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Nasdaq Mise Sur LeWriting the French article Trading Continu Avec L’Achat De LeveL

Nasdaq vient de s’offrir l’un des plus grands systèmes de trading alternatif américains. Derrière ce rachat se cache une ambition bien plus large : ouvrir les marchés actions presque 24 heures sur 24 et y intégrer les titres tokenisés. Ce qui change vraiment à partir de décembre…

Et si demain les actions américaines se négociaient presque sans interruption, comme les cryptomonnaies ? Cette question, longtemps cantonnée aux spéculations, vient de trouver une réponse concrète. Nasdaq a officialisé l’acquisition de la totalité des intérêts de LeveL Markets LLC, l’un des plus importants systèmes de trading alternatif des États-Unis. L’opération, annoncée le 11 août 2026, s’inscrit dans une stratégie claire : allonger les horaires de cotation, développer les titres tokenisés et construire une infrastructure de marché capable de fonctionner en continu.

Une acquisition qui redessine le paysage des marchés américains

Le rachat de LeveL Markets n’est pas un simple mouvement de consolidation. Il s’agit d’un levier stratégique. Nasdaq, déjà actionnaire minoritaire depuis 2021, passe désormais à la case propriétaire. LeveL occupe actuellement la troisième place parmi les ATS américains par volume traité. Chaque jour, la plateforme traite des centaines de millions d’actions, couvre plus de 7 000 symboles et sert plus de 2 500 clients, dont plus de 300 institutions du buy-side.

Ces chiffres donnent la mesure de l’enjeu. En absorbant cette liquidité off-exchange, Nasdaq renforce sa présence dans un segment où les ordres ne transitent pas par le carnet d’ordres traditionnel de la bourse. Les investisseurs institutionnels apprécient particulièrement ces venues pour leur discrétion et leur capacité à absorber des volumes importants sans trop déplacer le prix affiché.

LeveL reste autonome, mais rejoint un nouvel ensemble

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, LeveL ne va pas disparaître dans la structure de Nasdaq. L’entreprise conservera son équipe de direction, son indépendance opérationnelle et le secret des positions de ses participants. Elle restera un ATS enregistré sous supervision de la FINRA. Cette séparation structurelle est essentielle pour rassurer les clients qui choisissent précisément ce type de plateforme pour éviter le flux visible des marchés publics.

Après la clôture de l’opération, LeveL intégrera Digital Liquidity Networks, la nouvelle unité créée par Nasdaq. Dirigée par Roland Chai, cette structure regroupe les compétences en liquidité, en tokenisation et en technologies liées aux actifs numériques. L’objectif affiché est de bâtir une infrastructure de marché programmable et disponible en permanence.

Des horaires de trading qui s’étendent déjà

L’acquisition intervient dans un contexte réglementaire favorable. En avril 2026, la SEC a donné son feu vert accéléré au projet de Nasdaq de faire passer la journée de cotation à 23 heures, cinq jours par semaine. Le schéma retenu est simple : une session de jour de 4 h à 20 h (heure de l’Est), une pause d’une heure pour les opérations de maintenance et de traitement des actions d’entreprise, puis une session de nuit de 21 h à 4 h.

Le lancement est programmé pour le 6 décembre 2026. Cette extension répond à une demande réelle. Les investisseurs situés en Asie et en Europe pourront intervenir sur les titres américains pendant leurs propres heures de bureau, sans attendre l’ouverture de New York. Les plateformes ATS comme LeveL opèrent déjà dans ces créneaux. Nasdaq vient simplement de s’offrir un acteur majeur de ce marché parallèle pour accompagner sa propre ouverture nocturne.

La SEC n’a pas encore tranché sur le passage à un vrai 24 heures sur 24. Un roundtable est prévu le 17 septembre 2026 pour examiner les questions de résilience, de liquidité et de protection des investisseurs. Le président de la commission a néanmoins reconnu que les États-Unis s’orientent vers un marché qui reste ouvert une plus grande partie de la journée et de la nuit.

La tokenisation des titres franchit un cap réglementaire

Parallèlement aux horaires, Nasdaq avance sur un autre chantier : les titres tokenisés. En mars 2026, la SEC a approuvé les règles permettant à certains titres éligibles d’être négociés sous forme tokenisée sur la plateforme. Les versions traditionnelles et tokenisées partagent le même carnet d’ordres et la même priorité d’exécution lorsqu’elles portent le même CUSIP, le même symbole et les mêmes droits d’actionnaire.

