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Bad Bunny : Porto Rico à l’honneur au Super Bowl

Bad Bunny va faire vibrer le Super Bowl avec un show entièrement en espagnol, une première historique. Il promet de mettre Porto Rico à l’honneur, mais ce choix divise déjà profondément aux États-Unis. Pourquoi tant de colère ? La réponse dans l’article…

Imaginez la plus grande scène du monde, des dizaines de milliers de spectateurs en délire, des millions devant leur écran, et soudain… une explosion de sons, de rythmes et de fierté portoricaine envahit tout. Dimanche, ce ne sera pas un concert ordinaire : c’est l’histoire d’un artiste qui choisit de porter haut les couleurs de son île lors de l’événement le plus regardé des États-Unis.

Pour la toute première fois, le mythique concert de la mi-temps du Super Bowl sera entièrement chanté en espagnol. Et celui qui portera cette responsabilité historique n’est autre qu’un artiste de 31 ans déjà entré dans la légende : Bad Bunny.

Un show historique porté par la fierté portoricaine

Jeudi, lors d’une conférence de presse organisée à San Francisco, l’interprète s’est exprimé avec assurance et simplicité. Pas de grandes déclarations politiques cette fois, mais une promesse claire et enthousiaste : il compte bien faire découvrir – ou redécouvrir – la richesse culturelle de Porto Rico au monde entier.

« Je veux, bien sûr, amener beaucoup de ma culture sur scène », a-t-il lancé, vêtu d’un long manteau de fourrure et coiffé de son célèbre bonnet aux oreilles de lapin. Derrière ces mots se cache bien plus qu’une simple intention artistique : c’est une déclaration d’identité.

Danser sans avoir besoin de comprendre

L’artiste a tenu à rassurer le public anglophone qui pourrait craindre de ne rien saisir des paroles. Avec un sourire en coin, il a ajouté : « Ils n’auront même pas besoin d’apprendre l’espagnol ». Le message est limpide : la musique et l’énergie suffiront à faire vibrer tout le monde.

Il promet une « énorme fête » où le seul mot d’ordre sera de danser. Une approche universelle qui rappelle pourquoi le reggaeton et la trap latine ont conquis la planète entière ces dernières années.

Un artiste qui ne cache pas ses valeurs

Celui que l’on surnomme affectueusement Benito n’en est pas à son premier coup d’éclat médiatique. Il y a quelques jours à peine, lors de la grande cérémonie des Grammy Awards à Los Angeles, il recevait le prix de l’album de l’année pour un disque entièrement en espagnol – une première dans l’histoire de cette prestigieuse récompense.

Sur cette même scène, il n’avait pas hésité à critiquer ouvertement certaines politiques migratoires très controversées aux États-Unis. Un positionnement clair en faveur d’une immigration plus humaine, mais aussi en défense des droits des personnes LGBT+, causes qu’il défend depuis plusieurs années déjà.

« Je veux, bien sûr, amener beaucoup de ma culture sur scène »

Bad Bunny – conférence de presse, San Francisco

Cette fois pourtant, il a préféré laisser la politique de côté pour se concentrer sur l’essentiel : la musique et la célébration de ses racines.

Pourquoi ce choix provoque autant de réactions

Le simple fait de confier ce créneau mythique à un artiste portoricain qui chantera exclusivement en espagnol a déclenché une vague de réactions très vives, notamment dans certains cercles politiques conservateurs américains.

On lui reproche pêle-mêle son utilisation de la langue espagnole sur la plus grande scène du pays, mais aussi ses prises de position publiques en faveur de l’immigration et des droits des minorités sexuelles. Des critiques qui ont rapidement pris une tournure très personnelle et très politique.

Certains responsables politiques n’ont pas hésité à qualifier ce choix de « très mauvais » et accusent même l’organisation de « semer la haine » avec cette programmation. Des mots forts qui montrent à quel point la culture, quand elle se fait entendre dans une autre langue que l’anglais, peut encore déranger profondément une partie de la société américaine.

Le président américain et le Super Bowl : une relation compliquée

Le président des États-Unis, qui avait assisté à l’événement l’année précédente, a cette fois décidé de faire l’impasse. Officiellement, la raison invoquée est la distance : « C’est juste trop loin », aurait-il expliqué.

