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Netanyahu Obtient une Majorité Cruciale pour le Budget 2026

Benjamin Netanyahu a arraché de justesse la majorité pour le budget 2026 en première lecture, évitant des élections anticipées. Mais le répit est temporaire : les ultra-orthodoxes exigent toujours leur exemption du service militaire. Jusqu’où ira le Premier ministre pour maintenir sa coalition ?

Imaginez un instant : un pays en guerre depuis plus de deux ans, une coalition gouvernementale fragilisée, et un vote parlementaire qui pourrait tout faire basculer vers des élections anticipées. C’est exactement la situation qu’a vécue Israël mercredi soir, lorsque le Premier ministre Benjamin Netanyahu a réussi, de justesse, à faire adopter en première lecture le projet de loi de finances pour 2026.

Ce scrutin n’était pas un simple vote budgétaire. Il représentait un test crucial pour la survie politique du dirigeant le plus expérimenté du pays. À 76 ans, après plus de 18 années cumulées au pouvoir, Netanyahu navigue en eaux troubles depuis l’été dernier, à la tête d’un gouvernement minoritaire.

Un vote sous haute tension pour sauver le gouvernement

La veille encore, le Premier ministre exprimait ouvertement son inquiétude. Il savait que chaque voix compterait dans l’hémicycle de la Knesset, cette assemblée de 120 députés où les alliances se font et se défont au gré des tractations intenses. Un échec avant la date limite du 31 mars aurait automatiquement déclenché la dissolution de la Chambre et des élections anticipées.

Mais mercredi soir, le soulagement était palpable du côté du Likoud et de ses alliés. Le texte a été approuvé par 62 voix contre 55. Une majorité étroite, mais suffisante pour passer cette première étape décisive et repousser le spectre d’un scrutin législatif prématuré.

« La dernière chose dont nous avons besoin en ce moment, ce sont des élections », avait insisté Netanyahu la veille. Ces mots résonnaient comme un appel à la raison dans un climat politique déjà extrêmement tendu.

Le rôle déterminant des partis ultra-orthodoxes

Pour parvenir à ce résultat, le chef du gouvernement a dû compter sur le soutien décisif des députés ultra-orthodoxes. Ces formations avaient pourtant quitté la coalition en juillet dernier, plongeant l’exécutif dans une situation minoritaire précaire.

Malgré leur départ du gouvernement, les partis ultra-orthodoxes n’ont pas encore franchi le pas ultime de faire tomber l’exécutif. Ils ont préféré maintenir une forme de statu quo, tout en exerçant une pression maximale sur Netanyahu.

Leur condition était claire : pas de vote favorable au budget sans engagement ferme sur l’exemption du service militaire pour leurs jeunes. Une demande qui divise profondément la société israélienne, surtout après plus de deux années de conflit intense contre le Hamas à Gaza.

Une exemption controversée au cœur des négociations

Ce que certains appellent pudiquement une « loi d’exemption » est qualifiée par ses opposants de « loi de désertion ». Le terme est volontairement provocateur et reflète le ressentiment d’une large partie de la population.

Depuis le début du conflit, la question de l’incorporation des jeunes ultra-orthodoxes dans l’armée est devenue explosive. Beaucoup d’Israéliens estiment que le fardeau du service militaire doit être partagé équitablement, alors que le pays traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire récente.

Les ultra-orthodoxes, de leur côté, défendent une tradition d’étude religieuse à temps plein qui, selon eux, contribue aussi à la protection spirituelle de la nation. Ce débat ancestral s’est transformé en véritable bras de fer politique.

« Une telle loi se heurte à la volonté de la base électorale de Netanyahu et d’une large majorité d’Israéliens »

Cette phrase résume parfaitement la complexité de la situation. Le Premier ministre doit ménager ses alliés traditionnels tout en évitant de s’aliéner définitivement une opinion publique déjà très critique sur ce sujet.

Les tractations de dernière minute qui ont fait basculer le vote

Les jours précédant le scrutin ont été marqués par d’intenses négociations en coulisses. Chaque voix potentielle était scrutée, chaque député courtisé.

Finalement, le parti Shass, principale formation ultra-orthodoxe séfarade, a choisi de voter en faveur du texte en première lecture. Certains élus ultra-orthodoxes ashkénazes ont également apporté leur soutien, offrant ainsi un répit bienvenu au Premier ministre.

Ces voix ont été déterminantes pour atteindre le seuil des 62 suffrages favorables. Sans elles, le projet aurait été rejeté et la crise politique aurait pris une toute autre dimension.

Que va-t-il se passer pour les lectures suivantes ?

Si la première lecture est passée, le plus dur reste à venir. La seconde et la troisième lecture, qui nécessitent également une majorité, n’ont pas encore de date fixée.

D’ici là, Netanyahu devra trouver un terrain d’entente durable avec les partis ultra-orthodoxes. La question de l’exemption du service militaire reviendra immanquablement sur la table des négociations.

