Imaginez un instant : vous rentrez chez vous après une longue journée, vous posez vos clés sur une console en bois flotté ramassée sur une plage thaïlandaise, et soudain l’envie de repartir vous prend. Mais pas de billet d’avion en vue, pas de valise à boucler. Et pourtant, l’évasion est déjà là, partout autour de vous. C’est exactement ce que j’ai voulu créer dans mon intérieur : un cocon qui respire le voyage à chaque coin de pièce, sans jamais avoir besoin de quitter le seuil de ma porte.
Parce que voyager, ce n’est pas seulement accumuler des kilomètres. C’est aussi ramener des bribes d’ailleurs pour les faire vivre au quotidien. Des odeurs de souk, des couleurs saturées de soleil, des textures qui racontent des histoires. Aujourd’hui je vous ouvre les portes de ma maison et je partage avec vous toutes les petites (et grandes) astuces qui me permettent de partir loin… tout en restant confortablement installée dans mon canapé.
Quand la maison devient le plus beau des terrains d’aventure
Beaucoup pensent que la décoration voyageuse se limite à quelques magnets sur le frigo et un tableau ethnique au-dessus du buffet. Mais quand on creuse un peu, on se rend compte qu’il est possible d’aller beaucoup plus loin. L’idée n’est pas de surcharger l’espace avec des objets achetés à la va-vite dans un aéroport, mais de créer une véritable narration personnelle. Chaque élément doit avoir une histoire, un souvenir, une émotion attachée.
Alors comment fait-on ? Par où commencer quand on veut insuffler cet esprit globe-trotteur sans tomber dans le kitsch ou le musée poussiéreux ? Je vous emmène étape par étape dans mon propre parcours, celui d’une amoureuse des valises qui a décidé de faire de son salon, de sa chambre et même de son jardin, des extensions de ses plus beaux voyages.
La bibliothèque qui fait office de carnet de route géant
Le premier mur que l’on remarque en entrant chez moi, c’est celui des livres. Pas n’importe quels livres : des guides de voyage qui ont vécu, qui portent encore les traces de post-it fluo, de tickets de métro coincés entre deux pages, de sable parfois. J’ai toujours eu une tendresse particulière pour les Guides du Routard un peu cornés, ceux que l’on feuillette en rêvant plutôt que pour préparer réellement un itinéraire.
Mais j’ai aussi craqué pour les beaux livres. Ceux qui pèsent lourd, qui sentent bon l’encre et le papier couché. Les éditions Assouline occupent une place de choix : Marrakech, Saint-Barthélemy, Capri, Santorin… Leurs couvertures iconiques apportent immédiatement une touche de luxe discret et d’évasion haut de gamme. Ce sont des objets que l’on aime laisser ouverts sur la table basse, comme une invitation permanente à s’évader mentalement.
Petit conseil pratique : alternez les formats et les couleurs de tranche pour créer du rythme visuel. Un mélange de formats poche usagés et de grands formats luxueux donne beaucoup de vie à une étagère.
L’appel irrésistible de la déco marocaine
Si je devais choisir une seule influence qui domine aujourd’hui mon intérieur, ce serait sans hésiter le Maroc. Après plusieurs séjours à Marrakech et dans la vallée de l’Ourika, j’ai été complètement happée par l’esthétique des riads : les zelliges, les lanternes ajourées, les tapis berbères aux motifs géométriques, les tissus brodés, les plateaux en laiton martelé.
J’ai commencé modestement avec deux lanternes en métal ciselé suspendues de part et d’autre d’un miroir ancien. Puis un tapis berbère ancien est venu recouvrir le parquet du salon. Aujourd’hui, un coin lecture est entièrement dédié à cette ambiance : coussins brodés posés sur un vieux coffre en bois, photophores en verre coloré, et même un petit plateau à thé marocain toujours prêt à l’emploi.
Ce qui est formidable avec la décoration marocaine, c’est qu’elle fonctionne aussi bien dans un style bohème que dans un intérieur plus moderne. Les matières naturelles (laine, cuir, bois brut, métal patiné) s’accordent avec à peu près tout. Et surtout, elle apporte une chaleur incomparable dès que la lumière baisse.
« Un intérieur qui sent le thé à la menthe et le bois de cèdre, c’est déjà un billet aller simple pour les souks sans bouger du canapé. »
Si vous hésitez à vous lancer, commencez par un seul élément fort : une lanterne ou un kilim ancien. Vous verrez, le reste suivra tout seul.
Le mur des souvenirs qui raconte une vie
Je ne supporte plus les murs blancs immaculés. Pour moi, un mur vide est un mur triste. Alors j’ai créé ma propre galerie de voyage. Pas une simple accumulation de cadres, mais une vraie composition pensée comme un moodboard géant.
On y trouve : une photo noir et blanc des toits de Lisbonne prise au lever du soleil, un cliché surexposé de la skyline de New York depuis Brooklyn, un lever de soleil orangé sur une plage thaïlandaise déserte, des ruelles fleuries de Mykonos, un marché coloré à Oaxaca… Chaque image a été choisie parce qu’elle déclenche instantanément une émotion précise.
