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Bitcoin Moins Pratique Que L Or Selon Ross Gerber

Ross Gerber, autrefois partisan du Bitcoin, affirme désormais que l or reste plus facile à utiliser partout. Ses questions sur les cas d usage réels et les ventes de Strategy relancent un débat brûlant. Que reste-t-il vraiment de la promesse monétaire ?

Et si le métal jaune, ce vieux compagnon de l’humanité, restait finalement plus pratique au quotidien que la star des cryptomonnaies ? C’est la question que pose sans détour Ross Gerber, conseiller en investissement pourtant longtemps favorable au Bitcoin. Dans un message publié le 16 août 2026, il affirme qu’il est « probablement plus facile d’utiliser de l’or que du Bitcoin dans la plupart des endroits encore ». Derrière cette phrase anodine se cache un basculement notable. L’homme qui avait ouvert les portes des actifs numériques à ses clients il y a cinq ans semble aujourd’hui douter ouvertement de la promesse monétaire de la première cryptomonnaie.

Un commentaire qui relance le débat sur l’utilité réelle

Le post de Ross Gerber ne se contente pas d’une simple comparaison. Il interroge frontalement ce que l’industrie crypto a réellement construit en matière de produits durables. « Qu’ont-ils bâti de valeur, des stablecoins ? Vraiment ? Alors quel est l’intérêt d’avoir un système monétaire qui ne peut pas vraiment être utilisé… Je pose juste quelques questions… » Ces mots, publiés sur X, résonnent particulièrement parce qu’ils viennent d’un acteur qui n’est pas un détracteur de la première heure. Gerber Kawasaki avait noué un partenariat avec Gemini en avril 2021 pour offrir une exposition aux actifs numériques à sa clientèle. Pendant des années, Ross Gerber lui-même multipliait les prises de parole positives sur le Bitcoin.

Le changement de ton n’est donc pas anodin. Il s’inscrit dans une série de déclarations plus sceptiques depuis le début de l’année 2026. Gerber a récemment écrit que Michael Saylor « me fait un peu trop Bitcoin » et que l’actif devenait difficile à prendre au sérieux. Ces remarques restent des opinions personnelles. Elles n’apportent aucune preuve que l’activité de Strategy aurait endommagé le réseau Bitcoin ou sa proposition de valeur à long terme. Pourtant, elles participent à un climat où la question de l’utilité pratique revient avec insistance.

Pourquoi l’or revient dans la conversation

L’or bénéficie d’un avantage historique difficile à contester : il est tangible. Dans de nombreuses régions du monde, particulièrement hors des grands centres financiers, un lingot ou même une pièce d’or conserve une reconnaissance immédiate. Pas besoin de portefeuille numérique, de connexion internet stable ou de compréhension des clés privées. On le pèse, on le vérifie, on l’échange. Cette simplicité brute contraste avec les étapes encore nécessaires pour dépenser du Bitcoin dans la plupart des commerces physiques.

Bien sûr, le Bitcoin a progressé. Des solutions de deuxième couche existent. Des cartes de débit liées à des comptes crypto permettent de convertir automatiquement. Mais Gerber pointe du doigt un écart persistant entre les promesses et la réalité du terrain. Dans de nombreux pays, essayer de payer un restaurant ou un artisan avec du Bitcoin reste une aventure. Avec de l’or, le chemin est souvent plus court, même s’il n’est pas non plus universel.

Cette observation ne signifie pas que l’or est objectivement supérieur en toutes circonstances. Elle rappelle simplement que l’adoption monétaire ne se décrète pas. Elle se construit par l’usage quotidien. Et sur ce terrain, le Bitcoin continue de rencontrer des frictions que ses défenseurs les plus fervents tendent parfois à minimiser.

Le virage de Strategy sous le regard critique

L’un des éléments qui nourrit le scepticisme de Gerber concerne la société Strategy, dirigée par Michael Saylor. Longtemps présentée comme le plus grand acheteur corporatif de Bitcoin, l’entreprise a commencé à céder des quantités significatives en 2026. Un détail important mérite d’être clarifié : la première vente de 32 BTC n’a pas eu lieu en avril, comme certaines informations l’avaient d’abord suggéré. Les documents officiels montrent qu’elle s’est déroulée entre le 26 et le 31 mai, pour environ 2,5 millions de dollars à un prix moyen de 77 135 dollars. Il s’agissait de la première cession déclarée depuis décembre 2022.

