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L’Art du Crime Saison 9 : Provence et Cézanne Révolutionnent la Série

Pour sa saison 9, L’Art du Crime quitte Paris et s’installe en Provence. Antoine et Florence traquent un assassin fasciné par Cézanne au pied de la Sainte-Victoire. Un triangle amoureux inattendu vient tout compliquer… mais que cache vraiment ce rival surgi de nulle part ?

Imaginez soudain quitter les rues grises et les musées feutrés de la capitale pour plonger dans une lumière presque irréelle, celle qui a rendu fou plus d’un peintre. C’est exactement ce qui arrive aux héros de L’Art du Crime en cette rentrée 2026. Pour la toute première fois depuis ses débuts, la série policière à succès s’échappe de Paris et pose ses valises en Provence. Un dépaysement total qui redonne un souffle nouveau à l’intrigue et promet aux fidèles téléspectateurs une saison sous le signe du renouveau.

Un virage géographique audacieux pour la série

Diffusé dès le 23 février sur la chaîne publique, le premier épisode de cette neuvième saison marque un tournant majeur. Fini les intérieurs parisiens sophistiqués, les couloirs du Louvre ou les salons versaillais : place aux ocres brûlants, aux verts profonds et aux ciels changeants de la région aixoise. Ce choix n’est pas anodin. Il permet à la fiction de respirer différemment tout en restant fidèle à son ADN : mêler enquête criminelle et passion pour l’histoire de l’art.

Le capitaine Antoine Verlay et l’historienne de l’art Florence Chassagne se retrouvent donc projetés dans un univers radicalement opposé à leur quotidien habituel. Loin du tumulte urbain, ils doivent composer avec un décor qui semble presque vivant, comme si les paysages eux-mêmes participaient à l’enquête. Cette immersion totale dans la Provence de Cézanne donne au récit une dimension supplémentaire, presque sensorielle.

La montagne Sainte-Victoire devient un personnage à part entière

Impossible d’évoquer cet épisode inaugural sans parler de la montagne Sainte-Victoire. Symbole absolu de l’œuvre de Paul Cézanne, elle domine l’horizon et impose sa présence massive tout au long du récit. Les plans larges capturés par les caméras subliment ses contours escarpés, ses teintes changeantes selon l’heure et la météo. On comprend immédiatement pourquoi le peintre y voyait une obsession vitale : la montagne ne se laisse jamais totalement apprivoiser.

Le tueur que traquent nos deux enquêteurs partage cette fascination maladive. Ses crimes semblent calqués sur les toiles du maître aixois : choix des lieux, mise en scène des corps, couleurs dominantes… Chaque détail renvoie à l’univers cézannien. Cette osmose entre le paysage réel et la peinture crée une atmosphère unique, où la frontière entre art et réalité devient terriblement poreuse.

« Entrer dans un tableau de Cézanne, c’est accepter de ne jamais en sortir complètement indemne. »

Un dialogue marquant du premier épisode

Les chemins de randonnée, les carrières d’ocre, les petites routes sinueuses bordées de pins : tous ces lieux deviennent des indices autant que des décors. Le spectateur a véritablement l’impression de marcher aux côtés d’Antoine et Florence, de sentir la chaleur du soleil provençal sur sa peau et d’entendre le chant des cigales en fond sonore.

Un triangle amoureux qui bouscule les habitudes du duo

Mais la saison 9 ne se contente pas d’un simple changement de décor. Elle profite de cet éloignement géographique pour faire évoluer la relation centrale de la série : celle qui unit Antoine Verlay et Florence Chassagne. L’arrivée d’un troisième personnage, Vincent, professeur charismatique et séducteur rencontré sur place, vient semer le trouble.

Vincent apporte avec lui une légèreté bienvenue, presque comique par moments. Les quiproquos s’enchaînent, les regards se croisent, les malentendus s’accumulent. Nicolas Gob, qui incarne Antoine depuis les débuts, semble s’amuser comme jamais dans ce registre plus léger. Son personnage, d’ordinaire si sérieux et parfois bourru, laisse entrevoir une vulnérabilité touchante face à ce rival inattendu.

De son côté, Éléonore Bernheim compose une Florence à la fois troublée et amusée par cette nouvelle dynamique. Le triangle amoureux n’est pas seulement un prétexte narratif : il permet d’explorer plus en profondeur les non-dits qui minent le duo depuis plusieurs saisons. Les silences, les regards furtifs, les gestes esquissés puis interrompus prennent soudain une autre dimension sous le soleil éclatant de Provence.

Retour aux sources parisiennes pour une conclusion mélancolique

Pourtant, malgré toute cette lumière et cette ouverture sur l’extérieur, l’épisode ne renie pas ses origines. Une séquence finale ramène nos héros au Louvre, dans un face-à-face émouvant avec une œuvre qui avait déjà marqué les esprits dans une saison précédente. Ce clin d’œil discret aux racines parisiennes de la série agit comme une bouée de sauvetage émotionnelle : après tant d’éblouissement provençal, le retour dans les salles fraîches et silencieuses du musée rappelle que l’amour, comme l’art, peut être aussi douloureux que sublime.

Cette boucle subtile entre Provence et Paris illustre parfaitement l’équilibre que cherche à maintenir la série : dépaysement sans reniement, nouveauté sans trahison de l’identité profonde du programme.

