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Laurent Legname : De Coach à Directeur Sportif à la JDA Dijon

Après huit ans et demi marqués par des titres majeurs, Laurent Legname va quitter le banc de la JDA Dijon à l’issue de la saison. Le club annonce un changement de dimension avec sa nomination au poste de directeur sportif… mais qui prendra la suite sur le terrain ?

Imaginez un homme qui, pendant près d’une décennie, a incarné l’âme d’un club, porté ses couleurs sur le banc, connu les soirs de gloire comme les périodes de doute, et qui soudain décide de changer de perspective. C’est l’histoire qui se dessine aujourd’hui à Dijon, où Laurent Legname s’apprête à écrire un nouveau chapitre. Après avoir façonné l’identité basket de la JDA depuis 2015, il va laisser son poste d’entraîneur pour endosser celui de directeur sportif. Un tournant à la fois logique et audacieux pour un club qui cherche à se réinventer.

Un virage stratégique pour la JDA Dijon

La nouvelle a surpris plus d’un observateur. Alors que la saison 2025-2026 touche à sa fin, le club bourguignon officialise une évolution profonde de sa gouvernance sportive. Laurent Legname, figure centrale depuis son arrivée il y a huit ans et demi, ne sera plus celui qui dessine les systèmes en bord de terrain à partir de la prochaine campagne. Il prendra place dans les bureaux, avec une vue d’ensemble sur le recrutement, la stratégie à moyen et long terme, et le développement global du projet basket.

Ce choix n’est pas anodin. Il traduit une volonté de professionnalisation accrue et de stabilité dans un contexte où les entraîneurs changent parfois trop vite. En nommant un homme qui connaît parfaitement l’ADN du club à un poste stratégique, la JDA espère bâtir sur des fondations solides plutôt que de repartir de zéro à chaque intersaison.

Huit ans et demi d’une relation fusionnelle

Quand Laurent Legname pose ses valises à Dijon en 2015, le club évolue déjà en première division, mais il cherche encore une identité forte. Très rapidement, l’ancien coach de Roanne puis de Chalons-Reims imprime sa patte : un jeu rapide, agressif en défense, porté sur la solidarité collective. Les supporters adoptent cet homme passionné, parfois bouillant, toujours sincère.

Malgré quelques parenthèses – un passage à Bourg-en-Bresse puis à Gravelines-Dunkerque – il revient toujours au bercail. Cette fidélité rare dans le basket moderne a construit une véritable histoire d’amour avec le public de la Côte-d’Or. Les trophées sont venus récompenser cette constance : la Leaders Cup en 2020, la Coupe de France en 2024, sans oublier une superbe médaille de bronze en Ligue des champions la même année que le premier titre.

« C’est un club qui m’a tout donné et à qui j’ai tout donné. Passer de l’autre côté du terrain, c’est une nouvelle façon de continuer à servir la JDA. »

Ces mots, prononcés dans le cadre de l’annonce officielle, résument parfaitement l’état d’esprit de Legname. Il ne part pas fâché, il ne fuit pas l’échec. Il monte simplement d’un étage dans la pyramide décisionnelle.

Une saison 2025-2026 délicate comme catalyseur

La décision intervient dans un contexte sportif compliqué. Actuellement dixième de Betclic Élite avec un bilan de huit victoires pour douze défaites après vingt journées, la JDA traverse une période délicate. L’élimination précoce en Coupe de France face à une formation de deuxième division et un parcours européen très moyen en FIBA Europe Cup ont accentué le sentiment de stagnation.

Dans ce genre de moments, deux choix s’offrent généralement aux dirigeants : changer d’entraîneur ou changer de paradigme. La JDA a choisi la seconde option, en conservant l’expertise de Legname tout en lui offrant un rôle moins exposé à la pression hebdomadaire des résultats.

Ce repositionnement permet aussi d’éviter un divorce douloureux. Legname reste dans la maison, apporte sa connaissance intime du vestiaire et du recrutement français, tout en laissant la place à une nouvelle voix sur le banc.

Fabien Romeyer promu manager général sportif

L’organisation ne s’arrête pas là. Jusqu’ici directeur sportif, Fabien Romeyer voit son périmètre s’élargir considérablement. Il devient manager général sportif et aura désormais la charge du développement des deux sections professionnelles du club : le basket et le handball.

Cette double casquette illustre la volonté de mutualiser certaines compétences et de créer des synergies entre les disciplines. Romeyer, discret mais apprécié en interne, devrait donc jouer un rôle pivot dans la nouvelle architecture du club.

Et le prochain entraîneur dans tout ça ?

