Imaginez partir en voyage familial vers une île paradisiaque, les plages de sable blanc, les eaux turquoise et le soleil généreux de Zanzibar. Vous réservez un taxi pour changer d’hôtel, vous montez avec vos enfants excités, et soudain, tout bascule. Ce qui devait être une simple transition devient un calvaire de six heures : menaces, détournement, vol massif et abandon au milieu de nulle part. C’est exactement ce qui est arrivé à une famille franco-québécoise en novembre dernier. Leur histoire, encore fraîche dans leur mémoire, mérite d’être racontée pour alerter d’autres voyageurs.
Quand le rêve tropical se transforme en véritable cauchemar
Les vacances en famille sont souvent synonymes d’évasion, de rires partagés et de souvenirs impérissables. Pour cette famille originaire de Montréal, le projet était ambitieux : un tour du monde qui devait leur permettre de découvrir plusieurs continents avec leurs deux enfants de 7 et 9 ans. Zanzibar représentait une étape idéale, un joyau de l’océan Indien réputé pour sa beauté et son hospitalité. Pourtant, ce qui s’annonçait comme un moment magique a viré à l’horreur en quelques minutes seulement.
Le 13 novembre, après avoir passé plusieurs jours sur l’île, la famille décide de changer d’hôtel. Un chauffeur de taxi, rencontré quelques jours plus tôt et particulièrement aimable, leur propose ses services. Il semble fiable, parle bien anglais et français, et inspire confiance. La famille accepte, sans se douter que ce choix allait changer leur vie pendant plusieurs heures interminables.
Le piège se referme sur la route
Tout commence normalement. La minifourgonnette roule sur les routes de l’île, les enfants regardent par la fenêtre, les parents discutent du programme des prochains jours. Puis le chauffeur annonce qu’il doit récupérer deux collègues pour compléter l’équipe. La famille ne s’inquiète pas outre mesure. Mais très vite, l’ambiance change. Les nouveaux arrivants montent, l’atmosphère devient pesante. Le véhicule quitte la route principale pour s’engager sur un chemin de terre isolé.
Le prétexte est simple : éviter les embouteillages. Mais personne n’est dupe très longtemps. La voiture s’arrête brutalement au milieu de nulle part. Les trois hommes se retournent et annoncent froidement la couleur : ils appartiennent à une mafia locale et exigent tout ce que la famille possède. Menaces verbales, ton sans appel, regards qui ne laissent aucun doute sur leur détermination. La peur s’installe instantanément.
« Si vous collaborez, tout va bien se passer. On est de la mafia, on veut tout ! »
Ces mots résonnent encore dans la tête des parents. Pendant six longues heures, la famille est retenue contre son gré dans le véhicule. Les enfants, terrifiés, posent la question que personne ne veut entendre : « Maman, est-ce qu’on va mourir ? » La réponse, honnête et déchirante, reste suspendue dans l’air : « Je ne sais pas. »
Un butin considérable et une violence contenue
Les ravisseurs ne se contentent pas de menaces. Ils fouillent méthodiquement les bagages, les poches, les sacs à main. Téléphones portables, tablettes, bijoux, argent liquide, cartes bancaires : rien n’échappe à leur voracité. Au total, le préjudice s’élève à environ 21 000 dollars canadiens. Une somme énorme pour une famille en voyage, qui représente à la fois des économies et des objets chargés de souvenirs.
L’alliance de mariage de la mère fait partie des biens volés. Ce détail, en apparence anodin, symbolise la violence psychologique infligée. Dépouiller quelqu’un de ses biens matériels est une chose ; s’emparer d’un symbole aussi intime en est une autre. Les agresseurs agissent avec un professionnalisme glaçant, sans violence physique gratuite, mais avec une pression constante et une menace omniprésente.
L’abandon et la course vers la survie
Après des heures interminables, les ravisseurs décident de libérer leurs otages. Mais pas n’importe où. La famille est déposée dans une zone boisée, isolée, loin de toute route fréquentée. Le véhicule disparaît dans un nuage de poussière. Les parents réalisent immédiatement la gravité de la situation : ils sont seuls, sans moyens de communication, sans argent, avec deux enfants épuisés et traumatisés.
Le réflexe est immédiat : fuir le plus loin possible de cet endroit. « Courez, courez, courez ! » lance la mère à sa famille. Ils s’élancent à travers la végétation, le cœur battant à tout rompre. Après un moment qui semble une éternité, ils atteignent enfin une route. Là, par miracle, une âme charitable s’arrête. La famille est conduite jusqu’à un hôtel qui les accueille sans hésiter, leur offre un toit, de la nourriture et surtout un sentiment de sécurité retrouvé.
Les suites immédiates et le retour à la réalité
Une fois en sécurité, les démarches s’enchaînent. La famille contacte les autorités locales pour porter plainte. Un rapport de police est établi, détaillant les faits et le montant du préjudice. Parallèlement, grâce à leur banque au Canada, ils parviennent à récupérer une partie de leurs fonds. Cette aide financière rapide constitue un soulagement considérable dans une situation déjà dramatique.