J’ai mélangé les tailles et les styles de cadres : dorés, noirs mats, bois brut, métal fin… L’ensemble reste harmonieux grâce à une palette de couleurs globalement chaude (ocres, terracotta, bleus profonds, ors). Et surtout, je laisse volontairement un peu d’espace vide pour pouvoir ajouter de nouvelles photos au fur et à mesure des voyages.
C’est devenu mon rituel du dimanche matin : café à la main, je passe devant ce mur et je me remémore des souvenirs. Parfois je décide même du prochain voyage en fonction de l’image qui m’attire le plus ce jour-là.
La collection de chapeaux : la déco la plus légère du monde
Je collectionne les chapeaux depuis des années. Pas les chapeaux de paille anonymes achetés sur les marchés, mais ceux qui ont vraiment vécu l’aventure avec moi. Le sombrero en feutre chiné à Mexico, la capeline en toile achetée sur un marché balinais, le chapeau de paille provençal tressé à la main, le fedora en cuir tanné au Maroc…
Au lieu de les ranger dans un placard, je les expose. Un mur entier du couloir est dédié à cette collection. Je les accroche avec des patères en laiton ou des crochets simples. L’effet est à la fois graphique et très personnel. Et surtout, chaque fois que je passe devant, je souris en repensant au vendeur qui m’a expliqué comment porter le chapeau, à la chaleur écrasante de midi, aux fous rires avec les amis.
C’est l’un des moyens les plus simples et les plus économiques d’ajouter une touche voyageuse à un intérieur. Un chapeau, ça ne prend presque pas de place, et pourtant ça raconte tellement.
Le hamac : quand le jardin devient une île déserte
Même si je vis en ville, j’ai la chance d’avoir un petit jardin. Et dans ce jardin trône mon plus gros coup de cœur déco : un immense hamac familial en coton tressé. Dès les premiers beaux jours, il devient mon QG.
J’y passe des heures avec un livre (souvent un de ceux de la bibliothèque voyage), une citronnade maison et une playlist qui sent bon le rhum et les embruns. C’est mon petit coin Caraïbes à moi. Pas besoin de billet d’avion pour fermer les yeux et entendre presque les vagues.
Si vous n’avez pas de jardin, pensez au hamac d’intérieur ! Il en existe des modèles très design qui s’accrochent au plafond ou entre deux murs. L’effet est immédiat : on se sent instantanément en vacances.
Les petits détails qui font toute la différence
Pour aller encore plus loin dans l’ambiance voyageuse, voici quelques idées supplémentaires que j’ai adoptées au fil du temps :
- Des coussins aux motifs ethniques (ikats ouzbeks, wax africains, broderies indiennes)
- Une odeur signature : bougie parfumée figuier de Provence, encens de bois de santal, diffuseur d’huiles essentielles agrumes et monoï
- Une petite collection de coquillages et galets ramassés sur des plages du monde entier, présentés dans un grand plat en bois
- Des rideaux légers en lin ou en voile qui bougent au moindre courant d’air, rappelant les voilages des maisons grecques
- Une carte du monde géante en liège où je pique des petites punaises dorées à chaque nouveau pays visité
Ces détails paraissent anodins, mais ensemble ils créent une atmosphère incroyablement immersive.
Et si on allait encore plus loin ?
Pour celles et ceux qui veulent vraiment pousser le concept, voici quelques idées plus audacieuses que j’ai vues ou testées :
- Créer une « chambre d’hôtes » thématique dans une pièce inutilisée : une nuit en riad, une nuit en cabane balinaise, une nuit en chalet alpin…
- Installer une fausse fenêtre avec vue sur une destination de rêve (impression sur toile tendue + rétro-éclairage doux)
- Organiser des « soirées évasion » : cuisine thaïlandaise un soir, tapas espagnols le suivant, tajine le troisième… avec playlist et déco adaptée
- Utiliser un projecteur d’étoiles ou de constellations pour recréer le ciel du désert ou des îles du Pacifique dans la chambre
L’important reste toujours le même : que chaque élément ait du sens pour vous. Pas de déco voyageuse sans histoire personnelle.
Voyager sans bouger : le luxe ultime ?
Aujourd’hui, alors que les billets d’avion flambent, que les aéroports sont saturés et que le temps manque cruellement, transformer son intérieur en refuge d’évasion est devenu bien plus qu’une tendance déco. C’est presque une philosophie de vie.
Parce que voyager, au fond, c’est d’abord ouvrir son esprit et ses sens. Et si on peut le faire chaque jour, rien qu’en poussant la porte de chez soi, alors pourquoi s’en priver ?
Alors dites-moi : quel est le premier objet ou la première ambiance que vous ramèneriez chez vous pour commencer l’aventure ? Un tapis berbère ? Une photo encadrée ? Une odeur de monoï ?
Je suis curieuse de connaître vos idées… et peut-être même vos futures transformations !









