Imaginez un jeune de 24 ans, éleveuse de chevaux, qui décide d’envoyer sa candidature à une émission de télévision pour trouver l’amour. Il y a encore quelques années, cela aurait paru presque incongru. Aujourd’hui, dans la nouvelle saison de L’amour est dans le pré, ce profil devient presque banal. La moyenne d’âge semble rajeunir d’année en année et les téléspectateurs s’interrogent : que se passe-t-il vraiment dans le monde rural pour que des trentenaires et même des vingtenaires choisissent ce chemin si particulier pour rencontrer leur moitié ?
Un rajeunissement spectaculaire des candidats
Depuis plusieurs éditions, l’émission phare de M6 attire un public de plus en plus jeune. Cette saison 21 ne déroge pas à la règle, bien au contraire. Parmi les agriculteurs et agricultrices qui ouvrent leur exploitation et leur cœur aux caméras, plusieurs n’ont pas encore franchi le cap de la trentaine. La benjamine, une passionnée d’équitation, n’a que 24 ans. À ses côtés, on retrouve un apiculteur de 29 ans, un éleveur de 27 ans inscrit avec son frère, et un autre candidat tout juste âgé de 29 printemps.
Ce phénomène n’est pas le fruit du hasard ni d’une volonté délibérée de la production de « rajeunir » le casting. Il reflète une transformation profonde des modes de vie et des attentes amoureuses en milieu rural. Les jeunes agriculteurs d’aujourd’hui ne veulent plus attendre que le destin frappe à leur porte. Ils prennent les devants.
Aucune limite d’âge, seulement des célibataires passionnés
La règle est simple et inchangée depuis les débuts du programme : il faut être majeur, célibataire et exercer une activité agricole. Point. Pas de quota de jeunes, pas de favoritisme envers telle ou telle production agricole. Chaque année, des milliers de dossiers arrivent dans les bureaux de la production. Et depuis quelques saisons, la tranche des 20-30 ans représente une part croissante des candidatures retenues.
Cette ouverture totale permet à des profils très variés de tenter leur chance. On y croise aussi bien des agriculteurs à la retraite que des jeunes installés depuis peu. Mais c’est bien la jeunesse qui interpelle le plus cette année. Pourquoi ces moins de 30 ans, souvent très actifs sur les réseaux sociaux, délaissent-ils les outils numériques modernes pour une méthode qui peut sembler d’un autre temps ?
Le ras-le-bol des applications de rencontres
« Beaucoup de jeunes nous disent que c’était mieux avant, quand on se rencontrait au bal du village ou au bar du coin. Il y a un vrai dégoût des applis car beaucoup de gens y viennent pour le sexe. » Cette phrase, prononcée par la productrice de l’émission, résume parfaitement le sentiment dominant chez ces candidats.
« Beaucoup de jeunes nous disent que c’était mieux avant, quand on se rencontrait au bal du village ou au bar du coin. Il y a un vrai dégoût des applis car beaucoup de gens y viennent pour le sexe. »
Les applications de dating, malgré leur apparente simplicité, souffrent d’une image très dégradée dans le milieu rural. Trop de superficialité, trop de plans d’un soir, pas assez de projets sérieux. Les agriculteurs et agricultrices célibataires veulent construire une vie à deux, souvent avec l’idée de transmettre plus tard leur exploitation. Ils recherchent donc une personne capable de s’investir durablement, de comprendre les contraintes horaires, les dimanches de traite, les aléas climatiques. Difficile de trouver cela sur un swipe à droite ou à gauche.
L’émission offre justement cette garantie de sérieux. Chaque prétendant ou prétendante rédige une lettre manuscrite, explique son parcours, ses valeurs, ses attentes. Ce filtre naturel élimine déjà une grande partie des profils qui ne cherchent qu’une aventure passagère.
Une génération qui veut s’installer… et vite
Les jeunes agriculteurs d’aujourd’hui sont souvent installés tôt. Beaucoup reprennent l’exploitation familiale entre 20 et 25 ans. À cet âge, leurs amis citadins sont encore étudiants ou en CDD, tandis qu’eux gèrent déjà des salariés, des emprunts bancaires à six chiffres et des cheptels importants. Cette responsabilité précoce accélère leur envie de fonder un foyer.
Dans les campagnes, le célibat prolongé est vécu comme un handicap professionnel autant que personnel. Sans conjoint pour partager la charge mentale et physique, il devient très compliqué de maintenir une exploitation viable sur le long terme. D’où cette urgence à trouver quelqu’un qui accepte ce mode de vie particulier.