Depuis, les volumes ont augmenté. Strategy a vendu 1 638 BTC pour 104,7 millions de dollars au cours de la semaine se terminant le 2 août. Puis 1 690 BTC pour 108,6 millions de dollars entre le 3 et le 9 août. Ces derniers fonds ont servi à racheter des actions préférentielles STRC. Au 9 août, la société détenait encore 840 447 BTC, acquis pour un coût global de 63,36 milliards de dollars. Ces mouvements montrent qu’une stratégie purement accumulative a laissé place à une gestion plus active du bilan, intégrant des obligations liées aux actions préférentielles.

Gerber avait déjà accusé la stratégie à effet de levier de Saylor de nuire au marché, sans toutefois fournir de données prouvant que Strategy seule aurait provoqué les baisses de prix du Bitcoin. Les ventes récentes ajoutent néanmoins une couche de complexité. Elles illustrent que même les plus grands détenteurs corporatifs doivent parfois arbitrer entre accumulation et besoins de liquidité ou de gestion de capital.

Les ventes de Strategy ne prouvent pas un abandon du Bitcoin. Elles montrent simplement que la gestion d’un bilan massif en cryptomonnaie n’est jamais purement passive.

Les mineurs se tournent vers l’intelligence artificielle

Un autre point soulevé par Gerber concerne l’évolution du secteur minier. Plusieurs sociétés cotées réorientent une partie de leur infrastructure vers des charges de travail d’intelligence artificielle. Core Scientific, par exemple, a annoncé en avril la conversion d’un site de Pecos, au Texas, disposant de 300 mégawatts auparavant dédiés au minage de Bitcoin, en campus de centres de données IA. Ses résultats du deuxième trimestre ont révélé une hausse des revenus de colocation à 136,7 millions de dollars, tandis que les revenus du self-mining d’actifs numériques tombaient à 21,5 millions de dollars.

Cette bascule est réelle. La demande pour le calcul haute performance explose. Les infrastructures énergétiques et de refroidissement construites pour le minage se prêtent relativement bien à d’autres usages intensifs en énergie. Pourtant, cela ne signifie pas que le minage de Bitcoin disparaît. Cela indique plutôt que les opérateurs rationnels comparent en permanence la rentabilité relative des deux activités. Lorsque l’IA offre des marges plus attractives ou des contrats plus stables, une partie de la capacité bascule.

Gerber interprète ce mouvement comme un signe que le Bitcoin aurait passé son pic de pertinence. D’autres y voient simplement une diversification naturelle d’entreprises qui cherchent à maximiser le rendement de leurs actifs physiques. Les deux lectures coexistent. Ce qui reste certain, c’est que le hashrate mondial continue d’évoluer, et que la concurrence pour l’énergie bon marché n’a jamais été aussi vive.

Bitcoin à 63 500 dollars : un contexte de marché calme

Au moment où Gerber renouvelait ses critiques, le Bitcoin évoluait autour de 63 528 dollars, en légère hausse d’environ 0,8 % par rapport à la clôture précédente. Rien n’indique que ses propos aient influencé le cours. Le marché a absorbé l’information sans réaction notable. Cette relative indifférence peut elle-même être interprétée de plusieurs manières. Soit les investisseurs considèrent ces remarques comme déjà intégrées, soit le débat sur l’utilité pratique n’est plus le facteur dominant des décisions d’achat et de vente à court terme.

Le volume sur 24 heures tournait autour de 12,8 milliards de dollars, avec une capitalisation proche de 1 275 milliards. La fourchette de la journée s’étendait de 62 667 à 63 537 dollars. Sur sept jours, le mouvement restait négatif d’environ 2,3 %. Ces chiffres décrivent un marché en phase de consolidation plutôt qu’en panique ou en euphorie.

Les différentes grilles de lecture du Bitcoin

Le commentaire de Gerber s’inscrit dans une tension plus large qui traverse la communauté depuis des années. Faut-il juger le Bitcoin principalement comme un réseau de paiement, comme une réserve de valeur, ou comme un actif d’investissement spéculatif ? Chaque grille produit des conclusions différentes.