Le dispositif s’appuie sur l’infrastructure du DTC plutôt que sur un marché parallèle de titres synthétiques. Le pilote concerne les valeurs du Russell 1000 et certains ETF qui répliquent les grands indices. Les transactions continuent de se dénouer en T+1. Cette approche prudente rassure les régulateurs tout en ouvrant la porte à une plus grande fluidité des transferts.

Le DTCC a déjà traité des transactions en production le 15 juillet 2026 avec plus de 30 institutions. Le lancement officiel du service de tokenisation est attendu en octobre. Les participants pourront alors faire circuler des titres éligibles entre les registres traditionnels et des portefeuilles blockchain approuvés. Nasdaq collabore également avec Payward, la maison mère de Kraken, pour construire une passerelle capable de relier les marchés réglementés aux réseaux blockchain dans les juridictions autorisées.

Pourquoi ce rachat change la donne pour les institutions

Les grandes maisons de gestion et les banques d’investissement recherchent depuis des années des lieux d’exécution où elles peuvent échanger des blocs importants sans signaler leurs intentions. LeveL répond précisément à ce besoin. Avec plus de 15 systèmes de gestion d’ordres et d’exécution connectés, la plateforme s’est imposée comme un point de passage incontournable pour une partie de la liquidité institutionnelle américaine.

En s’emparant de cet outil, Nasdaq ne se contente pas d’ajouter du volume. Il se positionne pour offrir une gamme complète : carnet d’ordres public, liquidité discrète, sessions étendues et, à terme, titres tokenisés. Cette combinaison est rare. La plupart des acteurs dominent un seul de ces segments. Nasdaq tente de les rassembler sous une même organisation tout en respectant les contraintes réglementaires de séparation.

L’augmentation de 56 % du volume moyen quotidien de LeveL en 2025 montre que la demande pour ces services ne faiblit pas. La fusion avec Luminex en 2022 avait déjà consolidé la position de la plateforme. Le passage sous le contrôle total de Nasdaq devrait accélérer les investissements technologiques et l’accès à de nouveaux clients.

Les défis techniques et opérationnels d’un marché quasi permanent

Passer de 16 heures à 23 heures de cotation n’est pas anodin. Les systèmes de compensation, de règlement et de surveillance doivent rester opérationnels. Les équipes de conformité et de risk management doivent couvrir une plage horaire beaucoup plus large. Les émetteurs doivent adapter leurs processus de communication d’informations sensibles. Les market makers doivent maintenir des spreads raisonnables même lorsque la liquidité se raréfie en pleine nuit.

La pause d’une heure entre 20 h et 21 h a été conçue précisément pour absorber une partie de ces contraintes. Elle permet de traiter les actions d’entreprise, de recalculer certains paramètres et de procéder aux opérations de maintenance. Mais elle ne résout pas tout. La question de la qualité de la liquidité nocturne reste ouverte. Certains titres très suivis devraient continuer à se négocier correctement. D’autres, plus petits, risquent de voir leurs spreads s’élargir considérablement.

Les régulateurs surveillent de près ces points. Le roundtable de septembre 2026 devrait apporter des éclairages sur les garde-fous nécessaires. Les participants discuteront notamment de la résilience des infrastructures, de la protection des investisseurs de détail qui pourraient se retrouver exposés à des conditions de marché moins favorables, et de la coordination entre les différentes places de marché.

Tokenisation et liquidité : deux chantiers qui se rejoignent

La tokenisation n’est plus un concept théorique. Elle devient un outil opérationnel. En permettant à un même titre d’exister sous forme traditionnelle et sous forme tokenisée tout en partageant le même carnet d’ordres, Nasdaq évite la fragmentation de la liquidité. C’est un point crucial. Beaucoup d’expériences passées ont échoué précisément parce qu’elles créaient des silos séparés.

L’approche retenue s’appuie sur le DTC, l’infrastructure de règlement existante. Cela facilite l’acceptation par les institutions qui ont déjà des relations établies avec cette chambre de compensation. Les titres tokenisés conservent les mêmes droits économiques et de vote. Ils ne constituent pas un produit dérivé ou un contrat synthétique. Cette équivalence juridique est essentielle pour convaincre les gestionnaires d’actifs traditionnels.

