Imaginez-vous au milieu de la nuit, sur un ferry qui relie tranquillement deux îles paradisiaques, lorsque tout bascule. Les flammes jaillissent sans prévenir, la panique s’installe, et des vies basculent en quelques minutes. C’est exactement ce qui s’est produit au large de Bali, en Indonésie, dans les toutes premières heures d’une journée ordinaire qui a tourné au drame. Une jeune femme de 19 ans n’a pas survécu, tandis que 172 autres passagers ont dû être évacués dans des conditions extrêmes. Le récit de cette catastrophe maritime, encore fraîche dans les mémoires, soulève une fois de plus la question des liaisons maritimes dans un archipel aussi vaste que fragile.
Le Drame Nocturne Au Large De Bali
Le ferry de passagers effectuait sa liaison habituelle entre Bali et l’île voisine de Lombok lorsqu’il a soudainement pris feu. L’incendie s’est déclaré aux premières heures de la journée, à un moment où la plupart des voyageurs dormaient ou tentaient de se reposer après le départ. La cause exacte de ce sinistre reste pour l’instant indéterminée, ce qui n’a fait qu’ajouter à l’angoisse des familles et des autorités. Les équipes de secours locales ont rapidement confirmé le décès d’une Indonésienne de 19 ans, une information transmise par Muhamad Hariyadi, responsable des opérations de recherche et de sauvetage sur l’île de Lombok.
Sur place, à Lembar, sur la côte ouest de Lombok, un photographe a assisté à une scène particulièrement poignante : une personne ramenée à terre dans un sac mortuaire. Ce détail, brut et sans artifice, illustre la réalité brutale de ces accidents en mer. Pendant ce temps, les autres passagers luttaient pour leur survie. Parmi eux, un rescapé de 25 ans, Kiky Okta Pradika, a raconté comment il avait réussi à saisir un gilet de sauvetage avant de sauter par-dessus bord avec plusieurs autres voyageurs. « Il s’est écoulé quelques heures avant l’arrivée des secours », a-t-il déclaré aux journalistes présents à Lembar. Ces mots, simples et directs, disent l’attente interminable dans l’obscurité, au milieu des flots, loin de tout secours immédiat.
L’Évacuation Des Passagers Et La Mobilisation Des Secours
Les quelque 172 passagers, parmi lesquels figuraient deux touristes australiens, ont finalement été évacués à bord d’au moins trois navires différents. Parmi ces bâtiments de sauvetage se trouvaient un navire de la marine et un autre ferry, selon les précisions de M. Hariyadi. Cette opération d’envergure a nécessité une coordination rapide entre les différents acteurs présents sur zone. Des bateaux de secours sont restés déployés sur place bien après les premières évacuations, tandis qu’un hélicoptère effectuaient des reconnaissances aériennes pour s’assurer qu’aucune personne n’avait été oubliée dans les eaux environnantes.
Plus tôt dans la journée, le même responsable avait affirmé qu’il ne restait plus aucun passager ni membre d’équipage à bord du ferry en flammes. Cette information a apporté un soulagement relatif, même si l’absence de données immédiates sur d’éventuels blessés ou disparus laissait encore planer une incertitude. Les équipes ont continué leurs recherches avec une vigilance accrue, conscientes que chaque minute compte dans ce type de situation. L’opération a démontré une capacité de réaction, mais elle a aussi mis en lumière les difficultés inhérentes aux interventions en pleine mer, surtout de nuit et dans un environnement parfois hostile.
Point clé à retenir : 172 passagers évacués, une jeune femme de 19 ans décédée, cause de l’incendie encore inconnue, secours mobilisés avec marine et hélicoptère.
Le Témoignage Direct D’Un Rescapé
Le récit de Kiky Okta Pradika apporte une dimension humaine essentielle à ce drame. Âgé de 25 ans, il a décrit avec précision les gestes instinctifs qui lui ont permis de survivre. Saisir un gilet de sauvetage, sauter par-dessus bord, attendre des heures dans l’eau : ces actions, rapportées sans emphase, révèlent la brutalité de l’expérience vécue. Plusieurs autres passagers ont suivi le même chemin, plongeant dans l’obscurité pour échapper aux flammes qui gagnaient rapidement le navire.
