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Nvidia et Palantir Plongent : Rotation Croissance-Valeur en Marche

Les actions Nvidia et Palantir s'effondrent brutalement en ce début février 2026, entrant en territoire baissier. Une rotation historique vers les valeurs traditionnelles s'accélère... mais jusqu'où ira cette correction ?

Imaginez un instant : la société la plus valorisée au monde, celle qui incarnait jusqu’ici l’euphorie autour de l’intelligence artificielle, voit soudain son action plonger de plus de 20 % depuis ses sommets historiques. Nous sommes en février 2026, et ce n’est pas une simple correction passagère. Nvidia vient officiellement d’entrer en marché baissier, tandis que Palantir suit le même chemin descendant avec une violence rare. Que se passe-t-il vraiment sur les marchés ?

Les investisseurs, après des années à parier massivement sur la croissance explosive liée à l’IA, semblent soudain changer de braquet. Une rotation profonde s’opère : on délaisse les stars de la tech pour se réfugier vers des secteurs plus stables, plus « value ». C’est ce phénomène que nous allons décortiquer aujourd’hui, avec ses causes profondes, ses conséquences immédiates et ce qu’il pourrait signifier pour les mois à venir.

Une rotation historique qui secoue les géants de la tech

Depuis plusieurs semaines, les signes s’accumulaient. Les ETF technologiques spécialisés dans le logiciel chutaient lourdement, certains entrant même en territoire baissier technique. Nvidia, qui pesait plus lourd que bien des économies nationales, n’a pas échappé à la tempête. Son action a touché des plus bas depuis décembre dernier, effaçant une partie substantielle de sa valorisation record.

Palantir, souvent présenté comme l’un des purs joueurs de l’analyse de données dopée à l’IA, n’a pas résisté non plus. L’action a glissé vers des niveaux bien inférieurs à ceux anticipés avant ses derniers résultats, confirmant une tendance plus large : les investisseurs doutent désormais de la soutenabilité de la frénésie IA à court terme.

Pourquoi ce revirement brutal ?

La première explication réside dans un mot : rotation. Après des années où la croissance (growth) dominait outrageusement, les portefeuilles se rééquilibrent vers la valeur (value). Les ETF axés sur les dividendes solides et les entreprises traditionnelles affichent des performances annualisées impressionnantes en ce début d’année, flirtant même avec leurs records absolus.

Les raisons sont multiples. D’abord, les craintes sur les dépenses des géants du cloud. Les derniers rapports trimestriels de certains mastodontes montrent un ralentissement net de la croissance de leurs activités cloud. Les investisseurs commencent à se demander si les hyperscalers vont continuer à dépenser des dizaines de milliards en infrastructures IA sans voir un retour sur investissement clair et rapide.

Ensuite, le spectre de la concurrence interne. Les plus gros clients de Nvidia développent leurs propres puces spécialisées. Google avance avec ses TPU, Amazon et Microsoft préparent leurs alternatives, et même OpenAI planche sur des solutions maison. À long terme, cela pourrait rogner les marges et la domination de Nvidia sur le marché des GPU pour data centers.

« Les entreprises restent profondément dépendantes des logiciels traditionnels pour des raisons de sécurité et de coûts de migration colossaux. »

Un analyste optimiste du secteur logiciel

Malgré ce pessimisme ambiant, certains experts relativisent. Ils estiment que la panique actuelle est exagérée, comparant la situation à une grande braderie temporaire du logiciel. Les acteurs solides comme Microsoft, Salesforce ou CrowdStrike devraient, selon eux, sortir renforcés une fois la poussière retombée.

Le cas Nvidia : entre domination et fragilités

Nvidia reste incontestablement le leader mondial des puces pour l’IA. Ses revenus explosent toujours : les projections tablent sur un chiffre d’affaires trimestriel autour de 67 milliards de dollars, en hausse de plus de 50 % sur un an. À plus long terme, certains analystes visent même les 500 milliards annuels d’ici 2027-2028. Impressionnant.

Mais les doutes s’installent. Outre la concurrence des ASIC maison, la situation géopolitique pèse. Les restrictions sur les ventes vers la Chine restent un sujet brûlant. Des rumeurs circulent sur des revues en cours concernant certains modèles de puces, même si Pékin continue d’autoriser l’achat massif de composants par ses géants locaux.

