Sport

Alexis Pinturault : Hommage Émouvant Après l’Exclusion des JO 2026

À 35 ans, Alexis Pinturault apprend qu’il ne disputera pas ses quatrièmes Jeux olympiques. La Fédération lui rend un hommage poignant saluant son talent et ses valeurs. Mais que réserve l’avenir au recordman français des victoires en Coupe du monde ?

Imaginez un instant : vous avez tout donné, surmonté des fractures graves, repris la compétition plus fort, et pourtant, à quelques semaines de l’événement que tout sportif rêve de disputer, on vous annonce que la place n’est pas pour vous. C’est cette réalité qu’Alexis Pinturault a dû affronter mercredi dernier. Le Savoyard, figure incontournable du ski alpin français depuis plus de quinze ans, ne sera pas du voyage à Milan-Cortina.

Cette décision, aussi logique soit-elle sur le plan purement sportif, a provoqué une onde de choc dans le milieu. Le lendemain, la Fédération Française de Ski publiait un communiqué particulièrement touchant, saluant non seulement les résultats, mais surtout l’homme et les valeurs qu’il incarne. Retour sur un parcours hors norme et sur ce moment où le sport de haut niveau montre aussi son visage le plus humain.

Un hommage qui dépasse la simple performance

Les mots choisis par la Fédération ne sont pas anodins. On ne parle pas uniquement de médailles ou de victoires en Coupe du monde. On évoque le talent, la constance, l’exemplarité. On souligne l’humilité, la détermination et surtout ce rôle d’exemple pour toute une génération de jeunes skieurs.

Ce n’est pas tous les jours qu’une instance sportive prend le temps de rédiger un texte aussi chaleureux pour un athlète non sélectionné. Cela montre à quel point Alexis Pinturault a marqué son époque, bien au-delà des classements et des chronos.

Un palmarès qui parle de lui-même

Avant d’aller plus loin, rappelons quelques chiffres qui impressionnent encore aujourd’hui. Alexis Pinturault totalise 34 victoires en Coupe du monde, ce qui fait de lui le skieur français le plus titré de l’histoire dans cette compétition. Il a remporté le gros globe de cristal en 2021, preuve qu’il a su dominer l’ensemble des disciplines techniques.

Sur le plan olympique, trois médailles ornent déjà son palmarès : le bronze en slalom géant à Sotchi en 2014, puis à PyeongChang en 2018 le bronze en géant et l’argent en combiné alpin. À chaque participation, il a su se hisser sur le podium.

Ajoutez à cela six médailles mondiales (dont un titre en combiné en 2019) et vous obtenez le portrait d’un athlète complet, polyvalent et surtout incroyablement régulier pendant plus d’une décennie au plus haut niveau.

2024-2025 : la résilience face à l’adversité

Ce qui rend l’histoire encore plus poignante, c’est le chemin parcouru ces deux dernières années. En mars 2024, une lourde chute à Aspen lui fracture le tibia et le péroné. Opération, longue rééducation, retour progressif. Puis, en décembre 2025, une nouvelle blessure sérieuse au genou le stoppe net alors qu’il commençait à retrouver son meilleur niveau.

Beaucoup auraient jeté l’éponge. Lui a décidé de se battre pour une dernière danse olympique. Chaque séance de kiné, chaque exercice de renforcement, chaque descente d’entraînement étaient guidés par cet objectif : être présent à Milan-Cortina pour ses quatrièmes Jeux.

« J’ai toujours dit que je voulais terminer ma carrière sur un gros objectif. Les Jeux en font partie. »

Cette phrase prononcée il y a plusieurs mois résume parfaitement l’état d’esprit du Savoyard. Il n’était pas là pour faire de la figuration, mais pour tenter de décrocher une nouvelle médaille et surtout pour boucler la boucle en beauté.

La décision sportive expliquée

Le choix final s’est porté sur un jeune skieur prometteur qui a su saisir sa chance lors des dernières courses qualificatives. Avec seulement huit places disponibles pour la France en ski alpin masculin, la concurrence était extrêmement rude. Les résultats récents, les chronos, la forme du moment ont donc primé.

Si la logique sportive est compréhensible, elle n’efface pas la déception. Passer si près du but après tant d’efforts doit être particulièrement douloureux. Pourtant, Alexis Pinturault a toujours fait preuve d’élégance dans l’adversité. Il n’a jamais publiquement critiqué la décision, préférant sans doute digérer la nouvelle en famille et avec ses proches.

Un leadership reconnu par tous

Dans son communiqué, la Fédération insiste sur le leadership naturel d’Alexis et son rôle moteur dans la dynamique collective. Même lorsqu’il n’était pas le plus rapide, il restait celui vers qui les plus jeunes se tournaient pour des conseils techniques ou simplement pour trouver de la motivation.

Ce n’est pas rien dans un sport individuel comme le ski alpin où l’ego peut parfois prendre le dessus. Lui a toujours privilégié le collectif, l’entraide, le partage d’expérience. C’est aussi pour cela qu’il restera dans les mémoires comme bien plus qu’un champion.

