Le 12 février 2026, un jeune homme de 23 ans nommé Quentin s’effondre sur le pavé lyonnais, victime d’une violence inouïe. Ce qui aurait pu passer pour une énième rixe entre militants opposés a rapidement pris une tournure bien plus grave : le décès de ce jeune catholique patriote a provoqué une onde de choc dans toute la France. Aujourd’hui, l’enquête judiciaire met en lumière des profils particulièrement troublants parmi les mis en examen.
Un homicide qui dépasse le simple affrontement de rue
Ce qui s’est déroulé ce soir-là, en marge d’une conférence tenue à Sciences Po Lyon, n’était pas une simple bagarre spontanée. Plusieurs témoignages concordants décrivent une véritable chasse à l’homme : un groupe déterminé aurait poursuivi Quentin et son camarade sur plusieurs centaines de mètres avant de le rouer de coups, notamment à la tête. Le jeune homme, malgré ses blessures graves, avait réussi à se relever et à parcourir plus d’un kilomètre et demi avant de s’effondrer définitivement.
Le pronostic vital a été engagé très rapidement. Transporté à l’hôpital Édouard-Herriot, Quentin a été placé en coma artificiel. Quelques heures plus tard, les médecins confirmaient une hémorragie cérébrale massive. Le 14 février, sa famille prenait la douloureuse décision de ne pas poursuivre l’acharnement thérapeutique. Un jeune homme cultivé, discret, passionné de philosophie, de mathématiques et de foi catholique disparaissait brutalement.
Un parcours marqué par l’engagement et la discrétion
Ceux qui l’ont connu dressent le portrait d’un garçon sérieux, organisé, toujours impeccablement vêtu. Amateur de lecture, il possédait une bibliothèque impressionnante et retenait facilement ce qu’il lisait. Sportif, il avait pratiqué le tennis puis s’était tourné vers la boxe. Très investi dans sa paroisse, il participait régulièrement à des maraudes et encourageait discrètement ses amis à découvrir ou approfondir la foi catholique.
Ses convictions politiques, qualifiées de nationalistes et illibérales par ses proches, s’exprimaient surtout par un amour profond de la civilisation française et européenne. S’il avait fréquenté certains cercles identitaires, plusieurs témoignages indiquent qu’il s’en était progressivement éloigné ces derniers mois pour se recentrer sur ses engagements religieux et associatifs.
Des profils très politiques parmi les mis en cause
L’enquête a rapidement pris une dimension politique inattendue. Parmi les personnes placées en garde à vue puis mises en examen figurent plusieurs individus ayant exercé ou exerçant encore des fonctions au sein de l’entourage parlementaire d’un député insoumis particulièrement médiatisé ces dernières années.
Le plus médiatisé d’entre eux est sans conteste Jacques-Elie Favrot. Âgé de 25 ans, cet assistant parlementaire depuis 2024 a été mis en examen pour complicité d’homicide volontaire, violences aggravées et association de malfaiteurs. Selon son avocat, il reconnaît avoir été présent sur les lieux et avoir commis des violences, tout en niant fermement être à l’origine des coups ayant entraîné la mort.
« Il a adopté une conduite digne face à la gravité du drame. Il est dévasté par l’ampleur de cette tragédie. »
Son avocat
Adrian Besseyre, 25 ans, a quant à lui travaillé dans l’équipe du même député jusqu’à la fin janvier 2026, soit moins de deux semaines avant les faits. Mis en examen pour homicide volontaire, il est actuellement en détention provisoire.
Un troisième collaborateur, Robin Chalendard (déclaré sous le pseudonyme Robin Michel à l’Assemblée), a été interpellé puis remis en liberté avec convocation ultérieure pour recel de malfaiteur. Il est soupçonné d’avoir hébergé l’un des protagonistes après les faits afin de le soustraire à la justice.
Un groupe aux liens idéologiques affirmés
La plupart des mis en examen sont connus des services de renseignement pour leur proximité ou leur appartenance passée ou présente à un groupuscule d’ultragauche dissous en juin 2025 pour risques de troubles graves à l’ordre public. Plusieurs avaient déjà été impliqués dans des faits de violences lors de précédentes mobilisations, notamment autour de conférences jugées controversées.
