Les Jeux Olympiques d’hiver réservent parfois des choix qui surprennent même les plus grands spécialistes. Ce dimanche 15 février 2026, alors que la poursuite féminine de biathlon s’apprête à enflammer le stade d’Anterselva, une absence de taille va attirer tous les regards : celle de Julia Simon. La récente médaillée d’or sur l’épreuve individuelle a décidé de zapper cette course pourtant très convoitée. Une décision qui interroge et qui révèle une stratégie très réfléchie.
Un choix courageux pour viser plus loin
Dans le monde ultra-compétitif du biathlon de haut niveau, renoncer à une épreuve olympique n’est jamais anodin. Julia Simon, à 29 ans, n’est plus une débutante. Elle connaît parfaitement les enjeux, les risques et surtout les limites de son propre corps. Après une course individuelle maîtrisée qui lui a valu l’or, puis un sprint très compliqué terminé à la 34e place, la Française a senti que poursuivre sur cette lancée risquait de compromettre ses ambitions pour la suite du programme olympique.
« Vraiment pas très bien », voilà comment elle décrivait son état samedi soir. Nausées, fatigue intense, sensation d’être malade : les signaux envoyés par son organisme étaient clairs. Plutôt que de forcer et de peut-être aggraver la situation, elle a préféré écouter son corps et préserver ses chances pour les épreuves collectives et la mass-start.
Le sprint, un avertissement qu’elle n’a pas ignoré
La veille, sur le sprint, la Norvégienne Maren Kirkeeide avait survolé les débats. Julia Simon, partie avec des ambitions légitimes, n’a jamais trouvé le rythme. À 1 minute 56 secondes de la lauréate, la sanction était lourde. Sur le pas de tir, les erreurs se sont accumulées ; sur la piste, les sensations n’étaient pas au rendez-vous. Ce résultat n’était pas anodin : il traduisait un corps qui disait stop.
Dans ces moments précis, la frontière entre l’exploit et la catastrophe est ténue. Beaucoup auraient tenté le forcing sur la poursuite, espérant une remontée héroïque. Julia a choisi une autre voie : celle de la lucidité. Une décision que saluent déjà de nombreux observateurs et qui pourrait s’avérer payante dans les prochains jours.
« On n’est pas en Coupe du monde. Finir 7e après une grosse remontée n’apporterait rien du tout à ce stade des Jeux. »
Un commentateur avisé sur les réseaux
Ce commentaire résume parfaitement l’état d’esprit qui anime les meilleurs athlètes aux Jeux : privilégier le long terme plutôt que la performance immédiate à tout prix.
Le relais féminin : l’objectif prioritaire
Le relais féminin constitue l’une des épreuves les plus attendues de la quinzaine olympique. La France dispose d’une génération exceptionnelle et les Bleuettes rêvent d’un titre collectif. Pour cela, il faut arriver au top physiquement et mentalement le jour J. C’est précisément pour maximiser ses chances dans cette épreuve que Julia Simon a pris la décision de faire l’impasse sur la poursuite.
Le relais demande une fraîcheur physique et mentale que l’on ne peut pas improviser après plusieurs jours de fatigue accumulée. Chaque relaisiste doit être capable de fournir un effort maximal sur sa portion, tant sur les skis que sur le pas de tir. Une athlète diminuée peut faire basculer toute une équipe. En se préservant maintenant, Julia met toutes les chances de son côté pour briller en collectif.
La mass-start, le grand rendez-vous individuel de la fin de semaine
Autre épreuve majeure en ligne de mire : la mass-start. Contrairement à la poursuite, qui dépend beaucoup du résultat du sprint précédent, la mass-start offre une page blanche à toutes les participantes. Départ groupé, 30 concurrentes, une seule course pour tout décider. C’est souvent dans cette configuration que les plus fortes mentalement et physiquement font la différence.
Julia Simon sait qu’elle possède les qualités pour rivaliser avec les meilleures mondiales sur ce format. Mais pour cela, elle doit arriver dans les meilleures dispositions possibles. Chaque heure de récupération supplémentaire peut faire la différence entre une médaille et une place d’honneur.
Les trois grands objectifs restants pour Julia Simon :
- Relais féminin → objectif majeur collectif
- Mass-start individuelle → ultime chance d’or personnelle
- Récupération optimale → clé de voûte de la stratégie
Cette hiérarchisation des priorités montre à quel point la planification est devenue essentielle au plus haut niveau.
Un contexte olympique particulier pour les Françaises
Les biathlètes tricolores vivent une quinzaine historique. Océane Michelon a décroché l’argent sur le sprint, Lou Jeanmonnot le bronze. Deux médailles en une seule course : du jamais vu depuis longtemps. Cette dynamique positive met une pression supplémentaire sur chaque membre de l’équipe, mais elle procure aussi une confiance collective inestimable.
