La 18e journée de Top 14 vient de s’achever et, comme chaque semaine, elle a réservé son lot de surprises, de combats acharnés et surtout de prestations individuelles de très haut niveau. Entre des victoires bonifiées éclatantes, un nul arraché dans des conditions difficiles et des individualités qui ont crevé l’écran, difficile de ne pas avoir les yeux qui pétillent en repensant à ces rencontres.
Certains joueurs ont véritablement pris le match à leur compte, dictant le tempo, brisant les lignes ou régalant par leur justesse technique. D’autres ont été précieux dans l’ombre, multipliant les tâches ingrates qui font basculer les rencontres serrées. Alors qui mérite vraiment de figurer dans l’équipe type de cette journée ?
Une journée placée sous le signe de l’équilibre et de l’excellence individuelle
La Rochelle, Clermont et Toulon sortent clairement renforcés de cette journée, tandis que le Stade Français a livré une copie presque parfaite en attaque. Toulouse a déroulé, Montpellier a confirmé sa solidité et Pau a réalisé une belle opération face à un gros du championnat. Autant d’enseignements qui se retrouvent logiquement dans notre sélection.
Arrière : Kylan Hamdaoui (Clermont) confirme son retour en force
Depuis deux journées, Kylan Hamdaoui a pris la place d’Alex Newsome à l’arrière et il ne l’a plus lâchée. Face à Bayonne, il a une nouvelle fois été irréprochable sous les ballons hauts, annihilant systématiquement les relances adverses. Mais c’est surtout son activité offensive qui interpelle : il est à l’origine et à la conclusion d’un essai magnifique après une relance le long de la touche.
Sa lecture du jeu, sa sécurité et son sens du placement en font actuellement l’un des arrières les plus complets du championnat. Une belle récompense pour un joueur qui a su saisir sa chance.
Ailier droit : Teddy Thomas (Toulouse) n’en finit plus d’empiler les essais
À 32 ans, Teddy Thomas vit une seconde jeunesse. Depuis fin novembre, il affiche dix essais en onze matchs toutes compétitions confondues. Contre Montauban, il a inscrit un doublé relativement facile sur le papier, mais qui témoigne surtout de son excellent positionnement et de sa capacité à se trouver toujours au bon endroit au bon moment.
Il a même endossé le costume de passeur décisif pour offrir un essai au jeune Lucien Richardis. Quand un ailier aussi explosif devient également créateur, cela devient très compliqué à défendre.
Premier centre : Jeremy Ward (Stade Français) – le maître à jouer
Le Sud-Africain Jeremy Ward a livré une partition complète face à Perpignan. Essai personnel sur un angle tranchant, trois passes décisives, 62 mètres parcourus, 2 franchissements, 3 défenseurs battus et 14 plaquages… Le bilan est impressionnant.
Il a su alterner le rôle de finisseur et celui de distributeur, créant des décalages permanents pour ses coéquipiers. À côté de lui, son compère du centre a pu se régaler.
Second centre : Tani Vili (Stade Français) – la force brute incarnée
Difficile de trouver plus destructeur que Tani Vili ce week-end. Charges rageuses, 111 mètres parcourus, 7 défenseurs battus, 2 franchissements, 3 offloads et un essai en force. Le centre du Stade Français a été le fer de lance d’une attaque qui a régalé.
Avec Jeremy Ward plus en soutien et en créateur, ils forment actuellement l’une des paires de centres les plus complémentaires et les plus dangereuses du Top 14.
Ailier gauche : Aaron Grandidier Nkiny (Pau) – l’homme providentiel
Privée de plusieurs internationaux, la Section Paloise a pu compter sur son ailier champion olympique. Toujours impeccable sous les ballons hauts, dangereux sur chacune de ses prises d’intervalle, il a fini par concrétiser en inscrivant un essai de finisseur précieux.
Face à une UBB venue pour gagner, sa performance a pesé lourd dans la balance.
Ouvreur : Harry Plummer (Clermont) – le maestro néo-zélandais
6 sur 6 au pied, un essai acrobatique après une passe improbable et une percée de 50 mètres pour offrir un autre essai… Harry Plummer a régalé contre Bayonne. Il est clairement le chef d’orchestre de l’attaque clermontoise en ce moment.
Son entente avec ses avants et ses trois-quarts monte en puissance semaine après semaine.