Solidarité avec les autres « oubliés »

Le communiqué ne s’arrête pas à Alexis Pinturault. Il adresse un message de soutien à tous les athlètes non retenus, qu’ils soient blessés ou simplement hors des quotas. Deux noms reviennent particulièrement : une freestyleuse de haut niveau actuellement en phase de reprise après une blessure grave, et un autre slalomeur français qui a dominé la discipline pendant plusieurs saisons.

Cette solidarité institutionnelle est rare et mérite d’être soulignée. Elle montre que la Fédération est consciente de la difficulté psychologique que représente une non-sélection olympique, surtout quand elle intervient après des années de sacrifices.

Et maintenant, quelle suite pour Pinturault ?

La question est sur toutes les lèvres. Va-t-il raccrocher les skis dès cette saison ? Continuer jusqu’aux Mondiaux 2027 ? Se lancer dans une reconversion déjà bien entamée avec ses différentes activités entrepreneuriales ?

Il possède déjà une structure d’entraînement privée qui accueille de jeunes espoirs, il est très impliqué dans la promotion du ski auprès des scolaires, et il développe également des projets autour de la montagne et du développement durable. Autant d’activités qui pourraient prendre plus de place dans les mois et années à venir.

Mais le virus de la compétition est parfois difficile à éradiquer complètement. Peut-être gardera-t-il une porte entrouverte pour un retour ponctuel sur certaines courses mythiques ou simplement pour le plaisir.

L’héritage d’une génération dorée

Alexis Pinturault appartient à cette génération exceptionnelle du ski alpin français qui a collectionné les podiums entre 2010 et 2022. Avec Jean-Baptiste Grange, Julien Lizeroux, Victor Muffat-Jeandet, Mathieu Faivre, Cyprien Sarrazin et les autres, ils ont permis à la France de rester une grande nation du ski mondial alors même que la concurrence internationale n’a jamais été aussi forte.

Il est l’un des derniers représentants de cette belle époque encore en activité. Sa sortie de scène forcée marque peut-être la fin symbolique d’un cycle. Une page se tourne, mais elle se tourne avec reconnaissance et respect.

Les réactions dans le milieu du ski

Depuis l’annonce, les messages de soutien affluent. Anciens coéquipiers, adversaires étrangers, entraîneurs, anciens champions… tous tiennent à saluer l’homme et le sportif. Même certains de ses plus farouches rivaux ont tenu à exprimer leur admiration pour son parcours et sa résilience.

Ce plébiscite dépasse largement les frontières hexagonales. Preuve que le respect qu’il inspire est international. Dans un sport où la rivalité est intense, parvenir à fédérer autant de sympathie est une performance en soi.

Le ski alpin français à un tournant

Avec cette sélection pour Milan-Cortina, une nouvelle génération prend les rênes. Des skieurs qui étaient encore juniors quand Pinturault gagnait son premier globe regardent désormais les dossards bleus avec envie. La transition est en marche.

Elle sera forcément délicate. Perdre un leader naturel et un modèle comme Alexis laisse un vide. Mais c’est aussi une chance pour les plus jeunes de s’affirmer et d’écrire leur propre histoire.

Ce que les Jeux perdent sans Pinturault

Au-delà des aspects purement comptables (points FIS, places aux nations), les Jeux olympiques perdent un personnage charismatique, un ambassadeur exemplaire du ski alpin. Sa présence aurait garanti de belles histoires sportives et humaines à raconter.

Mais le sport est ainsi fait : cruel parfois, impitoyable souvent. Et c’est justement ce qui rend les parcours exceptionnels encore plus précieux quand ils se concrétisent.

Un dernier message d’optimisme

Si l’on devait retenir une seule image d’Alexis Pinturault, ce serait sans doute celle d’un skieur souriant malgré les difficultés, toujours positif, toujours prêt à encourager les autres. Cette attitude l’a porté très haut et continuera de l’accompagner dans la suite de sa vie.

Alors oui, il ne sera pas à Milan-Cortina. Mais son empreinte sur le ski français est indélébile. Et les milliers de jeunes licenciés qui ont accroché un poster de lui dans leur chambre ou qui ont rêvé en le regardant à la télévision lui doivent une part de leur passion.

Merci champion. Et quoi qu’il advienne ensuite, la montagne se souviendra toujours de tes plus belles courbes.

« Le sport de haut niveau n’est pas seulement une question de médailles. C’est aussi une école de vie, de résilience et de transmission. Alexis Pinturault en est l’un des plus beaux exemples. »

Le ski alpin français perd aujourd’hui un compétiteur d’exception sur les pistes, mais gagne un ambassadeur et un modèle pour les années à venir. Une forme de passation symbolique entre deux époques.

Et si l’histoire d’Alexis Pinturault nous rappelle une chose, c’est bien celle-ci : la vraie victoire ne se mesure pas toujours à l’aune d’une médaille ou d’une sélection. Parfois, elle se trouve dans l’empreinte durable que l’on laisse dans le cœur des autres.

Passionné et dévoué, j'explore sans cesse les nouvelles frontières de l'information et de la technologie. Pour explorer les options de sponsoring, contactez-nous.