Le marché des cryptomonnaies traverse actuellement l’une de ses phases les plus sombres depuis plusieurs années. Les prix chutent les uns après les autres, la peur domine les portefeuilles et les réseaux sociaux bruissent de panique et de capitulation. C’est précisément dans ce contexte tendu que Charles Hoskinson, le fondateur de Cardano, a choisi de s’exprimer sans filtre lors d’une diffusion en direct depuis Tokyo.
Loin des discours lénifiants habituels, il a lâché une phrase qui résonne encore : « Ça va empirer. Ça va devenir plus rouge. » Une déclaration brute, presque brutale, qui contraste avec l’image parfois trop policée des leaders crypto. Mais derrière cette franchise se cache une réflexion beaucoup plus profonde sur l’avenir de la blockchain et sur ce que représente vraiment Cardano aujourd’hui.
Un message clair dans la tempête rouge
Quand les graphiques virent au rouge écarlate, la plupart des acteurs du secteur préfèrent se taire ou multiplier les promesses rassurantes. Hoskinson a opté pour l’inverse. Il n’a pas cherché à minimiser la gravité de la situation. Au contraire, il l’a nommée, presque assumée.
Selon lui, la baisse actuelle n’est pas un simple soubresaut passager. Elle pourrait encore s’aggraver sensiblement avant de toucher un point bas. Cette lucidité inhabituelle dans le milieu crypto a immédiatement fait réagir la communauté : certains y voient du réalisme salutaire, d’autres une forme de défaitisme venant d’un des principaux acteurs du secteur.
Plus de 3 milliards perdus… et pourtant toujours là
Pour contrer les accusations récurrentes selon lesquelles les fondateurs de projets crypto seraient à l’abri des tempêtes financières, Charles Hoskinson a livré un chiffre choc : il estime avoir perdu personnellement plus de 3 milliards de dollars au cours des différents cycles baissiers qu’il a traversés depuis ses débuts dans l’écosystème.
« J’ai perdu plus d’argent que n’importe qui parmi vous qui m’écoute », a-t-il lancé, avant d’ajouter qu’il aurait pu quitter le secteur depuis longtemps s’il avait été uniquement motivé par l’appât du gain. Ce témoignage personnel vise à rappeler une réalité souvent oubliée : les figures emblématiques du crypto ne sont pas forcément des multimilliardaires intouchables. Beaucoup ont vu leur fortune fondre à plusieurs reprises… et ont continué malgré tout.
« Je reste ici par conviction, pas pour l’argent. »
Cette phrase résume probablement le mieux la posture actuelle d’Hoskinson : un mélange de résilience, de pragmatisme et d’idéalisme technologique.
Cardano entre dans sa phase de commercialisation
Malgré le contexte macroéconomique défavorable, le fondateur de Cardano a tenu à souligner que son réseau arrive aujourd’hui à maturité après des années de développement intense. Selon lui, Cardano est désormais entièrement décentralisé et les mécanismes de gouvernance sont opérationnels.
« L’infrastructure est solide. Nous sommes prêts pour la commercialisation », a-t-il affirmé. Cette étape marque un tournant majeur pour le projet qui a souvent été critiqué pour son rythme de développement jugé trop lent par rapport à certains concurrents plus orientés « move fast and break things ».
Parmi les chantiers les plus attendus :
- Hydra, la solution de scaling layer-2 qui promet des performances très élevées
- Midnight, le projet axé sur la confidentialité et la protection des données
- StarStream, qui vise à ouvrir de nouveaux cas d’usage au-delà de la simple spéculation
Ces initiatives doivent permettre à Cardano de passer du statut de blockchain de recherche à celui d’infrastructure capable d’accueillir des applications concrètes et massives dans le monde réel.
La blockchain comme réponse aux failles du système actuel
Hoskinson n’a pas hésité à élargir considérablement le débat. Pour lui, les difficultés actuelles du marché crypto ne doivent pas masquer une réalité plus profonde : les systèmes financiers et politiques traditionnels arrivent à leurs limites dans un monde globalisé, multipolaire et technologiquement accéléré.