Digital Liquidity Networks a vocation à faire travailler ensemble les équipes de liquidité, de tokenisation et de technologies d’actifs numériques. LeveL apporte la capacité d’exécution off-exchange. Les projets de tokenisation apportent la possibilité de transférer des titres de manière plus fluide. Les horaires étendus apportent la disponibilité. Ensemble, ces briques dessinent un marché plus proche de celui des actifs numériques, tout en restant ancré dans le cadre réglementaire américain.

Ce que les investisseurs particuliers peuvent en attendre

Pour l’instant, les particuliers ne sont pas les premiers concernés par LeveL. Cette plateforme s’adresse principalement aux professionnels. En revanche, l’extension des horaires de Nasdaq les touchera directement. À partir de décembre 2026, il sera possible de négocier des actions américaines pendant une grande partie de la nuit. Les brokers devront adapter leurs interfaces et leurs règles de gestion des risques.

Les risques existent. Une liquidité plus faible peut entraîner des écarts de prix plus importants. Les ordres limités placés pendant la nuit peuvent être exécutés dans des conditions très différentes de celles du jour. Les investisseurs devront faire preuve de prudence, surtout sur les titres moins liquides. Les régulateurs insistent déjà sur la nécessité d’une information claire et de garde-fous adaptés.

À plus long terme, la tokenisation pourrait offrir de nouvelles possibilités. Le fractionnement plus fin des titres, le règlement quasi instantané dans certains cas, ou encore la possibilité de détenir des actions dans des portefeuilles numériques contrôlés par l’investisseur lui-même. Ces évolutions restent toutefois soumises à des conditions strictes et à des pilotes progressifs.

Un calendrier chargé jusqu’en 2027

Les prochains mois seront décisifs. Le 17 septembre 2026, la SEC organisera son roundtable sur le trading nocturne. En octobre, le DTCC doit lancer son service de tokenisation. Le 6 décembre, Nasdaq active ses 23 heures de cotation. Au premier semestre 2027, les services liés aux titres tokenisés et aux registres distribués devraient entrer progressivement en production.

L’acquisition de LeveL n’est pas conditionnée à ces dates. Elle suit son propre calendrier de clôture, soumis aux autorisations réglementaires habituelles. Mais le rapprochement des échéances n’est pas fortuit. Nasdaq orchestre plusieurs mouvements en parallèle pour transformer son offre avant que d’autres acteurs ne prennent de l’avance.

La concurrence ne dort pas. D’autres places de marché et d’autres ATS observent attentivement. Certaines ont déjà commencé à expérimenter des sessions nocturnes ou des solutions de tokenisation. La course à l’infrastructure de marché de demain est engagée. Celui qui parviendra à offrir liquidité, disponibilité et innovation technologique dans un cadre réglementaire solide disposera d’un avantage concurrentiel durable.

Les implications pour l’écosystème financier mondial

Les marchés américains restent la référence mondiale pour de nombreux actifs. Toute modification de leurs horaires ou de leur mode de fonctionnement a des répercussions internationales. Les investisseurs asiatiques, européens et sud-américains gagnent en accessibilité. Les gestionnaires de fonds mondiaux peuvent ajuster leurs positions en temps quasi réel plutôt que d’attendre l’ouverture de New York.

Cette évolution rapproche aussi les marchés actions traditionnels des marchés de cryptomonnaies, qui fonctionnent déjà 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. La différence de rythme a longtemps été un frein à l’intégration des deux univers. En réduisant cet écart, Nasdaq facilite les stratégies qui combinent les deux classes d’actifs.

La tokenisation renforce encore ce rapprochement. Lorsqu’un titre peut circuler à la fois dans le système DTC et sur une blockchain autorisée, les frontières techniques s’estompent. Les questions juridiques et réglementaires restent, bien sûr. Mais le chemin technique devient plus clair.

Une stratégie cohérente construite sur plusieurs années

Nasdaq n’a pas improvisé ce mouvement. La prise de participation minoritaire dans LeveL en 2021, la fusion de cette dernière avec Luminex en 2022, l’approbation des règles de tokenisation en mars 2026, celle des horaires étendus en avril, la création de Digital Liquidity Networks et enfin le rachat total de LeveL forment une séquence logique. Chaque étape prépare la suivante.