Ces témoignages, recueillis à Lembar peu après le débarquement, permettent de mieux comprendre la séquence des événements. L’attente des secours, décrite comme particulièrement longue, soulève des questions sur les délais d’intervention dans cette zone maritime fréquentée. Pourtant, une fois sur place, les moyens déployés ont permis de ramener l’ensemble des survivants à terre. Deux touristes australiens figuraient parmi les passagers évacués, rappelant que ces liaisons maritimes transportent aussi bien des locaux que des voyageurs internationaux.
« Il s’est écoulé quelques heures avant l’arrivée des secours »
Kiky Okta Pradika, rescapé de 25 ans
Un Archipel Dépendant Des Liaisons Maritimes
L’Indonésie, vaste archipel composé de plus de 17 000 îles, repose largement sur les transports par bateau pour relier ses populations. Cette réalité géographique explique en partie la fréquence des accidents maritimes. Les normes de sécurité, souvent jugées insuffisantes, se combinent à des conditions météorologiques imprévisibles pour créer un environnement à risque. Le drame survenu au large de Bali s’inscrit dans une série d’événements similaires qui endeuillent régulièrement le pays.
Les liaisons entre Bali et Lombok, très fréquentées, illustrent parfaitement cette dépendance. Des milliers de personnes empruntent chaque année ces ferrys pour des raisons professionnelles, familiales ou touristiques. Lorsque l’un d’eux prend feu, c’est toute une chaîne de vies et d’activités qui se trouve brutalement interrompue. Les autorités locales doivent alors gérer non seulement le sauvetage immédiat, mais aussi les conséquences humaines et logistiques qui s’ensuivent.
Dans ce contexte, chaque incident rappelle l’urgence d’améliorer les dispositifs de sécurité à bord. Les gilets de sauvetage, les procédures d’évacuation, la formation des équipages et l’entretien des navires deviennent des enjeux vitaux. Le fait qu’un passager ait pu saisir un gilet avant de sauter montre que certains équipements étaient disponibles, mais la rapidité de propagation des flammes et le temps d’attente des secours soulignent les limites actuelles du système.
Les Précédents Récents Qui Assombrissent Le Tableau
Ce n’est pas la première fois que l’Indonésie est confrontée à ce type de catastrophe. Début août, un autre incendie de ferry au large de l’île de Java avait déjà fait cinq morts. Plus de 230 personnes avaient alors pu être secourues, un bilan humain lourd malgré le nombre élevé de survivants. Quelques semaines plus tôt, mi-juillet, plus de 70 personnes avaient péri dans un naufrage près de la petite île de Selayar, au sud de Sulawesi. Ces chiffres, rapprochés les uns des autres, dressent un tableau préoccupant de la sécurité maritime dans l’archipel.
Chaque nouvel accident ravive les mêmes interrogations. Pourquoi ces drames se répètent-ils avec une telle régularité ? Les autorités évoquent régulièrement le manque de normes strictes et les aléas climatiques, mais les passagers, eux, continuent de monter à bord faute d’alternatives. Les liaisons maritimes restent indispensables dans un pays où les distances entre îles rendent les déplacements aériens coûteux ou inexistants pour une grande partie de la population.
Le drame de Bali-Lombok s’ajoute donc à une liste déjà trop longue. Une jeune femme de 19 ans a perdu la vie, des familles ont été plongées dans le deuil, et des centaines de personnes ont vécu des heures d’angoisse dans l’eau. Ces réalités humaines ne doivent pas être effacées par la seule statistique des rescapés. Derrière le chiffre de 172 évacués se cachent autant d’histoires individuelles de peur, de courage et de soulagement fragile.
Rappel des incidents récents :
- Début août : incendie de ferry au large de Java – 5 morts, plus de 230 secourus
- Mi-juillet : naufrage près de Selayar – plus de 70 victimes
- Bali-Lombok : 1 morte, 172 passagers évacués
Les Opérations De Recherche Et De Sauvetage En Détail
Muhamad Hariyadi, en tant que responsable des opérations de recherche et de sauvetage de Lombok, a joué un rôle central dans la coordination des moyens. Ses déclarations successives ont permis de suivre l’évolution de la situation en temps réel. D’abord l’annonce du décès, puis la confirmation que plus personne ne se trouvait à bord du navire en flammes, et enfin le détail des évacuations réalisées grâce à au moins trois bâtiments différents.