Dans ce contexte, l’absence de Julia Simon sur la poursuite peut paradoxalement renforcer le groupe. Les deux jeunes Françaises engagées ce dimanche auront l’occasion de s’exprimer pleinement, sans la pression d’une coéquipière ultra-titrée à leurs côtés. De son côté, Julia pourra suivre la course, analyser les conditions de piste et de tir, et préparer au mieux ses prochaines échéances.
Que nous apprend cette décision sur le biathlon moderne ?
Le biathlon n’est plus seulement une affaire de vitesse et de précision. C’est aussi, et surtout, une gestion d’énergie hors norme. Les calendriers sont denses, les efforts intenses, les conditions extrêmes. Les athlètes qui dureront sont ceux qui sauront dire non au bon moment.
Julia Simon applique à merveille cette philosophie. Elle ne cherche pas à accumuler les départs pour le plaisir de la performance ; elle cible les courses qui comptent vraiment. Cette maturité tactique est l’une des raisons pour lesquelles elle domine la scène internationale depuis plusieurs saisons.
« Un peu comme si j’étais malade, un peu envie de vomir… »
Julia Simon décrivant son état après le sprint
Ces mots simples traduisent une honnêteté rare dans le milieu du sport de haut niveau. Plutôt que de minimiser ou de surjouer, elle a décrit précisément ce qu’elle ressentait. Cette transparence fait partie de sa force.
Impact sur le classement des nations et le moral de l’équipe
En renonçant à la poursuite, Julia Simon ne marque aucun point supplémentaire pour la France au classement des nations. Mais ce classement, aussi prestigieux soit-il, passe souvent au second plan quand on vise des titres majeurs en fin de quinzaine. Le vrai enjeu se situe dans les médailles individuelles et collectives des derniers jours.
Du côté du staff et des coéquipières, la décision a été accueillie avec compréhension. Chacun sait que forcer aujourd’hui pourrait signifier manquer le coche demain. L’équipe de France de biathlon fonctionne comme un véritable collectif où le sacrifice individuel peut servir l’intérêt général.
Les concurrentes à surveiller sur la poursuite
Sans Julia Simon, la poursuite s’annonce ouverte. Maren Kirkeeide partira avec un matelas confortable après son sprint dominateur. Mais le biathlon réserve souvent des surprises. Océane Michelon et Lou Jeanmonnot, parties juste derrière, auront à cœur de confirmer leur excellent état de forme. D’autres nations, Allemagne, Suède, Italie, pourraient aussi créer la sensation.
Pour les observateurs français, l’objectif sera double : vibrer pour les deux représentantes tricolores et espérer que Julia récupère au maximum pour la suite.
La récupération : science et écoute du corps
Aujourd’hui, les staffs olympiques disposent d’outils de pointe pour suivre la charge physiologique des athlètes : fréquence cardiaque de récupération, variabilité cardiaque, marqueurs sanguins, sommeil analysé… Malgré tout cela, rien ne remplace le ressenti subjectif de l’athlète.
Julia Simon a fait confiance à son instinct. Elle sait que parfois, 48 heures de repos complet valent mieux que trois entraînements poussés. Ce choix pourrait s’avérer déterminant dans une quinzaine où chaque détail compte.
Petit lexique du biathlon pour mieux comprendre les choix stratégiques :
- Sprint : 7,5 km femmes, deux tirs (couché + debout), poursuite en fonction du temps
- Poursuite : départ handicapé selon le sprint, même distance, deux tirs couchés puis deux debout
- Mass-start : 12,5 km, 30 meilleures athlètes, quatre tirs, départ simultané
- Relais : 4 × 6 km, chaque athlète a 8 balles pour 5 cibles (3+1 de réserve)
Ce petit rappel permet de mieux saisir pourquoi la poursuite n’était pas forcément l’épreuve prioritaire pour Julia dans le contexte actuel.
Et maintenant ?
Les prochains jours seront cruciaux. Repos actif, soins, sommeil, nutrition adaptée : chaque paramètre sera scruté. Le staff médical et technique mettra tout en œuvre pour que Julia retrouve son meilleur niveau pour le relais et la mass-start.
Du côté des supporters, l’impatience est grande. Mais la patience sera la meilleure alliée. Si la stratégie fonctionne, la Française pourrait repartir de Milan-Cortina avec deux ou trois médailles supplémentaires. Un scénario qui ferait entrer son nom encore plus profondément dans l’histoire du biathlon tricolore.
En attendant, tous les yeux seront rivés sur Anterselva ce dimanche après-midi pour voir comment Océane Michelon et Lou Jeanmonnot défendront les couleurs bleu-blanc-rouge. Et dans l’ombre, Julia Simon prépare son grand retour. Un retour que tout le monde espère triomphal.
Le biathlon féminin français n’a sans doute jamais été aussi fort. Et cette décision de Julia Simon en est la plus belle illustration : savoir renoncer pour mieux régner.
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