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FTSE 100 et FTSE 250 Attirent les Investisseurs Face aux Valorisations US

Alors que les valorisations américaines atteignent des sommets historiques, une rotation silencieuse s’opère : les capitaux internationaux affluent vers le FTSE 100 et le FTSE 250. Pourquoi les investisseurs revoient-ils leur copie sur le Royaume-Uni ? La réponse pourrait surprendre…

Imaginez un instant : des milliards de dollars qui, pendant des années, se sont précipités vers les géants technologiques américains, font soudain demi-tour. Aujourd’hui, en 2026, une partie de cet argent commence à regarder ailleurs. Plus précisément vers un marché que beaucoup avaient relégué au second plan : la Bourse de Londres. Le FTSE 100 et surtout le FTSE 250 attirent de plus en plus l’attention des grands investisseurs internationaux. Mais pourquoi ce revirement soudain ?

Quand Wall Street semble trop cher, la City redevient séduisante

Depuis plusieurs années, les indices américains, portés par une poignée de mastodontes technologiques, ont surperformé presque tous les autres marchés développés. Cette domination a cependant un revers : des multiples de valorisation qui flirtent avec des niveaux rarement vus dans l’histoire moderne. Face à cette situation, de nombreux gérants de fonds globaux ont commencé à procéder à un rééquilibrage de leurs portefeuilles. Et le Royaume-Uni apparaît comme l’une des destinations les plus attractives.

Le contraste est saisissant. D’un côté, un marché américain où les attentes de croissance future sont déjà intégrées à des prix très élevés. De l’autre, des indices britanniques qui, malgré une période prolongée de sous-performance relative, présentent aujourd’hui des caractéristiques financières bien plus raisonnables.

Des multiples de valorisation historiquement bas

Le ratio cours/bénéfice (PER) constitue l’un des indicateurs les plus suivis par les investisseurs value. Sur le FTSE 100, ce multiple oscille actuellement autour de niveaux nettement inférieurs à la moyenne historique des marchés développés. Le FTSE 250, qui regroupe des entreprises de taille intermédiaire, affiche également des valorisations attractives, souvent inférieures à celles observées sur de nombreux autres indices européens.

Cette décote s’explique en partie par plusieurs années de sorties nettes de capitaux étrangers du marché britannique. Mais paradoxalement, cette période de désamour a rendu les actions britanniques encore plus intéressantes pour ceux qui arrivent maintenant.

« Quand tout le monde regarde dans la même direction, c’est souvent le moment de regarder ailleurs. »

Un adage bien connu des investisseurs contrariants

Et aujourd’hui, regarder ailleurs signifie, pour beaucoup, regarder vers Londres.

Le pouvoir souvent sous-estimé des dividendes

Si les valorisations apparaissent attractives, le rendement en dividende constitue un autre argument de poids. Les sociétés du FTSE 100 sont historiquement parmi les plus généreuses au monde en matière de distribution aux actionnaires. Ce trait caractéristique n’a pas disparu, bien au contraire.

Dans un environnement où les taux d’intérêt obligataires restent relativement contenus malgré les hausses passées, un rendement en dividende supérieur à 4 % (et parfois bien plus élevé sur certaines valeurs phares) représente une alternative sérieuse aux revenus fixes. Pour les investisseurs institutionnels à la recherche de flux de trésorerie prévisibles, cet aspect joue un rôle déterminant dans la décision d’allouer davantage de capitaux au marché britannique.

  • Rendement moyen du FTSE 100 souvent supérieur à 3,8-4,2 %
  • Nombreuses entreprises distribuent plus de 50 % de leurs bénéfices
  • Secteurs traditionnellement généreux : énergie, mines, tabac, télécoms, banques

Cette politique de distribution généreuse contraste fortement avec celle observée chez de nombreuses grandes capitalisations technologiques américaines, qui préfèrent généralement réinvestir massivement dans la croissance ou procéder à des rachats d’actions plutôt qu’à des dividendes élevés.

Une diversification sectorielle bienvenue

L’un des risques les plus souvent évoqués à propos des marchés américains concerne leur concentration sectorielle croissante. Quelques valeurs technologiques pèsent désormais un poids considérable dans les indices phares. Cette situation crée une vulnérabilité : une correction dans ce secteur peut entraîner l’ensemble du marché.

À l’opposé, le FTSE 100 offre une répartition sectorielle beaucoup plus équilibrée. Les secteurs de l’énergie, des matières premières, de la finance, de la santé et de la consommation de base y occupent des places importantes. Cette diversification constitue une forme de protection naturelle contre les chocs sectoriels localisés.

Le FTSE 250 complète ce tableau en apportant une exposition plus marquée à l’économie domestique britannique, avec de nombreuses entreprises de taille intermédiaire bien positionnées pour profiter d’une éventuelle reprise de la consommation intérieure et d’une inflation maîtrisée.

