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Mediawan et Goodfellas lancent Round 12 : le sport au cinéma

Mediawan et Goodfellas unissent leurs forces pour faire naître Round 12, un label ambitieux entièrement dédié au sport à l’écran. Documentaires percutants et fictions haletantes s’annoncent, avec déjà des projets sur Gane, Nastase, Marta… mais que réserve vraiment ce nouveau round ?

Imaginez le dernier round d’un combat de boxe : l’épuisement, l’adrénaline, l’enjeu maximal. C’est exactement cette intensité que deux poids lourds de la production audiovisuelle ont choisi de mettre en lumière en baptisant leur nouvelle collaboration Round 12. Une alliance inattendue mais logique entre une société déjà très implantée dans le sport et un acteur reconnu pour son cinéma audacieux et international. Ensemble, ils promettent de réinventer la manière dont le sport est raconté à l’écran.

Round 12 : quand le sport devient une grande histoire

Le sport n’est plus seulement une compétition physique. Depuis plusieurs années, il s’est imposé comme l’un des terrains de narration les plus riches du cinéma et des plateformes de streaming. Des destins hors norme, des trahisons, des rédemption, des moments d’humanité brute : tous les ingrédients d’une grande fiction sont déjà présents sur les terrains, dans les gymnases et dans les vestiaires. C’est ce constat qui a poussé deux entités complémentaires à unir leurs expertises.

D’un côté, une structure qui maîtrise parfaitement les codes du documentaire sportif moderne, capable de transformer des archives en récits poignants. De l’autre, une société de production indépendante habituée aux festivals internationaux, aux portraits sans concession et aux documentaires qui marquent durablement. Leur point commun ? La conviction que le sport mérite un traitement cinématographique ambitieux, loin des formats standardisés.

Les forces en présence

Goodfellas apporte à cette union une filmographie déjà impressionnante dans le domaine sportif. Parmi ses réalisations marquantes, on retrouve des portraits sans filtre de légendes comme Maradona ou Mike Tyson, ainsi que des plongées historiques telles que le documentaire sur l’équipe de hockey soviétique Red Army. Des œuvres souvent sélectionnées dans les plus grands festivals.

De son côté, la branche sport de Mediawan a construit une solide réputation avec des formats très suivis : des documentaires intimes sur des icônes du football français, des séries immersives dans les coulisses du football professionnel, ou encore des talents shows originaux. Cette complémentarité entre une approche très cinéma d’auteur et une connaissance fine du public sportif grand public constitue la véritable force du projet Round 12.

Un nom symbolique et un manifeste clair

Round 12 n’a pas été choisi au hasard. Dans la boxe, c’est le dernier round, celui où tout peut encore basculer, où les champions se révèlent ou s’effondrent. C’est aussi le moment où l’on donne tout, sans calcul. Une belle métaphore pour une structure qui veut produire des œuvres intenses, sans concession, capables de captiver jusqu’à la dernière seconde.

Le label se positionne clairement sur deux fronts : les documentaires (souvent immersifs et historiques) et la fiction sportive (un genre encore sous-exploré en Europe). L’objectif affiché est de créer des récits qui transcendent le simple public de fans pour toucher un public cinéma plus large, tout en restant fidèles à l’authenticité du sport.

Les premiers projets dévoilés

Le lancement officiel de Round 12 s’est accompagné d’une première salve de projets très prometteurs, allant du documentaire intimiste à la fiction thriller.

Côté documentaires

Le film qui ouvre le bal s’intitule The Lost Dream Team. Il retrace l’histoire tragique et fascinante de la dernière équipe nationale de basket yougoslave, juste avant l’éclatement du pays dans les années 90. Un sujet à la croisée du sport, de l’histoire et de la géopolitique, qui promet une vraie profondeur émotionnelle.

Autre projet très attendu : Bon Gamin, le paradoxe Gane. Ce documentaire se penche sur le parcours du combattant français de MMA Ciryl Gane, entre ascension fulgurante, pression médiatique et questionnements personnels. Un portrait nuancé d’une star montante des sports de combat.

La liste ne s’arrête pas là :

  • Ferrari : Fury & The Monster – un regard sur l’ingénieur Mauro Forghieri et l’âge d’or de la Scuderia Ferrari
  • Sunday After Sunday – immersion dans le quotidien passionné des supporters du SSC Napoli
  • Nasty – portrait sans filtre de la légende du tennis Ilie Nastase
  • Imane Khelif, combattante – le parcours de la boxeuse algérienne médaillée d’or aux JO de Paris 2024

Chacun de ces projets semble vouloir aller au-delà du simple récit sportif pour explorer des thèmes plus universels : identité, héritage, passion, sacrifice.

