Une croissance de 0,9 % confirmée pour 2025
Les attentes convergent vers une progression du PIB français de 0,9 % sur l’ensemble de 2025. Ce chiffre, supérieur aux anticipations gouvernementales initiales, reflète une dynamique plus solide en fin d’année. Les économistes s’accordent sur cette estimation, indépendamment des résultats précis du quatrième trimestre.
Le ministre de l’Économie s’était exprimé avec optimisme fin janvier, soulignant que les résultats encourageants pointaient vers ce niveau plutôt qu’un 0,7 % initialement envisagé. Cette révision à la hausse traduit une réalité économique qui a su dépasser les obstacles.
Pour le dernier trimestre, les prévisions oscillent entre 0,2 % et 0,4 % de croissance. Un tel rythme reste robuste et contribue à consolider l’acquis annuel. Les enquêtes mensuelles de l’institut statistique national indiquent déjà une orientation positive.
Les moteurs de la croissance : les entreprises en première ligne
En fin d’année 2025, l’économie a davantage reposé sur les entreprises que sur la consommation des ménages. Cette dernière est restée relativement atone, avec un taux d’épargne des ménages approchant les 19 % de leur revenu disponible. Les Français ont préféré conserver leurs ressources plutôt que de les dépenser massivement.
Les entreprises, en revanche, ont maintenu un haut niveau d’activité. Elles ont continué à investir, à recruter, à produire et à exporter. Ce dynamisme a permis de compenser la faiblesse de la demande intérieure et de tirer l’ensemble de l’économie vers le haut.
« On le doit en grande partie aux entreprises qui ont continué d’investir, de recruter, de produire et d’exporter. »
Cette citation illustre parfaitement le rôle pivotal joué par le tissu productif français dans un contexte incertain. Les efforts des entrepreneurs ont créé une sorte d’autonomie de l’économie par rapport aux aléas politiques.
L’industrie manufacturière tire son épingle du jeu
Le secteur industriel a particulièrement performé au second semestre, avec un pic notable en décembre. L’aéronautique et le domaine de la défense ont été les locomotives principales. Après des difficultés d’approvisionnement qui avaient limité la production pleine à seulement six mois l’année précédente, ces branches ont retrouvé un rythme soutenu.
Les livraisons accumulées et la reprise des commandes ont boosté les indicateurs. Ce rebond n’est pas anecdotique : il démontre la capacité de résilience des filières stratégiques françaises face aux perturbations mondiales.
Un autre secteur, plus discret, a également contribué de manière significative. Les biens d’équipement électriques, électroniques et informatiques – incluant largement les technologies liées à l’intelligence artificielle – ont soutenu la croissance. Ces domaines innovants confirment l’attractivité de la France dans les technologies de pointe.
Un découplage entre économie et politique
La situation politique, marquée par des tensions depuis la dissolution de l’Assemblée en juin 2024, a semblé moins impacter l’activité réelle en fin d’année. Les entreprises ont poursuivi leurs opérations normalement, même sans budget définitivement adopté.
Ce phénomène d’autonomisation de la vie économique par rapport à la sphère politique a été relevé par le gouverneur de la Banque de France. Il illustre une maturité du tissu productif capable de naviguer dans l’incertitude institutionnelle.
Début 2026, cette incertitude budgétaire s’estompe progressivement. Le projet de loi de finances pour l’année en cours devrait être adopté via la procédure du 49.3 après un rejet au Sénat. Cette adoption quasi-assurée lève un poids important sur les acteurs économiques.
Perspectives pour 2026 : une croissance modérée mais stable
Les prévisions pour les premiers trimestres de 2026 tablent sur une croissance de 0,3 % par trimestre selon les estimations actuelles. Ce rythme, s’il se confirme, permettrait une progression annuelle supérieure à 1 % dans certains scénarios.
La levée de l’incertitude budgétaire favorise un environnement plus prévisible pour les investissements. Les entreprises pourraient poursuivre leurs efforts, soutenues par des secteurs porteurs comme l’aéronautique ou les technologies numériques.
Cependant, la consommation des ménages reste un point d’interrogation. Avec un taux d’épargne élevé, un retour plus franc vers les dépenses dépendra de l’évolution du pouvoir d’achat et de la confiance.
Le défi persistant des finances publiques
Malgré cette croissance encourageante, les problèmes structurels des finances publiques demeurent majeurs. Le déficit public, attendu à 5 % du PIB pour 2026 après 5,4 % en 2025, reste le plus élevé de la zone euro.
Les compromis politiques ont conduit à un assouplissement par rapport à l’objectif initial de 4,7 %. Les agences de notation expriment des doutes sur la tenue de ce niveau, anticipant parfois un déficit légèrement supérieur.
« Il est urgent d’agir, de réduire vigoureusement notre déficit public, de maîtriser nos dépenses et de stabiliser notre dette publique. »
Cette mise en garde souligne les risques pour la souveraineté budgétaire. Une dette élevée limite les marges de manœuvre pour financer les transitions écologiques, numériques ou industrielles.
La charge de la dette représente un frein croissant. Sans réduction vigoureuse des déficits, les ambitions de souveraineté dans divers domaines risquent d’être compromises.
Comparaisons européennes : une performance relative
Les chiffres du quatrième trimestre pour l’Espagne et l’Italie seront également dévoilés le même jour. En Allemagne, la croissance s’est établie à 0,2 % sur le trimestre et sur l’année 2025, marquant une sortie de récession après deux années difficiles.
La France se distingue par une résilience plus marquée, grâce notamment à ses secteurs exportateurs performants. Cette comparaison met en lumière les atouts spécifiques de l’économie tricolore.
Pour autant, les défis communs à la zone euro persistent : inflation maîtrisée mais pouvoir d’achat à consolider, investissements verts à accélérer, et incertitudes géopolitiques à gérer.
En conclusion, l’année 2025 se termine sur une note positive pour l’économie française, avec une croissance de 0,9 % qui dépasse les attentes. Les entreprises ont été le fer de lance de cette performance, démontrant une vitalité remarquable. Néanmoins, les finances publiques exigent des réformes urgentes pour sécuriser l’avenir. 2026 s’annonce comme une année de transition, où la stabilité budgétaire et la poursuite des investissements seront déterminantes pour maintenir le cap.