« La seule façon de diriger un monde comme celui-ci, c’est via une cryptomonnaie », a-t-il déclaré. Il défend l’idée que les blockchains offrent des règles claires, transparentes et automatisées, bien plus adaptées aux défis du XXIᵉ siècle que les institutions centralisées héritées du XXᵉ.
Parmi les grandes forces qu’il identifie comme accélérateurs de cette transition :
- L’intelligence artificielle qui bouleverse les modèles économiques
- Les changements démographiques majeurs à l’échelle planétaire
- L’effondrement progressif de la confiance dans les institutions traditionnelles
Dans ce contexte, les cryptomonnaies ne seraient plus seulement un actif spéculatif, mais bien un outil de coordination économique globale.
Rester présent, même quand tout est rouge
À l’heure où beaucoup d’acteurs du secteur réduisent leurs ambitions ou disparaissent discrètement, Hoskinson a tenu à terminer sur une note d’engagement total :
« Je serai avec vous les jours rouges comme les jours verts. Je ne pars nulle part. »
Cette promesse résonne particulièrement dans une communauté éprouvée par la multiplication des mauvaises nouvelles. Elle rappelle aussi que les grands cycles crypto ont toujours été marqués par des moments de désespoir collectif… suivis, parfois des années plus tard, de phases d’euphorie tout aussi extrêmes.
Pourquoi ce discours marque les esprits
Plusieurs éléments expliquent pourquoi les propos tenus ce jour-là ont eu un tel retentissement :
- La franchise inhabituelle sur la gravité possible de la chute à venir
- Le chiffre choc des 3 milliards perdus personnellement
- L’affirmation que Cardano est enfin prêt pour le monde réel
- La vision géopolitique et civilisationnelle très large
- L’engagement personnel affiché malgré les pertes colossales
Tous ces ingrédients ont créé un cocktail puissant : à la fois lucide, courageux et porteur d’espoir. Dans un univers où l’on oscille souvent entre promesses trop belles et déni de réalité, ce positionnement équilibré a touché une corde sensible.
Et maintenant ? Perspectives pour Cardano et le marché
Si l’on en croit Hoskinson, le pire est peut-être encore devant nous… mais il ne faudrait pas pour autant abandonner les fondamentaux. Pour Cardano, les prochains mois devraient être ceux de la démonstration : passer des mots aux actes, des testnets aux déploiements massifs, des concepts aux applications utilisées par des centaines de milliers de personnes.
Du côté du marché global, plusieurs scénarios restent ouverts :
- Une capitulation profonde suivie d’un nouvel hiver crypto de plusieurs années
- Une stabilisation progressive grâce à l’arrivée de capitaux institutionnels
- Une reprise inattendue liée à un événement macroéconomique majeur
- Une divergence croissante entre les blockchains utilitaires solides et les projets purement spéculatifs
Dans tous les cas, la posture adoptée par Hoskinson semble claire : continuer à construire, coûte que coûte, même quand les prix hurlent le contraire.
Leçon de résilience dans un secteur impitoyable
Ce qui ressort finalement de cette intervention, c’est une forme de maturité. Accepter que les marchés peuvent encore plonger très bas, tout en continuant à croire profondément en la technologie blockchain, demande une force mentale peu commune.
Le message adressé à la communauté est limpide : les vrais bâtisseurs ne disparaissent pas quand les graphiques deviennent rouges. Ils restent, ils construisent, ils attendent. Et parfois, ils gagnent.
Dans un secteur où la mémoire est courte et les émotions fortes, ce rappel tombe à pic. Il reste maintenant à voir si Cardano saura transformer toutes ces années de recherche et de développement en cas d’usage concrets et massivement adoptés. Le chemin s’annonce encore long… et potentiellement très rouge avant de reverdir.
À retenir : Même quand tout semble s’effondrer, certains continuent de construire. Et parfois, ce sont eux qui gagnent à la fin.
Le marché continuera de tester la foi des participants. La question n’est plus de savoir si ça va être dur… mais plutôt qui aura la force de rester jusqu’au bout.









