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Believe : Le Fondateur Accusé d’Avoir Prélevé 54 Millions de Dollars

Alors qu'une plainte collective accuse le fondateur de Believe d'avoir empoché 54 millions de dollars en frais tout en diluant les investisseurs via une migration forcée, une affaire criminelle vient compliquer le tableau. Que s'est-il vraiment passé derrière cette plateforme qui a généré près de 6 milliards de volume ? La suite risque de surprendre...

Imaginez investir dans une plateforme prometteuse qui permet de lancer des tokens en un clic, portée par l’énergie d’un jeune entrepreneur talentueux. Vous y croyez, vous participez à l’excitation du marché crypto, et soudain, vos avoirs perdent une grande partie de leur valeur sans explication claire. C’est précisément le scénario que décrivent aujourd’hui des investisseurs mécontents dans une action en justice retentissante.

Quand la confiance se brise dans l’univers des tokens de lancement

Le monde des cryptomonnaies, particulièrement sur des écosystèmes rapides comme Solana, attire par son potentiel d’innovation et de gains rapides. Pourtant, derrière les promesses de démocratisation et de nouvelles opportunités, des mécanismes complexes peuvent parfois tourner au désavantage des participants ordinaires. L’affaire qui entoure la plateforme Believe et son fondateur illustre parfaitement ces risques persistants.

Des plaignants ont déposé une class action devant un tribunal fédéral américain, accusant explicitement Ben Pasternak et les entités liées à Believe d’avoir généré environ 54 millions de dollars en frais tout en diluant significativement la valeur des tokens détenus par les investisseurs. Cette affaire met en lumière des pratiques de migration de tokens qui, selon les accusations, ont favorisé les initiés au détriment de la communauté.

« Pasternak a répété le même schéma trois fois, sous trois noms de tokens différents : créer l’excitation, attirer les utilisateurs, collecter les frais, et laisser le token s’effondrer. »

Ces allégations, si elles sont prouvées, soulèvent des questions fondamentales sur la gouvernance des projets crypto et la protection des investisseurs individuels. Au-delà des chiffres, c’est toute la confiance dans les mécanismes de lancement et de migration qui est remise en cause.

Le parcours de Ben Pasternak : d’entrepreneur prodige à figure controversée

Ben Pasternak n’est pas un inconnu dans le monde de la tech et de l’entrepreneuriat. Ce jeune Australien a déjà marqué les esprits avec des ventures innovantes, notamment dans le domaine alimentaire avec une startup de substituts de viande qui avait atteint une valorisation impressionnante. Son entrée dans l’écosystème crypto s’est faite avec l’ambition de tokeniser l’influence et de simplifier le lancement de projets sur blockchain.

La plateforme Believe, anciennement connue sous d’autres noms comme Clout, se positionnait comme un launchpad innovant permettant de créer des tokens via des interactions simples sur les réseaux sociaux. L’idée séduisait : démocratiser l’accès à la création de valeur dans le Web3. Pourtant, derrière cette façade attractive, les plaignants décrivent un système où les frais s’accumulaient massivement tandis que la valeur pour les holders ordinaires s’érodait.

Selon les documents judiciaires, la plateforme aurait traité près de six milliards de dollars de volume d’échanges. Un chiffre colossal qui a généré, toujours d’après les accusations, environ 54 millions de dollars de frais répartis sur plusieurs tokens associés : $PASTERNAK, $LAUNCHCOIN et finalement $BELIEVE. Ces revenus auraient profité aux entités contrôlées par le fondateur et à la fondation liée au projet.

La migration controversée de Launchcoin vers Believe

Au cœur du litige se trouve une opération de migration réalisée en octobre 2025. Les investisseurs détenteurs de $LAUNCHCOIN se sont vu proposer – ou plutôt imposer – une conversion vers le nouveau token $BELIEVE. Officiellement présentée comme une mise à jour et un rebranding, cette migration cachait selon les plaignants des mécanismes beaucoup plus problématiques.

La supply totale du token est passée d’un milliard à plus de 1,33 milliard d’unités, soit une augmentation d’environ 33,3 %. Cette création massive de nouveaux tokens a mécaniquement dilué la part de chaque détenteur existant. Pire encore, un délai strict de deux semaines était imposé pour effectuer la conversion. Passé ce délai, les tokens non migrés étaient purement et simplement brûlés, faisant disparaître définitivement la valeur correspondante.

Les nouveaux tokens créés auraient été en partie alloués à des portefeuilles liés aux insiders, tandis qu’une portion importante de l’allocation de la fondation – estimée autour de 40 millions de tokens – aurait été débloquée immédiatement.

Cette asymétrie dans le traitement des allocations soulève des interrogations légitimes sur l’équité du processus. Les investisseurs ordinaires devaient agir rapidement sous peine de tout perdre, tandis que certaines parties prenantes semblaient bénéficier de conditions bien plus favorables.

