SantéSociété

Vanessa Demouy : son diagnostic TDAH et ses enfants

Vanessa Demouy vient de découvrir qu’elle aussi est TDAH, comme ses deux enfants. Elle explique pourquoi elle a passé les tests et comment elle transforme cette réalité en force plutôt qu’en poids… mais que cache vraiment cette démarche ?

Imaginez une femme qui, pendant des décennies, a cru que ses pensées qui partaient dans tous les sens, ses émotions intenses et son organisation chaotique faisaient simplement partie de sa personnalité. Puis un jour, à plus de 50 ans, elle comprend que ce qu’elle vit porte un nom : TDAH. Et ce nom, elle le partage avec ses deux enfants. Cette prise de conscience, Vanessa Demouy vient de la vivre. Et elle en parle aujourd’hui avec une sincérité qui touche profondément.

Un diagnostic qui change le regard sur soi… et sur ses enfants

Devenir parent, c’est déjà un bouleversement. Mais lorsque vos enfants reçoivent un diagnostic de trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, le quotidien peut devenir un véritable parcours du combattant. Entre les rendez-vous chez les spécialistes, les adaptations scolaires, les incompréhensions extérieures et la culpabilité qui rôde souvent, beaucoup de familles se sentent démunies.

Vanessa Demouy a traversé ces étapes avec son fils Solal et sa fille Sharlie. Elle a observé leurs difficultés, cherché des solutions, ajusté sa façon d’être mère. Et puis un jour, en écoutant les professionnels parler du fonctionnement de ses enfants, elle a eu un déclic : ces fameuses cases qu’on cochait pour eux… elle les cochait aussi pour elle-même.

Passer les tests « pour eux »… et se découvrir concernée

« J’ai fait les tests pour les rassurer », confie-t-elle avec beaucoup de tendresse. L’objectif était clair : montrer à ses enfants qu’avoir un TDAH n’empêche pas de construire une vie épanouie, de réussir professionnellement, d’aimer et d’être aimé. Elle voulait leur prouver que ce trouble n’est pas une fatalité, mais une manière différente de fonctionner qu’on peut apprivoiser.

Ce qu’elle n’avait pas prévu, c’est que les résultats la concernaient directement. À 52 ans, Vanessa Demouy a donc reçu, elle aussi, ce diagnostic qui éclaire rétrospectivement de nombreuses années de sa vie. Un mélange de soulagement et de stupeur, sans doute, mais surtout une nouvelle clé pour mieux se comprendre.

« Il faut juste apprendre à se connaître, savoir comment on fonctionne. »

Cette phrase résume parfaitement la philosophie qu’elle tente de transmettre aujourd’hui à ses enfants, mais aussi à elle-même.

Solal et Sharlie : deux personnalités déjà bien affirmées

Solal, 26 ans, a choisi la musique. Sous le nom de Trackso, il s’exprime à travers le rap, un style qui permet justement de canaliser une énergie débordante et des pensées qui fusent. Sa sœur Sharlie, qui approche de ses 15 ans, se passionne pour la psychologie. Peut-être une façon, déjà, de mieux comprendre ce qui se passe dans sa tête et dans celle des autres.

Ces choix ne sont pas anodins. Ils montrent que, malgré les obstacles liés au TDAH, ces jeunes adultes et adolescents trouvent des voies d’expression et d’épanouissement qui leur correspondent. Et leur mère n’est jamais très loin pour les encourager dans cette direction.

Le rôle de mère protectrice face à ses propres angoisses

Dans sa vie professionnelle, Vanessa Demouy s’apprête à incarner une mère particulièrement protectrice dans Léo Mattéï, brigade des mineurs. Une femme qui, par peur, finit par étouffer ses enfants sous une surveillance excessive. Un rôle qui résonne forcément avec ce qu’elle vit au quotidien.

« Cette femme fait ce qu’elle pense être bon pour ses enfants. Elle transpose ses peurs sur eux », explique-t-elle. Et elle ajoute une réflexion très juste sur la parentalité : le but ultime reste de préparer ses enfants à partir, heureux et autonomes. « Si on fait bien notre job, ils partent heureux. Et nous on reste ! », plaisante-t-elle.

Mais derrière l’humour se cache une vraie interrogation : comment ne pas transmettre ses propres angoisses ? Comment faire pour que nos enfants ne portent pas le poids de nos inquiétudes ?

La réponse de Vanessa est d’une grande maturité émotionnelle : elle explique à ses enfants que ses angoisses lui appartiennent. Qu’ils n’ont pas à la rassurer. Qu’ils peuvent avancer sans porter ce fardeau supplémentaire.

TDAH chez l’adulte : un diagnostic encore trop méconnu

Longtemps considéré comme un trouble réservé aux enfants, le TDAH est aujourd’hui de mieux en mieux identifié chez les adultes. Pourtant, beaucoup de personnes de plus de 40 ou 50 ans n’ont jamais été diagnostiquées. Elles ont passé leur vie à se sentir « différentes », à s’épuiser pour compenser, à se juger sévèrement pour leur désorganisation ou leur impulsivité.