Mais selon certaines sources médiatiques progressistes, la décision serait davantage liée à la crainte d’être copieusement hué par une partie du public. Sa popularité étant en chute libre ces derniers mois, ses conseillers lui auraient fortement déconseillé de se rendre sur place.

Quoi qu’il en soit, son absence marque symboliquement une forme de distance supplémentaire avec cet événement populaire qu’il affectionnait jusque-là.

Le Super Bowl : bien plus qu’un match de football

Chaque année, le Super Bowl dépasse largement le simple cadre sportif. C’est un rendez-vous culturel, publicitaire, musical et médiatique hors norme. Le show de la mi-temps est scruté presque autant que le match lui-même.

Les artistes qui s’y produisent entrent directement dans l’histoire. Madonna, Michael Jackson, Beyoncé, Prince, Lady Gaga, Rihanna… tous ont marqué leur époque lors de ce moment unique. Bad Bunny s’apprête à rejoindre ce panthéon, mais avec une différence majeure : il le fera en portant fièrement sa langue et ses origines.

Pour beaucoup de Portoricains et d’Hispaniques aux États-Unis, ce concert représente bien plus qu’un spectacle : c’est une reconnaissance, une visibilité, une forme de revanche culturelle dans un pays où leur langue et leur identité sont parfois encore regardées avec suspicion.

Le reggaeton : une révolution musicale mondiale

Depuis le début des années 2010, le reggaeton n’est plus un genre confidentiel. Il est devenu l’un des moteurs principaux de la musique populaire mondiale. Et Bad Bunny en est aujourd’hui l’un des visages les plus puissants et les plus influents.

Ses textes parlent d’amour, de rupture, de fête, de désir, mais aussi très souvent de fierté identitaire, de luttes sociales et de résistance. Il mélange habilement les sonorités traditionnelles de Porto Rico avec les codes modernes de la trap et du hip-hop américain.

Ce mélange explosif plaît aux adolescents comme aux trentenaires, aux États-Unis comme en Amérique latine, en Europe comme en Asie. Preuve que la barrière de la langue n’en est plus vraiment une quand le rythme est bon.

Un symbole pour toute une génération

Bad Bunny n’est pas seulement un chanteur. Il est devenu un véritable symbole pour une jeunesse qui refuse les cases traditionnelles. Il porte les cheveux longs, se maquille parfois, défend les droits des personnes queer, critique le machisme ambiant dans le rap latin… tout en remplissant des stades et en battant des records d’écoutes.

Le voir sur la scène du Super Bowl, c’est aussi voir une partie de cette nouvelle génération prendre la parole sur l’une des scènes les plus mainstream qui existent. Un paradoxe intéressant : être ultra-populaire tout en restant fidèle à ses valeurs et à sa langue.

Que peut-on attendre du show ?

L’artiste a refusé de dévoiler le moindre détail de la mise en scène. Pas de guest stars annoncées, pas de chorégraphies teasées, pas de décors révélés. Juste cette promesse : ce sera une fête.

Mais connaissant son sens du spectacle et son goût pour les surprises visuelles, on peut imaginer un show très coloré, très dansant, avec des clins d’œil appuyés à la culture portoricaine : bomba, plena, références aux traditions, costumes inspirés de l’île, peut-être même des éléments de la nature tropicale…

Une chose est sûre : il ne faudra pas cligner des yeux. Le moment risque d’être intense, rapide et inoubliable.

Un tournant pour la représentation latine

Au-delà de l’aspect purement musical, ce concert pourrait marquer un tournant dans la manière dont la communauté hispanique est représentée dans les grands médias américains. Chanter en espagnol sur cette scène mythique, c’est affirmer que cette langue a toute sa place au cœur de la culture populaire des États-Unis.

C’est aussi rappeler que Porto Rico, territoire américain mais culturellement très différent, existe et rayonne. Un message politique sans en avoir l’air, porté par des rythmes qui font danser le monde entier.

Dimanche soir, quand les lumières s’allumeront et que les premières notes résonneront, ce ne sera pas seulement un concert. Ce sera une déclaration. Celle d’un artiste, d’une île, d’une langue et d’une génération qui refuse de se taire.

Et vous, serez-vous devant votre écran pour vivre ce moment historique ?

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