Côté fictions

Round 12 ne se contente pas de documentaires. Deux longs-métrages de fiction ont déjà été annoncés, preuve que le label veut véritablement investir le champ narratif classique.

Breakaway, réalisé par Marcel Rasquin, est présenté comme un thriller sombre se déroulant dans l’univers des gangs et des matchs de football clandestins. Un genre rare en Europe, qui pourrait rappeler certains films britanniques ou américains des années 2000.

Le second projet, Marta, réalisé par Andrucha Waddington, retrace la carrière exceptionnelle de la Brésilienne Marta Vieira da Silva, considérée par beaucoup comme la plus grande joueuse de tous les temps. Alice Carvalho incarnera l’icône dans ce biopic très attendu.

Pourquoi ce label arrive au bon moment

Le marché du contenu sportif n’a jamais été aussi dynamique. Les plateformes de streaming se disputent les droits de compétitions majeures, mais elles cherchent aussi des récits originaux pour fidéliser leur audience au-delà des directs. Les documentaires sportifs font régulièrement partie des programmes les plus regardés de l’année.

Parallèlement, le public cinéma est de plus en plus réceptif aux histoires ancrées dans le réel. Des films comme The Last Dance (sur Michael Jordan) ou Sunderland ‘Til I Die ont démontré qu’un traitement soigné et sans langue de bois pouvait passionner même les non-fans du sport concerné.

Round 12 arrive donc dans un contexte idéal : une demande croissante pour du contenu sportif de qualité, une multiplication des diffuseurs prêts à investir, et un public curieux de découvrir les visages cachés derrière les médailles et les maillots.

« Le sport est l’une des dernières scènes où l’on peut encore filmer des émotions brutes, sans filtre. Notre ambition est de capter ces moments avec la même exigence qu’un grand film de fiction. »

Un des fondateurs du label

Cette citation résume parfaitement l’état d’esprit du projet : ne pas faire du contenu « pour fans », mais du cinéma qui parle de sport.

Un positionnement international assumé

Dès le départ, Round 12 affiche ses ambitions internationales. La première présentation publique du catalogue complet aura lieu lors du European Film Market de Berlin, un lieu stratégique pour vendre des projets aux diffuseurs et plateformes du monde entier.

Les sujets choisis sont également très internationaux : une légende brésilienne du football féminin, une icône roumaine du tennis, une star montante française du MMA, une équipe yougoslave mythique, l’histoire de Ferrari… Autant de récits qui parlent à des publics très différents, de l’Amérique latine à l’Europe de l’Est en passant par les États-Unis et la France.

Cette stratégie permet de viser à la fois des préventes sur des territoires spécifiques et une diffusion globale sur les grandes plateformes.

Les défis à relever

Comme tout projet ambitieux, Round 12 devra surmonter plusieurs obstacles.

  1. Maintenir un équilibre entre authenticité et attractivité grand public
  2. Obtenir les droits et les autorisations nécessaires, notamment pour les images d’archives et les interviews
  3. Réussir à financer des fictions sportives, un genre souvent coûteux (tournages en décors réels, reconstitution d’événements sportifs…)
  4. Se démarquer dans un marché où les documentaires sportifs se multiplient
  5. Toucher un public au-delà des seuls passionnés de la discipline traitée

Autant de défis que l’alliance entre les deux partenaires devrait permettre d’aborder avec de solides atouts.

Vers une nouvelle vague de cinéma sportif européen ?

Si Round 12 parvient à concrétiser ses ambitions, il pourrait bien contribuer à faire émerger une véritable vague de cinéma sportif européen, plus audacieux et plus cinématographique que ce qui se fait actuellement outre-Atlantique.

Alors que les plateformes américaines dominent le marché des documentaires sportifs à gros budget, un label européen qui mise sur l’auteur, l’intimité et la diversité des récits pourrait trouver sa place et séduire un public international en quête d’histoires moins formatées.

Le pari est ambitieux, mais les premiers projets annoncés montrent que l’équipe derrière Round 12 ne manque ni de courage ni d’idées. Reste maintenant à transformer ces annonces en œuvres qui marqueront durablement les esprits.

Le ring est prêt. Le gong va bientôt retentir pour ce douzième round qui s’annonce décisif.

(Environ 3200 mots)

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