Si l’on retient le critère du paiement quotidien, les frictions restent nombreuses. Les frais sur la couche principale peuvent être élevés en période de congestion. Les temps de confirmation ne rivalisent pas avec les cartes bancaires. L’acceptation marchande progresse lentement. Dans cette optique, l’or conserve effectivement un avantage de simplicité dans de nombreux contextes.

Si l’on privilégie la réserve de valeur, le récit change. Le Bitcoin offre une rareté programmable, une portabilité mondiale et une résistance à la saisie dans des conditions spécifiques. Il n’a pas besoin d’être transporté physiquement. Il peut être divisé à l’infini. Ces caractéristiques n’existent pas pour l’or de la même façon. Pourtant, elles ne se traduisent pas automatiquement en usage monétaire courant.

Enfin, en tant qu’actif d’investissement, le Bitcoin a clairement trouvé sa place dans de nombreux portefeuilles institutionnels et particuliers. Les ETF spot, les allocations d’entreprises et la présence dans des bilans témoignent d’une forme d’adoption. Mais cette adoption financière n’équivaut pas à une adoption monétaire au sens strict.

Trois regards sur le même actif

  • Réseau de paiement : encore des frictions importantes
  • Réserve de valeur : argument le plus solide pour beaucoup
  • Actif d’investissement : adoption réelle et mesurable

Ce que les stablecoins révèlent du débat

Gerber ironise sur les stablecoins comme principal produit tangible de l’industrie. Cette remarque touche un point sensible. Les stablecoins, notamment ceux adossés au dollar, ont effectivement connu une adoption massive pour les transferts et le trading. Ils servent de pont entre le monde traditionnel et les blockchains. Mais ils ne constituent pas une monnaie indépendante. Ils importent la stabilité du dollar dans l’écosystème crypto plutôt que de créer une nouvelle unité de compte autonome.

Pour les maximalistes du Bitcoin, les stablecoins représentent même parfois une distraction. Ils maintiennent la dépendance au système monétaire existant. Pour d’autres, ils sont la preuve que la technologie blockchain peut améliorer les paiements internationaux. Les deux positions contiennent une part de vérité. Ce qui reste frappant, c’est que l’usage le plus concret et le plus répandu de la crypto aujourd’hui passe souvent par des jetons qui cherchent à imiter le dollar plutôt que par le Bitcoin lui-même.

L’évolution du discours de Ross Gerber

Comprendre le parcours de Gerber aide à relativiser ses déclarations actuelles. En 2021, le partenariat avec Gemini marquait une ouverture claire. À l’époque, le Bitcoin évoluait dans une phase haussière spectaculaire. Les narratifs d’adoption institutionnelle se multipliaient. Proposer une exposition à ses clients apparaissait comme une modernisation logique de l’offre de conseil.

Cinq ans plus tard, le contexte a changé. Les cycles de marché ont révélé la volatilité extrême. Les régulateurs ont multiplié les actions. Les attentes initiales sur le remplacement des monnaies fiduciaires se sont heurtées à la réalité des comportements. Gerber, comme d’autres investisseurs qui ont vécu plusieurs cycles, ajuste son regard. Ses questions actuelles ne nient pas l’existence du Bitcoin. Elles interrogent la distance entre le récit et l’usage quotidien.

Ce type d’évolution n’est pas unique. De nombreux acteurs de la finance traditionnelle ont oscillé entre enthousiasme et prudence au fil des années. Ce qui compte, c’est la qualité des arguments. Gerber pose des questions légitimes sur l’utilité monétaire. Il ne fournit pas de démonstration quantitative que le Bitcoin aurait échoué. La distinction reste essentielle.

Les limites de la comparaison or-Bitcoin

Comparer l’or et le Bitcoin présente un intérêt pédagogique, mais aussi des pièges. L’or a plusieurs millénaires d’histoire monétaire. Il a survécu à des empires, des guerres et des effondrements monétaires. Le Bitcoin a moins de vingt ans. Attendre de lui le même niveau d’acceptation universelle est peut-être prématuré. En même temps, l’or n’est pas non plus parfaitement liquide partout. Dans de nombreuses économies modernes, essayer de payer en lingots relève de l’exception.

La vraie différence réside peut-être dans la nature des frictions. Pour l’or, les obstacles sont physiques : transport, stockage, vérification de pureté, risque de vol. Pour le Bitcoin, les obstacles sont numériques et cognitifs : gestion des clés, compréhension des portefeuilles, dépendance à l’infrastructure internet, volatilité qui complique la tarification. Selon le contexte géographique et social, l’un ou l’autre type de friction peut dominer.

