Trump accélère sur la nomination du prochain président de la Fed
Le chef de l’État a créé la surprise en annonçant qu’il dévoilerait dès vendredi le nom de celui qui succédera à Jerome Powell à la tête de la Fed. Ce mandat arrive à expiration en mai, et le choix du remplaçant suscite une attention particulière. Trump a multiplié les critiques envers la politique monétaire actuelle, insistant sur des taux d’intérêt qu’il juge excessifs et dommageables pour l’économie.
Dans des déclarations récentes, il a décrit son futur candidat comme une personne exceptionnelle, respectée dans les milieux financiers et connue de tous. Il a ajouté que ce choix ne surprendrait pas outre mesure, évoquant même quelqu’un qui aurait pu occuper ce poste il y a quelques années. Ces indices ont immédiatement orienté les spéculations vers une figure familière des cercles monétaires.
Kevin Warsh, le favori qui émerge
Parmi les noms qui circulaient, Kevin Warsh se détache nettement. Ancien gouverneur de la Fed de 2006 à 2011, il avait été nommé sous l’administration de George W. Bush et était alors le plus jeune à occuper ce poste, à seulement 35 ans. Son parcours impressionne : une expertise reconnue en politique monétaire, des liens étroits avec Wall Street et une vision souvent qualifiée de rigoureuse sur l’inflation.
Warsh avait quitté son mandat en 2011, avant la fin de son terme initial en 2018, en exprimant des réserves sur la prolongation des mesures accommodantes post-crise de 2008. Cela l’avait rangé parmi les faucons de la Fed, ces responsables qui privilégient la lutte contre l’inflation et se montrent prudents face à des taux durablement bas. Pourtant, au cours de l’année écoulée, il a ajusté son discours, plaidant ouvertement pour des baisses de taux et critiquant certains aspects de la gestion actuelle de l’institution.
Cette évolution semble avoir séduit l’entourage présidentiel. Trump regrette aujourd’hui publiquement d’avoir préféré Jerome Powell en 2018, alors que Warsh figurait déjà parmi les favoris. Cette fois, l’ancien gouverneur apparaît comme le choix le plus probable, avec des sources indiquant qu’il s’est rendu à la Maison Blanche récemment pour des discussions approfondies.
Ce sera quelqu’un de très respecté, quelqu’un que tout le monde connaît dans le monde financier. Et je pense que ce sera un très bon choix.
Déclaration récente du président
Ces mots, prononcés lors d’un événement public, renforcent l’idée que Warsh correspond parfaitement au profil recherché : expérimenté, crédible et aligné sur une volonté de taux plus bas sans surprises excessives pour les marchés.
Les autres candidats qui ont circulé
Avant que Warsh ne prenne le devant de la scène, plusieurs noms avaient été évoqués comme potentiels successeurs. Kevin Hassett, conseiller économique proche du président, avait un temps été considéré, mais son rôle actuel au sein de l’administration le rend indispensable ailleurs. Christopher Waller, gouverneur actuel de la Fed, apportait une continuité interne, tandis que Rick Rieder, responsable des investissements chez BlackRock, représentait le monde de la gestion d’actifs.
Chacun avait ses atouts : Hassett pour sa loyauté, Waller pour son expérience récente, Rieder pour ses connexions financières. Mais les indices donnés par Trump pointent clairement vers quelqu’un d’extérieur à l’administration actuelle et avec un passé à la Fed, ce qui avantage Warsh.
- Ancien gouverneur de la Fed : expertise incontestable
- Critique constructif de l’institution : alignement avec les vues présidentielles
- Évolution récente vers des taux plus bas : réponse aux attentes de Trump
Cette shortlist réduite montre à quel point le processus a été scruté et comment Warsh a su se positionner comme le candidat idéal.
