Imaginez un instant : nous sommes en février 2026 et le prix d’Ethereum glisse lentement mais sûrement vers les 2 000 dollars. Beaucoup d’investisseurs ressentent la même impression diffuse : celle d’assister soit à une capitulation finale, soit au calme avant une tempête encore plus violente. Les chiffres on-chain les plus regardés par les analystes professionnels clignotent aujourd’hui dans une zone que l’histoire a souvent associée aux grands points bas. Alors, sommes-nous vraiment face à un tournant décisif ?
Ethereum sous les radars : que disent vraiment les données historiques ?
Depuis plusieurs mois, la seconde plus grande cryptomonnaie par capitalisation subit une pression vendeuse continue. Contrairement à certains cycles précédents, le mouvement baissier actuel ne s’accompagne pas d’un narratif clair et unique. Pas de Terra-Luna 2.0, pas d’implosion d’un mastodonte DeFi, pas de scandale majeur. Juste une érosion lente, presque silencieuse, qui pousse les principaux indicateurs de valorisation dans des territoires statistiquement rares.
Parmi ces signaux, le ratio MVRV (Market Value to Realized Value) occupe une place centrale dans le débat actuel. Cet indicateur compare la capitalisation boursière actuelle à la valeur réalisée, c’est-à-dire au prix moyen auquel chaque ETH a été déplacé pour la dernière fois. Quand ce ratio s’effondre très bas, cela signifie généralement que la plupart des détenteurs sont en perte latente importante… et que l’euphorie a complètement disparu du marché.
Le MVRV actuel rappelle quatre grands moments du passé
Plusieurs observateurs techniques ont récemment superposé la courbe actuelle du MVRV avec les cycles précédents. Quatre périodes ressortent systématiquement :
- Le krach COVID de mars 2020
- Le fond du marché baissier de décembre 2018
- La capitulation post-Terra en juin 2022
- Le violent flash-crash du printemps 2025
Dans chacun de ces cas, le ratio MVRV est descendu à des niveaux extrêmes avant que le prix ne connaisse une des plus puissantes phases de rattrapage de son histoire. Aujourd’hui, la configuration semble étonnamment proche de ces quatre épisodes. Le marché serait-il en train de répéter un schéma classique ?
« La valorisation actuelle d’ETH est aussi sous-évaluée, selon le ratio MVRV, que lors des grands points bas du passé. »
Un analyste crypto suivi par plusieurs dizaines de milliers de personnes
Cette phrase résume assez bien le sentiment d’une partie de la communauté technique. Pour ces observateurs, le marché aurait déjà largement intégré le pessimisme maximal et se trouverait désormais dans une zone où chaque dollar supplémentaire investi a statistiquement de très bonnes chances de rapporter gros à moyen-long terme.
Attention toutefois : la capitulation est un processus, pas un événement ponctuel
D’autres analystes on-chain, plus prudents, rappellent un point essentiel : les vrais bottoms ne se forment presque jamais en une seule bougie. Ils sont le fruit d’un long processus de purge émotionnelle et financière. Même quand le MVRV entre en zone de capitulation, il peut encore descendre beaucoup plus bas avant que l’épuisement vendeur ne soit réellement atteint.
Le MVRV Z-Score, qui mesure l’écart type par rapport à la moyenne historique, illustre parfaitement cette nuance. Actuellement, cet indicateur oscille autour de -0,42. C’est bas… mais encore loin du record historique de -0,76 enregistré fin 2018. Autrement dit : oui, la douleur est réelle, mais le marché n’a peut-être pas encore touché le fond absolu.
Les cycles passés montrent souvent plusieurs rebonds avortés, des faux signaux de reprise, puis une dernière vague de panique avant le véritable retournement. Cette possibilité d’une dernière jambe baissière ne doit pas être écartée à la légère.
Pourquoi Ethereum semble plus vulnérable que Bitcoin en 2026
Depuis le début de l’année, la dominance de Bitcoin n’a cessé de grimper. Ce phénomène classique en période d’incertitude pousse les capitaux vers l’actif perçu comme le plus sûr. Résultat : Ethereum sous-performe nettement son grand frère. Certains observateurs avancent plusieurs explications structurelles à cette faiblesse relative :
- La mise à jour Dencun puis Prague n’ont pas encore produit l’effet d’adoption massive espéré
- Les frais sur les L2 restent parfois élevés lors des pics d’activité
- La concurrence des blockchains rapides et peu chères continue de s’intensifier
- Le récit « Ethereum ultra-sound money » a perdu de sa force face au retour en grâce du narratif store-of-value de Bitcoin
Ces éléments combinés créent un cocktail qui rend ETH plus fragile psychologiquement. Quand le marché doute, c’est souvent l’actif le plus narratif et le plus complexe qui corrige le plus violemment.