Des promesses non tenues et un schéma répétitif

Les accusations ne s’arrêtent pas à cette unique migration. Les plaignants affirment que Ben Pasternak aurait répété le même schéma à travers différentes itérations de tokens. Chaque fois, l’excitation autour d’un nouveau nom et d’un nouveau récit attirait de nouveaux participants, générant des volumes et des frais importants, avant que la valeur ne s’effondre.

Parmi les griefs figurent également au moins douze engagements publics de rachat de tokens qui n’auraient jamais été honorés. Ces buybacks promis servaient souvent à rassurer la communauté lors de périodes de baisse, mais selon la plainte, ils sont restés lettre morte. Pendant ce temps, les frais de transaction continuaient d’être collectés, même après des déclarations affirmant une « zéro propriété » des tokens par le fondateur.

Ces éléments contribuent à dresser le portrait d’un modèle où l’intérêt des créateurs prime sur celui de la communauté. Dans un marché déjà volatil, de telles pratiques peuvent amplifier considérablement les pertes pour les investisseurs de détail.

Les chiffres qui interpellent : volume, frais et dilution

Pour mieux comprendre l’ampleur des enjeux, revenons sur les données mises en avant dans la procédure judiciaire. Près de six milliards de dollars de volume d’échanges sur la plateforme Believe représentent une activité considérable, même dans l’écosystème Solana connu pour sa rapidité et ses frais bas.

Sur ce volume, 54 millions de dollars de frais auraient été prélevés à travers les différents tokens. Ce montant n’est pas anodin : il équivaut à une extraction significative de valeur directement issue de l’activité des utilisateurs. Lorsque l’on met en parallèle cette somme avec la dilution de 33 % subie lors de la migration, le sentiment d’injustice ressenti par les investisseurs devient plus compréhensible.

Élément Chiffre clé
Volume total traité Environ 6 milliards $
Frais collectés 54 millions $
Augmentation de supply + 333 millions de tokens (33,3 %)
Délai de migration 2 semaines

Ce tableau résume les principaux points chiffrés qui alimentent la controverse. Il illustre comment une plateforme peut générer des revenus substantiels tout en impactant négativement la valeur détenue par ses utilisateurs.

L’affaire judiciaire : ce que demandent les plaignants

Joshua Lee et Pierre Montmeas, agissant au nom d’un groupe plus large de détenteurs, ont saisi la Cour de district du Sud de New York. Ils visent non seulement une reconnaissance des préjudices subis, mais également des mesures concrètes : gel des actifs on-chain liés au projet, y compris les portefeuilles et réserves de tokens, et récupération des revenus jugés obtenus illégalement.

La procédure civile met en cause plusieurs entités : Ben Pasternak lui-même, B24 Inc., et la Believe Foundation. Cette multiplication des parties prenantes complique le dossier mais reflète également la structure souvent opaque des projets crypto modernes.

Au-delà des aspects financiers, cette class action pose la question plus large de la responsabilité des fondateurs dans un secteur encore peu régulé. Peut-on vraiment parler de décentralisation quand les décisions clés semblent concentrées entre quelques mains ?

Une affaire criminelle vient s’ajouter au tableau

Parallèlement aux poursuites civiles, Ben Pasternak fait face à des accusations pénales graves à New York. Arrêté le 22 avril, il est poursuivi pour strangulation au deuxième degré et deux chefs d’agression au troisième degré, en lien avec un incident survenu le 31 mars au Baccarat Hotel.

L’affaire impliquerait une créatrice de contenu YouTube de 27 ans, Evelyn Ha. Selon les autorités, des blessures au cou et des ecchymoses auraient été constatées. Pasternak a plaidé non coupable et affirme agir en légitime défense. Son équipe juridique et des proches décrivent la plaignante comme l’agresseur initial. La prochaine audience est prévue pour le 11 juin.

Si ces faits restent distincts de l’affaire crypto sur le plan légal, leur concomitance attire l’attention et contribue à une perception plus globale de turbulence autour du fondateur. Dans l’univers crypto, où la réputation joue un rôle majeur, de telles nouvelles peuvent accélérer la perte de confiance.

Les risques inhérents aux migrations de tokens

Les migrations font partie intégrante de l’évolution des projets blockchain. Elles permettent théoriquement d’améliorer la technologie, de corriger des failles ou de rebrandiser une initiative. Cependant, elles représentent aussi des moments de vulnérabilité où les détenteurs peuvent perdre gros si les conditions ne sont pas transparentes et équitables.

