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Israël Renforce son Contrôle sur la Cisjordanie Occupée

Le cabinet israélien approuve des mesures radicales pour étendre son contrôle sur la Cisjordanie, y compris en zones palestiniennes. Suppression d'interdictions foncières, gestion de sites saints... Un pas décisif qui enterre l'idée d'un État palestinien ? Les détails qui changent tout...
Le cabinet de sécurité israélien a récemment approuvé une série de mesures qui marquent un tournant significatif dans la gestion de la Cisjordanie occupée. Ces décisions, dévoilées début février 2026, visent à renforcer l’emprise administrative et juridique d’Israël sur ce territoire, y compris dans des zones traditionnellement placées sous l’autorité de l’Autorité palestinienne. Au cœur de ce dispositif : la suppression d’anciennes restrictions foncières, une extension des pouvoirs israéliens sur des sites sensibles, et une simplification des procédures pour les implantations. Ces évolutions interviennent dans un contexte où la colonisation connaît une accélération inédite, suscitant de vives réactions de part et d’autre.

Un renforcement historique du contrôle israélien en Cisjordanie

La Cisjordanie, occupée par Israël depuis la guerre de 1967, reste un territoire au cœur des tensions israélo-palestiniennes. Avec environ trois millions de Palestiniens et plus de 500 000 Israéliens installés dans des colonies considérées comme illégales par le droit international, la région est divisée en zones A, B et C selon les accords d’Oslo. Les zones A et B relèvent en principe de l’administration palestinienne, tandis que la zone C est sous contrôle israélien total. Les nouvelles mesures approuvées par le cabinet de sécurité viennent bouleverser cet équilibre fragile en étendant l’autorité israélienne bien au-delà de la zone C.

Ces décisions ne surgissent pas de nulle part. Elles s’inscrivent dans une dynamique plus large d’expansion des implantations, qui a connu un pic record en 2025 selon les observations des Nations unies. Le gouvernement israélien avance que ces changements répondent à des impératifs sécuritaires, nationaux et historiques, tout en luttant contre des problèmes concrets comme les infractions liées à l’eau, les atteintes aux sites archéologiques ou les pollutions environnementales affectant l’ensemble de la région.

La fin des restrictions sur l’achat de terres par les Juifs

L’une des mesures les plus symboliques concerne l’abrogation de réglementations datant de l’administration jordanienne, avant 1967. Ces règles interdisaient aux Juifs d’acheter des terres en Cisjordanie. Leur suppression ouvre désormais la voie à des acquisitions foncières plus faciles pour les citoyens israéliens. Les autorités prévoient également de déclassifier certains registres fonciers, facilitant ainsi les transactions et les achats proactifs de terres par l’État pour les besoins des colonies futures.

Cette évolution est présentée comme une normalisation : elle vise à lever des barrières discriminatoires anciennes et à permettre un développement égal pour tous les résidents. Pour les partisans de ces réformes, il s’agit de consolider la présence israélienne sur ce qu’ils appellent la « Terre d’Israël », en enterrant définitivement l’idée d’un État palestinien indépendant.

Nous approfondissons nos racines dans toutes les régions de la Terre d’Israël et enterrons l’idée d’un État palestinien.

Figure de l’extrême droite israélienne, ministre chargé des affaires civiles en Cisjordanie

Cette déclaration reflète la vision d’une partie du gouvernement, qui voit dans ces mesures un pas décisif vers une intégration accrue du territoire. Le ministre de la Défense a pour sa part insisté sur le caractère stratégique de la région, qualifiée de cœur historique et sécuritaire du pays.

Extension de l’autorité israélienne sur des sites religieux sensibles

Parmi les autres dispositions, les autorités israéliennes obtiennent désormais le droit d’administrer certains lieux saints, même s’ils se trouvent dans des zones sous contrôle palestinien. Cela concerne particulièrement le Caveau des Patriarches à Hébron, connu aussi sous le nom de mosquée d’Ibrahim, un site majeur pour le judaïsme, le christianisme et l’islam. La tombe de Rachel à Bethléem fait également partie des lieux concernés.

À Hébron, où une communauté de colons vit au cœur de la ville sous forte protection militaire, les procédures de construction seront simplifiées. Auparavant, les permis devaient obtenir l’aval à la fois de la municipalité palestinienne et des autorités israéliennes ; désormais, seul l’État israélien décidera. Cette mesure vise à accélérer les projets d’implantations dans cette ville volatile, souvent théâtre de tensions.

Ces changements touchent à des symboles puissants. Le Caveau des Patriarches est un lieu de culte partagé mais aussi de conflits récurrents. Transférer son administration à Israël renforce la présence juive sur ces sites, tout en modifiant l’équilibre religieux et politique local.

Renforcement de la lutte contre les infractions en zones A et B

Le cabinet justifie une partie de ces mesures par la nécessité de combattre des violations environnementales, hydriques et archéologiques qui affecteraient l’ensemble de la Cisjordanie. Désormais, les autorités israéliennes pourront intervenir directement dans les zones A et B pour faire respecter les normes liées à l’eau, aux sites anciens ou à la pollution. Cela inclut la possibilité de sanctions contre des constructions non autorisées ou des pratiques jugées nuisibles.