Des multinationales qui facturent en devises fortes

Beaucoup ignorent encore à quel point les grandes entreprises du FTSE 100 sont internationalisées. Une part très significative de leurs revenus provient de l’étranger, souvent facturés en dollars américains ou dans d’autres devises fortes.

Cette caractéristique transforme ces sociétés en véritables véhicules d’exposition indirecte aux devises étrangères tout en restant cotées sur le marché britannique. Pour un investisseur américain ou asiatique, acheter ces titres revient à diversifier à la fois géographiquement et monétairement sans quitter le cadre actions.

La stabilité relative de la livre sterling

Depuis quelques années, la livre sterling a retrouvé une certaine stabilité après les turbulences post-Brexit et post-pandémie. Cette accalmie réduit le risque de change pour les investisseurs étrangers, qui peuvent ainsi se concentrer sur le rendement et la valorisation sans craindre une dépréciation brutale de la monnaie de cotation.

De plus, la livre reste une monnaie de réserve internationale, ce qui renforce sa crédibilité auprès des investisseurs institutionnels globaux.

Une trajectoire monétaire plus prévisible

La politique monétaire de la Banque d’Angleterre semble actuellement plus lisible que celle de certaines autres grandes banques centrales. Les attentes du marché convergent vers un cycle d’assouplissement progressif et mesuré, ce qui favorise un environnement relativement stable pour les valorisations actions.

Dans un tel contexte, les actions britanniques, souvent perçues comme défensives, retrouvent grâce aux yeux des investisseurs institutionnels à la recherche de stabilité et de rendement.

Un mouvement encore jeune mais qui s’accélère

Les premiers signaux de rotation sont apparus il y a plusieurs mois déjà, mais l’intensité semble s’accroître depuis le début de l’année 2026. Plusieurs grands gestionnaires d’actifs ont publiquement augmenté leur pondération sur le marché britannique, citant explicitement le différentiel de valorisation comme moteur principal de cette décision.

Ce mouvement reste toutefois loin d’être généralisé. Beaucoup d’investisseurs continuent de privilégier les marchés américains pour leur dynamisme et leur innovation. Mais la simple existence d’une alternative crédible et sous-évaluée constitue déjà un changement majeur par rapport aux années précédentes.

Quels secteurs et quelles valeurs tireront le mieux leur épingle du jeu ?

Dans le FTSE 100, les secteurs traditionnellement défensifs et à forts dividendes continuent d’attirer l’attention : énergie intégrée, mines, tabac, utilities, télécommunications. Ces activités offrent généralement une visibilité relativement bonne sur leurs flux de trésorerie futurs, ce qui rassure dans un environnement économique incertain.

Le secteur financier, après plusieurs années difficiles, montre également des signes de regain d’intérêt, notamment les grandes banques britanniques qui bénéficient de bilans solides et de politiques de distribution redevenues attractives.

Sur le FTSE 250, les regards se portent surtout vers les entreprises domestiques bien positionnées pour profiter d’une éventuelle amélioration du moral des consommateurs britanniques : distribution spécialisée, loisirs, services aux entreprises, immobilier commercial ciblé.

Les risques à ne pas négliger

Comme tout mouvement de rotation sectorielle ou géographique, cette réallocation vers le Royaume-Uni comporte ses propres risques. Une reprise plus forte que prévu de l’économie américaine pourrait à nouveau creuser l’écart de performance en faveur de Wall Street. De même, tout regain d’instabilité politique ou monétaire au Royaume-Uni pourrait rapidement inverser la tendance.

Il convient également de rappeler que les valorisations basses peuvent rester basses très longtemps si la croissance des bénéfices déçoit. Les investisseurs qui parient sur une revalorisation des actions britanniques misent implicitement sur une amélioration des perspectives de bénéfices ou sur une compression supplémentaire des primes de risque.

Vers une nouvelle décennie pour la City ?

Il est encore trop tôt pour affirmer que le Royaume-Uni est définitivement redevenu un marché phare pour les investisseurs globaux. Cependant, les conditions semblent plus réunies qu’elles ne l’ont été depuis longtemps pour assister à une période prolongée de rattrapage des actions britanniques par rapport à leurs homologues internationales.

Le différentiel de valorisation, le rendement attractif, la diversification sectorielle, l’exposition internationale des grandes capitalisations et la stabilité relative de la devise créent un cocktail potentiellement puissant.

Pour les investisseurs qui privilégient la valeur, le rendement et la diversification, ignorer ce qui se passe actuellement sur le FTSE 100 et le FTSE 250 pourrait devenir de plus en plus difficile au fil des mois.

Le vent tourne-t-il vraiment en faveur de la City ? Les prochains trimestres apporteront des éléments de réponse décisifs. En attendant, les flux commencent à parler d’eux-mêmes.

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