- Responsabilités financières lourdes dès 22-25 ans
- Horaires atypiques et imprévisibles
- Isolation géographique relative
- Envie de transmission et de famille
- Recherche d’un partenaire qui comprenne vraiment le métier
Ces éléments expliquent pourquoi beaucoup n’hésitent plus à franchir le pas de l’émission dès qu’ils atteignent la majorité. Ils savent que le vivier de personnes compatibles est forcément restreint autour de chez eux.
Manon, Vincent, Fabien, Anthony : quatre visages de la nouvelle génération
Manon, 24 ans, élève des chevaux avec passion. Elle a choisi de rencontrer Karine Le Marchand à Paris plutôt que dans son exploitation, signe que la jeune femme bouge déjà beaucoup entre la campagne et la ville. Vincent, 29 ans, est apiculteur. Un métier exigeant, technique, et souvent solitaire. Fabien, 27 ans, s’est inscrit en même temps que son frère Etienne, preuve que même en fratrie, on peut manquer cruellement de rencontres amoureuses. Enfin Anthony, 29 ans, complète ce quatuor de la jeunesse.
Ces quatre profils ont en commun une maturité précoce et une lucidité sur ce qu’ils veulent : une relation sérieuse, un projet commun, une vie à la campagne. Ils ne cherchent pas la célébrité ; ils cherchent avant tout l’amour.
Et les autres candidats ? Des histoires toujours aussi émouvantes
Si la jeunesse est mise en lumière cette année, les profils plus âgés n’ont rien perdu de leur force émotionnelle. Certains agriculteurs retraités ou proches de la retraite livrent des parcours de vie bouleversants. On pense notamment à un agriculteur qui a traversé de lourdes épreuves personnelles et qui fait preuve d’une résilience impressionnante. Ces contrastes entre jeunesse et maturité font toute la richesse de l’émission.
Il y a aussi des histoires plus intimes, parfois marquées par la maladie. Une agricultrice touchée par une pathologie rare a accepté de partager son quotidien et son espoir de trouver quelqu’un qui l’accompagne malgré ce défi de santé. Autant de récits qui rappellent que, derrière les paysages bucoliques, se jouent des vies réelles, avec leurs joies et leurs difficultés.
Le retour du romantisme à la française ?
En choisissant L’amour est dans le pré, ces jeunes gens font un choix fort : ils misent sur le romantisme traditionnel plutôt que sur la modernité froide des algorithmes. Ils veulent des lettres manuscrites, des rencontres progressives, des discussions profondes avant même le premier rendez-vous. Une forme de slow dating qui séduit de plus en plus dans une société ultra-connectée.
Ce retour aux sources touche aussi les prétendants et prétendantes. Chaque année, des milliers de courriers affluent, rédigés à la main par des personnes prêtes à quitter leur région, leur métier, pour tenter l’aventure. Preuve que le désir de construire une histoire sérieuse transcende les générations et les milieux sociaux.
Un miroir de la société rurale actuelle
Au fond, L’amour est dans le pré n’est pas seulement un divertissement. C’est aussi un formidable révélateur des évolutions du monde agricole. Il montre que les jeunes agriculteurs ne sont pas des nostalgiques figés dans le passé. Ils utilisent les outils modernes (réseaux sociaux, candidatures en ligne) tout en rejetant ce qu’ils jugent superficiel dans ces mêmes outils.
Ils veulent du sérieux, de l’authenticité, du partage. Et si l’émission leur permet de trouver cela, alors peu importe qu’ils aient 24, 29 ou 65 ans. Ce qui compte, c’est la rencontre.
Alors que la diffusion des portraits se poursuit, une chose est sûre : cette saison 21 promet encore de belles émotions, de beaux paysages et peut-être quelques belles histoires d’amour. Et si la jeunesse est si présente, c’est peut-être tout simplement parce que l’espoir, lui, n’a pas d’âge.
Et vous, que pensez-vous de ce rajeunissement du casting ? Trouvez-vous cela logique ou surprenant ? Laisser un commentaire, on adore échanger avec vous !
En bref : les jeunes de la saison 21
Manon – 24 ans – Éleveuse de chevaux
Vincent – 29 ans – Apiculteur
Fabien – 27 ans – Inscrit avec son frère Etienne
Anthony – 29 ans – Agriculteur
Pour aller plus loin, la suite de la saison réserve encore de nombreuses surprises. Entre ceux qui recevront très peu de courriers et ceux qui en recevront des centaines, entre les déceptions et les coups de cœur, l’aventure ne fait que commencer. Rendez-vous lundi prochain pour découvrir la suite des portraits !









