Trump perçoit une volonté iranienne d’aboutir à un accord
Le président américain n’a pas mâché ses mots vendredi : selon lui, les Iraniens « veulent conclure un accord ». Prononcée dans le Bureau ovale face à la presse, cette phrase contraste avec les mises en garde sévères des jours précédents, où il évoquait une action militaire « bien pire » que les frappes de juin dernier contre des installations iraniennes.
Interrogé sur un éventuel délai imposé à Téhéran, Trump a répondu par l’affirmative, sans préciser davantage. Cette approche allie fermeté et ouverture, rappelant sa stratégie de « pression maximale » qui avait conduit au retrait américain de l’accord nucléaire en 2018.
Jeudi encore, il exprimait l’espoir d’éviter une frappe tout en pressant Téhéran de négocier rapidement sur le dossier nucléaire. Aujourd’hui, l’optimisme semble primer, bien que conditionné à des exigences strictes.
La réponse mesurée de Téhéran aux ouvertures américaines
Le ministre iranien des Affaires étrangères a répondu depuis Istanbul que son pays était prêt à participer à des négociations si elles étaient « justes et équitables ». Il a réaffirmé que l’Iran n’avait jamais cherché à acquérir l’arme nucléaire, une position inchangée depuis longtemps.
La République islamique d’Iran est prête à y participer si les négociations sont justes et équitables.
Mais il a posé des limites claires : les capacités de défense et le programme de missiles balistiques ne seront jamais sur la table. « La sécurité du peuple iranien ne regarde personne d’autre », a-t-il déclaré fermement. Aucune rencontre n’est prévue pour l’instant, ce qui maintient le suspense.
Cette prise de parole survient lors de sa première visite à l’étranger depuis la répression sanglante d’un vaste mouvement de contestation interne. Le timing souligne l’importance accordée à la diplomatie extérieure en période de crise domestique.
La Turquie se positionne en facilitateur régional
Le pays hôte de cette déclaration joue un rôle actif. Le ministre turc des Affaires étrangères a qualifié la reprise des négociations de « vitale » pour calmer les tensions. Ankara redoute les conséquences d’un conflit : un exode massif de migrants vers sa longue frontière avec l’Iran.
Des préparatifs de renforcement sécuritaire frontalier sont déjà en cours. Le président turc a discuté avec son homologue iranien et propose une réunion trilatérale États-Unis-Iran-Turquie pour favoriser le dialogue indirect.
Membre de l’OTAN, la Turquie cherche à éviter une nouvelle crise à ses portes après la Syrie, tout en préservant ses liens avec Washington et Téhéran. Son implication pourrait débloquer des discussions bloquées par la méfiance mutuelle.
Les conditions américaines pour un nouvel accord
Des éléments rapportés indiquent que Washington exigerait le retrait total de l’uranium enrichi, un plafonnement des missiles à longue portée et un virage dans la politique régionale vis-à-vis de groupes armés alliés de Téhéran.
Ces demandes visent à limiter durablement les capacités perçues comme menaçantes. Le précédent accord de 2015 avait été abandonné en 2018, entraînant des sanctions renforcées et un affranchissement progressif iranien de ses engagements.
Un futur deal devrait être plus complet pour prévenir tout retour en arrière. Les discussions indirectes et les médiations pourraient être nécessaires pour surmonter les obstacles initiaux.
Tensions internes et répercussions internationales
En Iran, le pouvoir fait face à une crise profonde après la répression d’un mouvement de contestation massif. Les autorités reconnaissent des milliers de morts, majoritairement attribués à des affrontements ou des émeutiers selon leur version.
Des sources indépendantes évoquent des bilans plus lourds, rendus difficiles à vérifier par les coupures internet prolongées, partiellement levées récemment. Cette instabilité interne influence la posture extérieure de Téhéran.
Sur la scène internationale, l’inscription des Gardiens de la Révolution sur une liste terroriste par l’Union européenne a suscité une vive condamnation. Téhéran promet des conséquences pour cette mesure jugée « insensée ».
Vers un compromis ou une escalade inévitable ?
Des analystes estiment un compromis possible après de longues négociations, à condition d’adresser les préoccupations sécuritaires iraniennes face aux États-Unis et à Israël. Les pays du Golfe appellent eux aussi à la retenue.
Avec une armada américaine dans le Golfe et des menaces persistantes, le temps est compté. Les signaux d’ouverture mutuelle offrent un espoir ténu, mais les divergences sur les points essentiels restent majeures.
La région retient son souffle, car l’issue influencera durablement la stabilité du Moyen-Orient. Dialogue ou confrontation : les prochains jours seront déterminants.









