Imaginez un instant : alors que le Bitcoin plonge dans les abysses, perdant des milliers de dollars en quelques heures, un homme continue de sourire et tease tranquillement son prochain coup. Michael Saylor, figure emblématique du monde crypto, vient de semer le trouble avec un simple post sur les réseaux sociaux. « The Orange Century » : trois mots qui suffisent à faire vibrer toute une communauté. Est-ce le signal d’un 100e achat massif de Bitcoin par Strategy ? Dans un marché en pleine tourmente, cette perspective intrigue autant qu’elle fascine.
Le signal énigmatique qui agite le marché
Dimanche soir, alors que le Bitcoin flirt avec les 65 000 dollars, Michael Saylor publie un message laconique accompagné d’une capture d’écran. Cette image, issue d’un tracker dédié aux achats de Strategy, liste méthodiquement chaque acquisition depuis août 2020. Le message ? « The Orange Century ». Orange, la couleur emblématique du Bitcoin. Century, le siècle… ou plutôt le centième ? Les habitués des communications de Saylor n’ont pas tardé à comprendre : un nouveau milestone approche.
Depuis des années, ces posts cryptiques précèdent souvent des annonces officielles d’achats. Les marchés réagissent immédiatement. Certains y voient un signe de confiance inébranlable, d’autres une provocation face à la baisse. Quoi qu’il en soit, l’attention est captée. Strategy n’est plus seulement une entreprise de logiciels ; c’est devenu le plus grand détenteur corporate de Bitcoin au monde.
Strategy et ses 717 131 Bitcoins : un trésor colossal
À ce jour, Strategy détient précisément 717 131 Bitcoins. Ce chiffre impressionnant résulte de 99 achats distincts réalisés au fil des ans. Le prix moyen d’acquisition ? Environ 76 027 dollars par unité. Cela représente un investissement total dépassant les 54 milliards de dollars. Impressionnant, non ?
Mais dans le contexte actuel, ce trésor affiche des pertes latentes significatives. Avec un Bitcoin oscillant autour de 65 000 dollars, les pertes non réalisées avoisinent les 13 à 15 %. Pourtant, loin de paniquer, l’entreprise continue d’acheter. Cette résilience force le respect… ou l’inquiétude, selon les points de vue.
« Bitcoin est notre bouclier contre l’inflation, notre réserve de valeur ultime. Nous n’allons pas vendre, nous allons continuer à accumuler. »
Michael Saylor (approximation basée sur ses déclarations récurrentes)
Cette philosophie guide chaque décision. Même quand le marché tremble, Strategy reste fidèle à sa stratégie : Bitcoin first, Bitcoin only.
12 semaines consécutives d’achats : une discipline de fer
Depuis plusieurs mois, Strategy maintient un rythme effréné. Douze semaines d’achats consécutifs, financés par des mécanismes financiers sophistiqués : émissions de dette convertible, offres d’actions, ventes d’actions préférentielles… Tout est bon pour gonfler le stack Bitcoin.
La dernière acquisition en date ? 2 486 Bitcoins pour environ 168 millions de dollars, à un prix moyen de 67 710 dollars. Un achat réalisé alors que le marché baissait déjà fortement. Cette constance impressionne les observateurs. Elle pose aussi des questions : jusqu’où ira cette accumulation ?
- 99 achats réalisés depuis 2020
- 717 131 BTC en portefeuille
- Prix moyen : 76 027 $
- 12 semaines d’achats consécutifs
- Prochain achat = le 100e
Ces chiffres parlent d’eux-mêmes. Strategy ne se contente pas de suivre la tendance ; elle la crée, ou du moins tente de l’influencer par son action.
Pourquoi continuer malgré la chute vertigineuse ?
Le Bitcoin a perdu près de 48 % depuis son sommet historique à plus de 126 000 dollars. Une correction brutale qui a fait trembler de nombreux investisseurs. Pourtant, Michael Saylor reste imperturbable. Pour lui, ces baisses ne sont que des opportunités d’achat.
Il affirme même que Strategy pourrait résister à un effondrement jusqu’à 8 000 dollars par Bitcoin sans mettre en péril sa structure financière. Une déclaration forte qui rassure certains actionnaires… et inquiète d’autres. Car la réalité est là : les actions de Strategy ont chuté de plus de 61 % ces derniers mois.
Malgré tout, depuis le premier achat en 2020, l’action affiche une performance impressionnante : +950 % selon certaines données. Preuve que la stratégie long terme peut payer, même dans la tourmente.
