Imaginez une rampe finale si raide que les vélos semblent presque s’arrêter, une chaleur écrasante qui colle le maillot à la peau, et soudain un seul homme qui décide que c’est maintenant ou jamais. Ce lundi, sur les routes brûlantes du Tour d’Oman, c’est exactement ce scénario qui s’est joué au sommet d’Eastern Mountain. Et l’homme en question s’appelle Mauro Schmid.
En quelques coups de pédale rageurs à 200 mètres de la ligne, le Suisse de la formation Jayco-AlUla a transformé une étape piégeuse en véritable déclaration de force. Il s’impose au sprint brutal devant l’Italien Christian Scaroni et s’empare, dans la foulée, du maillot de leader du classement général. Une prise de pouvoir aussi soudaine que méritée.
Un final à couper le souffle sur Eastern Mountain
La troisième étape du Tour d’Oman 2026 restera sans doute gravée dans les mémoires des suiveurs comme l’une des plus intenses de ce début de saison. Le final à Eastern Mountain, avec ses 3,4 kilomètres à 8 % de moyenne et des passages dépassant largement les 12 %, a littéralement fait exploser le peloton. Les organismes déjà éprouvés par la touffeur ont craqué les uns après les autres.
Dans ce décor minéral et impitoyable, un petit groupe d’une dizaine d’unités s’est finalement présenté dans le dernier kilomètre. Presque à l’arrêt sur les pourcentages les plus sévères, les coureurs semblaient chercher leur souffle plutôt que la victoire. C’est alors que Schmid a placé son accélération dévastatrice. Un effort long, puissant, presque rageur. Personne n’a pu le suivre, sauf Scaroni qui a limité la casse en prenant la deuxième place.
L’échappée matinale et la résistance de Veistroffer
Avant ce final explosif, la journée avait déjà offert son lot de rebondissements. Très tôt dans l’étape, le peloton s’est coupé en deux morceaux distincts. Sept coureurs ont réussi à prendre le large, parmi lesquels figurait le porteur du maillot rouge depuis la veille : le Français Baptiste Veistroffer.
Ce dernier, révélation de la deuxième étape grâce à une échappée victorieuse, a longtemps cru pouvoir conserver son maillot une journée de plus. L’échappée a compté jusqu’à plus de trois minutes d’avance. Mais la montée finale, impitoyable, a eu raison des plus téméraires. Repris un à un, les aventuriers ont vu leurs espoirs s’effilocher dans les pourcentages les plus durs.
Veistroffer, malgré un gros caractère et une belle résistance, n’a pas pu suivre le rythme imposé par les cadors dans les derniers hectomètres. Il perd logiquement le maillot de leader, mais prouve une nouvelle fois qu’il faudra compter avec lui sur les courses par étapes du printemps.
Quintana tente, mais Schmid conclut
Une fois l’échappée matinale digérée par le peloton, un autre nom connu a tenté sa chance : Nairo Quintana. Le Colombien, toujours animé par cette envie de briller sur les terrains vallonnés, a placé une offensive tranchante dans le groupe des favoris. Pendant quelques instants, on a cru revoir le Quintana des grands jours.
Malheureusement pour lui, l’effort n’a pas tenu jusqu’au bout. Repris à quelques centaines de mètres de la ligne, il a dû laisser filer les hommes les plus frais. Juste après son retour dans le groupe, Schmid a lancé son sprint définitif, scellant le sort de l’étape et du maillot rouge.
Chutes et malchance dans le final
La nervosité était palpable dans les derniers kilomètres. À environ cinq kilomètres de l’arrivée, une chute a impliqué plusieurs éléments importants de la course. Adam Yates, souvent cité parmi les favoris du classement général, et Valentin Paret-Peintre ont été pris dans le tas.
Le Britannique a réussi l’exploit de revenir sur le groupe de tête malgré tout, mais il était visiblement trop émoussé pour jouer la victoire. Cette mésaventure illustre parfaitement la difficulté de contrôler une course dans des conditions aussi exigeantes physiquement et nerveusement.
Le nouveau visage du classement général
À l’issue de cette troisième étape, le classement général a pris une toute nouvelle physionomie. Mauro Schmid endosse le maillot de leader avec quatre secondes d’avance sur Christian Scaroni, excellent deuxième du jour. Le Norvégien Martin Tjotta complète le podium provisoire à neuf secondes.
Ces écarts encore très faibles annoncent deux dernières journées haletantes. Les bonifications et les éventuels mouvements dans les ascensions restantes pourraient encore tout bouleverser. Le suspense reste donc entier dans le sultanat.
