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Kevin O’Leary Remporte 2,8 Millions en Justice contre BitBoy

Kevin O’Leary, star de Shark Tank, vient de remporter une victoire judiciaire retentissante contre l’influenceur crypto Ben Armstrong. 2,8 millions de dollars pour des accusations de meurtre totalement inventées… Mais comment en est-on arrivé là ?

Imaginez un instant : un homme d’affaires connu dans le monde entier se retrouve accusé publiquement de meurtre, avec des détails sordides relayés à des centaines de milliers de personnes. Pire encore, l’accusateur n’est pas n’importe qui, mais une figure influente du monde des cryptomonnaies. Ce scénario n’est pas tiré d’un thriller hollywoodien, mais bien d’une affaire réelle qui vient de connaître son épilogue judiciaire en février 2026.

Le verdict est tombé et il est sans appel : 2,8 millions de dollars de dommages et intérêts. Une somme qui fait réfléchir sur les conséquences concrètes des publications irresponsables sur les réseaux sociaux, surtout quand elles touchent des personnalités publiques du monde de la finance et des cryptos.

Une victoire judiciaire qui résonne dans tout l’écosystème crypto

L’affaire oppose depuis plusieurs mois Kevin O’Leary, célèbre investisseur et personnalité télévisée, à Ben Armstrong, plus connu sous le pseudonyme BitBoy Crypto. Ce dernier, longtemps considéré comme l’un des influenceurs les plus suivis de la sphère crypto, a vu sa réputation basculer à cause d’une série de publications explosives publiées au printemps 2025.

Que s’est-il passé exactement ? Tout commence par une tragédie survenue en 2019 : un accident de bateau qui a coûté la vie à deux personnes. Kevin O’Leary n’a jamais été poursuivi dans cette affaire et sa femme a finalement été acquittée lors du procès. Des faits établis, vérifiés, clos juridiquement… du moins jusqu’à ce que Ben Armstrong décide de reprendre l’histoire à sa sauce sur les réseaux sociaux.

Des accusations d’une gravité exceptionnelle

En mars 2025, BitBoy Crypto publie une série de messages dans lesquels il affirme sans preuve que Kevin O’Leary aurait été impliqué dans cet accident mortel et aurait ensuite orchestré une dissimulation. Les termes employés sont d’une violence rare : « meurtrier », « couverture », « payer pour faire taire ». Le ton est accusateur, presque vindicatif.

Pour enfoncer le clou, Armstrong va même jusqu’à diffuser le numéro de téléphone privé de Kevin O’Leary, accompagné d’un appel explicite à ses abonnés : « Appelez un vrai meurtrier dans la vraie vie ». Ce qui devait rester une théorie du complot se transforme alors en véritable campagne de harcèlement numérique.

Les conséquences ne se font pas attendre. O’Leary reçoit une avalanche d’appels malveillants, doit renforcer sa sécurité personnelle et voit son image professionnelle sérieusement écornée, malgré l’absence totale de fondement des accusations.

Une procédure judiciaire exemplaire

Face à ces attaques répétées et publiques, Kevin O’Leary décide de porter l’affaire devant la justice fédérale américaine, plus précisément devant le tribunal du district sud de la Floride. La plainte est déposée pour diffamation per se et publication de faits privés, deux qualifications particulièrement lourdes en droit américain.

Le déroulement de la procédure est presque didactique. Ben Armstrong, pourtant habitué des plateaux et des directs, choisit de ne pas répondre correctement à la plainte ni de se présenter aux audiences. Après plusieurs relances sans effet, le juge prononce un jugement par défaut en faveur du plaignant.

Une audience sur les dommages et intérêts est ensuite organisée. Là encore, Armstrong brille par son absence. Le juge Beth Bloom, après avoir examiné les preuves et entendu les arguments de la partie demanderesse, rend sa décision : 2 828 000 dollars, une somme précisément calculée et justifiée.

Une réparation en trois volets

Le montant total se décompose de manière très claire :

  • 78 000 $ pour le préjudice à la réputation
  • 750 000 $ pour le préjudice moral et émotionnel
  • 2 000 000 $ de dommages punitifs

Ces dommages punitifs, particulièrement élevés, envoient un message fort : la justice entend sanctionner sévèrement les comportements qui cherchent à détruire la réputation d’autrui sans le moindre fondement.

Armstrong a bien tenté, tardivement, de faire annuler le jugement par défaut en invoquant des problèmes de santé mentale et une période d’incarcération. Le juge a rejeté ces arguments, estimant qu’il avait été correctement assigné et qu’il disposait de suffisamment de temps pour se défendre.

Les cryptomonnaies au cœur d’un débat plus large

Au-delà du cas personnel de Kevin O’Leary et Ben Armstrong, cette affaire soulève des questions cruciales pour l’ensemble de l’écosystème crypto. Depuis plusieurs années, les influenceurs occupent une place démesurée dans la découverte et la promotion des projets. Leur parole est parfois écoutée plus attentivement que celle des analystes financiers traditionnels.

Mais cette influence considérable s’accompagne-t-elle d’une responsabilité proportionnelle ? La justice semble répondre par l’affirmative. Diffamer quelqu’un devant quelques milliers de followers n’a pas le même impact que devant plusieurs centaines de milliers, voire des millions dans le cas des grandes figures crypto.

