Imaginez une descente où chaque virage teste vos réflexes, où la neige vierge crisse sous les spatules et où l’inclinaison vous donne l’impression de plonger dans le vide. C’est exactement ce que vivent actuellement les meilleurs spécialistes mondiaux de la discipline des bosses à Livigno, en Italie. Cette piste, choisie pour accueillir les épreuves olympiques de ski freestyle en 2026, suscite déjà un enthousiasme rare dans le camp tricolore.
Alors que les Jeux approchent à grands pas, les athlètes français découvrent avec plaisir un tracé qui semble taillé sur mesure pour leurs qualités techniques et leur style agressif. Perrine Laffont, championne olympique en 2018, ne cache pas son sourire après chaque run d’entraînement.
Une piste qui fait déjà rêver les spécialistes des bosses
Depuis les premiers entraînements sous un soleil éclatant, les commentaires fusent du côté des Bleus. Cette piste n’est pas une simple succession de monticules : elle raconte une histoire de difficulté assumée, de challenge technique et de recherche permanente de fluidité. Les premières descentes ont permis de se faire une idée précise du défi qui attend les concurrents dès les qualifications.
Un profil raide et exigeant qui récompense les plus complets
Avec une inclinaison moyenne de 27 degrés sur une longueur de 250 mètres, le tracé ne laisse aucun répit. La pente soutenue oblige les skieurs à maintenir une position basse et une absorption parfaite tout au long de la descente. Les bosses, sculptées par une neige naturelle récente, prennent souvent la forme de pyramides bien marquées, ce qui accentue encore le caractère sélectif du parcours.
Les sauts, espacés d’environ 150 mètres, demandent une précision chirurgicale. Un mauvais timing à la réception et c’est toute la ligne qui se désorganise. Cette configuration longue et pentue met en avant les athlètes capables de produire du ski propre malgré la fatigue qui monte rapidement dans les jambes.
« C’est une piste technique et spectaculaire : elle est raide, longue, avec de grosses bosses. Elle demande un fort engagement physique et une adaptation technique pour que ça fonctionne. »
Cette analyse résume parfaitement l’état d’esprit du staff français. Le tracé ne pardonne pas les approximations et c’est précisément ce qui plaît à une équipe habituée à travailler dans les conditions les plus exigeantes.
Perrine Laffont : quand l’expérience rencontre une piste idéale
Double championne du monde en titre et sextuple lauréate du globe de cristal, Perrine Laffont arrive à Livigno avec un statut particulier. Après une médaille d’or à PyeongChang puis une quatrième place frustrante à Pékin, la Pyrénéenne espère bien renouer avec le podium olympique. Et cette piste pourrait bien être son meilleur allié.
Lors du test event organisé l’année précédente sur le même site, elle avait signé deux performances de haut niveau : une deuxième place en simple et une troisième en duel. Même si le départ a été surélevé depuis, augmentant encore la difficulté initiale, la skieuse de 27 ans conserve une confiance intacte.
Elle insiste particulièrement sur la qualité exceptionnelle de la neige naturelle. Après plusieurs saisons marquées par des conditions souvent artificielles, skier sur une poudreuse récente représente un vrai bonheur pour les athlètes. Cette sensation de glisse fluide renforce encore son optimisme à quelques jours des premières manches qualificatives.
« Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas eu une qualité de neige comme ça, de la neige naturelle, c’est hyper agréable à skier. C’est vraiment cool d’avoir une course olympique dans ces conditions. »
Ces mots traduisent un enthousiasme sincère. Pour une athlète qui a construit sa carrière sur une technique irréprochable et une lecture parfaite du terrain, ce genre de piste offre un terrain de jeu idéal.
Préparation minutieuse : l’avantage du stage de Tignes
L’équipe de France n’a pas attendu d’arriver en Italie pour se préparer à ce type de profil. Dès le mois de janvier, lors d’un stage à Tignes, les entraîneurs ont recréé une réplique aussi fidèle que possible du futur tracé olympique, en s’inspirant du parcours historique des JO d’Albertville 1992.
Cette initiative visionnaire a permis aux skieurs de travailler spécifiquement les enchaînements rapides, l’absorption dans les bosses pyramïdales et la gestion de l’engagement physique sur une longue distance. Gagner plusieurs semaines d’adaptation représente un avantage compétitif non négligeable à l’approche d’un rendez-vous aussi important.