La présence d’un navire de la marine aux côtés d’un autre ferry de secours montre l’ampleur de la mobilisation. Un hélicoptère a également été engagé pour les reconnaissances aériennes, un outil précieux pour balayer de larges zones maritimes et repérer d’éventuels survivants isolés. Ces moyens combinés ont permis de sécuriser la zone et de ramener les passagers vers la côte ouest de Lombok, à Lembar, où les équipes à terre prenaient le relais.
Malgré l’efficacité apparente de l’intervention, l’absence d’informations immédiates sur les blessés ou les disparus a laissé une zone d’ombre. Les autorités ont dû gérer l’urgence tout en communiquant avec prudence. Cette prudence s’explique par la complexité des opérations nocturnes en mer, où les conditions de visibilité et de houle peuvent compliquer les comptages et les vérifications.
La Réalité Des Conditions De Voyage En Ferry
Pour de nombreux Indonésiens, emprunter un ferry n’est pas un choix de confort, mais une nécessité. Les trajets entre Bali et Lombok font partie du quotidien de milliers de personnes. Certains se rendent au travail, d’autres rejoignent leur famille, d’autres encore partagent le voyage avec des touristes attirés par les paysages de ces îles. Lorsque le navire prend feu, c’est cette mixité de profils qui se retrouve confrontée au même danger.
Les deux touristes australiens évoqués dans le bilan rappellent que ces accidents concernent aussi les visiteurs internationaux. Le tourisme, moteur économique important pour Bali et Lombok, repose en partie sur ces liaisons maritimes. Un incident de ce type peut donc avoir des répercussions au-delà du drame humain immédiat, en affectant la confiance des voyageurs et l’image de sécurité de la destination.
Le témoignage de Kiky Okta Pradika met en lumière un autre aspect : la capacité de réaction individuelle. Dans le chaos des flammes et de la fumée, certains passagers ont su réagir rapidement en s’équipant et en quittant le navire. D’autres, peut-être moins préparés ou plus éloignés des issues, ont dû faire face à des situations encore plus critiques. Ces différences de destinée au sein d’un même événement soulignent l’importance de la formation et de la disponibilité des équipements de sauvetage.
Les Défis Permanents De La Sécurité Maritime
Les accidents maritimes fréquents en Indonésie trouvent leur origine dans un ensemble de facteurs bien identifiés. Les normes de sécurité insuffisantes constituent un premier élément. L’entretien des navires, le respect des capacités d’emport, la présence et le fonctionnement des équipements de secours ne sont pas toujours au niveau exigé. S’y ajoutent des conditions météorologiques imprévisibles, capables de transformer un trajet ordinaire en épreuve dangereuse.
Dans un archipel aussi étendu, le contrôle de chaque liaison et de chaque navire représente un défi logistique considérable. Les autorités doivent jongler entre les impératifs économiques – maintenir des liaisons abordables et régulières – et les exigences de sécurité. Le drame survenu au large de Bali montre une nouvelle fois que cet équilibre reste fragile. Une jeune vie a été perdue, et des centaines de personnes ont frôlé la catastrophe.
Les opérations de sauvetage, aussi efficaces soient-elles, ne peuvent effacer le traumatisme vécu par les rescapés. Passer plusieurs heures dans l’eau, la nuit, en attendant les secours, laisse des traces. Les familles des victimes, elles, doivent faire face au deuil dans un contexte où les causes exactes de l’incendie ne sont pas encore élucidées. Cette absence d’explication immédiate alimente les interrogations et, parfois, la colère.
Le Rôle Des Moyens Aériens Et Navals
L’engagement d’un hélicoptère pour les reconnaissances aériennes a constitué un atout majeur dans la gestion de la crise. Survoler la zone permet de repérer rapidement d’éventuels survivants isolés ou des débris susceptibles de contenir des indices. Combiné à la présence de plusieurs bateaux de secours, dont un bâtiment de la marine, ce dispositif a offert une couverture assez complète de la zone concernée.
Le fait que les passagers aient été répartis sur au moins trois navires différents illustre aussi la nécessité d’adapter les moyens aux circonstances. Un seul bâtiment n’aurait sans doute pas suffi à accueillir l’ensemble des 172 personnes évacuées dans des conditions de sécurité acceptables. La coordination entre ces différents acteurs a donc été déterminante pour mener à bien l’opération sans incident supplémentaire.
