Imaginez un instant : une cryptomonnaie créée avec un stock fixe monumental de 100 milliards d’unités, et dont une part écrasante a déjà disparu des mains de ses créateurs historiques. En 2026, alors que le marché crypto continue de surprendre par sa volatilité et ses rebonds spectaculaires, une donnée frappe l’imaginaire collectif : environ 58,5 milliards de XRP auraient été vendus ou distribués par les fondateurs et dirigeants de Ripple depuis le lancement du projet en 2012. Un chiffre qui donne le vertige et soulève immédiatement de nombreuses questions.
Derrière cette statistique brute se cache une histoire complexe mêlant stratégie d’entreprise, développement technologique, batailles judiciaires et évolution du paysage réglementaire mondial. Aujourd’hui, alors que le XRP s’échange autour de 1,92 $, beaucoup se demandent ce que signifie vraiment ce volume colossal de tokens sortis des portefeuilles historiques. Plongeons ensemble dans les détails de cette saga qui continue de fasciner la communauté crypto.
Une distribution massive au fil des années
Le XRP n’est pas une cryptomonnaie comme les autres. Contrairement au Bitcoin miné progressivement ou à l’Ethereum qui a connu plusieurs phases d’émission, tous les 100 milliards de XRP ont été créés d’un seul coup en 2012. Cette particularité fondamentale a immédiatement posé la question de la répartition initiale et de la gestion ultérieure de cette masse considérable.
À l’origine, 80 milliards d’unités ont été attribués à l’entité qui deviendra plus tard Ripple Labs, tandis que 20 milliards ont été répartis entre les fondateurs et les premiers contributeurs. Ce choix structurel a marqué toute l’histoire du projet : une centralisation initiale très forte qui a souvent été reprochée à l’équipe dirigeante.
Les principaux acteurs et leurs portefeuilles actuels
Aujourd’hui, les données collectées sur la blockchain permettent d’estimer avec une précision raisonnable les avoirs encore détenus par les figures historiques du projet. L’entreprise Ripple elle-même conserverait environ 37,685 milliards de XRP, dont une large majorité reste verrouillée dans le système d’escrow mis en place en 2017.
Parmi les dirigeants et co-fondateurs, les noms les plus souvent cités reviennent systématiquement :
- Chris Larsen, président et co-fondateur, détiendrait environ 2,5 milliards de XRP répartis sur plusieurs portefeuilles.
- Arthur Britto, autre figure fondatrice, contrôlerait aux alentours de 1,3 milliard d’unités.
- David Schwartz, CTO de Ripple, posséderait une quantité bien plus modeste, avec des estimations historiques maximales autour de 26 millions de XRP.
En additionnant ces différentes poches, on arrive à un total approximatif de 41,485 milliards de XRP encore sous contrôle des dirigeants et de l’entreprise. La soustraction est implacable : près de 58,515 milliards d’unités ont donc quitté ces portefeuilles au cours des treize dernières années.
Le mécanisme d’escrow : une réponse aux critiques
Face aux accusations récurrentes de vente massive et de pression baissière sur le cours, Ripple a mis en place dès 2017 un système d’escrow particulièrement strict. 55 milliards de XRP ont été placés dans des smart contracts prévus pour libérer jusqu’à 1 milliard d’unités chaque mois, les quantités non utilisées retournant automatiquement dans de nouveaux contrats d’escrow.
En 2026, il resterait encore environ 34,185 milliards de XRP bloqués selon les dernières communications officielles. Ce mécanisme a permis de réduire considérablement le rythme des entrées sur le marché libre tout en offrant une prévisibilité aux investisseurs et aux régulateurs.
« La transparence sur les mouvements de tokens constitue désormais l’un des piliers de confiance dans l’écosystème crypto. »
Observation récurrente dans les analyses on-chain
Malgré cette mesure, le volume total distribué depuis les débuts reste impressionnant et alimente toujours les débats sur la véritable décentralisation du réseau XRP.
Quelles utilisations ont été faites de ces XRP vendus ?
Derrière le terme générique de « vente ou distribution », plusieurs réalités coexistent. Une partie significative a servi à financer le développement de l’entreprise : salaires, infrastructures, partenariats stratégiques, campagnes marketing et lobbying réglementaire.
Une autre portion a été utilisée pour créer des incitations dans l’écosystème : subventions à des projets bâtis sur le XRP Ledger, programmes de développeurs, liquidité sur les exchanges partenaires et opérations de market-making. Ripple a également procédé à des dons réguliers à des organisations caritatives et à des initiatives liées à l’inclusion financière.
Enfin, il ne faut pas négliger les ventes personnelles des dirigeants, souvent étalées sur de longues périodes et réalisées via des mécanismes visant à minimiser l’impact sur le marché. Ces opérations ont néanmoins suscité de nombreuses controverses, notamment lorsque le cours connaissait des phases baissières prononcées.
Le contexte réglementaire américain
Impossible d’aborder la distribution massive de XRP sans évoquer le long bras de fer judiciaire qui oppose Ripple à la Securities and Exchange Commission depuis plusieurs années. Les accusations portent notamment sur la qualification de security pour les ventes institutionnelles réalisées par l’entreprise.