Mauro Schmid, l’homme en feu de ce début 2026
Depuis le début de saison, le Suisse affiche une forme étincelante. Vainqueur déjà sur des profils vallonnés exigeants, il semble avoir franchi un cap cet hiver. Sa capacité à durcir la course et à conclure dans les pourcentages les plus raides impressionne les observateurs.
À seulement 200 mètres de la ligne, alors que tout le monde semblait résigné à un sprint groupé, il a trouvé les ressources pour placer une accélération longue et puissante. Ce type d’effort demande une confiance énorme et une condition physique au top. Schmid coche toutes les cases en ce mois de février.
Christian Scaroni confirme son excellent début d’année
Deuxième de l’étape et deuxième du général, l’Italien de la formation XDS-Astana réalise lui aussi une très belle entame de saison. Toujours placé dans les moments décisifs, il a su résister au retour de Schmid plus longtemps que les autres. Une belle confirmation pour ce coureur souvent discret mais très régulier.
Martin Tjotta, la surprise norvégienne
À seulement 23 ans, le Norvégien de Uno-X Mobility signe une très belle troisième place d’étape et s’installe sur le podium provisoire du général. Sa présence parmi les meilleurs sur une arrivée aussi sélective montre que la nouvelle génération scandinave continue de progresser à grands pas.
Et les Français dans tout ça ?
Outre la belle performance de Baptiste Veistroffer pendant deux jours, plusieurs tricolores ont tenté leur chance. Valentin Paret-Peintre, malgré sa chute, reste dans la course au général et pourrait jouer un rôle important lors des prochaines étapes. Les Bleus sont bien présents dans cette épreuve du Moyen-Orient.
Ce qui attend les coureurs lors des deux dernières étapes
Avec des écarts aussi réduits, les deux dernières journées s’annoncent explosives. Une étape vallonnée et un possible final en faux-plat montant ou une arrivée au sprint pour puncheurs pourraient encore redistribuer les cartes. Les bonifications aux arrivées et aux sprints intermédiaires prendront tout leur sens.
Schmid aura la lourde tâche de contrôler la course tout en gardant des cartouches pour répondre aux attaques. Scaroni et Tjotta, eux, n’ont rien à perdre et joueront certainement leur va-tout. Sans oublier les coureurs qui ont perdu du temps suite à des chutes ou à des défaillances passagères : ils pourraient revenir dans la danse.
Les clés pour conserver ou reprendre le maillot rouge
Pour Schmid, l’équation est claire : éviter les prises de risques inutiles, surveiller les hommes à moins de dix secondes et garder un maximum d’énergie pour les moments décisifs. Son équipe Jayco-AlUla possède plusieurs coureurs expérimentés qui peuvent l’épauler efficacement.
Pour ses poursuivants, l’objectif sera d’isoler le leader, de multiplier les offensives et d’espérer un moment de faiblesse du Suisse. Dans une course de six jours, la fraîcheur du dernier jour peut parfois faire la différence.
Pourquoi le Tour d’Oman gagne en importance chaque année
Longtemps considéré comme une simple course de préparation, le Tour d’Oman s’est imposé comme un véritable test de début de saison. Le mélange de chaleur, de vent, de routes rapides et d’arrivées sélectives en fait une épreuve très complète.
De plus en plus d’équipes WorldTour alignent leurs leaders ou leurs lieutenants en vue des grandes classiques printanières et des premiers Grands Tours. Cette édition 2026 confirme cette tendance : le plateau est relevé et les enseignements nombreux.
Pour les coureurs en quête de confiance, pour ceux qui cherchent à se relancer ou pour les jeunes talents qui veulent se faire remarquer, le Tour d’Oman est devenu une vitrine incontournable. Et cette troisième étape en est la parfaite illustration.
Conclusion : un leader incontestable… pour l’instant
Mauro Schmid a frappé un grand coup ce lundi. Sa victoire d’étape et sa prise de pouvoir au général ne doivent rien au hasard. Mais le cyclisme reste un sport imprévisible, surtout sur une épreuve courte et intense comme celle-ci.
Deux jours restent à disputer. Deux jours pendant lesquels tout peut encore arriver. Le suspense est relancé et les amateurs de cyclisme ont de quoi vibrer jusqu’à la dernière ligne droite. Rendez-vous très vite pour la suite de ce Tour d’Oman 2026 qui s’annonce passionnant jusqu’au bout.
« Quand j’ai senti que personne ne pouvait me suivre, j’ai tout donné. C’était l’objectif du jour : gagner l’étape et prendre le maillot. Mission accomplie. »
— Mauro Schmid après l’arrivée
Maintenant, place aux prochaines batailles. Le peloton se prépare déjà pour une quatrième étape qui pourrait réserver de nouveaux rebondissements. Le Tour d’Oman n’a pas fini de nous surprendre.









