Imaginez une île où les lumières s’éteignent sans prévenir, où les files d’attente s’allongent devant les stations-service vides, et où chaque jour devient une lutte pour les besoins les plus basiques. C’est la réalité que vivent des millions de Cubains aujourd’hui, une réalité qui inquiète au plus haut point les Nations unies. Le secrétaire général de l’ONU a fait part d’une préoccupation extrême face à ce qui pourrait tourner au drame humanitaire complet si la situation ne s’améliore pas rapidement.
Une alerte grave venue des Nations unies
Le porte-parole du secrétaire général de l’ONU n’a pas mâché ses mots. Il a décrit une situation humanitaire déjà très fragile à Cuba, qui risque de s’aggraver considérablement, voire de mener à un effondrement total, si l’approvisionnement en pétrole de l’île continue d’être menacé. Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions accrues autour des livraisons énergétiques vers La Havane.
Les États-Unis ont récemment intensifié leur pression sur les partenaires commerciaux de Cuba. Après la fin des livraisons depuis le Venezuela suite à des événements politiques majeurs début janvier, Washington a pris des mesures supplémentaires. Un décret présidentiel permet désormais d’imposer des droits de douane élevés aux pays qui vendraient du pétrole à Cuba. Cette politique vise explicitement à restreindre les flux énergétiques vers l’île.
Les justifications avancées par Washington
Du côté américain, on invoque une menace exceptionnelle à la sécurité nationale pour expliquer cette approche ferme. Cuba, située à seulement 150 kilomètres des côtes de la Floride, est présentée comme une source de préoccupations stratégiques. Ces arguments servent de base à une stratégie de pression économique accrue.
La Havane, de son côté, dénonce une volonté d’asphyxier complètement l’économie cubaine. Les autorités locales pointent du doigt les coupures d’électricité quotidiennes et les pénuries de carburant qui s’intensifient. Ces difficultés touchent tous les secteurs de la vie quotidienne, des transports aux soins médicaux.
« Le carburant est un facteur clé pour tout »
Un responsable onusien basé en Amérique latine
Cette phrase résume bien l’enjeu central. Sans carburant suffisant, les générateurs de secours s’arrêtent, les ambulances restent au garage, et même l’eau potable devient difficile à pomper. C’est une chaîne d’impacts qui touche les hôpitaux, les centres de santé et les foyers.
Un contexte marqué par des catastrophes cumulées
La crise actuelle ne surgit pas de nulle part. Un responsable du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) pour l’Amérique latine et les Caraïbes insiste : la situation à Cuba n’est pas conjoncturelle, mais résulte d’effets cumulés sur plusieurs années. Il s’est récemment rendu sur place et a pu constater de visu l’ampleur des problèmes.
En octobre, l’ouragan Melissa a frappé l’île, affectant plus de deux millions de personnes. L’année précédente, deux ouragans en moins de vingt jours, un tremblement de terre et deux blackout électriques totaux ont aggravé la fragilité du système électrique cubain. Ces événements successifs ont épuisé les capacités de réponse de l’île.
Les coupures d’électricité, déjà fréquentes, deviennent catastrophiques quand le carburant manque pour faire tourner les groupes électrogènes. Les hôpitaux doivent prioriser les soins, les eaux usées s’accumulent, et la vie quotidienne se complique un peu plus chaque jour.
Les efforts humanitaires en cours et leurs limites
Face aux dégâts causés par l’ouragan Melissa, une réponse humanitaire est déployée. Cependant, seuls environ 23 % des 74 millions de dollars nécessaires ont pu être mobilisés jusqu’ici. C’est insuffisant pour couvrir tous les besoins urgents.
De plus, les actions sur le terrain sont retardées par le manque chronique de carburant. Les équipes humanitaires peinent à se déplacer, à transporter du matériel ou à alimenter les équipements essentiels. Cette dépendance au carburant rend toute intervention plus complexe et plus lente.
- Transport des secours
- Fonctionnement des groupes électrogènes
- Alimentation des hôpitaux et centres de santé
- Pompage et distribution d’eau potable
- Préparation des repas dans les zones sinistrées
Ces exemples montrent à quel point le carburant est indispensable. Sans lui, même les aides internationales perdent en efficacité. C’est un cercle vicieux : plus le manque dure, plus la réponse humanitaire devient difficile.