Parmi eux figure notamment Alexis Chaintreuil, déjà mis en examen en 2024 pour des violences commises lors d’une autre conférence politique à Paris. Guillaume Amerudi, le seul à avoir été placé sous contrôle judiciaire (avec interdiction de manifester et mesure d’éloignement de Lyon), complète ce tableau déjà très préoccupant.
Le déroulement judiciaire : où en est-on ?
À ce jour, six personnes se trouvent en détention provisoire pour homicide volontaire. Une septième est écrouée pour complicité. Trois autres ont été remises en liberté avec convocation ultérieure, principalement pour recel de malfaiteur ou aide à la fuite.
- Jules-Charles Paganessi (24 ans) – homicide volontaire
- Dimitry Vanheule (né en 2001) – homicide volontaire
- Paul Lachal (20 ans) – homicide volontaire
- Adrian Besseyre (25 ans) – homicide volontaire
- Alexis Chaintreuil (24 ans) – homicide volontaire
- Jacques-Elie Favrot (25 ans) – complicité d’homicide volontaire, violences aggravées, association de malfaiteurs
Le parquet de Lyon a ouvert une information judiciaire pour homicide volontaire. Les juges d’instruction poursuivent activement les investigations, notamment pour identifier d’éventuels autres participants encore non interpellés.
Une affaire qui dépasse largement Lyon
Ce drame a rapidement pris une dimension nationale. Une minute de silence a été observée à l’Assemblée nationale. De nombreux élus, tous bords confondus, ont exprimé leur émotion et leur condamnation des violences politiques. Le chef de l’État lui-même a tenu à saluer la mémoire de la victime et à rappeler qu’aucune idéologie ne saurait justifier la mort d’un être humain.
Dans le même temps, plusieurs permanences politiques ont été dégradées dans différentes villes françaises, signe que la tension reste extrêmement vive. Les débats sur la dissolution des groupuscules violents, sur la responsabilité des élus et sur la montée des affrontements idéologiques dans l’espace public sont relancés avec force.
Questions en suspens et zones d’ombre
Plusieurs points restent encore très opaques. Quel était exactement le rôle de chacun des protagonistes ? Y a-t-il eu préméditation ou s’agissait-il d’un déchaînement spontané ? Pourquoi certains mis en cause étaient-ils encore en poste ou récemment en poste dans des cabinets parlementaires ?
La question de la sécurité autour des conférences jugées clivantes est également posée. Comment éviter que des événements publics ne dégénèrent en affrontements physiques ? Quelle est la responsabilité des organisateurs lorsque des menaces explicites sont proférées en amont ?
Enfin, la présence récurrente des mêmes profils dans des affaires de violences politiques interroge sur l’efficacité réelle des dissolutions prononcées ces dernières années et sur les moyens dont disposent les services de renseignement pour prévenir ce type de passage à l’acte.
Un drame qui laisse des traces profondes
Au-delà des aspects judiciaires et politiques, c’est avant tout une famille qui pleure un fils, un frère, un petit-fils. Des amis qui ont vu disparaître brutalement un garçon brillant, généreux, discret mais déterminé. Une communauté paroissiale qui perd l’un de ses membres les plus investis.
Quentin n’était pas un « militant professionnel ». Il n’était pas connu pour des provocations ou des violences. Il était simplement venu exprimer, ce soir-là, des convictions qu’il jugeait importantes. Il est mort pour cela.
Ce drame rappelle cruellement que la violence politique, loin d’être résiduelle, reste une réalité tangible en France en 2026. Chaque camp a ses ultras, ses irréductibles, ses théoriciens du passage à l’acte. Mais lorsque la mort frappe, il n’y a plus ni camp ni idéologie qui tienne : il n’y a qu’un jeune homme de 23 ans qui ne rentrera jamais chez lui.
L’enquête se poursuit. Les juges devront établir précisément les responsabilités de chacun. Mais au-delà des verdicts à venir, reste une question lancinante : comment en est-on arrivé là ? Et surtout, comment empêcher que cela ne se reproduise ?
Pour l’instant, la réponse reste suspendue aux résultats d’une instruction qui s’annonce longue et complexe. En attendant, une famille, des amis et une partie de la jeunesse française pleurent un des leurs, fauché à l’aube d’une vie qui s’annonçait riche et engagée.









