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Sonia Mabrouk : Pourquoi Elle Reste Visible sur CNews Après Sa Démission

Sonia Mabrouk claque la porte de CNews dans un geste fort… mais les téléspectateurs risquent de la revoir quand même très prochainement à l’écran. Comment est-ce possible ? Le mystère réside dans un détail contractuel surprenant…

Le vendredi 6 février 2026, un message posté sur les réseaux sociaux a secoué le petit monde des médias français. Une voix bien connue, respectée pour sa rigueur et son franc-parler, annonçait son départ d’une chaîne d’information en continu. Beaucoup y ont vu la fin d’une ère. Pourtant, la réalité s’avère bien plus nuancée, presque paradoxale. Car malgré ce départ officialisé, il est très probable que le public continue de voir cette journaliste à l’antenne dans les jours, voire les semaines à venir. Bienvenue dans l’un des cas les plus intrigants du paysage audiovisuel français récent.

Un départ annoncé… qui n’efface pas complètement la présence à l’écran

Quand une personnalité publique annonce sa démission d’un média aussi exposé que CNews, l’opinion imagine généralement un couperet définitif : plus d’antenne, plus de maquillage, plus de studio. La décision semble irrévocable. Et pourtant, dans le cas qui nous occupe, les choses sont loin d’être aussi tranchées. La journaliste en question n’a pas rompu tous les liens qui la rattachent à l’univers Bolloré. Une partie de son activité perdure… et cette partie est visible à la télévision.

Ce paradoxe apparent mérite qu’on s’y attarde. Il révèle la complexité croissante des contrats dans l’audiovisuel français, où radio et télévision s’entremêlent de plus en plus souvent. Il met aussi en lumière les stratégies des groupes médias qui cherchent à conserver des visages familiers même après un départ officiel d’une antenne.

Le contexte : une décision motivée par un principe fort

Le déclencheur de cette démission est connu de tous ceux qui suivent l’actualité médiatique. Le maintien à l’antenne d’un animateur condamné définitivement a été perçu par beaucoup comme une ligne rouge infranchissable. Pour la journaliste, rester dans un tel environnement devenait incompatible avec ses valeurs professionnelles et personnelles. Elle l’a exprimé sans détour dans un message clair et argumenté publié sur les réseaux sociaux.

Cette prise de position n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans un moment où plusieurs voix s’élèvent pour questionner les choix éditoriaux de certaines chaînes. En claquant la porte, elle envoie un signal fort à ses pairs, aux téléspectateurs et surtout à la direction de la chaîne.

« Suite à ma démission de mon poste à @cnews au vu des récents évènements, j’ai été informée par la direction que je suis “dispensée” du préavis d’1 mois sur cette même antenne. »

Ces mots, publiés quelques jours après l’annonce initiale, montrent une volonté de transparence. Ils soulignent aussi que la séparation n’a pas été conflictuelle sur le plan administratif : la chaîne a choisi de ne pas imposer le préavis. Un geste qui peut être interprété de plusieurs façons.

La clé du mystère : une émission radio codiffusée sur la télévision

Voici où tout se complique… et où tout s’explique. La journaliste anime depuis plusieurs années une matinale très écoutée sur une grande station de radio généraliste. Cette émission, diffusée chaque matin à 8h13, s’appelle La Grande Interview. Elle reçoit des personnalités politiques, économiques, culturelles ou sociétales.

Ce qui change la donne, c’est que cette interview radio est également proposée en simultané – ou presque – sur la chaîne d’information en continu. Autrement dit : quand la journaliste pose ses questions dans le studio radio, des caméras filment la scène et l’image est envoyée sur l’antenne télévisée. C’est une pratique courante aujourd’hui entre certaines radios et chaînes du même groupe.

Elle a clairement indiqué qu’elle n’avait pas démissionné de la radio. Elle reste donc salariée de la station et continuera d’animer cette tranche horaire stratégique. Par voie de conséquence, elle continuera d’être filmée… et donc visible sur la chaîne dont elle vient de quitter le salariat direct.