À terre, à Lembar, les équipes ont dû gérer l’accueil des rescapés, le traitement des informations et le soutien aux familles. La vision d’un sac mortuaire ramené sur le quai reste un symbole fort de la réalité de ces drames. Elle rappelle que derrière chaque opération réussie se cache aussi la douleur des pertes humaines.
Une Série Noire Qui Interroge
En rapprochant les dates, on constate une succession inquiétante d’accidents. Le naufrage de mi-juillet près de Selayar, avec plus de 70 victimes, l’incendie de début août au large de Java qui a coûté la vie à cinq personnes, et maintenant ce nouveau sinistre entre Bali et Lombok. Trois événements majeurs en à peine un mois, chacun avec son lot de drames humains. Cette concentration dans le temps force à s’interroger sur l’état général de la flotte de ferrys et sur l’efficacité des contrôles.
Les passagers, qu’ils soient locaux ou touristes, montent à bord en faisant confiance au système. Lorsqu’un incendie se déclare et que l’évacuation doit se faire dans l’urgence, cette confiance est mise à rude épreuve. Le témoignage de Kiky Okta Pradika, avec sa description sobre de l’attente dans l’eau, devient alors le symbole d’une vulnérabilité partagée. Des heures d’incertitude, loin de la côte, en attendant que les secours localisent et récupèrent les naufragés.
Les autorités ont confirmé qu’il ne restait plus personne à bord du ferry en flammes. Cette information, si elle apporte un soulagement, ne clôt pas pour autant le chapitre. Les causes de l’incendie restent à déterminer, et les éventuels blessés ou disparus n’étaient pas encore recensés dans les premières heures. Le travail d’enquête et de recensement se poursuit donc, loin des projecteurs, dans les bureaux et sur le terrain.
L’Impact Sur Les Populations Locales Et Les Voyageurs
Pour les habitants de Bali et de Lombok, ces liaisons maritimes font partie intégrante de la vie quotidienne. Un accident de cette nature perturbe non seulement les trajectoires individuelles, mais aussi les flux économiques et familiaux qui traversent le détroit. Les commerçants, les travailleurs saisonniers, les familles séparées par la mer : tous dépendent de la régularité et de la sécurité de ces trajets.
Les deux touristes australiens présents à bord rappellent que le drame a aussi une dimension internationale. Les destinations touristiques de Bali et de Lombok attirent chaque année des visiteurs du monde entier. Un incident médiatisé peut influencer les perceptions et, à terme, les choix de destination. Même si les secours ont permis d’évacuer l’ensemble des passagers survivants, l’image d’un ferry en flammes reste associée à ces lieux de rêve.
Dans les heures et les jours qui suivent, les familles des rescapés et de la victime doivent reconstruire un quotidien bouleversé. Les autorités, de leur côté, sont attendues sur la transparence des enquêtes et sur les mesures concrètes qui seront prises pour éviter de nouveaux drames. La répétition des accidents dans un délai aussi court place une pression particulière sur les décideurs.
Les Moyens Humains Et Techniques Engagés
Au-delà des navires et de l’hélicoptère, ce sont des hommes et des femmes qui ont mené les opérations de sauvetage. Les équipes de recherche et de sauvetage de Lombok, sous la direction de Muhamad Hariyadi, ont dû travailler dans des conditions nocturnes, avec la pression de sauver le plus grand nombre possible de vies. Chaque décision, chaque mouvement de bateau, chaque survol a compté.
Le transfert des passagers vers la côte s’est effectué par étapes, en répartissant les rescapés sur plusieurs bâtiments. Cette organisation a permis d’éviter la surcharge d’un seul navire et de garantir une prise en charge plus sûre. Une fois à Lembar, les rescapés ont pu témoigner, comme l’a fait Kiky Okta Pradika, apportant des éléments précieux sur le déroulement des faits.
La présence d’un photographe sur place a aussi documenté un aspect particulièrement douloureux de l’événement : le retour à terre d’une personne dans un sac mortuaire. Cette image, même sans être montrée ici, reste gravée dans les esprits de ceux qui l’ont vue. Elle incarne le prix humain payé cette nuit-là au large de Bali.
Une Réalité Géographique Incontournable
Avec plus de 17 000 îles, l’Indonésie ne peut se passer des liaisons maritimes. Cette évidence géographique explique pourquoi les ferrys restent le moyen de transport privilégié pour une grande partie de la population. Les distances, les coûts et l’absence d’infrastructures alternatives sur de nombreuses routes rendent ces trajets indispensables. Mais cette nécessité ne doit pas faire oublier les risques associés.
