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Colombie : Abelardo De La Espriella Promet Une Guerre Totale Contre Les Narcotrafiquants

En Colombie, un candidat outsider de droite promet de bombarder les camps de narcotrafiquants dès ses 90 premiers jours au pouvoir, avec l'aide des États-Unis et d'Israël. Derrière ce discours musclé se cache un parcours atypique... Mais pourra-t-il vraiment changer le pays ?

Imaginez un pays où les cartels règnent en maîtres sur d’immenses territoires, où la coca pousse à perte de vue et où la violence semble inarrêtable. En Colombie, alors que les élections présidentielles de mai 2026 approchent à grands pas, un candidat émerge avec des promesses choc qui font trembler le paysage politique. Abelardo De La Espriella, surnommé « le Tigre », affirme qu’il n’hésitera pas à frapper fort contre les narcotrafiquants.

Un outsider prêt à tout changer

Abelardo De La Espriella n’est pas un politicien traditionnel. À 47 ans, cet avocat et homme d’affaires millionnaire se présente comme un véritable outsider, loin des cercles habituels du pouvoir. Il insiste sur le fait qu’il n’appartient pas à la caste politique classique et qu’il possède le courage nécessaire pour appliquer une ligne dure. Son objectif ? Chasser la gauche du pouvoir et restaurer l’ordre par des moyens radicaux.

Depuis son quartier général ultra-sécurisé à Bogota, il expose sans détour ses intentions. Dans les 90 premiers jours de son mandat, il veut lancer un plan choc pour reprendre le contrôle des zones contrôlées par les guérillas et les narcotrafiquants. Cela passe par des bombardements ciblés sur les camps considérés comme narcoterroristes et par la reprise des fumigations aériennes sur les champs de coca.

Ce discours musclé ne sort pas de nulle part. Il s’inscrit dans un contexte où la sécurité reste une préoccupation majeure pour de nombreux Colombiens. Après des années de négociations de paix fragiles et une politique perçue comme trop conciliante par certains, De La Espriella propose un retour à la fermeté absolue.

Le plan choc contre les narcotrafiquants

Le cœur de sa proposition repose sur une offensive militaire aérienne massive. Il envisage de doter les forces publiques d’équipements modernes : armes de pointe, intelligence artificielle, drones et un budget renforcé pour augmenter les effectifs. Mais il va plus loin en affirmant que cette stratégie ne peut réussir sans une alliance stratégique solide.

Les partenaires qu’il cite explicitement sont les États-Unis et Israël. Selon lui, leur soutien technique et logistique serait indispensable pour mener à bien ces opérations de bombardements et de fumigations. Cette idée marque un virage net par rapport aux approches récentes, qui privilégiaient le dialogue et la réduction des fumigations pour des raisons environnementales et sanitaires.

Pour De La Espriella, il s’agit de reprendre l’initiative dans la lutte contre la production de cocaïne. Il critique implicitement les politiques actuelles qui, à ses yeux, ont laissé trop de terrain aux groupes armés. Son plan vise à frapper vite et fort, dès les premiers mois au pouvoir, pour envoyer un message clair aux cartels.

« Des bombardements sur les camps narcoterroristes et des fumigations des champs de coca. »

Cette citation résume parfaitement l’approche qu’il défend. Elle choque certains, mais séduit ceux qui aspirent à une réponse plus musclée face à l’insécurité.

Un parcours atypique d’avocat à candidat

Abelardo De La Espriella n’a jamais occupé de mandat électif auparavant. Il se définit d’abord comme un avocat spécialisé en droit pénal et un entrepreneur dans les secteurs de la construction et des boissons alcoolisées. Il possède sa propre marque de vêtements et apparaît souvent dans des photos luxueuses, cigare à la bouche ou à bord de jets privés, promouvant ses vins et rhums.

Ce style flamboyant contraste avec l’image classique d’un homme politique. Pourtant, il l’assume pleinement, se présentant comme un homme d’action qui a « les couilles » pour changer les choses. Il revendique une double nationalité colombo-américaine et admire ouvertement des figures comme Nayib Bukele au Salvador, Javier Milei en Argentine ou Donald Trump aux États-Unis.

Comme Bukele, il adopte un look décontracté : chemise ouverte, casquette avec un tigre et couleurs nationales. Il promet une « guerre » contre le crime organisé, avec des méga-prisons ultra-sécurisées où les détenus seraient nourris frugalement, dans des conditions extrêmes pour dissuader la récidive.

Des positions radicales sur la société et l’État

Au-delà de la sécurité, De La Espriella défend une vision conservatrice et libérale sur le plan économique. Il veut réduire la taille de l’État de 40 %, autoriser plus largement le port d’armes et mener une contre-révolution culturelle pour revenir à des principes qu’il qualifie de judéo-chrétiens.

