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Kauli Vaast Vise 2028 Après Son Titre Olympique

Champion olympique en 2024, Kauli Vaast découvre le circuit pro et rêve déjà de 2028. À Teahupoo, dans son jardin, il révèle comment il gère la pression et prépare déjà la défense de son titre. Ce qu'il dit sur Trestles change tout.

Il y a deux ans à peine, le monde découvrait un jeune surfeur de 22 ans qui s’emparait de l’or olympique sur les vagues de Teahupoo. Aujourd’hui, Kauli Vaast n’est plus seulement le champion des Jeux. Il est devenu un concurrent à part entière sur le Championship Tour, ce circuit d’élite où chaque série ressemble à une finale. Et déjà, dans sa tête, 2028 s’impose comme un nouvel horizon. Pas encore une obsession, mais une évidence qui grandit jour après jour.

Un bilan de mi-saison qui laisse entrevoir le potentiel

Quand on lui demande de tirer le bilan de ses premiers mois dans le grand bain, Kauli Vaast ne cherche pas à enjoliver. Il aurait pu faire mieux, reconnaît-il. Pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes. À mi-parcours, il pointe à la 14e place mondiale. Trois quarts de finale sur six compétitions. Une régularité qui, pour un rookie, n’a rien d’anodin.

Physiquement, il a tenu. Mais le chemin n’a pas été un long fleuve tranquille. Après avoir terminé en tête des Challenger Series, il a enchaîné directement sur le circuit pro avec seulement quinze jours de repos. Deux premières compétitions perdues de justesse. Un nouveau format où le tour de repêchage a disparu. Chaque confrontation devient alors un match à élimination directe. Brutal, oui. Mais formateur.

Ce format, il l’accepte. Il le digère même. « C’est assez brutal, chaque série devient du coup une finale », confie-t-il. Dans ce contexte, rester concentré n’est pas une option. C’est une nécessité absolue.

L’écart de niveau, une réalité qui force le respect

Passer des Challenger Series au Championship Tour, c’est changer de dimension. Kauli Vaast le dit sans détour : la différence de niveau est flagrante. Sur le circuit pro, tout le monde est hyper fort. Tout le monde déchire. Il faut trouver sa place à tous les niveaux, être en confiance, et surtout ne pas se laisser submerger par la beauté des spots ou la réputation des épreuves.

Et puis il y a ce détail qui n’en est pas un : on passe son temps à côté de ses idoles. Gabriel Medina, par exemple. Pour un jeune qui a grandi en regardant ces légendes, l’adaptation mentale est aussi importante que l’adaptation technique. Sur ce point, le Polynésien estime avoir été au niveau. Avoir eu la bonne attitude.

La recette ? Respect et humilité, sans jamais oublier la gnaque. À chaque manche, il a fallu s’adapter parfaitement. Heureusement, la Fédération française a mis à disposition trois coaches de haut vol : Joan Duru, Thomas Maalem et Jérémy Florès. Ils se relaient pour accompagner les quatre Français de l’élite tout au long de la saison. Une organisation que Kauli salue sans réserve.

« Il faut avoir du respect et de l’humilité, sans oublier d’avoir la gnaque. À chaque manche, il a fallu parfaitement s’adapter. »

Le regard des autres après l’or olympique

Être le champion olympique en titre change forcément la perception. Kauli Vaast l’a ressenti davantage l’année dernière, sur les Challenger Series. Après avoir décroché le Graal, il était au sommet. Dès la première compétition, il terminait deuxième. Ensuite, à chaque série, c’était la guerre. Parce qu’il avait une wild-card saison, il démarrait chaque épreuve dès le round 1, en bas de l’échelle. Il a cravaché. Et à la fin, il a terminé premier du classement. Preuve qu’il méritait sa place dans la cour des grands.

Cette année, le regard est un peu différent. Moins de pression immédiate, plus d’attente de résultats concrets sur le long terme. Mais la responsabilité reste. Il le sait.

Teahupoo, le jardin secret et la pression positive

La Tahiti Pro approche. Pour Kauli Vaast, c’est plus qu’une étape du calendrier. C’est son jardin. Il prépare cette compétition comme les autres années, en restant auprès de sa famille. Mais l’envie de gagner est plus forte que jamais. Plus d’une fois, il est passé tout près. Deuxième en 2022, notamment. Cette fois, il veut y aller jusqu’au bout.

La pression est davantage présente, mais c’est une bonne pression. Une pression qui pousse à tout donner pour ne rien avoir à regretter. Dans les jours qui précèdent l’épreuve, il a choisi de se mettre un peu à l’écart. Direction le Fenua Aihere, cette partie de la presqu’île où son tonton habite, sans réseau. Il s’est posé. Il a totalement déconnecté.