Les conditions météorologiques imprévisibles ajoutent une couche de complexité. Une mer calme peut se transformer rapidement, et un incendie à bord laisse peu de marges de manœuvre. Les passagers se retrouvent alors dépendants de la qualité des équipements, de la formation de l’équipage et de la rapidité des secours. Dans le cas présent, les secours sont arrivés, mais après plusieurs heures d’attente dans l’eau, selon le témoignage recueilli.
Cette attente, décrite avec simplicité par le rescapé de 25 ans, concentre à elle seule une grande partie de l’angoisse vécue. Dans l’obscurité, loin de la côte, chaque minute semble interminable. Les flammes du ferry, visibles au loin, rappelaient sans doute la raison de cette immersion forcée. Puis, enfin, l’arrivée des bateaux de secours et le retour vers la terre ferme.
Le Bilan Humain Et Les Incertitudes Persistantes
Une Indonésienne de 19 ans est décédée. Ce chiffre, unique dans le bilan actuel, ne doit pas masquer la gravité de l’événement. Derrière ce décès se trouve une famille endeuillée, des projets interrompus, une vie brisée trop tôt. Les 172 autres passagers ont survécu, mais beaucoup portent probablement encore les marques psychologiques de cette nuit. Les deux touristes australiens, eux, ont vécu une expérience qu’ils n’oublieront sans doute jamais.
L’absence d’informations immédiates sur d’éventuels blessés ou disparus a laissé planer une incertitude dans les premières heures. Les autorités ont privilégié la prudence dans leurs communications, se concentrant d’abord sur l’évacuation et la confirmation que plus personne ne se trouvait à bord. Cette approche, si elle peut frustrer le besoin d’informations rapides, répond à la nécessité de ne pas diffuser de données non vérifiées.
Au fil des heures, le tableau s’est précisé. Les passagers ont été ramenés à terre, les moyens de secours sont restés déployés, et l’hélicoptère a poursuivi ses reconnaissances. Le travail de fond – enquête sur les causes, recensement complet, accompagnement des familles – a alors pris le relais de l’urgence opérationnelle.
Les Leçons À Tirer De Ces Drames Répétés
Chaque accident maritime en Indonésie devrait servir de leçon. Pourtant, la succession des événements récents montre que les enseignements ne sont pas toujours tirés avec la rapidité nécessaire. L’incendie de Java, le naufrage de Selayar, et maintenant le sinistre entre Bali et Lombok forment une trilogie sombre qui interroge sur les progrès réellement accomplis en matière de sécurité.
Les normes insuffisantes et les conditions météorologiques sont régulièrement citées. Mais derrière ces explications générales se cachent des responsabilités concrètes : entretien des navires, formation des équipages, contrôles réguliers, disponibilité des équipements de sauvetage, procédures d’évacuation claires et connues de tous. Le fait qu’un passager ait pu saisir un gilet de sauvetage avant de sauter montre que certains éléments étaient en place. La durée de l’attente des secours, en revanche, pointe vers d’autres axes d’amélioration.
Pour les passagers, la confiance repose sur la conviction que, en cas de problème, les moyens seront là pour les secourir. Cette nuit-là, les moyens sont effectivement arrivés. Mais le chemin jusqu’à eux a été long et éprouvant pour ceux qui ont dû passer des heures dans l’eau. Cette réalité doit nourrir la réflexion sur les délais d’intervention et sur la densification des dispositifs de secours dans les zones de navigation les plus fréquentées.
La Vie Reprend, Mais Le Souvenir Demeure
À Lembar, sur la côte ouest de Lombok, la vie a repris son cours après le débarquement des rescapés. Les bateaux de secours ont continué leurs missions, l’hélicoptère a survolé la zone, et les autorités ont poursuivi leurs investigations. Pourtant, pour ceux qui ont vécu ces heures de flamme et d’eau, rien ne sera plus tout à fait comme avant. Le témoignage de Kiky Okta Pradika restera comme l’une des voix de cette nuit particulière.