Demi de mêlée : Nolann Le Garrec (La Rochelle) – le patron
Rappelé en équipe de France pour préparer le match contre l’Écosse, Nolann Le Garrec a répondu présent de la plus belle des manières à Castres. Gestion parfaite du tempo, jeu au pied précis, essai personnel en force et une entente remarquable avec Antoine Hastoy.
Il a été l’un des grands artisans du succès bonifié rochelais sur la pelouse tarnais.
Troisième ligne centre : Yoan Tanga (Stade Français) – le bulldozer
Yoan Tanga a lancé son équipe sur les rails dès la 7e minute en profitant d’une pénalité vite jouée. 60 mètres gagnés en 55 minutes, impact permanent en défense et un ballon gratté précieux juste avant la mi-temps. Un numéro 8 de très haut niveau.
Troisième ligne aile : Esteban Abadie (Toulon) – le roc défensif
Dans un match très fermé et pluvieux à Lyon, Esteban Abadie a été omniprésent. 11 plaquages réussis, plusieurs duels gagnés face à Jiuta Wainiqolo, activité énorme en touche et autour des rucks. Il a incarné l’engagement toulonnais qui a permis de ramener deux points précieux.
Troisième ligne aile : Lewis Ludlam (Toulon) – le guerrier discret
Lewis Ludlam a multiplié les tâches de l’ombre : nettoyages de ruck, ralentissements de sorties de balle, plaquages propres et leadership permanent. Dans ce genre de match physique et tendu, ce type de prestation est absolument précieux.
Deuxième ligne : Tom Staniforth (Castres) – le seul à surnager
Malgré la défaite de Castres, Tom Staniforth a été irréprochable : 11 plaquages réussis, impact dans les collisions, activité en touche. Il a essayé de porter son équipe mais n’a pas été suffisamment soutenu.
Deuxième ligne : Florian Verhaeghe (Montpellier) – le joueur complet
Florian Verhaeghe a survolé la rencontre face au Racing. Domination aérienne, 82 minutes jouées, 11 passes dont une décisive, agressivité au sol, plaquages en bas… Un numéro 4 moderne et complet comme on les aime.
Pilier droit : Joel Merkler (Toulouse) – la reprise réussie
De retour après une longue absence, Joel Merkler n’a pas raté son rendez-vous. Solide en mêlée, très mobile, charges puissantes et passes après contact. 45 minutes de très haut niveau avant de laisser sa place à Colombe.
Talonneur : Quentin Lespiaucq (La Rochelle) – du banc à l’essai
Initialement 24e homme, Quentin Lespiaucq a remplacé Pierre Bourgarit blessé à l’échauffement. Après un début compliqué en mêlée et en touche, il a rectifié le tir et s’est même offert un essai sur ballon porté. Une belle réaction.
Pilier gauche : Enzo Forletta (Montpellier) – la domination en mêlée
Sanctionné sur la première mêlée, Enzo Forletta a ensuite pris le dessus sur son vis-à-vis géorgien. Plusieurs pénalités obtenues, activité dans le jeu courant et contribution majeure aux ballons portés qui ont fait mal au Racing. Le pack montpelliérain a régalé.
Le onze de départ de cette 18e journée
1. Enzo Forletta (Montpellier)
2. Quentin Lespiaucq (La Rochelle)
3. Joel Merkler (Toulouse)
4. Florian Verhaeghe (Montpellier)
5. Tom Staniforth (Castres)
6. Lewis Ludlam (Toulon)
7. Esteban Abadie (Toulon)
8. Yoan Tanga (Stade Français)
9. Nolann Le Garrec (La Rochelle)
10. Harry Plummer (Clermont)
11. Aaron Grandidier Nkiny (Pau)
12. Tani Vili (Stade Français)
13. Jeremy Ward (Stade Français)
14. Teddy Thomas (Toulouse)
15. Kylan Hamdaoui (Clermont)
Cette équipe type illustre parfaitement la diversité et la qualité du Top 14 en cette saison 2025-2026. Entre jeunes talents confirmés, revenants au top niveau et cadres qui retrouvent leur meilleur visage, le championnat français continue de réserver de belles émotions chaque week-end.
Et vous, auriez-vous fait des choix différents ? Certains absents vous semblent-ils injustement oubliés ? N’hésitez pas à partager votre propre équipe type en commentaire !
La 19e journée promet déjà d’être passionnante avec de nouvelles confrontations au sommet. Rendez-vous très vite pour de nouvelles analyses et une nouvelle équipe type.