Le staff a ainsi pu affiner les trajectoires, tester différents réglages de skis et surtout habituer les organismes à l’effort prolongé que demande une telle descente. Cette préparation ciblée explique en grande partie la sérénité affichée par le groupe tricolore depuis le début du rassemblement olympique.
Les autres Français séduits par le challenge proposé
Perrine Laffont n’est pas la seule à apprécier les lieux. Camille Cabrol, qui monte en puissance ces derniers mois, qualifie sans hésiter Livigno de « plus belle piste de la saison ». Pour elle, ce tracé devrait logiquement faire émerger les meilleures spécialistes mondiales, celles capables de combiner vitesse, technique et style.
Chez les hommes, Benjamin Cavet partage cet avis. Le double vice-champion du monde souligne la beauté des bosses naturelles et la nécessité d’une absorption agressive pour rester sur la ligne idéale. Lui aussi se sent à l’aise sur ce genre de neige et sur ce profil exigeant.
« La neige naturelle tombée ces derniers jours a formé les bosses d’une très belle façon, pas mal en pyramide, ça peut vite nous éjecter vers l’extérieur. Il faut avoir un bon timing et être très agressif avec son absorption pour pouvoir maintenir la ligne. Moi, ça me plaît beaucoup comme ça. »
Ces retours concordants montrent que l’équipe de France arrive à Livigno avec un moral au beau fixe et une confiance renforcée par un tracé qui correspond à ses qualités collectives.
Quelles clés pour briller sur ce tracé si particulier ?
Pour espérer sortir du lot sur une piste de cette envergure, plusieurs éléments deviennent déterminants :
- Une absorption irréprochable dans les bosses pour conserver la vitesse
- Une ligne directe et agressive sans dévier de la trajectoire idéale
- Une excellente gestion de l’énergie sur la partie centrale longue et fatigante
- Des sauts amples et maîtrisés avec des réceptions propres
- Une condition physique au top pour résister jusqu’à la fin du run
Ces cinq points reviennent constamment dans les débriefings des entraîneurs. L’équipe française a travaillé précisément ces aspects depuis plusieurs mois, avec une attention particulière portée à la résistance physique et à la précision technique.
Un décor enchanteur au cœur de la station
Au-delà des qualités purement sportives, le site de Livigno offre un cadre exceptionnel. Située en plein centre de la station, la piste est entourée de sapins enneigés qui donnent une impression de calme et de sérénité malgré l’intensité de la compétition. Les spectateurs, attendus au nombre de 3 000 environ, profiteront d’une vue imprenable sur les descentes.
Cette proximité entre le village olympique et le stade de bosses crée une ambiance particulière, presque intimiste pour un événement de cette envergure. Les athlètes apprécient de pouvoir rejoindre facilement le départ après un échauffement sur neige, sans longs transferts en navette.
Les qualifications dès mardi : premier verdict
Les premières réponses concrètes arriveront très vite. Dès mardi, les qualifications lanceront véritablement la compétition pour l’ensemble du groupe France. Hommes et femmes devront montrer dès les premières descentes qu’ils maîtrisent ce tracé si particulier et qu’ils sont capables de produire le ski complet exigé par les juges.
Pour Perrine Laffont, l’objectif est clair : confirmer les bonnes sensations des entraînements et se positionner idéalement pour la suite de la compétition. Les Bleus savent que cette piste peut leur permettre d’exprimer tout leur potentiel. Reste désormais à transformer ces belles promesses en résultats concrets sous la pression olympique.
La station italienne a clairement mis la barre très haut en termes d’exigence technique. Mais c’est précisément ce niveau de difficulté qui fait vibrer les meilleurs spécialistes mondiaux et qui donne tout son sens à la quête d’une médaille olympique. Les Français semblent prêts à relever le défi avec détermination et enthousiasme.
Dans les prochains jours, chaque run comptera double. Entre la neige parfaite, le tracé sélectif et la confiance affichée par le clan tricolore, tous les ingrédients sont réunis pour vivre une belle parenthèse sportive au cœur des Alpes italiennes. Les amateurs de bosses ont rendez-vous avec un spectacle de très haut niveau.
À suivre donc, avec attention et passion, les performances des Bleus sur cette piste qui pourrait bien écrire l’une des plus belles pages de leur histoire olympique.