Une jeune femme de 19 ans n’est pas rentrée. Son absence laisse un vide que les statistiques ne peuvent combler. Les 172 passagers évacués ont retrouvé la terre ferme, mais certains porteront longtemps le souvenir des flammes, de la panique, et de l’attente dans l’obscurité. Les deux touristes australiens, eux, ont sans doute contacté leurs proches pour les rassurer, tout en tentant de digérer l’expérience vécue.
Dans un pays où les liaisons maritimes restent vitales, chaque drame de ce type rappelle la fragilité de l’équilibre entre nécessité et sécurité. L’archipel indonésien, avec ses milliers d’îles, continuera d’avoir besoin de ses ferrys. La question n’est pas de supprimer ces liaisons, mais de les rendre plus sûres, pour que les trajets entre Bali et Lombok, ou entre n’importe quelles autres îles, ne se transforment plus en épreuves de survie.
Les équipes de recherche et de sauvetage ont accompli leur mission. Les passagers ont été évacués. Le ferry en flammes ne contenait plus personne. Ces constats sont importants. Ils ne doivent cependant pas faire oublier le prix payé ni les questions qui restent ouvertes. La cause de l’incendie, le détail exact des éventuels blessés, les mesures qui seront prises pour éviter de nouveaux accidents : autant d’éléments qui continueront d’alimenter les discussions dans les jours et les semaines à venir.
En attendant, le souvenir de cette nuit au large de Bali reste gravé. Une jeune vie perdue, des centaines de personnes secourues, des heures d’angoisse dans l’eau, et une mobilisation des moyens de secours qui a permis d’éviter un bilan encore plus lourd. C’est cette réalité complexe, à la fois tragique et porteuse d’espoir grâce à l’action des sauveteurs, qui caractérise ce nouveau chapitre de l’histoire maritime indonésienne.
Les accidents de ce type ne sont jamais anodins. Ils touchent des vies concrètes, des familles, des communautés. Ils interrogent aussi la manière dont une société gère les risques liés à sa géographie. L’Indonésie, terre d’îles et de mers, saura-t-elle tirer toutes les leçons de cette succession de drames ? Les réponses se construiront dans le temps, à travers les enquêtes, les décisions politiques et les améliorations concrètes apportées aux navires et aux procédures. En attendant, le ferry calciné au large de Bali reste le symbole silencieux d’une nuit où tout a basculé.
Les rescapés, de retour à terre, ont commencé à reconstruire le fil de leur existence interrompue. Certains ont immédiatement contacté leurs proches, d’autres ont accepté de raconter ce qu’ils avaient vécu. Le récit de Kiky Okta Pradika, avec sa description précise de l’attente des secours, restera comme l’une des contributions les plus directes à la compréhension de l’événement. Ces voix, recueillies dans l’immédiateté du drame, apportent une authenticité que les communiqués officiels ne peuvent à eux seuls fournir.
Au-delà des chiffres et des moyens engagés, c’est cette dimension humaine qui donne tout son sens au récit. Une jeune femme de 19 ans n’est plus là. Cent soixante-douze personnes ont frôlé la mort. Des sauveteurs ont travaillé sans relâche. Un photographe a immortalisé un instant de douleur. Et un archipel entier se retrouve, une fois de plus, face à ses vulnérabilités maritimes. Le trajet entre Bali et Lombok reprendra, les ferrys continueront de sillonner les eaux, mais le souvenir de cette nuit-là accompagnera longtemps ceux qui l’ont vécue de près ou de loin.
Dans les jours qui viennent, les investigations se poursuivront. Les causes de l’incendie seront examinées avec attention. Les familles seront accompagnées. Les rescapés tentent de retrouver un quotidien ordinaire. Et les questions sur la sécurité des liaisons maritimes indonésiennes resteront, elles, plus que jamais d’actualité. Car tant que les normes resteront insuffisantes et que les conditions météorologiques continueront de jouer leur rôle imprévisible, le risque d’un nouveau drame planera sur chaque départ de ferry.
Cette réalité n’enlève rien au courage des passagers qui ont su réagir, ni à l’efficacité des équipes qui sont intervenues. Elle souligne simplement l’urgence d’agir pour que de telles situations deviennent l’exception plutôt que la règle. Le drame survenu au large de Bali, avec son unique victime confirmée et ses 172 rescapés, s’inscrit désormais dans la longue liste des accidents maritimes qui ont marqué l’histoire récente de l’Indonésie. Une liste que chacun espère voir s’interrompre un jour.