Le Premier ministre dispose d’un atout : son parti, le Likoud, lui a déjà renouvelé son investiture pour les prochaines élections. Il reste donc le leader incontesté de la droite israélienne, malgré les turbulences actuelles.

Un contexte géopolitique qui complique tout

Il est impossible de comprendre ces manœuvres budgétaires sans replacer les événements dans le contexte plus large du conflit en cours. Depuis octobre 2023, Israël est engagé dans une guerre prolongée contre le Hamas à Gaza.

Cette situation a exacerbé les tensions internes, notamment sur la question du service militaire. Les familles dont les enfants servent au front ressentent d’autant plus vivement ce qu’elles perçoivent comme un traitement inégal.

Le budget 2026 devra nécessairement intégrer les coûts colossaux liés à cette guerre : opérations militaires, reconstruction, aide aux déplacés, renforcement de la défense. Chaque shekel compte dans ce climat d’incertitude permanente.

Les implications économiques du vote

Au-delà des aspects politiques, l’adoption du budget en première lecture envoie un signal de stabilité aux marchés et aux partenaires internationaux. Dans un pays en guerre, la continuité des finances publiques est un élément rassurant.

Les agences de notation, les investisseurs étrangers, les alliés économiques scrutent ces votes avec attention. Un blocage budgétaire prolongé aurait pu entraîner des conséquences économiques graves, notamment une dégradation de la note souveraine.

En obtenant cette première victoire parlementaire, Netanyahu préserve pour l’instant la capacité de l’État à fonctionner normalement sur le plan financier.

Un Premier ministre habitué aux situations extrêmes

À 76 ans, Benjamin Netanyahu reste une figure incontournable de la politique israélienne. Sa longévité au pouvoir force le respect, même chez ses opposants les plus farouches.

Il a traversé de nombreuses crises : attentats, guerres, scandales judiciaires, manifestations massives. À chaque fois, il a su rebondir, souvent de manière spectaculaire.

Cette capacité à survivre politiquement est mise à rude épreuve depuis l’été dernier. Le départ des ultra-orthodoxes de la coalition a créé une situation inédite pour lui : diriger un gouvernement minoritaire en pleine guerre.

Les prochaines semaines seront décisives

Le chemin vers l’adoption définitive du budget 2026 s’annonce semé d’embûches. Chaque lecture supplémentaire sera l’occasion pour les partis ultra-orthodoxes de rappeler leurs exigences.

Netanyahu devra faire preuve d’une habileté diplomatique exceptionnelle pour concilier des intérêts contradictoires : satisfaire ses alliés religieux sans perdre complètement le soutien d’une opinion publique déjà très critique sur la question du service militaire.

Le moindre faux pas pourrait relancer la menace d’élections anticipées, avec toutes les incertitudes que cela comporte dans le contexte actuel.

Une société israélienne profondément divisée

Au-delà des péripéties parlementaires, ce vote révèle les fractures profondes qui traversent la société israélienne. La question de l’exemption du service militaire n’est que la partie visible d’un iceberg beaucoup plus large.

Les tensions entre laïcs et religieux, entre droite et gauche, entre partisans d’une ligne dure et tenants d’une approche plus modérée, se cristallisent autour de ces débats budgétaires et militaires.

Dans ce climat, chaque décision politique prend une dimension symbolique qui dépasse largement son contenu technique.

Vers un compromis fragile ou une nouvelle crise ?

L’avenir proche dira si Netanyahu parviendra à bâtir un compromis acceptable pour toutes les parties. Les ultra-orthodoxes ne semblent pas disposés à lâcher du lest sur leur priorité absolue : préserver le statut quo pour leurs jeunes.

De son côté, le Premier ministre sait qu’il ne peut pas se permettre de perdre définitivement leur soutien sans risquer l’effondrement total de sa majorité.

Entre ces deux impératifs contradictoires, la marge de manœuvre est étroite. Les semaines à venir seront donc cruciales pour déterminer si ce vote en première lecture n’était qu’un sursis ou le début d’une stabilisation politique durable.

Une chose est sûre : dans la politique israélienne, rien n’est jamais acquis définitivement, et chaque victoire peut rapidement se transformer en nouveau défi.

Pour l’instant, Benjamin Netanyahu peut souffler : il a évité le pire. Mais le chemin vers l’adoption définitive du budget 2026 s’annonce encore long et semé d’embûches.

La suite des événements nous dira si ce vote serré marque le début d’une sortie de crise ou simplement une pause avant de nouvelles turbulences politiques.

Dans un pays en guerre, le vote d’un budget n’est jamais une formalité. Il devient le reflet des équilibres précaires qui maintiennent la stabilité politique.

Ce qui se joue actuellement à la Knesset dépasse largement les simples chiffres d’un projet de loi de finances. C’est toute la capacité du système politique israélien à fonctionner malgré les divisions profondes qui est en jeu.

Et pour l’instant, Netanyahu a réussi à maintenir le cap. Mais pour combien de temps ?

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