Un cas d’école de la convergence radio-télé

Ce phénomène n’est pas nouveau, mais il s’est considérablement accéléré ces dernières années. Les grands groupes audiovisuels cherchent à maximiser la rentabilité de leurs contenus en les diffusant sur plusieurs supports. Une interview de trente minutes préparée pour la radio peut ainsi devenir une séquence forte pour la télévision sans coût supplémentaire majeur.

Dans le cas présent, la journaliste perd son rôle principal d’animatrice d’un journal télévisé de mi-journée sur CNews, mais conserve son rendez-vous matinal sur la radio… et donc sur la télévision. Elle ne sera plus « la » figure du canal 16 à midi, mais elle restera une voix (et un visage) du matin.

  • Perte du JT de la mi-journée sur CNews
  • Maintien de l’interview quotidienne à 8h13 sur la radio
  • Codiffusion systématique de cette interview sur la chaîne info
  • Visibilité conservée chaque matin à l’antenne malgré la démission

Ce schéma illustre parfaitement la porosité actuelle entre radio et télévision dans certains groupes. Il pose aussi des questions intéressantes sur la définition même d’un « départ » d’une chaîne.

Quelle liberté éditoriale pour l’avenir ?

Une interrogation légitime se pose désormais : jusqu’à quel point la journaliste restera-t-elle libre dans le choix de ses invités et dans la tonalité de ses questions ? Puisqu’elle n’est plus salariée de la chaîne d’information, mais seulement de la radio, son lien hiérarchique direct avec la direction télévisuelle disparaît. Cela pourrait théoriquement lui offrir une plus grande marge de manœuvre éditoriale le matin.

Beaucoup d’observateurs attendent de voir si son ton, parfois percutant, restera inchangé ou si des pressions indirectes se feront sentir. Les prochaines semaines seront donc scrutées avec attention.

Les réactions du public et des professionnels

Sur les réseaux sociaux, les réactions sont contrastées. Certains saluent le courage de la décision initiale et comprennent le maintien sur la radio. D’autres dénoncent une forme d’hypocrisie ou de demi-mesure. « Elle part… mais elle reste », résument ironiquement plusieurs commentaires.

Du côté des professionnels, on observe plutôt une forme de fatalisme. « C’est le jeu des groupes intégrés », confie un journaliste sous couvert d’anonymat. « Aujourd’hui, quand on quitte une antenne, on quitte rarement tout le groupe. Il y a toujours une case où l’on peut être recyclé. »

Que nous apprend ce cas sur le journalisme en 2026 ?

Ce feuilleton médiatique dépasse largement la personne concernée. Il cristallise plusieurs mutations profondes du secteur :

  1. La porosité croissante entre radio et télévision au sein des mêmes groupes
  2. La difficulté pour un journaliste de couper réellement les ponts avec un employeur puissant
  3. L’importance prise par les réseaux sociaux dans l’annonce et la gestion des départs
  4. La persistance du visage humain comme valeur refuge pour une chaîne d’information
  5. Le poids des principes personnels face aux logiques économiques et contractuelles

Autant de sujets qui dépassent largement le cadre d’une seule personnalité et qui interrogent l’avenir du journalisme télévisé et radiophonique en France.

Et demain ?

La journaliste a laissé entendre qu’elle avait « d’autres pistes ». Restera-t-elle uniquement sur la radio ? Acceptera-t-elle de nouvelles collaborations audiovisuelles ailleurs ? Ou bien continuera-t-elle ce curieux statut hybride pendant plusieurs mois ?

Une chose est sûre : les matinales du lundi 9 février 2026 et des jours suivants seront regardées avec un œil nouveau. Les téléspectateurs qui allumeront leur poste vers 8h10 auront la réponse sous les yeux : oui, malgré tout, elle est toujours là.

Et c’est précisément ce « malgré tout » qui rend cette histoire si singulière et si révélatrice des paradoxes de l’audiovisuel français en 2026.

À suivre donc… très attentivement.

Petite réflexion personnelle : Dans un monde où l’image et la voix sont devenues des actifs stratégiques, quitter une antenne n’est plus aussi simple qu’autrefois. Le visage familier reste parfois le dernier rempart avant le changement de grille… même quand la personne a décidé de partir.

Le paysage audiovisuel français réserve encore bien des surprises. Et cette affaire en est une illustration frappante.

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