Tous les matins et en fin d’après-midi, du surf au programme. Avec Jérémy Florès, Vahine Fierro, Tya Zebrowski et Marco Mignot. En jet-ski, trois minutes seulement pour rejoindre le spot de Teahupoo. Le reste du temps, repos, pêche, et zéro téléphone. Une régénération nécessaire après des mois d’enchaînements physiques et mentaux, sans oublier les voyages.

Le besoin de couper

Après avoir tellement envoyé niveau physique et mental, Kauli a ressenti un grand besoin de tout couper. Le Fenua Aihere lui a offert ce sas de décompression rare et précieux.

2028, un objectif qui s’installe progressivement

Début septembre, avant la manche de Trestles en Californie – le futur spot des Jeux de Los Angeles – l’équipe de France se réunira en stage. L’idée est claire : commencer à préparer les prochains Jeux. Une mise en scène particulière est prévue. Réunir le staff et les athlètes dans une grande maison. Travailler le « vivre ensemble ». S’entraîner. Les Jeux de 2028, d’une certaine façon, commenceront là.

Dans la tête de Kauli Vaast, cette échéance devient petit à petit un objectif. Il y aura un titre à défendre. Mais avant cela, une qualification à décrocher. Ce ne sera pas simple. Ça démarrera en fin d’année avec les Mondiaux ISA. Et évidemment, il a très envie de faire partie de ces prochains Jeux.

La vague de Trestles ? Incomparable avec Teahupoo. Moins d’excitation pure à la surfer, mais une vague « skate park » qu’il adore. Il l’a beaucoup pratiquée en free surf, même s’il ne l’a pas encore affrontée en compétition. L’excitation viendra avant tout de la défense de sa médaille d’or. Il prendra ce challenge avec le fun, le sourire, et une expérience de vie en plus.

« L’excitation viendra avant tout de défendre ma médaille d’or. Je prendrai ce challenge avec le fun, le sourire et une expérience en plus de vie. »

Ce qui est sûr, c’est que l’équipe de France sera « chaud patate ». Les Français qualifiés seront des « tueurs à gages ». Et le staff, c’est aussi une équipe de fou. Kauli le dit avec un sourire. On sent la confiance collective monter.

Sortir de la bulle olympique pour mieux avancer

Vivre encore dans la bulle de la victoire de 2024 ? Non. Cet épisode est totalement derrière lui. Et c’est précisément ce qui lui a permis de performer sur les Challenger Series et de se qualifier sur le Championship Tour. Dès qu’il commençait à s’enflammer, à partir sur son petit nuage, ses parents – et en priorité sa mère – le recadraient très vite. Remettre les pieds sur terre. C’est bien, dit-il en souriant.

Pourtant, pour les gens du coin, le titre reste vivace. Quand il va faire ses courses à l’hypermarché, des enfants l’arrêtent pour le checker. Ils lui disent « Champion olympique ». Certains sont très jeunes. C’est impressionnant. Ça rappelle tellement de beaux souvenirs, de belles émotions. Mais Kauli refuse de s’y installer. Il avance.

Une saison qui forge le caractère

Cette première saison sur le circuit pro n’est pas seulement une question de résultats. C’est une école de la vie. Apprendre à gérer les voyages, les jet-lags, la pression constante, les regards, les attentes. Apprendre à rester soi-même quand on côtoie quotidiennement ses idoles. Apprendre à accepter qu’une série perdue de justesse fait partie du chemin.

Kauli Vaast a 24 ans. Il a déjà un titre olympique. Il a déjà prouvé qu’il pouvait grimper les échelons les plus durs du surf mondial. Maintenant, il apprend à s’installer dans la durée. À construire une carrière. À transformer un exploit en habitude de performance.

Le format actuel du Championship Tour ne laisse aucune place à l’erreur. Plus de tour de repêchage. Une seule chance. Cette exigence, il la transforme en force. Chaque série devient un test de caractère. Chaque vague, une opportunité de montrer qu’il appartient à ce niveau.

L’importance de l’entourage et du staff

Derrière les performances individuelles, il y a une organisation collective. Les trois coaches qui se relaient, l’équipe de France qui prépare déjà 2028, la famille qui ancre Kauli dans le réel. Tout cela forme un écosystème. Un environnement où la performance peut s’épanouir sans devenir toxique.

Jérémy Florès, manager de l’équipe de France, fait partie de ceux qui l’accompagnent de près. Vahine Fierro, Tya Zebrowski, Marco Mignot : autant de noms qui composent un groupe de Français déterminés. Ensemble, ils créent une dynamique. Ensemble, ils se projettent déjà sur Los Angeles.