Les échanges diplomatiques et leurs limites actuelles
Du côté américain, on évoque des contacts avec les autorités cubaines et la perspective d’un accord. Le président américain a mentionné dimanche des discussions en cours. Pourtant, du côté cubain, on nuance fortement ces propos.
Il y a bien eu des échanges de messages, mais pas de véritable dialogue structuré pour le moment. Le vice-ministre cubain des Affaires étrangères a tenu à clarifier cette situation lors d’un entretien récent. Ces échanges restent donc limités et ne semblent pas encore porter sur des solutions concrètes.
Le rôle du Mexique et les incertitudes persistantes
Depuis 2023, le Mexique a pris le relais pour fournir du pétrole à Cuba. Mais récemment, des annonces contradictoires ont émergé. Le président américain a affirmé que le Mexique allait cesser ces livraisons. De son côté, la présidente mexicaine a déclaré travailler à maintenir l’envoi de pétrole tout en préparant de l’aide humanitaire.
Ces positions montrent la complexité géopolitique autour de la question. Le Mexique cherche à concilier aide humanitaire et relations avec les États-Unis. Mais les menaces de droits de douane pèsent lourd dans la balance et risquent de limiter les options.
Les conséquences quotidiennes pour les Cubains
Au-delà des déclarations officielles, ce sont les citoyens ordinaires qui subissent de plein fouet cette crise. Les coupures d’électricité rythment les journées, parfois pendant des heures entières. Les transports publics sont perturbés, les denrées périssables se gâtent rapidement sans réfrigération.
Dans les hôpitaux, le personnel médical improvise avec les moyens du bord. Les pharmacies manquent de médicaments qui nécessitent une chaîne du froid. Les familles cuisinent sur des réchauds de fortune quand le gaz manque aussi. C’est une usure quotidienne qui épuise la population.
Les enfants vont à l’école dans des conditions difficiles, les étudiants peinent à étudier sans électricité. Les entreprises, quand elles fonctionnent, tournent au ralenti. Toute l’économie souffre d’un manque d’énergie qui paralyse le pays.
Pourquoi le pétrole est-il si central ?
Le pétrole n’est pas seulement une question d’essence pour les voitures. À Cuba, il alimente les centrales thermiques, les générateurs de secours, les usines, les bateaux de pêche. Sans lui, la production alimentaire chute, les importations deviennent plus compliquées, et même l’exportation de services médicaux, une source de revenus importante, est affectée.
C’est un rouage essentiel de la machine économique et sociale. Quand il grippe, tout le système ralentit jusqu’à l’arrêt. Les experts onusiens le répètent : sans carburant suffisant, les efforts de redressement post-catastrophes sont vains.
Vers une mobilisation internationale accrue ?
L’ONU appelle implicitement à une prise de conscience collective. La réponse humanitaire doit être renforcée, mais elle bute sur le manque de fonds et de carburant. Peut-être que cette alerte forte du secrétaire général poussera les donateurs à augmenter leurs contributions.
En parallèle, des discussions diplomatiques pourraient ouvrir des voies de sortie. Mais pour l’instant, les positions semblent campées. Cuba demande un allègement des pressions, tandis que Washington maintient sa ligne dure.
Un appel à la prudence et à l’action
La situation à Cuba est un rappel brutal de la vulnérabilité des petites nations face aux grands enjeux géopolitiques. Quand l’énergie devient une arme, ce sont les populations civiles qui en payent le prix le plus lourd. L’ONU, en tirant cette sonnette d’alarme, espère éviter le pire.
Restons attentifs aux développements. Chaque jour compte pour éviter que l’inquiétude exprimée ne devienne une tragédie confirmée. La communauté internationale a un rôle à jouer pour empêcher cet effondrement annoncé.
En conclusion, cette crise énergétique à Cuba dépasse le simple cadre bilatéral. Elle touche à des questions humanitaires fondamentales : accès à l’eau, à la santé, à l’électricité. Sans carburant, ces droits deviennent illusoires. L’alerte de l’ONU est un cri d’urgence qu’il ne faut pas ignorer.
Point clé : Le carburant n’est pas un luxe, mais une nécessité vitale pour la survie quotidienne et la réponse aux crises à Cuba.
Cette crise nous interroge tous sur les conséquences des sanctions économiques larges quand elles touchent des populations déjà vulnérables. Espérons que le dialogue reprenne rapidement pour trouver des solutions durables et humaines.