Dans les zones où l’accès à internet est limité ou où la confiance dans les institutions numériques est faible, l’or conserve un avantage évident. Dans les environnements où la mobilité internationale et la vitesse de transfert importent plus que tout, le Bitcoin offre des possibilités que l’or ne peut égaler. La phrase de Gerber sur « la plupart des endroits » mérite donc d’être nuancée. Elle dépend fortement de la carte du monde que l’on considère.

Ce que les ventes de Strategy disent vraiment

Les cessions de Bitcoin par Strategy ont été interprétées de manière très diverse. Certains y voient un signal de fatigue. D’autres y lisent une simple gestion de trésorerie liée aux obligations des actions préférentielles. Les documents officiels indiquent que les produits des ventes d’août ont servi au rachat de titres STRC. Cette information oriente vers une explication financière plutôt que vers un abandon stratégique.

Une entreprise qui détient plus de 840 000 Bitcoin reste, par définition, massivement exposée. Vendre quelques milliers d’unités pour gérer le bilan ne transforme pas la thèse globale. Cela montre cependant que la pure accumulation à tout prix a ses limites lorsque d’autres contraintes de capital entrent en jeu. Le marché observe désormais si ces ventes restent ponctuelles ou s’inscrivent dans une tendance plus durable.

Gerber utilise ces mouvements pour nourrir son scepticisme. D’autres observateurs soulignent que Strategy continue de détenir une position colossale et que le coût d’acquisition moyen reste très inférieur aux prix récents. Les deux lectures sont possibles. Ce qui compte pour le débat plus large, c’est que même les plus grands défenseurs corporatifs doivent parfois agir comme des gestionnaires de bilan ordinaires.

Le basculement énergétique des mineurs

Le déplacement de capacité minière vers l’intelligence artificielle soulève des questions structurelles. Les mineurs ont longtemps été présentés comme les gardiens de la sécurité du réseau. Leur rentabilité dépend du prix du Bitcoin, du coût de l’électricité et de l’efficacité des machines. Lorsque l’IA offre des contrats de colocation plus prévisibles et parfois plus rémunérateurs, la logique économique pousse à la conversion.

Core Scientific n’est pas un cas isolé. D’autres acteurs du secteur explorent des modèles hybrides. Cette évolution n’est pas nécessairement négative pour le Bitcoin. Elle peut même renforcer la résilience des entreprises minière en diversifiant leurs revenus. Mais elle modifie la dynamique de l’offre de hashrate. Si une part croissante de l’infrastructure énergétique se détourne du minage, le coût de production du Bitcoin pourrait évoluer, tout comme la géographie de l’activité.

Gerber voit dans ce mouvement un signe que le Bitcoin aurait perdu de son attractivité relative. Une lecture plus neutre consiste à dire que les marchés de l’énergie et du calcul sont en train de se réorganiser. Le Bitcoin reste un acheteur d’énergie de dernier recours dans de nombreuses régions. L’IA devient un concurrent sérieux pour cette même énergie. La cohabitation entre les deux usages n’est pas impossible, mais elle n’est pas non plus automatique.

Les questions qui restent ouvertes

Le post de Ross Gerber a le mérite de formuler des interrogations que beaucoup préfèrent éviter. Que reste-t-il de la promesse d’un système monétaire utilisable au quotidien ? Les stablecoins et les solutions de couche deux suffisent-ils à combler l’écart ? L’adoption financière via les ETF et les bilans d’entreprise constitue-t-elle une victoire, ou un détournement de l’intention initiale ?

Ces questions n’ont pas de réponse unique. Elles dépendent des critères que l’on privilégie. Si l’on mesure le succès à l’aune de la capacité à remplacer le dollar dans les transactions courantes, le chemin restant est long. Si l’on retient la capacité à offrir une alternative de réserve de valeur non souveraine, le bilan est plus nuancé et, pour beaucoup, positif.

Ce qui apparaît clairement, c’est que le Bitcoin de 2026 n’est plus exactement celui de 2017 ou de 2021. Il a gagné en maturité financière. Il a perdu une partie de son aura de disruption monétaire totale. Cette transformation n’est ni une trahison ni une victoire définitive. C’est une évolution. Gerber la regarde avec un regard plus critique qu’autrefois. D’autres continuent d’y voir un progrès.