Recevoir ce diagnostic tardif peut être libérateur. Il permet de poser un regard bienveillant sur soi, de comprendre pourquoi certaines choses ont toujours été plus difficiles, et surtout de trouver enfin des stratégies adaptées.

  • Meilleure connaissance de ses propres déclencheurs
  • Moins de culpabilité face aux tâches non accomplies
  • Possibilité d’expérimenter des outils concrets (agendas visuels, timers, listes courtes…)
  • Dialogue plus apaisé avec ses proches
  • Acceptation d’un fonctionnement neurologique différent

Ces éléments, Vanessa semble les avoir intégrés petit à petit. Et elle les partage sans filtre, ce qui rend son témoignage particulièrement précieux.

Une carrière qui ne s’arrête jamais

Entre deux tournages d’Ici tout commence, où elle incarne Rose depuis plusieurs années, Vanessa Demouy multiplie les projets. Après une première collaboration avortée avec Jean-Luc Reichmann il y a quelques années (les plannings n’avaient pas concordé), elle le rejoint enfin dans Léo Mattéï.

Elle garde un souvenir chaleureux de ses rencontres passées avec l’animateur-comédien : « À l’époque où j’étais au théâtre, il nous avait reçus plusieurs fois avec toute l’équipe dans ses émissions. » Une familiarité qui a sans doute facilité cette nouvelle collaboration.

Ce qui frappe dans son parcours, c’est cette capacité à jongler entre fiction et réalité, entre ses rôles de mère à l’écran et dans la vraie vie, entre ses propres fragilités et la force qu’elle puise pour accompagner ses enfants.

Libérer ses enfants de ses propres peurs

Le plus beau cadeau qu’une mère puisse faire à ses enfants, c’est peut-être de leur permettre d’avancer sans porter ses propres blessures. Vanessa l’a compris. Elle travaille activement à ne pas projeter ses angoisses sur Solal et Sharlie.

« J’essaie de les libérer de ça en leur expliquant que mes angoisses sont les miennes et que ce n’est pas à eux de me rassurer », dit-elle. Une phrase toute simple, mais qui demande une vraie maturité émotionnelle pour être mise en pratique au quotidien.

Ce travail sur soi, cette volonté de ne pas transmettre le poids de ses propres difficultés, est sans doute l’un des aspects les plus touchants de son témoignage.

Le TDAH : une différence, pas une fatalité

Aujourd’hui, le message que Vanessa Demouy souhaite faire passer est limpide : oui, le TDAH complique certaines choses. Oui, il demande des adaptations. Mais non, il n’empêche pas de vivre pleinement.

Elle le prouve par l’exemple : une carrière artistique riche, une vie de famille épanouie, une relation amoureuse stable avec Philippe Lellouche, des enfants qui construisent leur propre chemin… Tout cela avec un cerveau qui fonctionne « différemment ».

« On peut quand même réussir, faire quelque chose qui nous plaît, avoir une vie de famille, amoureuse et amicale. »

Ces mots, prononcés par une femme qui a attendu plus de cinquante ans pour mettre des mots sur son fonctionnement, ont un poids particulier.

Pourquoi ce témoignage compte autant ?

Parce qu’il brise un tabou. Parce qu’il montre qu’on peut recevoir un diagnostic à l’âge adulte et en faire une force. Parce qu’il rappelle que les enfants regardent leurs parents : quand une mère assume ses propres vulnérabilités sans s’effondrer, elle enseigne le courage et la résilience.

Vanessa Demouy ne se pose pas en experte. Elle ne donne pas de leçon. Elle partage simplement son chemin, avec ses doutes, ses prises de conscience, ses petites victoires quotidiennes. Et c’est précisément cette authenticité qui rend son discours si puissant.

Et demain ?

Elle continuera à tourner, à jouer, à être mère, à être femme. Elle continuera sans doute à expérimenter de nouvelles façons de s’organiser, de canaliser son énergie, de respecter son rythme. Et surtout, elle continuera à accompagner ses enfants sans chercher à les protéger de tout… mais en leur apprenant à se protéger eux-mêmes.

Car au fond, c’est cela la grande leçon qu’on retient de son interview : le rôle d’un parent n’est pas de supprimer les difficultés de la vie de ses enfants, mais de leur montrer qu’on peut vivre avec, les comprendre, et même en faire une force.

Un message universel, qui dépasse largement le cadre du TDAH.

Et vous, avez-vous déjà eu ce genre de déclic sur votre propre fonctionnement ? Ou accompagnez-vous un proche qui vit avec un TDAH ? N’hésitez pas à partager votre expérience en commentaire.

Passionné et dévoué, j'explore sans cesse les nouvelles frontières de l'information et de la technologie. Pour explorer les options de sponsoring, contactez-nous.