La question brûle toutes les lèvres : qui sera le successeur de Legname sur le banc ? Le club promet une annonce dans les prochaines semaines. Les spéculations vont déjà bon train : un profil expérimenté de Betclic Élite ? Un jeune coach prometteur ? Un ancien joueur du club pour perpétuer l’ADN local ?

Ce qui est certain, c’est que le prochain technicien arrivera avec une feuille de route claire : redonner de l’élan à une équipe qui a prouvé par le passé qu’elle pouvait viser le podium, voire plus.

Pourquoi ce modèle commence à séduire en France

Le cas Legname n’est pas isolé. De plus en plus de clubs européens adoptent ce modèle : garder l’expertise d’un entraîneur emblématique en le faisant monter dans la hiérarchie. On l’a vu récemment dans plusieurs championnats. Cela permet de sécuriser la continuité du projet tout en renouvelant l’énergie sur le terrain.

En France, où la durée de vie moyenne d’un coach en Betclic Élite dépasse rarement trois saisons, cette stabilité devient un avantage compétitif majeur. La JDA pourrait bien montrer la voie à d’autres formations en quête de performance durable.

Quel avenir pour la JDA sous cette nouvelle organisation ?

La réponse dépendra évidemment du recrutement estival, du choix du nouvel entraîneur et de la capacité de Legname à dénicher les profils adaptés à la philosophie dijonnaise. Mais une chose est sûre : le club ne veut plus se contenter de sursauts saisonniers. Il vise une place pérenne dans le haut de tableau et un retour régulier en coupe d’Europe.

Avec un homme comme Legname en directeur sportif, la JDA dispose d’un atout rare : quelqu’un qui connaît chaque recoin du club, qui a vécu les bons et les mauvais moments, et qui saura éviter les écueils du passé.

L’héritage laissé sur le banc

Avant de tourner la page, il convient de saluer ce que Legname a apporté comme coach. Il a transformé une équipe de milieu de tableau en candidat sérieux aux titres. Il a donné une identité reconnaissable entre mille : combativité, adresse extérieure, pressing tout-terrain.

  • Leaders Cup 2020 : premier trophée national majeur depuis longtemps
  • Coupe de France 2024 : sacre face à un cador de l’Euroligue
  • 3e place en Basketball Champions League 2020 : performance historique
  • Plusieurs campagnes européennes réussies
  • Développement de nombreux joueurs français

Ces lignes au palmarès parlent d’elles-mêmes. Elles montrent qu’un coach peut laisser une trace profonde même sans remporter dix titres consécutifs.

Un message fort envoyé aux supporters

Les supporters dijonnais, connus pour leur ferveur, ont toujours soutenu Legname, même dans les moments difficiles. Cette transition est vécue par beaucoup comme une preuve de confiance mutuelle. Le coach ne les abandonne pas ; il change simplement de rôle pour continuer à servir le club qu’il aime.

Dans les travées de la salle Jean-Michel Geoffroy, on espère désormais que ce virage organisationnel portera ses fruits rapidement. La fin de saison reste importante pour finir sur une note positive et préparer au mieux la transition.

Vers un basket français plus structuré ?

Si la formule fonctionne à Dijon, elle pourrait inspirer d’autres clubs français. Trop souvent, les projets s’effondrent avec le départ d’un entraîneur charismatique. En créant un lien plus fort entre le banc et la direction sportive, on limite les risques de rupture brutale.

La JDA, club familial devenu acteur sérieux du basket hexagonal, pourrait ainsi devenir un laboratoire d’idées pour la professionnalisation du sport en France.

Conclusion : une page se tourne, une autre s’écrit

Laurent Legname restera à jamais lié à l’histoire récente de la JDA Dijon. En devenant directeur sportif, il ne quitte pas le navire ; il change simplement de cabine. À lui désormais de construire l’avenir qu’il a si souvent dessiné sur le tableau noir.

Pour les supporters, pour le staff, pour les joueurs actuels et ceux à venir, ce changement représente une promesse : celle d’un club qui refuse la facilité et qui veut durer. Reste à voir comment le prochain entraîneur s’inscrira dans cette continuité repensée. L’histoire ne fait que commencer.

À retenir : La JDA Dijon mise sur la continuité et la stabilité en nommant son entraîneur historique au poste de directeur sportif. Un modèle qui pourrait bien redéfinir la gestion sportive de nombreux clubs français dans les années à venir.

Le basket français suit avec attention ce qui se passe en Bourgogne. Et pour cause : quand un club historique ose repenser son organisation en pleine saison difficile, cela peut annoncer soit un sursaut, soit une nouvelle ère. Dijon semble avoir choisi la seconde option. À suivre de très près.

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