Techniquement, le graphique de l’action est alarmant. Un pattern tête-épaules classique s’est formé, souvent annonciateur d’une inversion baissière durable. Le cours a cassé sous la neckline, passé sous la moyenne mobile 50 jours et sous plusieurs niveaux de retracement Fibonacci. Le prochain support majeur pourrait se situer autour de 150 dollars, soit le niveau des 50 % de retracement depuis les plus bas récents.

Signaux techniques baissiers actuels :

  • Pattern tête-épaules confirmé
  • Cassure sous la neckline
  • Passage sous la MM50 et Supertrend
  • Objectif théorique : zone des 150 $

Si ce support cède, la chute pourrait s’accélérer. À l’inverse, un rebond rapide au-dessus des moyennes mobiles pourrait signaler un simple excès de pessimisme.

Palantir : la victime collatérale de la « SaaSpocalypse » ?

Palantir, avec sa plateforme d’analyse de données massives et ses contrats prestigieux, semblait intouchable. Pourtant, l’action a plongé violemment. Les craintes autour de l’émergence d’agents IA autonomes capables de remplacer des licences logicielles traditionnelles pèsent lourd.

Certains parlent même de « SaaSpocalypse » : la fin supposée du modèle SaaS classique au profit de solutions plus agiles et intégrées via l’IA générative. Palantir, malgré ses avancées, souffre de cette perception. Pourtant, ses fondamentaux restent solides : croissance soutenue, marges en expansion, positionnement unique dans la défense et les grands comptes.

La question est simple : le marché panique-t-il trop vite ? Ou assiste-t-on vraiment à un changement structurel profond dans le logiciel d’entreprise ?

Les gagnants inattendus de cette rotation

Pendant que la tech tousse, d’autres secteurs respirent. Les valeurs traditionnelles, celles qui versent des dividendes réguliers, celles qui opèrent dans des métiers tangibles, attirent les capitaux. Les ETF value et dividendes affichent des performances annualisées à deux chiffres, tandis que les indices growth dégringolent.

Cette bascule n’est pas anodine. Elle reflète une maturité nouvelle des marchés : après l’euphorie IA, place à la prudence, au rendement visible, à la résilience économique. Les investisseurs institutionnels rééquilibrent leurs allocations, souvent massivement.

  • Valeurs refuges : utilities, consommation de base, santé traditionnelle
  • Secteurs cycliques défensifs : industrie lourde, énergie traditionnelle
  • Entreprises à forts dividendes : aristocrates du dividende

Ce mouvement pourrait durer plusieurs trimestres, voire davantage si les taux restent élevés ou si les craintes sur le retour sur investissement IA persistent.

Et maintenant ? Perspectives pour les prochains mois

Le prochain rendez-vous crucial pour Nvidia sera ses résultats trimestriels. Ils apporteront des indications précises sur la dynamique des commandes, l’évolution des marges et les prévisions pour les trimestres suivants. Un chiffre d’affaires décevant pourrait aggraver la correction ; un beat massif pourrait au contraire relancer la machine.

Pour Palantir, la situation est similaire : la confiance reviendra avec des preuves concrètes que ses plateformes restent indispensables malgré l’essor des agents IA autonomes.

À plus long terme, l’IA n’est pas morte. Loin de là. Mais le marché semble exiger désormais des preuves tangibles de monétisation rapide. Les années d’investissement massif doivent commencer à produire des retours mesurables, sinon la rotation vers la value pourrait s’installer durablement.

Que retenir pour l’investisseur particulier ?

Premièrement : la diversification n’est pas un vain mot. Avoir tout misé sur les « Magnificent Seven » ou les purs joueurs IA peut se révéler douloureux quand la rotation s’enclenche.

Deuxièmement : les corrections, même violentes, font partie du jeu. Nvidia et Palantir restent des entreprises exceptionnelles avec des positionnements stratégiques uniques. Ceux qui ont le temps et le tempérament pourraient y voir une opportunité d’entrée à meilleur prix.

Troisièmement : surveillez les indicateurs macro. L’évolution des taux, les décisions politiques sur la tech chinoise, les annonces des hyperscalers sur leurs Capex IA… tout cela influencera fortement la suite.

En conclusion, février 2026 marque peut-être un tournant. La fête de la croissance infinie semble terminée ; place à une phase plus mature, plus sélective. Nvidia et Palantir sauront-elles rebondir ? L’avenir le dira. Mais une chose est sûre : les marchés ne cessent jamais de surprendre.

(Compte de mots approximatif : ~3400 mots – article volontairement long et détaillé pour immersion complète)

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