Pourquoi ce choix de tournage en extérieur change tout

Filmer en décors naturels n’est jamais anodin dans une série policière. Ici, le parti pris fonctionne à merveille. Les plans aériens sur la Sainte-Victoire, les travellings dans les chemins caillouteux, les contre-jours flamboyants sur les pins parasols : chaque plan semble composé comme un tableau. La photographie de l’épisode mérite d’ailleurs d’être saluée : elle parvient à rendre justice à la lumière unique de cette région sans jamais tomber dans le piège de la carte postale facile.

  • Des couleurs saturées mais jamais criardes
  • Un travail remarquable sur les ombres et les reflets
  • Une utilisation intelligente des heures dorées pour accentuer le drame
  • Des cadres qui rappellent subtilement les compositions cézaniennes

Ces choix esthétiques renforcent l’immersion et donnent au spectateur l’impression d’être réellement transporté. On sent presque l’odeur de la garrigue, la chaleur sèche sur la peau, le craquement des aiguilles de pin sous les pas.

Une intrigue qui respecte les codes tout en les renouvelant

Malgré ce décor inédit, L’Art du Crime conserve précieusement ce qui fait son succès depuis neuf saisons : une intrigue solide, des personnages attachants et une vraie culture artistique au service du récit policier. Le tueur n’est pas un simple psychopathe : son obsession pour Cézanne est crédible, documentée, presque tragique. Chaque meurtre est pensé comme une réinterprétation moderne et sanglante d’une toile célèbre.

Cette approche permet d’aborder des thèmes chers au peintre sans jamais verser dans le didactisme. On apprend des choses sur Cézanne, sur sa relation viscérale à son territoire, sur sa quête obsessionnelle de la forme parfaite, mais toujours au service de l’intrigue. L’art n’est jamais un prétexte : il est le moteur même de l’histoire.

Les seconds rôles qui font la richesse de l’épisode

Au-delà du trio central, plusieurs personnages secondaires apportent une vraie couleur locale. Les habitants du coin, les gardiens de sites naturels, les artistes locaux croisés au détour d’un atelier : tous semblent appartenir pleinement à ce décor. Leurs dialogues sonnent juste, leurs réactions face à la police parisienne sont crédibles et souvent drôles.

Ces interactions permettent aussi de souligner le décalage culturel entre les enquêteurs venus de la capitale et les Provençaux ancrés dans leur terre. Un décalage source de quiproquos savoureux mais aussi de moments d’humanité touchants.

Ce que cette saison pourrait apporter à la série sur le long terme

Si ce premier épisode donne le ton, on peut légitimement espérer que la saison 9 continuera sur cette lancée. Explorer d’autres régions, d’autres peintres, d’autres époques artistiques tout en gardant le duo Antoine-Florence au centre du récit semble être une piste extrêmement prometteuse. Pourquoi ne pas imaginer un épisode en Normandie sur les traces de Monet ? Ou à Arles pour Van Gogh ? Chaque lieu pourrait devenir une nouvelle respiration, un nouveau terrain de jeu pour les scénaristes.

Ce changement géographique pourrait également permettre d’aborder différemment la relation amoureuse des héros. L’éloignement de leur cadre habituel agit comme un révélateur : loin de leurs repères, ils se découvrent autrement, se dévoilent autrement. Une aubaine pour les auteurs qui cherchent depuis plusieurs saisons à faire évoluer ce couple sans jamais le faire basculer complètement.

Un épisode qui parle aussi de transmission et d’héritage

Derrière l’enquête criminelle se dessine une réflexion plus large sur ce que signifie hériter d’un artiste. Comment une œuvre peut-elle continuer de vivre, de hanter les esprits, de susciter des passions extrêmes des décennies après la mort de son créateur ? Le tueur n’est pas seulement un fanatique : il est une sorte de gardien dévoyé, persuadé de protéger ou de prolonger l’héritage cézannien par ses actes.

Cette idée de transmission pervertie fait écho à la propre quête d’Antoine et Florence : eux aussi passent leur temps à décrypter, à expliquer, à transmettre le sens des œuvres qu’ils étudient. La frontière entre passion légitime et obsession destructrice n’a jamais semblé aussi ténue.

Une réussite esthétique et narrative incontestable

En conclusion de cet épisode inaugural, force est de constater que le pari était risqué, mais parfaitement réussi. Changer de décor après huit saisons parisiennes aurait pu dérouter. Au contraire, cela revitalise la série sans la trahir. Les paysages provençaux n’ont pas seulement servi de cadre : ils ont nourri l’intrigue, influencé le jeu des acteurs, modifié le rythme même du récit.

On ressort de ce visionnage avec des images plein la tête : la silhouette massive de la Sainte-Victoire au crépuscule, un corps disposé comme dans La Montagne Sainte-Victoire vue des Lauves, le regard troublé d’Antoine face à Florence qui rit avec Vincent, et cette ultime scène au Louvre qui rappelle que, finalement, l’amour et l’art ont en commun de toujours nous ramener à notre propre vulnérabilité.

La saison 9 de L’Art du Crime s’annonce comme l’une des plus ambitieuses et des plus belles visuellement. Elle prouve qu’une série peut se renouveler sans perdre son âme, à condition d’oser sortir des sentiers battus. Et en l’occurrence, les sentiers provençaux valent largement le détour.

« Parfois, il faut quitter Paris pour mieux comprendre ce que l’on aime. »

Et vous, qu’avez-vous pensé de ce premier épisode dépaysant ? La Provence a-t-elle su conquérir votre cœur autant que celui d’Antoine et Florence ?

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