Que surveillent les traders pros dans les prochaines semaines ?
Pour ceux qui souhaitent se positionner intelligemment, plusieurs niveaux et indicateurs méritent une attention particulière :
- Le support historique autour de 1 850-1 900 $
- Le ratio ETH/BTC qui flirte avec des plus bas de plusieurs années
- Le pourcentage de supply en profit (actuellement très proche des zones de capitulation)
- Le volume d’ETH staké qui continue d’augmenter malgré la baisse
- La courbe des adresses actives journalières sur les principales L2
Chacun de ces éléments peut servir de confirmation ou d’infirmation selon la direction que prendra le marché dans les prochaines semaines.
Le rôle des institutions et des ETF dans l’équation 2026
Depuis l’approbation des ETF spot Ethereum, une partie du marché attendait un flux institutionnel massif. Si les entrées ont bien eu lieu, elles n’ont pas encore atteint l’ampleur observée sur Bitcoin. Plusieurs explications circulent :
- Les institutions privilégient toujours BTC comme première exposition crypto
- Des questions réglementaires persistent autour du staking dans les ETF ETH
- La complexité technique d’Ethereum continue de rebuter certains gérants traditionnels
Pourtant, les rachats d’ETH par certaines sociétés cotées ou fonds crypto commencent à apparaître dans les rapports trimestriels. Ces mouvements, encore modestes, pourraient s’accélérer si le prix reste durablement sous les 2 200 $.
Scénarios possibles pour les 3 à 6 prochains mois
À ce stade, trois grandes trajectoires semblent plausibles :
Scénario 1 – Capitulation finale et bottom structurel
Le prix teste une dernière fois les 1 700-1 800 $ dans une ambiance de capitulation généralisée, puis entame une nouvelle jambe haussière soutenue par un changement de narratif macro (baisse des taux, regain d’appétit pour le risque, adoption accrue des L2).
Scénario 2 – Range prolongé très volatil
ETH évolue pendant plusieurs mois entre 1 900 $ et 2 600 $ dans un marché latéral épuisant, le temps que de nouvelles données macro ou technologiques viennent casser l’indécision.
Scénario 3 – Nouvelle jambe baissière vers 1 200-1 400 $
Une rechute macro (récession surprise, resserrement monétaire inattendu, scandale sectoriel) provoque une dernière purge violente avant le vrai cycle haussier.
Aucun de ces scénarios n’est à exclure aujourd’hui. C’est précisément cette ambiguïté qui rend la période actuelle à la fois dangereuse… et potentiellement extrêmement rémunératrice pour ceux qui sauront faire preuve de patience et de discipline.
Les fondamentaux d’Ethereum restent-ils intacts ?
Malgré la correction sévère du prix, plusieurs piliers fondamentaux continuent de progresser :
- Quantité d’ETH staké toujours en hausse
- TVL global sur les L2 qui résiste mieux que le prix spot
- Nombre de développeurs actifs sur l’écosystème Ethereum toujours parmi les plus élevés du secteur
- Adoption croissante des rollups et des zk-proofs
- Utilisation réelle (stablecoins, NFT, gaming, identité décentralisée) qui ne faiblit pas structurellement
Ces éléments rappellent que les cycles crypto sont avant tout des cycles de prix et de sentiment. Les fondamentaux évoluent, eux, sur une échelle de temps bien plus longue.
Conclusion : patience et gestion du risque avant tout
La question n’est plus vraiment de savoir si Ethereum est bon marché — les données on-chain les plus fiables indiquent clairement qu’il l’est. La vraie question est : sommes-nous suffisamment proches du point d’inflexion pour justifier de prendre un risque significatif aujourd’hui ?
Pour l’instant, la réponse honnête reste nuancée. Les signaux de valeur sont extrêmement attractifs, mais le processus de capitulation n’est pas terminé. Ceux qui ont vécu les cycles 2018 et 2022 savent que les meilleures opportunités naissent souvent dans les moments où tout semble perdu… et où presque personne ne veut encore acheter.
Reste à déterminer si nous en sommes réellement là. Ou s’il reste encore un dernier chapitre douloureux à écrire avant que le marché ne tourne définitivement la page.
Et vous, quel est votre scénario privilégié pour Ethereum dans les mois qui viennent ?