Malgré tout, le séjour à Zanzibar est écourté. La famille quitte l’île au plus vite pour rejoindre des proches en France. Le tour du monde est suspendu, du moins temporairement. Les parents, détenteurs de la double nationalité franco-canadienne, ont besoin de se reconstruire dans un environnement familier avant de reprendre la route.
Pourquoi ce témoignage est crucial aujourd’hui
Ce qui frappe dans ce récit, c’est la banalité du point de départ. Un simple trajet en taxi, une proposition amicale de chauffeur, un détour apparemment anodin. Des éléments que des milliers de touristes vivent chaque jour sans conséquence. Pourtant, dans ce cas précis, ils ont conduit à l’un des pires scénarios imaginables pour des parents : voir ses enfants menacés et vivre dans l’angoisse pendant des heures.
Les autorités canadiennes, sur leur site officiel, mettent en garde contre les « enlèvements éclairs » perpétrés par des chauffeurs de taxi en Tanzanie. Ce type d’agression, bien que relativement rare, existe bel et bien. Il cible souvent les touristes perçus comme fortunés, notamment les familles. Le mode opératoire est presque toujours le même : confiance initiale, détour isolé, menace collective, vol rapide et libération.
Les leçons à retenir pour tout voyageur
Ce drame n’est pas une fatalité. Il rappelle surtout l’importance de la vigilance, même dans les destinations les plus réputées pour leur accueil. Voici quelques conseils pratiques issus de cette expérience douloureuse :
- Ne jamais accepter un chauffeur inconnu sans recommandation vérifiée (hôtel, amis, applications réputées)
- Partager sa localisation en temps réel avec un proche pendant les trajets
- Préférer les paiements électroniques ou les transferts bancaires plutôt que de transporter beaucoup d’espèces
- Conserver des copies numériques de tous les documents importants (passeports, billets, assurances)
- En cas de doute sur un trajet, demander à faire demi-tour immédiatement
Ces gestes simples peuvent faire la différence entre une anecdote de voyage et un véritable traumatisme.
Le traumatisme invisible et la reconstruction
Au-delà des pertes matérielles, c’est le choc psychologique qui marque le plus durablement. Les enfants ont vu leurs parents impuissants face à des hommes menaçants. Les parents ont dû gérer leur propre peur tout en rassurant leurs petits. Ce genre d’expérience laisse des traces invisibles mais profondes.
La famille a choisi de parler publiquement pour deux raisons principales : alerter d’autres voyageurs et transformer leur épreuve en quelque chose d’utile. Ils espèrent que leur histoire permettra à d’autres de ne pas vivre le même cauchemar. Ce courage de témoigner, alors que le choc est encore très présent, force le respect.
Zanzibar : entre paradis touristique et réalités cachées
Zanzibar reste une destination magnifique. Ses plages, son histoire liée aux épices, sa culture swahilie riche et son atmosphère unique attirent des millions de visiteurs chaque année. La grande majorité des habitants sont chaleureux et accueillants. Mais comme partout ailleurs, des individus mal intentionnés profitent de la vulnérabilité des touristes.
Le tourisme représente une part essentielle de l’économie locale. Les autorités ont donc tout intérêt à renforcer la sécurité pour protéger cette manne financière. Pourtant, des cas comme celui-ci montrent qu’il reste du travail à faire, notamment dans la régulation des chauffeurs indépendants et la réponse rapide aux plaintes.
La vigilance : un réflexe à cultiver partout
Ce récit n’est pas une condamnation de la Tanzanie ou de Zanzibar. Il s’agit plutôt d’un rappel universel : aucun endroit n’est totalement exempt de risques. Les destinations paradisiaques peuvent cacher des pièges, surtout lorsqu’on baisse la garde après plusieurs semaines de voyage serein.
La vigilance n’est pas de la paranoïa. C’est une forme de respect envers soi-même et envers ceux qu’on aime. Quelques précautions élémentaires peuvent transformer un voyage potentiellement dangereux en une aventure inoubliable pour les bonnes raisons.
Cette famille, malgré la violence subie, a choisi de continuer à explorer le monde. Leur histoire, loin de les paralyser, les pousse à partager leur expérience pour protéger les autres. Un geste citoyen qui mérite d’être salué et surtout entendu.
Alors la prochaine fois que vous réservez un taxi à l’étranger, posez-vous les bonnes questions. Vérifiez, partagez, soyez attentif. Parce que parfois, le plus beau des voyages peut tourner au cauchemar en un simple détour.
Et vous, avez-vous déjà vécu une expérience qui vous a rendu plus prudent en voyage ? Partagez en commentaires, vos histoires peuvent aider d’autres lecteurs.