Il raconte avoir vécu une transformation spirituelle qui l’a rapproché de la foi, après s’être déclaré athée par le passé. Dans une Colombie majoritairement catholique, ce discours résonne auprès d’une partie de l’électorat conservateur.

Il critique vivement les idées de gauche et promet de les éradiquer du paysage politique. Son livre, où il attaque plusieurs dirigeants qu’il qualifie de dictateurs, illustre cette posture offensive.

Un duel serré dans les sondages

Les derniers sondages placent Abelardo De La Espriella dans un duel très serré avec le candidat de gauche, Ivan Cepeda, proche de l’actuel président. Ce dernier ne peut se représenter, mais son héritage politique est défendu par Cepeda.

De La Espriella se dit confiant. Il mise sur son image d’homme fort, patriote, prêt à défendre la patrie avec fermeté. Son slogan, « La fermeté pour la patrie », et son surnom de « Tigre » renforcent cette identité combative.

Il revendique une amitié avec Alvaro Uribe, figure historique de la droite colombienne, même si ce dernier soutient un autre candidat. Cela lui permet d’attirer une partie de l’électorat traditionnel de droite tout en se présentant comme indépendant.

Critiques et controverses autour du candidat

Son parcours d’avocat suscite des interrogations. Certains lui reprochent d’avoir défendu des figures controversées, comme des paramilitaires ou des narcotrafiquants. Il balaie ces accusations en affirmant qu’il s’agissait de relations professionnelles strictes.

Il se dit aujourd’hui excessivement menacé et en grand danger à cause de ses positions tranchées. Cette victimisation renforce son image de combattant solitaire face à un système qu’il juge corrompu.

Son admiration pour des leaders controversés comme Bukele, avec sa méga-prison et son état d’exception, alimente les débats. Certains y voient une dérive autoritaire, d’autres une nécessité face à l’insécurité.

Vers une alliance internationale pour la sécurité

L’idée d’une coopération étroite avec les États-Unis et Israël est centrale dans son discours. Il évoque un « plan Colombia 2 » pour moderniser la lutte antidrogue. Il croit fermement que sans cette aide extérieure, les efforts internes resteront insuffisants.

Il va même jusqu’à parler du Venezuela futur comme d’un partenaire commercial majeur, une fois une transition politique réalisée. Il assure que la dirigeante actuelle coopérera ou subira un sort pire que son prédécesseur.

Ces déclarations montrent une vision régionale ambitieuse, où la Colombie reprendrait un rôle de leader en matière de sécurité et d’économie.

Un style qui séduit et divise

Abelardo De La Espriella cultive une image très personnelle. Amateur de golf, il adopte un style décontracté inspiré de Bukele : barbe soignée, casquette patriotique, attitude assurée. Il multiplie les références à la patrie et au tigre qui la défend.

Ce mélange de populisme, de conservatisme et de libéralisme économique attire un électorat fatigué des promesses non tenues. Mais il repousse aussi ceux qui craignent un retour à des méthodes répressives du passé.

Dans un pays marqué par des décennies de conflit armé, ses propositions ravivent des souvenirs douloureux tout en offrant une perspective de fermeté retrouvée.

Les enjeux d’une élection cruciale

Les élections de 2026 s’annoncent comme un tournant pour la Colombie. Après un mandat de gauche, le pays pourrait basculer vers une droite dure si De La Espriella l’emporte. Son plan contre les narcotrafiquants deviendrait alors réalité, avec toutes les implications internationales et internes que cela suppose.

Les bombardements et fumigations promises relanceraient un débat passionné sur l’efficacité versus les coûts humains et environnementaux. Les alliances avec Washington et Tel-Aviv renforceraient la position géopolitique de Bogota, mais pourraient aussi créer des tensions régionales.

De son côté, le camp adverse défend une continuité plus sociale et moins répressive. Le duel s’annonce serré, et chaque mot prononcé par De La Espriella alimente la polarisation.

Quoi qu’il arrive, cette campagne marque un moment où la Colombie doit choisir entre deux visions radicalement opposées de son avenir. La sécurité, l’économie, les valeurs : tout est en jeu dans ce combat pour la présidence.

Abelardo De La Espriella, avec son style unique et ses promesses choc, incarne cette alternative radicale. Reste à savoir si les électeurs lui confieront les clés du pouvoir pour mettre en œuvre son plan choc contre les narcotrafiquants et transformer profondément le pays.

La suite des événements dira si « le Tigre » rugira depuis la Casa de Nariño ou si une autre voie prévaudra. Une chose est sûre : la Colombie vit un moment décisif de son histoire récente.

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