Un débat qui dépasse les personnalités

Il serait tentant de réduire l’épisode à une simple déclaration d’un conseiller d’investissement. Ce serait une erreur. Les questions soulevées touchent au cœur de ce que le Bitcoin prétend être. Elles forcent à distinguer les différents usages et à reconnaître que tous ne progressent pas au même rythme.

L’or, de son côté, n’a pas non plus résolu tous ses problèmes d’utilité moderne. Son rôle monétaire s’est considérablement réduit dans la plupart des économies développées. Il reste une réserve de valeur et un actif refuge, mais rarement un moyen de paiement courant. La comparaison de Gerber fonctionne donc dans les deux sens. Elle rappelle les limites du Bitcoin tout en soulignant que l’or lui-même n’est plus le médium d’échange dominant depuis longtemps.

Dans ce contexte, le débat n’est peut-être pas de savoir lequel des deux est « plus facile à utiliser ». Il est plutôt de clarifier pour quel usage exact chacun reste pertinent. Pour un transfert international rapide, le Bitcoin ou un stablecoin conserve des avantages. Pour une transaction physique dans une région isolée, l’or ou la monnaie locale restent plus simples. Pour une allocation de portefeuille à long terme, les deux actifs coexistent déjà dans de nombreux bilans.

Perspectives pour la suite de 2026

Les mois qui viennent permettront de tester plusieurs hypothèses. Strategy continuera-t-elle à vendre ou reviendra-t-elle à une posture plus accumulative ? Les mineurs accéléreront-ils leur conversion vers l’IA ou trouveront-ils un équilibre ? Le prix du Bitcoin restera-t-il dans une fourchette de consolidation ou reprendra-t-il une tendance plus marquée ?

Sur le plan narratif, les remarques de Gerber s’ajoutent à une série de voix qui appellent à plus de réalisme. Elles ne vont probablement pas faire basculer les convictions des maximalistes. Elles peuvent en revanche influencer des investisseurs plus modérés qui cherchent à comprendre ce que le Bitcoin peut réellement apporter à un portefeuille ou à une économie.

L’absence de réaction immédiate du marché au commentaire de Gerber suggère que ces questions sont déjà largement intégrées. Le Bitcoin a survécu à des critiques bien plus virulentes. Il a aussi survécu à des périodes d’enthousiasme excessif. Sa trajectoire future dépendra moins des opinions individuelles que de l’évolution concrète de ses cas d’usage et de sa place dans le système financier plus large.

Une invitation à regarder au-delà des slogans

En définitive, le message de Ross Gerber fonctionne comme un rappel. Derrière les narratifs de « monnaie du futur » ou d’« or numérique » se cachent des réalités d’usage qui restent inégales. Reconnaître ces inégalités n’équivaut pas à condamner le projet. Cela permet simplement d’éviter les déceptions nées d’attentes mal calibrées.

L’or n’a jamais été parfait. Le Bitcoin ne le sera probablement jamais non plus. Chacun répond à des besoins différents avec des forces et des faiblesses distinctes. Le débat gagnant n’est pas celui qui tente de déclarer un vainqueur absolu. C’est celui qui précise dans quelles conditions l’un ou l’autre devient pertinent.

Les questions posées par Gerber méritent d’être entendues, non parce qu’elles seraient définitives, mais parce qu’elles forcent à sortir des automatismes. Que reste-t-il vraiment de la promesse monétaire du Bitcoin en 2026 ? La réponse continue de s’écrire chaque jour, à travers les choix des utilisateurs, des entreprises et des régulateurs. Et c’est précisément cette absence de réponse définitive qui maintient le sujet vivant.

Dans un marché où le prix oscille autour de 63 500 dollars et où les grands détenteurs gèrent désormais leur bilan avec plus de nuance, le temps des slogans absolus semble révolu. Place à une discussion plus fine, plus exigeante, et peut-être plus utile. L’or et le Bitcoin coexisteront encore longtemps. Savoir lequel est « plus facile à utiliser » dépendra toujours du contexte, du lieu et du besoin précis. C’est cette relativité que le commentaire de Gerber, malgré son ton tranché, finit par illustrer.

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