Le public est souvent jeune, parfois peu expérimenté en matière juridique, et prend fréquemment pour argent comptant les affirmations péremptoires de leurs créateurs de contenu préférés. Lorsque ces affirmations deviennent des attaques personnelles d’une extrême gravité, les conséquences peuvent être dévastatrices.

La frontière entre critique et diffamation

Certains défenseurs de la liberté d’expression pourraient s’inquiéter de cette condamnation. La critique acerbe, voire virulente, fait partie intégrante du débat public, surtout dans un secteur aussi passionnel que les cryptomonnaies. Où tracer la ligne entre critique légitime et diffamation punissable ?

Dans le cas présent, la réponse juridique est claire : accuser formellement quelqu’un de meurtre sans preuve, diffuser ses coordonnées personnelles et inciter au harcèlement téléphonique dépasse très largement le cadre de la simple critique ou de l’opinion. Il s’agit d’actes intentionnels visant à causer un préjudice grave.

La justice a considéré que ces agissements relevaient de la diffamation per se, c’est-à-dire une diffamation qui est considérée comme dommageable en soi, sans qu’il soit nécessaire de prouver un préjudice spécifique.

Les répercussions pour la communauté crypto

Cette décision pourrait bien marquer un tournant. Les influenceurs les plus importants vont sans doute revoir leur façon de s’exprimer, surtout lorsqu’ils abordent des sujets personnels concernant d’autres acteurs du milieu. La peur d’une condamnation financière très lourde pourrait inciter à plus de prudence et de vérification des faits.

Parallèlement, cette affaire rappelle aussi aux personnalités publiques du monde crypto qu’elles ne sont pas totalement démunies face aux attaques. Porter plainte pour diffamation reste un parcours long et coûteux, mais lorsqu’il aboutit, les montants en jeu peuvent être très significatifs.

Pour les followers, c’est également un rappel salutaire : tout ce qui est publié sur internet, surtout lorsqu’il s’agit d’accusations aussi graves, mérite d’être pris avec des pincettes. La viralité n’est pas synonyme de véracité.

Un signal fort envoyé à tout l’écosystème

Le montant des dommages punitifs – deux millions de dollars – est particulièrement parlant. Il ne s’agit pas seulement d’indemniser la victime, mais bien de punir le comportement et de dissuader d’autres personnes de reproduire ce type d’agissements.

Dans un milieu où les réputations se font et se défont en quelques heures sur Twitter (ou X), Telegram et YouTube, cette décision constitue un garde-fou nécessaire. Elle rappelle que même dans l’univers décentralisé et parfois anarchique des cryptomonnaies, des règles de droit commun s’appliquent toujours.

La liberté d’expression reste un principe fondamental, mais elle n’est pas absolue. Lorsque la parole devient arme de destruction massive contre l’honneur et la tranquillité d’autrui, la justice peut – et doit – intervenir.

Vers une maturité nécessaire du secteur ?

Depuis ses débuts, l’univers crypto a souvent cultivé une culture de la disruption, du contournement des règles établies, de la rapidité au détriment parfois de la prudence. Cette mentalité a permis des avancées extraordinaires, mais elle a aussi généré de nombreux excès.

L’affaire O’Leary/Armstrong pourrait symboliser une forme de passage à l’âge adulte pour la communauté. Moins de wild west numérique, plus de responsabilité individuelle et collective. Les très gros influenceurs sont désormais conscients qu’ils peuvent être tenus pour responsables de leurs paroles, même s’ils se cachent derrière un pseudonyme ou une chaîne YouTube.

Du côté des investisseurs et des personnalités du milieu, c’est aussi un encouragement à défendre leur réputation quand elle est injustement attaquée. Le silence n’est pas toujours la meilleure stratégie.

Et maintenant ?

Le jugement est rendu, les dommages sont accordés. Mais l’histoire ne s’arrête probablement pas là. Ben Armstrong pourrait faire appel, même si ses chances de succès semblent minces au vu du dossier. Il pourrait aussi tenter de négocier un arrangement financier pour éviter une exécution immédiate.

Quoi qu’il en soit, cette affaire laissera des traces durables. Elle deviendra probablement une référence dans les débats sur la responsabilité des créateurs de contenu crypto, au même titre que certaines grandes affaires de manipulation de marché ou de pump & dump.

Pour Kevin O’Leary, au-delà de la satisfaction financière, c’est surtout une reconnaissance officielle que les accusations portées contre lui étaient mensongères et malveillantes. Une forme de justice rendue, même si le préjudice moral et réputationnel ne s’efface pas en un claquement de doigts.

Dans un secteur qui parle beaucoup d’avenir, de liberté et de disruption, cette décision rappelle une vérité simple : les mots ont un poids, surtout quand ils sont diffusés à grande échelle. Et quand ils deviennent des armes, ils peuvent se retourner contre leur auteur avec une force inattendue.

L’écosystème crypto continue d’évoluer à toute vitesse, mais certaines règles fondamentales du droit et de la morale restent immuables. Cette affaire en est la preuve éclatante.

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