Le stage de septembre à Trestles n’est pas un simple entraînement. C’est le début d’une histoire collective. Habiter ensemble, s’entraîner ensemble, partager le même objectif. Le « vivre ensemble » n’est pas un slogan. C’est une méthode.

Trestles versus Teahupoo : deux univers, une même ambition

Teahupoo, c’est la vague de la maison. Puissante, impressionnante, parfois intimidante même pour ceux qui la connaissent. Trestles, c’est une autre histoire. Une vague plus technique, plus « skate », moins spectaculaire au sens purement visuel, mais exigeante d’une autre manière. Kauli l’aime. Il l’a beaucoup surfé en free. Il sait ce qu’elle demande.

L’excitation de 2028 ne viendra pas principalement de la vague elle-même. Elle viendra de la possibilité de défendre un titre olympique. De porter à nouveau les couleurs de la France sur la plus grande scène. De prouver que l’or de 2024 n’était pas un accident, mais le début d’une trajectoire.

Il le prendra avec le fun et le sourire. Avec l’expérience en plus. C’est peut-être là que réside sa plus grande force : savoir garder le plaisir au centre, même quand l’enjeu est immense.

Ce que révèle cette projection vers 2028

Quand un athlète de 24 ans, champion olympique, commence à parler de 2028 comme d’un objectif qui s’installe progressivement, cela dit beaucoup. Cela dit qu’il a digéré le titre. Qu’il a su redescendre. Qu’il a accepté de recommencer presque à zéro sur le circuit pro pour prouver sa valeur.

Cela dit aussi qu’il a une vision. Pas seulement de la prochaine compétition, mais du cycle olympique. Il sait que la qualification ne sera pas automatique. Les Mondiaux ISA de fin d’année seront un premier jalon. Ensuite, il y aura les étapes du Championship Tour, les résultats à accumuler, les places à défendre.

Et pendant tout ce temps, il continuera à rentrer à Tahiti, à voir sa famille, à se faire checker par des enfants dans les rayons de l’hypermarché. À rester ancré. Parce que c’est peut-être cela, finalement, le secret de la longévité : savoir d’où l’on vient pour mieux savoir où l’on va.

Ce qu’il faut retenir

  • Kauli Vaast est 14e mondial à mi-saison pour sa première année sur le Championship Tour
  • Il a enchaîné Challenger Series et circuit pro avec seulement quinze jours de break
  • La Tahiti Pro reste un objectif fort, dans son jardin de Teahupoo
  • 2028 s’installe progressivement comme un objectif, avec un titre à défendre
  • Un stage collectif est prévu à Trestles avant la manche californienne

La pression du titre et la liberté de l’humilité

Il y a une forme de paradoxe dans le parcours de Kauli Vaast. D’un côté, le titre olympique qui crée des attentes. De l’autre, une humilité quasi naturelle, entretenue par son entourage, qui lui permet de rester concentré sur le présent. Cette tension est créatrice. Elle empêche de s’endormir sur ses lauriers tout en évitant de se laisser écraser par le poids de l’or.

Sur les Challenger Series, chaque série était « la guerre ». Aujourd’hui, sur le Championship Tour, chaque série est une finale. Le langage change, mais l’intensité reste. Et c’est dans cette intensité que se forge un champion durable.

Il ne se contente pas de surfer. Il observe. Il s’adapte. Il apprend à côté de Medina et des autres. Il digère les formats. Il gère les voyages. Il trouve des moments pour déconnecter complètement, comme au Fenua Aihere. Ces pauses ne sont pas des faiblesses. Elles sont des stratégies de longévité.

Un groupe français qui monte en puissance

Kauli Vaast n’est pas seul. L’équipe de France de surf dispose aujourd’hui d’un vivier intéressant. Vahine Fierro, Tya Zebrowski, Marco Mignot, et d’autres encore. Le staff est solide. Les coaches se relaient. L’organisation est saluée. Tout cela crée un contexte favorable pour viser haut en 2028.

Le stage de septembre n’est que le début. Ensuite, il y aura les compétitions, les résultats, les ajustements. Mais l’intention est claire : ne pas attendre la dernière année du cycle olympique pour se préparer. Commencer maintenant. Construire progressivement.

Les Français qualifiés seront des « tueurs à gages », dit Kauli. L’expression est forte. Elle traduit une mentalité. Une volonté de ne rien laisser au hasard. Une envie collective de marquer les Jeux de Los Angeles.

