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IREN : La Révolution AI Cloud d’un Ancien Mineur Bitcoin

IREN, ex-mineur Bitcoin, mise tout sur l’IA avec un méga-contrat Microsoft de 9,7 milliards $. Mais financer 140 000 GPU sans diluer massivement les actionnaires semble de plus en plus compliqué… Que va révéler le prochain rapport trimestriel ?

Imaginez une entreprise qui, il y a encore quelques années, faisait tourner des milliers de machines bruyantes pour résoudre des calculs cryptographiques et accumuler des bitcoins. Aujourd’hui, la même société rêve de devenir l’un des piliers invisibles qui font fonctionner les plus grands modèles d’intelligence artificielle de la planète. Cette métamorphose spectaculaire est en train de se jouer sous nos yeux, et elle porte un nom : IREN.

Autrefois connue sous le nom d’Iris Energy, cette société australienne est en pleine réinvention. Le minage de Bitcoin, activité reine depuis plus d’une décennie dans le monde crypto, est progressivement relégué au second plan. À la place ? Un pari audacieux sur l’infrastructure cloud pour l’intelligence artificielle, communément appelé AI cloud. Un virage à 180° qui fait trembler les investisseurs et qui sera jugé dans les prochains jours.

Un virage stratégique majeur vers l’IA

Le contexte est limpide : la demande en puissance de calcul pour entraîner et faire tourner les grands modèles d’IA explose. Les géants du cloud (Amazon, Google, Microsoft, Oracle…) peinent à suivre. Dans ce contexte de pénurie, des acteurs atypiques tentent leur chance. Et IREN fait partie des plus ambitieux.

La société a commencé à repositionner ses sites énergétiques — initialement construits pour le minage Bitcoin — en data centers de nouvelle génération. Ces infrastructures, souvent situées dans des zones où l’électricité est abondante et bon marché (voire renouvelable), deviennent soudain extrêmement attractives pour les entreprises qui cherchent des dizaines de milliers de GPUs.

Le partenariat Microsoft de 9,7 milliards de dollars

Le signal le plus fort envoyé par IREN reste sans conteste l’annonce d’un partenariat stratégique de très grande envergure avec Microsoft. Le montant évoqué atteint 9,7 milliards de dollars sur plusieurs années. Ce contrat positionne IREN comme un fournisseur potentiel de capacité de calcul de nouvelle génération pour l’écosystème Azure.

Concrètement, cela signifie que les data centers d’IREN pourraient accueillir des clusters de GPUs massifs destinés à faire tourner les futures versions de Copilot, les entraînements de modèles propriétaires Microsoft, ou encore des workloads d’entreprises clientes d’Azure AI.

Pour une société qui pesait encore relativement modeste il y a deux ans, décrocher un tel accord constitue une validation stratégique majeure. Mais cela implique aussi des engagements colossaux en termes d’investissement et d’exécution.

Objectif : 140 000 GPUs d’ici fin d’année

Les dirigeants d’IREN affichent des ambitions claires : déployer environ 140 000 GPUs d’ici la fin de l’année civile. Ce chiffre place l’entreprise dans une catégorie très rare d’acteurs capables de fournir une telle densité de calcul spécialisé pour l’IA.

Mais la route est semée d’embûches :

  • Coût d’acquisition des GPUs (principalement des H100, H200 puis Blackwell)
  • Coût des infrastructures électriques et de refroidissement associées
  • Délais de livraison très tendus chez les fournisseurs
  • Concurrence acharnée avec les hyperscalers et d’autres acteurs émergents
  • Nécessité de sécuriser des financements massifs sans détruire la valeur actionnariale

C’est précisément sur ce dernier point que les marchés financiers se montrent les plus nerveux en ce moment.

Pourquoi le cours s’effondre avant les résultats ?

Quelques jours avant la publication des résultats du deuxième trimestre, l’action IREN a subi une correction brutale : -19 % en une seule séance, et environ -28 % sur cinq jours. Ce mouvement s’explique principalement par la peur d’une dilution massive à venir.

Pour financer un déploiement GPU d’une telle ampleur, plusieurs options s’offrent à l’entreprise :

  1. Endettement supplémentaire
  2. Partenariats co-investissement avec des clients ou des fonds spécialisés
  3. Augmentation de capital (émission d’actions nouvelles)

Les deux premières options sont difficiles à concrétiser rapidement et à grande échelle. La troisième — l’augmentation de capital — est la plus simple techniquement… mais la plus destructrice pour les actionnaires existants. C’est cette crainte qui pèse sur le cours actuellement.