Dans le cas de Believe, plusieurs éléments posent problème selon les plaignants : l’augmentation non proportionnelle de la supply, le délai court sans communication suffisante, la destruction définitive des tokens non convertis, et l’allocation préférentielle à certains acteurs. Ces pratiques, si avérées, s’éloignent des standards de bonne gouvernance attendus par une communauté crypto de plus en plus mature.

De nombreux experts rappellent régulièrement l’importance de vérifier les smart contracts, les audits indépendants et les mécanismes de verrouillage des tokens (vesting) avant d’investir. Malheureusement, l’excitation du marché fait souvent passer ces précautions au second plan.

Impact sur l’écosystème Solana et les launchpads

Believe opérait principalement sur Solana, un réseau réputé pour sa vitesse et ses faibles coûts, qui a vu exploser le phénomène des memecoins et des tokens de lancement rapides. Cette affaire pourrait jeter une ombre sur l’ensemble des plateformes de ce type, incitant les régulateurs et les utilisateurs à plus de vigilance.

Les launchpads ont révolutionné l’accès à la création de tokens, permettant à quiconque d’expérimenter avec des idées. Mais cette facilité comporte un revers : la multiplication des projets sans substance réelle, parfois conçus uniquement pour générer des frais rapides. La distinction entre innovation légitime et schéma opportuniste devient alors cruciale.

  • Manque de transparence sur les allocations de tokens
  • Délais de migration trop courts
  • Promesses de buyback non tenues
  • Communication marketing trompeuse
  • Risque de dilution non annoncé clairement

Cette liste, bien que non exhaustive, résume certains des pièges récurrents que les investisseurs doivent apprendre à identifier pour se protéger.

Leçons à tirer pour les investisseurs crypto

Cette affaire, comme bien d’autres avant elle, rappelle que le secteur des cryptomonnaies reste hautement spéculatif et risqué. La décentralisation promise n’empêche pas les comportements centralisés de certains acteurs clés. Voici quelques principes simples mais essentiels :

Tout d’abord, diversifiez vos investissements et n’engagez jamais plus que ce que vous pouvez vous permettre de perdre. Ensuite, lisez attentivement les whitepapers, les conditions de migration et les smart contracts quand c’est possible. Privilégiez les projets ayant subi des audits par des firmes reconnues.

Enfin, méfiez-vous des promesses trop belles et des pressions à agir rapidement. Les FOMO (fear of missing out) sont souvent exploités pour pousser à des décisions hâtives qui se révèlent coûteuses. La patience et la recherche approfondie restent les meilleurs alliés dans cet univers volatil.

Perspectives futures et questions en suspens

L’issue de cette class action reste incertaine. Les tribunaux devront déterminer si les pratiques décrites constituent une violation des lois sur les valeurs mobilières ou une simple mauvaise gestion. Dans le monde crypto, la frontière entre innovation audacieuse et conduite répréhensible est parfois ténue.

Pour la communauté, cette affaire pourrait accélérer les discussions autour d’une meilleure régulation, d’outils de protection plus efficaces, ou encore de standards de gouvernance plus stricts pour les launchpads. Elle souligne également l’importance croissante de la transparence on-chain et de la traçabilité des allocations.

En attendant, les détenteurs de tokens Believe et des itérations précédentes attendent des réponses claires. Le prix du token $BELIEVE a d’ailleurs subi des chutes sévères, reflétant le sentiment négatif dominant sur le marché suite à ces révélations.

Vers une maturité nécessaire du marché crypto

Au final, des histoires comme celle de Believe rappellent que le secteur des cryptomonnaies, malgré ses avancées technologiques remarquables, reste jeune et perfectible. Les innovations fascinantes coexistent avec des risques importants liés à la psychologie humaine, aux incitatifs mal alignés et à un cadre réglementaire encore en construction.

Les investisseurs, les développeurs et les régulateurs ont tous un rôle à jouer pour que l’écosystème gagne en robustesse sans perdre son esprit pionnier. La transparence, l’éducation et la responsabilité individuelle constituent des piliers essentiels pour limiter les abus tout en préservant l’innovation.

Cette affaire pourrait bien devenir un cas d’école étudié dans les années à venir, illustrant les pièges à éviter et les bonnes pratiques à adopter. En attendant le verdict des tribunaux, elle invite chacun à aborder le marché crypto avec un mélange de curiosité, d’enthousiasme mesuré et surtout d’une vigilance accrue.

Le parcours de Believe, de ses promesses initiales à la controverse actuelle, reflète les hauts et les bas d’un secteur en pleine évolution. Espérons que les leçons tirées permettront à l’écosystème de progresser vers plus de maturité et de confiance durable pour tous les participants.

La vigilance reste de mise. Dans un monde où des milliards de dollars circulent à la vitesse de la lumière sur des blockchains publiques, chaque décision compte. Et chaque histoire comme celle-ci contribue, à sa manière, à forger l’avenir de la finance décentralisée.

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