Imaginez un métal discret, souvent éclipsé par l’éclat de l’or, qui soudainement explose et attire tous les regards des marchés financiers. C’est exactement ce qui se passe en ce moment avec l’argent physique. En janvier 2026, le prix de l’once a franchi allègrement la barre des 119 dollars, signant l’une des hausses les plus violentes jamais vues sur ce marché. Une progression de plus de 60 % en un seul mois, et environ 275 % sur l’année écoulée. Les traders sont face à un moment décisif : le seuil des 115-120 dollars va-t-il tenir, ou assisterons-nous à un effondrement spectaculaire ? Et surtout, que nous dit cette folie sur l’appétit pour le risque dans les cryptomonnaies ?
L’argent au bord du précipice : entre euphorie et réalité
Le métal blanc n’a jamais connu une telle frénésie depuis des décennies. Les volumes d’échanges sur les ETF dédiés flirtent avec ceux des plus gros fonds actions, signe que l’argent retail et les gros fonds macro se ruent dessus. Mais derrière cette verticalité apparente se cache un débat intense entre ceux qui crient à la bulle et ceux qui défendent une réévaluation structurelle profonde.
Une hausse historique qui rappelle les plus grands chocs passés
Depuis le début de l’année, l’argent a affiché des performances dignes des pages les plus folles de l’histoire financière. Cette accélération rappelle inévitablement certains épisodes passés, où l’euphorie collective a précédé des corrections brutales. Pourtant, les conditions actuelles semblent bien différentes de celles d’autrefois.
Les experts les plus aguerris tirent la sonnette d’alarme. L’un d’eux, ancien stratège en chef d’une grande banque américaine, affirme sans détour que l’argent est condamné à chuter d’environ 50 % dans les mois à venir. Selon lui, ce rallye relève plus du momentum pur et du trading style « meme » que d’une dynamique fondée sur des bases solides. Un autre trader légendaire pointe du doigt le volume échangé : presque deux années de production mondiale ont transité sur les plateformes en très peu de temps, un niveau d’activité jamais vu depuis le pic de 2011.
« Cette phase ressemble à un blow-off top classique, porté par des achats impulsifs et une liquidité de plus en plus fine. »
Mais tous ne partagent pas ce pessimisme. D’autres institutions financières relèvent leurs objectifs et parlent d’un métal devenu « l’or sous stéroïdes ». Elles estiment que le prix pourrait encore grimper significativement, jusqu’à des niveaux bien supérieurs aux records actuels.
Les fondamentaux qui défient la logique spéculative
Ce qui rend ce mouvement si particulier, c’est l’accumulation de déficits physiques depuis sept années consécutives. La production minière ne suit tout simplement plus. Pendant ce temps, la demande industrielle explose et atteint des records année après année.
- La fabrication de panneaux solaires devrait consommer entre 120 et 125 millions d’onces rien qu’en 2026.
- Les véhicules électriques en ajoutent 70 à 75 millions supplémentaires.
- L’électronique, l’IA, les semi-conducteurs et les infrastructures vertes tirent également la consommation vers le haut.
À cela s’ajoutent des décisions politiques lourdes de conséquences. Certains pays ont reclassé l’argent comme matériau stratégique et ont durci les conditions d’exportation dès le début de l’année. Résultat : les stocks disponibles se raréfient encore plus vite.
Certains observateurs estiment que cette tension physique pourrait transformer l’argent en un actif refuge alternatif, même si d’autres restent sceptiques sur sa capacité à détrôner l’or dans ce rôle.
« Les prix élevés finissent toujours par heurter la réalité physique : la demande industrielle se contracte, le recyclage s’accélère, et de nouvelles sources d’approvisionnement émergent. »
Le test ultime : 115-120 dollars, ligne de vie ou point de non-retour ?
Le marché se trouve désormais à un carrefour critique. La zone entre 115 et 120 dollars représente à la fois un support psychologique majeur et une résistance technique lourde. Si les acheteurs parviennent à consolider au-dessus de ce niveau, le chemin vers des sommets encore plus élevés pourrait s’ouvrir. À l’inverse, un rejet clair déclencherait probablement une vague de prises de bénéfices massive.
Les volumes records sur les produits dérivés et les ETF montrent que la participation est à son paroxysme. Mais les marchés ont la mémoire longue : les phases d’excès finissent souvent mal lorsque la liquidité se tarit subitement.
Et les cryptomonnaies dans tout ça ?
Les traders crypto suivent cette saga de très près. Bitcoin évolue autour de 88 000 dollars, Ethereum près de 2 950 dollars, et Solana aux environs de 192 dollars. Ces niveaux restent impressionnants dans un contexte macro incertain, mais l’argent agit comme un baromètre de l’appétit global pour le risque.
Quand un actif réel comme l’argent connaît une telle volatilité, avec des flux retail massifs et une liquidité qui s’amincit, cela rappelle furieusement les phases les plus explosives des cryptos. La question que tout le monde se pose : est-ce que le « squeeze » industriel tiendra bon, ou assisterons-nous à un effondrement qui contaminera les actifs risqués ?
- Une correction violente sur l’argent pourrait signaler une aversion au risque généralisée.
- À l’inverse, une stabilisation haute renforcerait la thèse d’un nouveau paradigme pour les actifs durs et les cryptos.
- Les corrélations macro restent fortes : inflation, politique monétaire, géopolitique… tout converge.
Les desks macro des plateformes crypto scrutent ces indicateurs pour ajuster leurs positions. L’argent devient, paradoxalement, un proxy pour anticiper les mouvements sur Bitcoin et ses pairs.
Quelles leçons pour l’investisseur averti ?
Dans un tel environnement, la prudence est de mise, mais l’opportunité aussi. Diversifier reste la règle d’or. Ne pas tout miser sur un seul narrative, qu’il soit haussier ou baissier. Suivre les flux physiques, les stocks disponibles, les annonces réglementaires, et bien sûr les volumes sur les produits dérivés.
Ce rallye de l’argent n’est pas qu’une anecdote de marché. Il révèle des fractures profondes dans l’économie mondiale : transition énergétique accélérée, tensions sur les matières premières stratégiques, appétit insatiable pour les technologies de demain. Et les cryptomonnaies, en tant qu’actifs nativement numériques et décentralisés, pourraient bien profiter – ou souffrir – de la même vague.
Le seuil des 115-120 dollars reste le juge de paix. D’un côté, la peur d’une bulle qui éclate. De l’autre, l’espoir d’un squeeze historique qui redéfinit la valeur de ce métal oublié. Les prochains jours et semaines seront déterminants. Et les cryptos, toujours à l’affût du prochain catalyseur macro, regardent attentivement.
Rester lucide, ne pas céder à l’euphorie ni à la panique, et surtout garder un œil sur les fondamentaux réels. Car c’est souvent là, dans l’ombre des graphiques paraboliques, que se jouent les vraies révolutions de marché.
Points clés à retenir en un coup d’œil
- Hausse de +60 % en janvier 2026, record à 119 $ l’once
- Déficits physiques cumulés depuis 7 ans
- Demande industrielle record (solaire, EV, IA…)
- Restrictions chinoises sur les exportations
- Crypto traders scrutent ce niveau pour jauger le risque global
Ce qui est certain, c’est que nous vivons un moment rare. Un métal industriel qui se comporte comme un actif spéculatif ultime. Et les cryptomonnaies, toujours sensibles aux flux de capitaux risqués, pourraient bien nous réserver des surprises dans les semaines à venir. À suivre de très près.









