Un retrait stratégique et coordonné
Le Commandement central des États-Unis a officialisé la nouvelle : le retrait ordonné des forces américaines de la base d’al-Tanf s’est achevé mercredi. Cette décision s’inscrit dans une transition délibérée, basée sur des conditions spécifiques, visant à réduire progressivement l’empreinte militaire américaine dans le pays.
De son côté, le ministère syrien de la Défense a confirmé que des unités de l’armée syrienne ont pris le contrôle de la base après une coordination étroite avec les autorités américaines. Les forces syriennes ont commencé à se déployer dans la zone, sécurisant non seulement le site mais aussi ses abords immédiats, dans cette région désertique où se rejoignent les frontières syrienne, irakienne et jordanienne.
Ce départ n’est pas improvisé. Des sources militaires syriennes ont indiqué que le processus avait débuté il y a une quinzaine de jours, avec un transfert progressif des responsabilités. Les Américains, tout en quittant physiquement les lieux, maintiennent une coordination depuis la Jordanie voisine, où certaines capacités restent positionnées.
La base d’al-Tanf : un emplacement clé depuis plus d’une décennie
Établie au cœur du désert, la garnison d’al-Tanf occupe une position géographique exceptionnelle. Située au croisement des trois frontières, elle surveille une vaste zone désertique souvent utilisée pour des mouvements clandestins. Les forces américaines y étaient présentes depuis 2015-2016, dans le cadre de la coalition internationale formée pour contrer l’expansion de l’État islamique.
À l’origine, cette base servait de point d’appui pour des opérations contre les jihadistes, qui contrôlaient alors d’immenses territoires en Syrie et en Irak. Elle a également permis de former et de soutenir des groupes locaux opposés à l’État islamique, contribuant à empêcher que le groupe ne consolide son emprise sur l’ensemble de la zone frontalière.
Au fil des années, al-Tanf est devenue un symbole de la présence américaine persistante en Syrie, même après la défaite territoriale de l’État islamique en 2019. Elle offrait un levier pour surveiller les menaces persistantes et limiter l’influence d’autres acteurs dans la région.
Le contexte de la lutte contre l’État islamique
Malgré la perte de ses territoires en 2019, l’État islamique conserve des cellules dormantes, particulièrement dans les zones désertiques syriennes. Ces groupes mènent encore des attaques sporadiques, rappelant que la menace n’a pas totalement disparu.
En décembre dernier, une opération attribuée à l’État islamique a coûté la vie à deux soldats américains et un interprète près de Palmyre. Cette attaque a provoqué une riposte américaine immédiate, avec des frappes ciblées, et des arrestations annoncées par les autorités syriennes. Ces événements soulignent la nécessité de maintenir une pression constante sur le réseau jihadiste.
L’amiral Brad Cooper, responsable du Centcom, a réaffirmé que les États-Unis restent pleinement engagés dans cette lutte. Les forces américaines sont prêtes à intervenir si nécessaire pour contrer toute résurgence de l’État islamique, protégeant ainsi le territoire américain et contribuant à la sécurité régionale.
Maintenir la pression sur l’État islamique est essentiel pour protéger le territoire américain et renforcer la sécurité dans la région.
Cette déclaration met en lumière une continuité dans la stratégie : le retrait physique de la base n’équivaut pas à un abandon de la mission antiterroriste.
Une Syrie en pleine recomposition après plus de 13 ans de conflit
La Syrie sort d’une guerre civile dévastatrice qui a duré plus de treize ans. Le pays reste morcelé, avec des zones sous différents contrôles. Les nouvelles autorités affichent une détermination claire : reprendre le contrôle total du territoire national.
Dans ce cadre, la reprise d’al-Tanf par l’armée syrienne s’inscrit dans une logique de consolidation. Les forces déployées sécurisent les frontières et affirment la souveraineté sur ces zones stratégiques. Ce mouvement intervient alors que la Syrie a rejoint la coalition internationale contre l’État islamique il y a quelques mois, marquant un rapprochement notable.
Les forces de la coalition demeurent présentes dans le nord-est du pays. Ce retrait partiel d’al-Tanf pourrait préfigurer d’autres ajustements, tout en préservant les capacités de réponse rapide.
Les implications pour la sécurité régionale
Le triangle frontalier est une zone sensible, propice aux trafics. Le contrôle syrien permet un déploiement plus large de gardes-frontières, renforçant la surveillance.
Ce transfert coordonné évite un vide sécuritaire. Il illustre une évolution pragmatique sur des objectifs communs.
Des défis persistent avec les cellules dormantes. Les autorités syriennes assument désormais une responsabilité directe.
Vers une nouvelle phase de stabilisation ?
Ce retrait marque une étape dans la réduction de l’engagement américain direct. Il reflète une adaptation aux réalités actuelles.
Les forces syriennes démontrent leur capacité à assumer des missions de sécurité. Ce geste renforce leur légitimité.
La coordination depuis la Jordanie préserve un lien opérationnel. Cette approche graduelle vise à préserver les acquis.
À long terme, cette transition pourrait inspirer d’autres ajustements. La lutte contre l’État islamique reste une priorité partagée.
En conclusion, le départ d’al-Tanf ouvre une nouvelle page où les forces syriennes jouent un rôle central, avec le soutien international contre la menace jihadiste. Cette évolution mérite d’être suivie de près pour ses impacts sur la stabilité régionale.









