Imaginez un club qui soulevait la Liga il y a un peu plus de vingt-cinq ans, puis sombrait jusqu’en troisième division pendant cinq longues saisons. Aujourd’hui, ce même club pointe à la quatrième place d’une Segunda División ultra-concurrentielle et rêve à nouveau de l’élite. Pendant ce temps, un ancien champion d’Angleterre se retrouve à lutter pour ne pas descendre en troisième division anglaise. Le football des divisions inférieures réserve chaque saison son lot de renaissances improbables et de chutes vertigineuses. En ce début d’année 2026, les seconds échelons européens offrent un spectacle particulièrement haletant.
Les seconds échelons européens en ébullition
Que ce soit en Angleterre, en Espagne, en Italie ou en Allemagne, les championnats de deuxième division n’ont jamais semblé aussi indécis à l’approche du sprint final. Entre formations historiques en quête de rédemption, surprises tactiques et catastrophes annoncées, chaque week-end apporte son lot de rebondissements. Plongeons sans attendre dans le détail de ces quatre grands championnats qui font vibrer les supporters les plus passionnés.
Championship : Coventry en patron, Leicester dans le gouffre
Dirigé par un ancien milieu de terrain mythique de Premier League, Coventry City réalise une saison de très haut niveau. Le club du Midlands, absent de l’élite depuis 26 ans, affiche une régularité impressionnante malgré une petite période de doute en janvier. Avec neuf points d’avance sur le premier non-promu direct, les Sky Blues semblent tenir la corde pour un retour tant attendu parmi l’élite anglaise.
Juste derrière, Middlesbrough confirme sa belle dynamique et s’installe solidement sur le podium. La lutte pour les six places de play-offs fait rage : seulement douze points séparent la troisième de la seizième place à treize journées de la fin. Un écart ridiculement faible dans un championnat qui compte 46 journées et dont la physionomie peut encore radicalement changer d’ici mai.
Parmi les équipes bien placées, on retrouve les relégués de l’an passé Ipswich Town et Southampton, mais aussi des noms historiques comme Derby County, les surprenants promus Wrexham et Birmingham City, ou encore Swansea porté par un buteur slovène particulièrement en vue cette saison. Le ventre mou du classement est d’une densité rarement vue.
« Treize matches, c’est encore énormément de points à prendre. Dans ce championnat, personne n’est à l’abri d’une série négative. »
Mais le scénario le plus dramatique concerne sans conteste Leicester City. Dix ans après avoir créé l’une des plus belles surprises de l’histoire du football moderne en remportant la Premier League, les Foxes végètent à la vingt-deuxième place, en pleine zone de relégation. Une pénalité de six points pour infraction au fair-play financier, combinée à une série catastrophique de sept matches sans victoire, a précipité la chute libre d’un club qui semblait intouchable il n’y a pas si longtemps.
Le constat est encore plus cruel pour Sheffield Wednesday, officiellement condamné à la League One avec un bilan négatif historique de -7 points après de lourdes sanctions financières. Deux clubs au riche passé qui se retrouvent aujourd’hui dans les abysses du football anglais : la Championship ne pardonne aucune erreur de gestion.
LaLiga 2 : le Deportivo renaît de ses cendres
La deuxième division espagnole reste fidèle à sa réputation : un championnat d’une homogénéité rare où les écarts sont minuscules après presque trente journées. Racing Santander occupe la tête avec une petite unité d’avance sur la surprenante équipe de Castellón et sur l’ambitieux Almería. Mais c’est surtout la quatrième place qui attire tous les regards : le Deportivo La Coruña est bel et bien de retour.
Champion d’Espagne en 2000, demi-finaliste de Ligue des champions en 2004, le Depor a connu une descente aux enfers progressive jusqu’à végéter cinq saisons en troisième division. Cette année, le club galicien semble enfin avoir retrouvé une stabilité sportive et pointe à une place qualificative pour les play-offs d’accession. À huit ans de sa dernière relégation en Liga, le grand retour dans l’élite n’est plus une utopie.