Les autres mineurs qui ont tenté la transition

IREN n’est pas la première société issue du monde du minage Bitcoin à tenter cette reconversion. Plusieurs noms sont déjà passés par là :

  • Une société nord-américaine sortie de faillite qui propose désormais de l’hébergement HPC et AI
  • Un acteur canadien qui développe des offres colocation et cloud HPC
  • Une entreprise européenne qui a complètement recentré sa communication sur l’IA et les GPUs

Ces exemples montrent que la transition est possible… mais qu’elle est rarement indolore. Les valorisations ont souvent été très volatiles pendant la phase de pivot stratégique.

Les atouts compétitifs d’IREN

Malgré les inquiétudes actuelles, IREN dispose de plusieurs arguments solides :

  • Accès à une énergie souvent renouvelable et très compétitive
  • Sites déjà construits et raccordés au réseau (gain de temps énorme)
  • Expérience opérationnelle dans la gestion de data centers à haute densité
  • Partenariat stratégique de très haut niveau avec Microsoft
  • Équipe dirigeante qui a déjà démontré sa capacité à scaler rapidement

Ces éléments constituent une base sérieuse pour espérer une transition réussie. Reste à transformer ces atouts en résultats concrets et surtout en flux de trésorerie positifs.

Les questions que tout investisseur se pose

À quelques heures de la publication des résultats, plusieurs interrogations majeures restent en suspens :

  • Quel est le rythme réel de déploiement des GPUs au deuxième trimestre ?
  • Quel pourcentage des 140 000 GPUs est déjà sous contrat ferme ou LOI ?
  • Quel est le montant exact des capex prévus pour les 6-12 prochains mois ?
  • Y aura-t-il une augmentation de capital annoncée simultanément ?
  • Quel est le niveau de confiance de la direction sur l’atteinte des objectifs 2026 ?

Les réponses à ces questions conditionneront probablement la direction du cours pour les prochains mois.

Un test décisif pour toute une industrie

Le cas IREN dépasse largement la simple histoire d’une société cotée. Il s’agit d’un laboratoire grandeur nature pour toute une industrie : les anciens mineurs de Bitcoin peuvent-ils devenir les nouveaux fournisseurs d’infrastructure critique de l’ère IA ?

Si IREN parvient à exécuter son plan sans dilution excessive et en démontrant des revenus récurrents solides issus du cloud AI, cela pourrait ouvrir la voie à une réévaluation massive de plusieurs acteurs similaires. À l’inverse, un échec ou une dilution massive risquerait de jeter un froid durable sur ce narratif.

Vers un nouveau paradigme énergétique ?

Derrière la transition d’IREN se cache une réalité plus profonde : les data centers IA consomment énormément d’électricité. Or les sites qui disposent d’énergie abondante, bon marché et idéalement renouvelable sont rares et très recherchés.

Les anciens sites de minage Bitcoin, souvent installés précisément pour ces raisons, deviennent soudain des actifs stratégiques de première importance. C’est toute la géographie de l’infrastructure numérique qui pourrait être redessinée dans les années à venir.

Conclusion : un moment de vérité imminent

Dans quelques jours, IREN lèvera une partie du voile sur sa transformation. Les chiffres du deuxième trimestre, les perspectives 2026, les engagements clients et surtout la stratégie de financement seront scrutés avec une attention extrême.

Nous sommes à un tournant. Soit IREN confirme qu’elle peut devenir un acteur sérieux et rentable de l’AI cloud, soit elle rejoint la longue liste des sociétés qui ont surestimé leur capacité à pivoter dans un marché ultra-concurrentiel.

Dans tous les cas, cette publication trimestrielle constituera un moment décisif pour l’entreprise… et probablement pour tout un écosystème qui observe attentivement.

La balle est désormais dans le camp de la direction. Rendez-vous très prochainement pour découvrir ce que révélera ce rapport si attendu.

« Le passage du minage Bitcoin à l’AI cloud n’est pas une simple diversification. C’est une réinvention complète du modèle économique, avec des niveaux d’investissement et de risque qui n’ont plus grand-chose à voir avec l’ère crypto pure. »

À suivre de très près.

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