Cette extension d’autorité est présentée comme une réponse à des problèmes concrets qui transcendent les divisions administratives. Les pollutions ou les atteintes archéologiques n’ont pas de frontières, argue-t-on du côté israélien, et nécessitent une coordination renforcée. Pourtant, ces interventions directes dans des zones palestiniennes sont perçues comme une ingérence supplémentaire dans les affaires de l’Autorité palestinienne.

Réactions palestiniennes et internationales face à ces évolutions

Du côté palestinien, la présidence à Ramallah a fermement condamné ces décisions. Elles sont vues comme une tentative d’approfondir l’annexion de facto de la Cisjordanie, en sapant les bases des accords existants et en légalisant l’expansion des colonies. Les autorités palestiniennes dénoncent un processus qui rendrait impossible la création d’un État viable, en fragmentant davantage le territoire.

Ces mesures visent à approfondir les tentatives d’annexion de la Cisjordanie occupée.

Présidence palestinienne

Les organisations représentant les colons, de leur côté, ont salué ces avancées comme une reconnaissance que la Terre d’Israël appartient au peuple juif. Elles voient dans ces réformes une normalisation bienvenue pour les résidents des implantations.

Sur le plan international, ces mesures s’inscrivent dans un contexte où la colonisation est régulièrement critiquée. Les Nations unies ont déjà signalé que 2025 a marqué un record en termes d’avancées des colonies depuis 2017, avec des dizaines de milliers de logements approuvés ou lancés. Ces chiffres illustrent une tendance à l’accélération, que les nouvelles règles pourraient encore amplifier.

Contexte plus large : une colonisation en pleine expansion

Depuis plusieurs années, les implantations en Cisjordanie connaissent une croissance soutenue. En 2025, les indicateurs ont atteint des sommets inédits, avec une multiplication des plans de construction. Cela inclut la création ou la régularisation de nouvelles colonies, parfois sur des sites évacués par le passé. Ces développements s’accompagnent souvent de violences, d’expulsions et de démolitions, forçant des milliers de Palestiniens à quitter leurs foyers.

Les accords d’Oslo, signés dans les années 1990, avaient prévu une division temporaire du territoire en attendant des négociations finales. Près de trente ans plus tard, la zone C reste largement sous contrôle israélien, et les zones A et B voient leur autonomie grignotée par ces nouvelles mesures. Pour beaucoup d’observateurs, cela rend de plus en plus difficile la perspective d’un État palestinien contigu et souverain.

Les justifications sécuritaires et historiques avancées par les autorités israéliennes contrastent avec les craintes d’une annexion rampante. Le débat reste vif : s’agit-il de protéger des intérêts nationaux légitimes ou de consolider une occupation prolongée ? Les faits montrent une augmentation constante de la présence israélienne, tant démographique que juridique.

Impacts potentiels sur le terrain et les populations

Sur le terrain, ces changements pourraient accélérer les constructions dans des zones sensibles comme Hébron. Les colons pourraient bénéficier de procédures plus rapides, tandis que les Palestiniens risquent de voir leurs droits fonciers davantage challengés. Les achats de terres facilités pourraient mener à une fragmentation accrue des propriétés palestiniennes.

Les sites religieux, déjà sources de tensions, pourraient devenir des points de friction supplémentaires. À Hébron, la coexistence difficile entre communautés pourrait s’en trouver exacerbée. De même, les interventions environnementales ou archéologiques en zones palestiniennes pourraient servir de prétexte à des démolitions ou à des saisies.

Pour les Palestiniens, ces mesures renforcent le sentiment d’asphyxie. Avec une population jeune et des perspectives économiques limitées, la perte de contrôle sur des pans entiers du territoire pèse lourd. Du côté israélien, les partisans y voient une opportunité de développement et de sécurité accrue.

Perspectives d’avenir dans un climat tendu

Ces décisions interviennent à un moment où la région reste marquée par des violences récurrentes. Les chiffres des Nations unies montrent une escalade des incidents impliquant colons et forces de sécurité. Les déplacements forcés de populations palestiniennes se poursuivent, accentuant les difficultés humanitaires.

Les négociations de paix semblent plus éloignées que jamais. Les positions se radicalisent : d’un côté, l’affirmation d’une souveraineté indivisible sur la « Judée-Samarie » ; de l’autre, la défense d’un droit à l’autodétermination. Ces mesures pourraient compliquer davantage tout retour à la table des discussions.

En définitive, la Cisjordanie se trouve à un carrefour. Les réformes approuvées visent à ancrer durablement la présence israélienne, mais elles ravivent les craintes d’une annexion de fait. Le territoire, riche d’histoire et de significations religieuses, reste un enjeu central pour l’avenir de la région. Les prochains mois diront si ces changements modifient réellement la donne sur le terrain ou s’ils accentuent simplement les divisions existantes.

La situation évolue rapidement, et ces mesures s’ajoutent à une longue série d’actions qui redessinent progressivement la carte politique et humaine de la Cisjordanie. Pour les habitants, qu’ils soient Palestiniens ou Israéliens, l’impact quotidien pourrait se faire sentir dans les mois à venir, des procédures administratives aux réalités sécuritaires.

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