Roland Chai, qui supervise la stratégie d’actifs numériques depuis le début de 2026, a résumé l’ambition : construire l’infrastructure de marché programmable et toujours disponible de demain. Cette formule peut paraître marketing. Elle décrit pourtant assez fidèlement les investissements en cours. Liquidité, tokenisation et technologie sont désormais rassemblés dans une même unité.

Les termes financiers de l’acquisition n’ont pas été communiqués. L’absence de prix public est classique dans ce type d’opération. Elle ne change rien à la signification stratégique du geste. Nasdaq a choisi d’augmenter significativement son exposition à la liquidité off-exchange au moment précis où il s’apprête à ouvrir ses propres sessions nocturnes.

Les points de vigilance pour les prochains mois

Plusieurs questions restent en suspens. La première concerne la qualité de la liquidité pendant les heures de nuit. Si les spreads s’élargissent trop, les investisseurs institutionnels pourraient préférer attendre l’ouverture de la session de jour. La deuxième porte sur la coordination entre les différentes places de marché. Si Nasdaq avance seul trop rapidement, des distorsions pourraient apparaître. La troisième touche à la protection des investisseurs de détail, moins expérimentés face à des conditions de marché nocturnes.

Sur le volet tokenisation, le succès dépendra de l’adoption réelle par les institutions. Le DTCC a déjà démontré la faisabilité technique. Reste à convaincre les grands gestionnaires d’actifs de déplacer une partie de leurs titres vers ce nouveau format. Les avantages en termes de transfert et de programmabilité devront être suffisamment clairs pour justifier le changement de process.

Enfin, la séparation structurelle entre LeveL et le reste de Nasdaq devra être maintenue de manière crédible. Les clients de l’ATS tiennent à leur confidentialité. Toute perception de dilution de cette indépendance pourrait entraîner des fuites de volume vers d’autres plateformes.

Vers un marché plus fluide, mais plus exigeant

L’acquisition de LeveL Markets par Nasdaq marque une étape importante dans l’évolution des marchés actions américains. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large qui mêle extension des horaires, tokenisation des titres et consolidation de la liquidité off-exchange. Les dates clés de septembre, octobre et décembre 2026, puis du premier semestre 2027, permettront de mesurer concrètement l’avancée de cette transformation.

Pour les professionnels, l’offre d’exécution s’enrichit. Pour les particuliers, l’accès aux marchés américains s’élargit, avec les opportunités et les risques que cela comporte. Pour les régulateurs, le défi consiste à accompagner le changement sans sacrifier la stabilité ni la protection des investisseurs.

Le marché américain n’est pas encore passé au 24 heures sur 24. Mais il s’en rapproche. Et Nasdaq, en s’offrant l’un des principaux acteurs de la liquidité alternative, s’est placé en position de force pour accompagner, et peut-être accélérer, cette transition. Les prochains mois diront si la promesse d’une infrastructure de marché vraiment continue et programmable se concrétise, ou si les contraintes opérationnelles et réglementaires freinent encore le mouvement.

Une chose est déjà certaine : la frontière entre les marchés traditionnels et les marchés numériques devient plus poreuse. Les outils, les horaires et les infrastructures commencent à converger. Dans ce contexte, le rachat de LeveL n’est pas un épisode isolé. C’est un signal fort que les grandes places de marché préparent activement le terrain pour un fonctionnement plus permanent et plus flexible des échanges d’actions. Les investisseurs, qu’ils soient institutionnels ou particuliers, devront s’adapter à ce nouveau rythme.

Le succès de cette stratégie dépendra de la capacité de Nasdaq à intégrer efficacement les différentes briques qu’il a rassemblées. Liquidité discrète, sessions étendues, titres tokenisés et technologies de registres distribués doivent fonctionner de concert. Si l’ensemble tient ses promesses, le paysage des marchés actions américains aura profondément changé d’ici la fin de la décennie. Dans le cas contraire, d’autres acteurs sauront sans doute tirer les leçons et proposer leurs propres solutions. La compétition pour définir le marché de demain est bel et bien lancée.

En attendant, les regards se tournent vers les prochaines échéances réglementaires et opérationnelles. Le roundtable de septembre, le lancement du service de tokenisation en octobre et l’ouverture des 23 heures de cotation en décembre constitueront autant de tests grandeur nature. Nasdaq a mis les moyens. Il lui reste maintenant à démontrer que l’architecture qu’il construit répond réellement aux attentes des marchés et des investisseurs.

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