En 2023, le parc automobile français est à un tournant. Alors que l’Union européenne pousse pour une transition rapide vers les véhicules électriques, avec l’interdiction de vente des modèles thermiques neufs prévue pour 2035, quel est le visage de notre parc aujourd’hui ? Petit tour d’horizon des voitures des Français, entre présent thermique et futur électrique.
Premier constat : les Français roulent encore très majoritairement en thermique. Selon les chiffres du ministère de la Transition écologique, sur les 38,9 millions de voitures en circulation dans l’Hexagone, 93,4% sont équipées d’un moteur essence ou diesel. Les modèles électriques et hybrides ne représentent que 3,2% du parc.
Pourtant, la part des véhicules électriques dans les ventes de véhicules neufs ne cesse de progresser. Elle a atteint 13,1% des immatriculations en 2022, soutenue par le bonus écologique pouvant aller jusqu’à 7000€. Mais cette dynamique suffira-t-elle à tenir les objectifs européens ?
Du côté des constructeurs, on tempère les ardeurs de Bruxelles. Luca de Meo, PDG de Renault et président de l’ACEA (lobby européen des constructeurs) juge le passage au 100% électrique d’ici 2035 « vraiment très compliqué » :
Basculer en douze ans de 10% de part de marché pour les VE à 100%, c’est vraiment très compliqué.
Luca de Meo, PDG de Renault et président de l’ACEA
Il plaide pour « un peu plus de souplesse dans le calendrier » alors qu’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, maintient le cap d’un parc 100% électrique en 2035.
Outre la motorisation, quel type de voitures conduisent les Français ? Le trio de tête est composé des :
Un classement qui reflète les préoccupations des conducteurs : praticité pour les déplacements du quotidien, confort pour les longs trajets et attrait pour les véhicules aux allures de baroudeur.
Autre enjeu pour la transition énergétique : le vieillissement du parc automobile français. Face à la baisse des immatriculations de véhicules neufs depuis 5 ans (-27%), l’âge moyen des voitures ne cesse de grimper. Il atteint désormais 10,8 ans en moyenne.
Selon AAA Data, 30% des véhicules du parc ont plus de 15 ans et 13% plus de 20 ans. Un frein à la transition vers l’électrique, les modèles anciens étant quasi-exclusivement thermiques.
Si la tendance actuelle se confirme, le parc automobile français de 2035 pourrait donc avoir ce visage :
Une transition donc en marche mais progressive, qui nécessitera des efforts de la part de tous les acteurs – pouvoirs publics, constructeurs, automobilistes – pour atteindre la neutralité carbone. Le chemin est encore long, mais la route est tracée vers un parc automobile français résolument tourné vers l’électrique.
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