Et si la prochaine grande crise mondiale n’était pas seulement financière, mais avant tout une crise de confiance dans les monnaies papier ? Imaginez un investisseur légendaire qui, après avoir bâti un empire sur les cryptomonnaies, décide aujourd’hui de miser simultanément sur l’or physique, le pétrole, les marchands d’armes et quelques jetons numériques très controversés. C’est exactement ce que vient de révéler Arthur Hayes, figure incontournable de l’écosystème crypto.
Le 23 février 2026, sur son compte X, Arthur Hayes a publié une déclaration qui a immédiatement enflammé la communauté. Pas de long thread philosophique cette fois, mais une liste brute, presque brutale, de ses positions actuelles. Derrière cette simplicité apparente se cache une vision macroéconomique très affirmée sur l’état du monde en 2026.
Ce qui frappe immédiatement, c’est la diversité des classes d’actifs. On ne parle plus seulement de « crypto ou actions », mais d’un véritable cocktail explosif combinant des valeurs refuges ancestrales et les actifs les plus spéculatifs de la planète numérique.
Commençons par ce qu’il appelle les « stonks » : mineurs d’or, d’argent, de cuivre et d’uranium, majors pétrolières, sociétés latino-américaines de l’énergie et… ce qu’il nomme sans détour les « merchants of death », autrement dit les entreprises du secteur de la défense.
Pourquoi un tel intérêt pour ces secteurs en apparence si classiques ? La réponse tient en trois mots : inflation, dévaluation, géopolitique. Depuis plusieurs années, Arthur Hayes répète que les politiques monétaires ultra-accommodantes des grandes banques centrales, combinées à des dépenses publiques incontrôlées, créent un environnement structurellement favorable aux actifs tangibles et rares.
Les mineurs d’or et d’argent profitent mécaniquement de la hausse des métaux précieux. Ceux du cuivre et de l’uranium captent les mégatendances de l’électrification massive et du retour en force du nucléaire. Quant aux compagnies pétrolières et aux acteurs latino-américains de l’énergie, elles bénéficient à la fois de la demande physique et des tensions sur l’offre mondiale.
« Quand l’argent devient de plus en plus facile à imprimer, les choses difficiles à extraire du sol deviennent de plus en plus chères. C’est mathématique. »
— Arthur Hayes (extrait d’anciens écrits)
Mais c’est surtout la mention des « marchands de mort » qui interpelle. En période de montée des tensions internationales, les budgets militaires explosent. Les entreprises du secteur deviennent alors des paris asymétriques : peu importe la direction exacte des conflits, tant qu’ils durent, elles gagnent.
Ce qui distingue vraiment cette allocation, c’est la présence explicite d’or physique. Pas d’ETF, pas de futures, pas de proxies papier : de l’or que l’on peut toucher, stocker, cacher si nécessaire. Dans un monde où la confiance dans les institutions vacille, ce choix prend une dimension presque philosophique.
L’or n’est plus seulement un actif de diversification ; pour beaucoup, il redevient une assurance contre l’effondrement du système fiduciaire. Hayes semble clairement adhérer à cette vision de long terme.
Du côté numérique, quatre noms seulement : Bitcoin, Ethereum, Zcash et HYPE. Pas de shitcoins, pas de memecoins farfelus, mais des choix très assumés.
Bitcoin reste la valeur refuge numérique par excellence. Ethereum conserve sa place grâce à son écosystème DeFi et smart contracts. Zcash incarne la défense de la vie privée financière – un sujet qui redevient brûlant avec la multiplication des régulations.
Mais c’est surtout la présence massive de HYPE, le token natif de l’écosystème Hyperliquid, qui fait parler. Hayes ne se contente pas d’en détenir : il a récemment lancé un pari public de 100 000 $ contre un ancien associé de Multicoin Capital, affirmant que HYPE surclasserait n’importe quel altcoin large-cap sur les six prochains mois.
Hyperliquid est une plateforme décentralisée de produits dérivés qui a connu une croissance fulgurante ces derniers mois. Son token HYPE est au cœur d’un débat virulent : certains y voient le futur leader des exchanges décentralisés, d’autres dénoncent une structure de gouvernance opaque et des risques systémiques majeurs.
En pariant aussi publiquement sur HYPE, Arthur Hayes ne fait pas que défendre un investissement : il défend une vision de l’avenir de la finance décentralisée. Pour lui, les projets qui combinent innovation technique radicale et volume réel ont toutes les chances de dominer la prochaine vague haussière.
En reliant tous ces points, on comprend mieux la logique globale. Hayes ne parie pas sur un effondrement total demain matin, mais sur une lente érosion de la confiance dans les monnaies fiat traditionnelles. Il anticipe :
Dans ce scénario, l’or protège contre l’inflation, le pétrole et l’uranium captent les besoins énergétiques du monde réel, les entreprises de défense profitent des conflits, et Bitcoin + Zcash + HYPE offrent une échappatoire numérique aux contrôles toujours plus stricts.
Difficile de ne pas être troublé par la cohérence de cette allocation. Elle ne ressemble à aucun portefeuille classique que l’on voit chez les institutionnels. Elle ne ressemble pas non plus aux sacs à dos remplis de memecoins que l’on croise sur Crypto Twitter.
C’est un positionnement hybride, presque schizophrène : moitié survivaliste old-school, moitié cypherpunk futuriste. Et pourtant, chaque pièce du puzzle semble répondre à une menace précise.
Inflation incontrôlable ? Or + mineurs. Guerres et tensions ? Défense + pétrole. Contrôle des capitaux et surveillance ? Zcash + Bitcoin. Explosion des volumes décentralisés ? HYPE.
La publication a déclenché un déluge de commentaires. Certains saluent une vision prophétique, d’autres accusent Hayes de FUD sur les altcoins classiques pour pomper son propre bag HYPE. Quelques voix s’inquiètent ouvertement : « Si même Arthur Hayes se couvre autant, c’est qu’il sent venir quelque chose de très laid… »
Ce qui est certain, c’est que ce portefeuille ne laisse personne indifférent. Il oblige à se poser la question ultime : dans quel monde vivrons-nous vraiment dans les cinq prochaines années ?
Personne ne vous demande de copier-collser ce portefeuille. Mais plusieurs enseignements méritent réflexion :
Arthur Hayes n’a jamais eu peur de prendre position de manière tranchée. Cette fois encore, il force la réflexion. Que l’on soit d’accord ou pas avec sa vision, impossible d’ignorer le message qu’il envoie en ce début d’année 2026.
Alors, vous ? Votre portefeuille est-il prêt pour le monde qu’il anticipe ?
Petite pensée finale : Quand les anciens traders de BitMEX commencent à acheter de l’or physique et à parler de “marchands de mort”, peut-être est-il temps d’écouter attentivement… même si on n’est pas obligé de les suivre aveuglément.
La suite du marché nous dira qui avait raison. En attendant, une chose est sûre : Arthur Hayes n’a pas fini de faire parler de lui.
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