque de basculer vers une phase plus conflictuelle, avec des actions juridiques et médiatiques coordonnées.

Le secteur des cryptomonnaies a déjà connu des épisodes similaires. Certains se sont terminés par des remboursements partiels organisés, d’autres par des procédures longues et des taux de récupération très faibles. L’issue dépend souvent de la rapidité avec laquelle la vérité sur les fonds disponibles est établie et de la volonté réelle de la direction de collaborer.

Pour l’instant, les questions restent en suspens. Les utilisateurs attendent des preuves, les employés des paiements, et l’ensemble de la communauté une clarification sur la manière dont une plateforme active depuis neuf ans en arrive à une fermeture aussi brutale. Le compte à rebours est lancé.

Dans les prochains jours, chaque déclaration, chaque chiffre publié et chaque silence prolongé seront scrutés. Car derrière les wallets et les bilans se trouvent des personnes concrètes, des économies personnelles et des carrières professionnelles qui attendent des réponses. La manière dont BitMart choisira de gérer cette échéance du 19 août pourrait bien déterminer non seulement le sort de ses clients actuels, mais aussi l’image qu’elle laissera dans l’histoire déjà mouvementée des échanges centralisés.

La transparence n’est plus un luxe dans cet univers. Elle est devenue la condition minimale de survie de la confiance. Et pour BitMart, le temps presse.

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