L’enjeu crucial de l’indépendance de la Fed
La Réserve fédérale est conçue pour être indépendante du pouvoir exécutif. Son rôle est de maintenir la stabilité des prix et de maximiser l’emploi, sans subir les pressions politiques directes. Pourtant, les interventions répétées de Trump sur les taux interrogent cette indépendance. Il a répété que les taux étaient intolérablement trop élevés, attendant manifestement du futur président qu’il partage cette vision.
Des événements récents ont amplifié ces craintes : une enquête du ministère de la Justice concernant Jerome Powell a provoqué une vague d’indignation, y compris chez certains élus républicains. Ils y voient une tentative d’intimidation contre l’institution. Nommer un proche ou quelqu’un perçu comme aligné risque de renforcer ces soupçons et de perturber la confiance des investisseurs.
Warsh, bien qu’ayant des liens familiaux et professionnels dans l’entourage de Trump, bénéficie d’une réputation d’indépendance forgée lors de son mandat précédent. Sa nomination pourrait apaiser les marchés en offrant un profil respecté, tout en permettant une orientation plus accommodante sur les taux.
Impact attendu sur les marchés financiers
Les marchés financiers suivent cette saga de près. Toute nomination influence les anticipations sur les taux, le dollar, les actions et même les matières premières. Une figure comme Warsh, historiquement faucon mais récemment plus ouvert aux baisses, pourrait stabiliser les attentes : des réductions de taux progressives, sans excès inflationnistes.
Les investisseurs espèrent que cette annonce lève l’incertitude qui plane depuis des mois. Une confirmation rapide au Sénat, à majorité républicaine, accélérerait la transition. Mais des résistances existent, certains sénateurs menaçant de bloquer toute nomination tant que des enquêtes en cours ne sont pas résolues.
| Élément | Impact potentiel |
| Taux d’intérêt | Baisse attendue, plus rapide |
| Dollar US | Possible renforcement initial |
| Actions | Soutien si taux bas |
| Inflation | Risque si politique trop accommodante |
Ce tableau simplifié illustre les variables clés surveillées par les traders en ce moment.
Le parcours de Kevin Warsh en détail
Né en 1970, Kevin Warsh a gravi rapidement les échelons. Diplômé de Stanford et de Harvard, il a travaillé chez Morgan Stanley avant d’entrer au gouvernement. Nommé gouverneur en 2006, il a traversé la crise financière de 2008, participant aux décisions critiques sur les sauvetages bancaires et les injections de liquidités.
Sa démission en 2011 marqua un désaccord sur la durée des politiques non conventionnelles. Depuis, il enseigne, conseille et critique régulièrement la Fed, plaidant pour plus de transparence et une réduction du bilan de la banque centrale. En 2025, ses interventions publiques ont évolué, insistant sur la nécessité de baisser les taux face à une inflation maîtrisée.
Cette trajectoire le positionne comme un réformateur : attaché à la crédibilité de la Fed, mais conscient des défis actuels. Son âge (55 ans environ) et son expérience en font un leader potentiel pour les années à venir.
Contexte plus large de la politique monétaire américaine
Depuis la pandémie, la Fed a maintenu une politique accommodante, puis relevé les taux pour combattre l’inflation. Aujourd’hui, avec une inflation en recul, les appels à des baisses se multiplient. Trump veut accélérer ce mouvement pour stimuler la croissance, l’emploi et les investissements.
Mais une Fed trop alignée sur l’exécutif pourrait éroder sa crédibilité internationale. Les banques centrales mondiales observent : un précédent dangereux pour l’indépendance monétaire globale ? Warsh devra naviguer entre ces attentes contradictoires.
En résumé, cette nomination marque un tournant. Elle reflète les ambitions économiques de l’administration et teste les limites de l’indépendance institutionnelle. Les prochains jours seront décisifs pour comprendre comment la Fed évoluera dans les mois à venir.
Les marchés attendent vendredi avec impatience. Une annonce claire pourrait calmer les tensions, tandis qu’une surprise relancerait les spéculations. Dans tous les cas, l’économie américaine et mondiale retient son souffle face à ce choix stratégique.