Les mécanismes financiers derrière l’accumulation
Comment Strategy finance-t-elle ces achats massifs ? Par un savant mélange de dette et d’équité. Les obligations convertibles ont longtemps été privilégiées. Puis sont venues les offres d’actions ATM (at-the-market) et les émissions d’actions préférentielles perpétuelles.
Ces instruments permettent de lever des fonds sans diluer excessivement les actionnaires existants… du moins en théorie. Car la dilution reste un sujet sensible. Quand le cours de l’action baisse, chaque nouvelle émission pèse plus lourd. Strategy a dû ajuster sa stratégie en conséquence, passant à des financements plus agressifs.
| Instrument | Objectif | Avantage | Risque |
| Dette convertible | Lever des fonds | Taux attractifs | Conversion en actions |
| Actions ATM | Financement rapide | Flexibilité | Dilution |
| Actions préférentielles | Capital stable | Pas de vote | Dividendes élevés |
Ce tableau simplifie une réalité complexe. Chaque outil a ses avantages et ses inconvénients. Strategy jongle avec ces leviers depuis des années, avec une certaine réussite… jusqu’ici.
Les risques d’une stratégie aussi concentrée
Bien sûr, une telle exposition au Bitcoin n’est pas sans danger. Si le cours continue de baisser durablement, les pertes latentes pourraient devenir insoutenables. Les dettes arrivent à échéance, les intérêts s’accumulent, les refinancements deviennent plus coûteux.
Certains analystes s’interrogent : Strategy n’est-elle pas devenue une sorte de « proxy » surdosé sur Bitcoin ? Un véhicule d’investissement indirect qui amplifie à la fois les gains et les pertes ? Les actionnaires traditionnels, attirés par l’activité logicielle historique, se sentent parfois perdus dans cette transformation radicale.
Pourtant, Michael Saylor persiste et signe. Pour lui, Bitcoin n’est pas une mode passagère, mais l’avenir de la réserve de valeur mondiale. Une conviction qui force l’admiration, même chez les sceptiques.
Quel impact sur le marché Bitcoin global ?
Strategy représente une part significative des achats institutionnels. Ses acquisitions régulières créent un flux constant de demande. Dans un marché parfois illiquide, ces achats peuvent influencer le prix, même si l’effet est débattu.
En période de baisse, ces achats agissent comme un support. Ils absorbent une partie de l’offre disponible. À l’inverse, si Strategy devait un jour vendre (ce que Saylor exclut fermement), l’impact serait dévastateur. Pour l’instant, la firme reste acheteuse nette, renforçant sa réputation de « whale » corporate.
Le 100e achat, s’il se concrétise, marquerait un symbole fort : six ans d’accumulation ininterrompue (ou presque). Un record qui pourrait inspirer d’autres entreprises à suivre le même chemin… ou les en dissuader définitivement.
Perspectives : vers un Bitcoin à long terme
Que réserve l’avenir ? Difficile à prédire. Le marché crypto reste volatile, influencé par des facteurs macroéconomiques, réglementaires, technologiques. Mais une chose semble certaine : Strategy, sous la houlette de Michael Saylor, ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.
Le 100e achat ne sera probablement pas le dernier. L’entreprise a démontré une capacité remarquable à lever des fonds, même dans des conditions difficiles. Tant que les marchés lui font confiance, tant que Bitcoin conserve son aura de « or digital », la machine continuera de tourner.
Pour les investisseurs crypto, cette saga représente à la fois un espoir et un avertissement. Espoir d’une adoption massive par les entreprises. Avertissement sur les risques d’une concentration extrême. Dans tous les cas, l’histoire de Strategy et de son Bitcoin treasury fascine et continuera de faire parler d’elle longtemps.
Alors, prêt pour le centième acte ? Le marché retient son souffle. Michael Saylor, lui, semble déjà penser au 101e…
Points clés à retenir
Strategy approche d’un milestone historique avec son potentiel 100e achat de Bitcoin.
Le post énigmatique « The Orange Century » de Michael Saylor fait office de signal classique avant une annonce.
Malgré une baisse de près de 48 % depuis l’ATH, l’entreprise continue d’accumuler sans relâche.
Les pertes latentes existent, mais Saylor reste convaincu que Bitcoin triomphera à long terme.
Ce qui est sûr, c’est que cette stratégie audacieuse divise autant qu’elle inspire. Dans un monde financier en pleine mutation, Strategy incarne une vision radicale : celle d’un avenir où Bitcoin deviendrait l’actif de réserve par excellence. Pari tenu… ou pari fou ? Seul le temps le dira.