Malaga, autre belle histoire des années 2010, suit le même chemin. Après sept années difficiles, le club andalou est à nouveau dans le wagon de tête. Las Palmas, relégué l’été dernier, complète le top 6 et reste dans la course. À l’inverse, Valladolid et Saragosse traversent une période noire. Endetté à hauteur de près de 50 millions d’euros, Valladolid occupe la première place relégable tandis que Saragosse ferme la marche, à égalité avec Mirandés.
Le paradoxe espagnol : dans un championnat où trois points font souvent la différence entre le top 6 et le ventre mou, les erreurs de gestion se payent cash sur plusieurs saisons.
Serie B : Palerme et Inzaghi sur les rails du retour
En Italie, quatre équipes se tiennent en un mouchoir de poche pour les deux places synonymes de montée directe. Venise, Monza et Frosinone, habitués des allers-retours entre Serie A et Serie B, sont talonnés de près par Palerme. Neuf ans après sa dernière apparition parmi l’élite, le club sicilien, désormais intégré au City Football Group, vit une saison passionnante.
Sous la houlette de Filippo Inzaghi – déjà artisan de deux montées avec Benevento et Pise – et grâce à l’efficacité redoutable de Joel Pohjanpalo (17 réalisations), les Rosanero restent invaincus depuis plus de trois mois. Une série impressionnante qui les place en excellente position pour retrouver la Serie A.
Plus bas dans le classement, la Sampdoria se traîne à la treizième place malgré son statut historique, tandis que Bari et surtout Pescara inquiètent. Malgré l’arrivée cet hiver de Lorenzo Insigne et l’implication capitalistique de Marco Verratti dans le club des Abruzzes, Pescara pointe à la vingtième place et risque fortement de redescendre en Serie C.
2. Bundesliga : Dzeko, la sensation à presque 40 ans
Schalke 04 a créé la surprise du mercato hivernal en enrôlant Edin Dzeko. À quelques semaines de ses 40 ans, l’attaquant bosnien empile les buts et les passes décisives depuis son arrivée en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Quatre réalisations et trois offrandes en seulement cinq rencontres : le vétéran semble avoir trouvé un second souffle inattendu.
Porté par cette nouvelle dynamique, Schalke domine la 2. Bundesliga avec une courte avance sur Darmstadt, Elversberg, Paderborn et Hanovre. Derrière ce quintet de tête, des noms prestigieux comme Kaiserslautern, le Hertha Berlin et Nuremberg pointent plus bas que prévu. Le Hertha, malgré un effectif estimé à 64 millions d’euros (le plus cher de la division), vit sa troisième saison consécutive à l’étage inférieur et subit un déclassement brutal.
Les relégués Bochum et Holstein Kiel, eux, oscillent entre milieu et bas de tableau, davantage préoccupés par le maintien que par la remontée immédiate. La 2. Bundesliga confirme une nouvelle fois sa réputation d’antichambre impitoyable où même les gros budgets ne sont pas à l’abri d’une saison galère.
Ce que nous apprend cette saison 2025-2026
Ces quatre championnats montrent à quel point le football moderne est cruel avec ceux qui perdent le fil, même pour les institutions les plus prestigieuses. Leicester, Saragosse, le Hertha Berlin ou encore Sheffield Wednesday en font les frais cette saison. À l’inverse, des projets patiemment reconstruits (Coventry, Deportivo, Palerme) ou des coups de génie individuels (Dzeko) permettent à certains de renouer avec leur rang.
Une chose est sûre : dans ces divisions où chaque point compte double, la régularité, la gestion saine et la capacité à se réinventer font souvent la différence entre l’eldorado de l’élite et les tréfonds du football professionnel. À trois mois de la fin de saison, le suspense reste entier et les scénarios les plus fous sont encore possibles.
Alors que la Ligue 2 française offre elle aussi un classement particulièrement serré entre la troisième et la dixième place, l’Europe entière retient son souffle. Qui accompagnera les promus directs ? Qui chutera dans l’anonymat des divisions inférieures ? Réponses d’ici mai 2026, mais une chose est déjà certaine : les divisions inférieures n’ont jamais été aussi captivantes.
Et vous, quel est selon vous le retour le plus improbable cette saison ? Le Deportivo qui renoue avec son glorieux passé ou un Edin Dzeko qui défie le temps à presque 40 ans ? Les commentaires sont ouverts.