Les milliards de tokens distribués ont servi d’argument central dans ce dossier : plus la quantité vendue est importante, plus il devient difficile de soutenir que ces opérations relevaient uniquement de l’utilité technique et non d’un investissement spéculatif. Les différentes décisions de justice ont oscillé entre clarifications partielles et reports, maintenant une incertitude qui pèse toujours sur le cours en 2026.
Cette bataille réglementaire a paradoxalement renforcé l’intérêt institutionnel pour le XRP dans certaines juridictions plus ouvertes, tandis qu’elle freinait son adoption aux États-Unis.
Évolution du cours face aux distributions
Depuis août 2013, date des premières cotations fiables, le XRP a connu des cycles extrêmement marqués. Des sommets historiques autour de 3,84 $ en janvier 2018 aux planchers sous les 0,20 $ en 2020 et 2022, le token a prouvé une résilience surprenante malgré les importantes sorties de tokens des portefeuilles historiques.
Plusieurs facteurs expliquent cette capacité à rebondir :
- Adoption progressive par les institutions financières pour les paiements transfrontaliers
- Améliorations constantes du protocole XRP Ledger
- Verrouillage progressif d’une part croissante via l’escrow
- Croissance de l’écosystème DeFi et NFT sur le ledger
- Retour périodique des investisseurs particuliers lors des bull runs
En janvier 2026, avec une capitalisation dépassant les 116 milliards de dollars, le XRP figure toujours parmi les cryptomonnaies les plus importantes par capitalisation, malgré la vente de plus de la moitié du stock initial par ses créateurs historiques.
Transparence on-chain : une force et une faiblesse
L’un des aspects les plus fascinants du XRP reste sa transparence intégrale. Chaque mouvement depuis le premier bloc est visible publiquement. Cette caractéristique, rare dans l’univers crypto, permet aux analystes indépendants de reconstruire l’historique complet des distributions.
Cette même transparence alimente cependant les critiques : chaque gros transfert sortant d’un portefeuille connu devient immédiatement un événement médiatique, souvent interprété comme un signal baissier, même lorsque la réalité est plus nuancée (simple mouvement interne, retour d’escrow, etc.).
En 2026, de nombreux observateurs considèrent que cette visibilité totale constitue à la fois la plus grande force et la principale vulnérabilité du XRP par rapport à des concurrents plus opaques.
Perspectives pour les années à venir
Avec encore plus de 34 milliards de XRP verrouillés dans l’escrow et un rythme de libération contrôlé, la pression vendeuse directe de Ripple devrait continuer à diminuer progressivement. Certains analystes estiment même qu’à horizon 2030, la quasi-totalité des tokens encore détenus par l’entreprise pourrait être définitivement bloquée ou redistribuée dans des programmes d’écosystème.
Parallèlement, l’utilité réelle du réseau continue de progresser : volume de transactions quotidiennes, nombre de comptes actifs, partenariats avec des institutions financières, intégration dans de nouvelles zones géographiques. Ces indicateurs fondamentaux pourraient, à terme, prendre le pas sur l’impact des anciennes distributions massives.
La question centrale reste cependant posée : un actif dont plus de la moitié du stock initial a été vendu par ses créateurs peut-il conserver durablement un statut de « crypto décentralisée » aux yeux du marché et des régulateurs ? Le débat fait rage et divise toujours profondément la communauté en 2026.
Conclusion : une histoire loin d’être terminée
Le chiffre de 58,5 milliards de XRP vendus ou distribués depuis 2012 résume à lui seul une décennie d’ambitions, de controverses, d’innovations et de batailles réglementaires. Loin d’être un simple constat comptable, il incarne les choix stratégiques fondamentaux qui ont façonné le projet Ripple et le token XRP.
Alors que la cryptosphère entre dans une nouvelle phase de maturité institutionnelle, le regard porté sur ces distributions historiques évolue. Certains y voient la preuve d’une centralisation excessive, d’autres la démonstration pragmatique qu’un projet d’envergure mondiale nécessite des ressources financières conséquentes.
Une chose est certaine : l’histoire du XRP et de Ripple est encore loin d’être terminée. Les prochaines années, avec l’accélération des paiements transfrontaliers basés sur blockchain et l’évolution du cadre réglementaire mondial, pourraient bien redéfinir complètement la perception de ce token pas comme les autres.
Et vous, que pensez-vous de cette distribution massive ? Centralisation assumée ou nécessité stratégique pour un projet d’infrastructure mondiale ? Le débat reste ouvert, et il est plus passionnant que jamais en cette année 2026.
Point clé à retenir : Sur les 100 milliards de XRP créés en 2012, environ 58,5 milliards ont quitté les portefeuilles historiques des fondateurs et de l’entreprise, laissant un solde contrôlé estimé à 41,5 milliards en 2026, dont une large majorité reste verrouillée via escrow.
Les mois à venir seront déterminants pour comprendre si cette histoire de distribution massive deviendra un simple chapitre du passé ou continuera d’influencer durablement le destin du XRP.