Le plaisir comme carburant

Au milieu de toutes ces ambitions, un mot revient : fun. Kauli Vaast veut prendre le challenge de 2028 avec le fun et le sourire. Ce n’est pas de la légèreté. C’est une philosophie. Dans un sport aussi exigeant que le surf de haut niveau, perdre le plaisir, c’est perdre une partie de soi. Et sans cette part de soi, les performances finissent par s’éroder.

Il aime Trestles. Il adore Teahupoo. Il aime le free surf autant que la compétition. Il sait se mettre à l’écart pour se régénérer. Il accepte d’être recadré par sa mère. Tout cela dessine un profil d’athlète équilibré. Capable de viser très haut sans se brûler les ailes.

À 24 ans, avec un titre olympique déjà en poche et une place sur le Championship Tour, Kauli Vaast a le temps. Mais il ne le gaspille pas. Il construit. Méthodiquement. Avec humilité. Avec gnaque. Avec le sourire.

Ce que l’avenir pourrait réserver

Personne ne peut prédire ce qui se passera d’ici 2028. Les blessures existent. Les performances fluctuent. Les formats évoluent. Mais ce que l’on peut déjà observer, c’est une trajectoire. Un jeune homme qui a su transformer un exploit olympique en tremplin vers le circuit pro. Qui a accepté de recommencer presque en bas de l’échelle. Qui progresse. Qui se projette.

La Tahiti Pro de cette saison sera un test intéressant. Gagner chez soi, devant les siens, avec la pression de l’attente, ce n’est jamais simple. Mais Kauli a déjà montré qu’il savait gérer ce type d’enjeu. En 2024, il l’a fait sur la plus grande scène possible.

Ensuite viendront Trestles, les Mondiaux ISA, les étapes suivantes du Championship Tour. Chaque compétition sera une brique de plus dans l’édifice. Chaque résultat, une indication sur le chemin encore à parcourir.

Et pendant ce temps, les enfants continueront de l’appeler « Champion olympique » dans les supermarchés de Tahiti. Un rappel permanent de ce qu’il a déjà accompli. Et un encouragement silencieux pour ce qui reste à venir.

Une leçon de trajectoire

L’histoire de Kauli Vaast, à ce stade, est déjà une belle leçon. Elle montre qu’un titre olympique n’est pas une fin en soi. C’est un passage. Un moment fort qui doit être digéré pour pouvoir avancer. Elle montre aussi l’importance de l’entourage : parents qui recadrent, coaches qui accompagnent, coéquipiers qui partagent le quotidien, famille qui offre des refuges hors réseau.

Elle montre enfin qu’on peut viser 2028 tout en restant pleinement présent en 2026. Que l’on peut préparer les Jeux tout en cherchant à gagner la Tahiti Pro. Que l’on peut être champion olympique et continuer à apprendre chaque semaine à côté de ses idoles.

Dans un monde du sport souvent saturé de déclarations grandiloquentes, le discours de Kauli Vaast frappe par sa simplicité. « 2028, ça devient petit à petit un objectif. » Pas de grandiloquence. Juste une évidence qui s’installe. Une ambition qui mûrit. Une trajectoire qui se dessine.

Et c’est peut-être cela, finalement, le plus beau. Un champion qui avance sans faire de bruit excessif. Qui construit. Qui reste humble. Qui garde le plaisir. Et qui, déjà, regarde vers Los Angeles avec le sourire et la gnaque.

La suite de l’histoire s’écrira vague après vague, compétition après compétition. Mais une chose est déjà certaine : Kauli Vaast n’a pas fini de surprendre. Et 2028 n’est plus seulement une date lointaine. C’est un horizon qui se rapproche.

Dans les mois et les années qui viennent, on suivra ses performances sur le Championship Tour avec une attention particulière. On regardera comment il gère les hauts et les bas. Comment il s’adapte aux différentes vagues du calendrier. Comment il prépare, avec l’équipe de France, ce qui pourrait être une nouvelle aventure olympique.

Pour l’instant, il y a Teahupoo. Il y a la Tahiti Pro. Il y a cette envie de gagner chez soi. Ensuite, il y aura Trestles. Et progressivement, 2028. Un cycle qui commence. Une ambition qui grandit. Un surfeur qui avance, fidèle à lui-même, les pieds solidement ancrés dans le sable de Tahiti et le regard déjà tourné vers la Californie.

Le champion olympique de 2024 est devenu un concurrent du Championship Tour. Demain, il pourrait bien redevenir champion olympique. Ou simplement continuer à écrire une carrière riche, exigeante et profondément humaine. Dans tous les cas, le voyage ne fait que commencer.

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