Imaginez une fin d’après-midi ordinaire dans l’ouest de Nice. Une jeune femme de 23 ans roule tranquillement avec son bébé à bord, peut-être en route pour rentrer chez elle après une journée bien remplie. Soudain, un scooter se porte à sa hauteur. Des coups de feu claquent. En quelques secondes, une vie s’éteint sous les yeux innocents d’un nourrisson. Cette scène glaçante s’est déroulée le 21 janvier 2026, avenue Henri-Matisse, et elle continue de hanter les habitants de la région.
Le choc est immense. Lizabete, jeune maman pleine de vie, n’a pas eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait. Son enfant, miraculeusement indemne, est devenu orphelin de mère en un instant. Derrière ce drame se dessine une piste qui glace le sang : celle d’un règlement de comptes familial. Le principal suspect n’est autre qu’un proche, un homme déjà connu des services de justice.
Un meurtre froid et calculé en plein jour
Les faits se sont produits vers 18 heures, dans un quartier résidentiel habituellement calme. La victime circulait dans son véhicule quand un individu masqué, juché sur un deux-roues, a ouvert le feu à bout portant. Plusieurs projectiles ont atteint la conductrice, qui s’est effondrée sur le volant. Les secours, arrivés rapidement, n’ont pu que constater le décès malgré leurs efforts de réanimation.
Le bébé, installé à l’arrière, n’a pas été touché physiquement. Mais le traumatisme psychologique sera sans doute profond pour cette petite fille qui a assisté, impuissante, à l’assassinat de sa mère. Les enquêteurs ont rapidement retrouvé le scooter abandonné non loin de la gare, sans plaques d’immatriculation, signe évident d’une préméditation.
La piste intrafamiliale se confirme rapidement
Dès les premières heures, les investigations ont orienté les forces de l’ordre vers un cercle très restreint. Le compagnon de la victime a été entendu, tout comme d’autres membres de l’entourage proche. Très vite, un nom s’est imposé : celui de l’ex-beau-père de Lizabete, un homme de 45 ans originaire du Portugal.
Cet individu, qui vivait dans la région depuis plusieurs années, présentait un profil judiciaire préoccupant. Condamné à plusieurs reprises dans son pays natal pour des faits de violence et de vol, il avait également eu des démêlés avec la justice française, même si les condamnations restaient relativement mineures selon les autorités.
Quelques jours seulement avant le drame, il avait été interpellé pour des violences sur une ex-conjointe. Relâché sous contrôle judiciaire, il avait disparu des radars avant de passer à l’acte. Cette libération récente pose aujourd’hui de sérieuses questions sur le suivi des personnes dangereuses.
L’interpellation spectaculaire après trois jours de cavale
Le 24 janvier, après une traque intensive mobilisant d’importants moyens, les forces spéciales ont localisé le fugitif sur les hauteurs de Grasse. Le RAID et la BRI ont procédé à son arrestation sans incident. L’homme, qui se faisait parfois appeler par un surnom, n’a opposé aucune résistance.
Présenté à un juge d’instruction le lendemain, il a été mis en examen pour assassinat et placé en détention provisoire. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Lors de sa présentation, il est resté silencieux, refusant de s’exprimer sur les faits qui lui sont reprochés.
« Ce crime odieux devant un enfant innocent bouleverse toute une communauté. Nous devons la vérité à la victime et à sa famille. »
Ces mots, prononcés par un élu local présent sur les lieux dès le soir du drame, résument l’émotion collective. Une cagnotte a d’ailleurs été lancée pour soutenir la famille et notamment l’enfant désormais pris en charge.
Un passé judiciaire qui interroge
L’homme suspecté n’en était pas à son premier contact avec la justice. Né à la fin des années 1980 à Lisbonne, il avait accumulé plusieurs condamnations par contumace au Portugal pour des vols qualifiés et des violences physiques remontant aux années 1990. Des traces judiciaires officielles mentionnent même un séjour en prison dans la banlieue lisboète.
En France, son casier mentionnait principalement des infractions routières, comme la conduite sans permis. Pourtant, des sources proches de l’enquête évoquent une mise en cause ancienne pour viol, classée sans suite faute de preuves suffisantes. Ce dossier ressurgit aujourd’hui et alimente les interrogations sur les antécédents réels de l’individu.
Agent municipal à Nice, il bénéficiait d’une insertion professionnelle apparente. Pourtant, des témoignages font état de « méthodes de voyou » et d’un comportement parfois instable. Comment un tel profil a-t-il pu passer entre les mailles du filet ?
Les failles du suivi judiciaire en question
Ce drame ravive un débat récurrent en France : celui du suivi des personnes placées sous contrôle judiciaire. Relâché cinq jours avant les faits après une garde à vue pour violences conjugales, le suspect a pu préparer son acte en toute impunité apparente.
Les associations de victimes et certains responsables politiques appellent à un durcissement des mesures pour les auteurs de violences intrafamiliales. La présence d’un enfant en bas âge dans le véhicule rend le cas encore plus insupportable et souligne l’urgence de protéger les plus vulnérables.
- Violences répétées sur conjointes ou ex-conjointes
- Antécédents de mise en cause pour des faits graves
- Relâchement rapide malgré un risque évident
- Absence de suivi renforcé après les dernières interpellations
Ces éléments, mis bout à bout, interrogent les protocoles actuels. La société peut-elle se permettre de laisser en liberté des individus présentant un tel niveau de dangerosité ?
L’impact sur la communauté et les familles recomposées
Ce meurtre met en lumière les tensions parfois extrêmes au sein des familles recomposées. Conflits d’autorité, jalousies, ruptures mal vécues : les motifs peuvent être multiples et explosifs. Dans ce cas précis, la relation entre le suspect et la victime passait par le compagnon de cette dernière, fils ou beau-fils selon les points de vue.
La communauté cap-verdienne de la région, à laquelle appartenait Lizabete, est particulièrement touchée. De nombreux hommages ont fleuri sur les réseaux sociaux, témoignant de l’affection que portait l’entourage à cette jeune femme décrite comme douce et dévouée à son enfant.
Le bébé, aujourd’hui pupille de la nation selon certaines informations, symbolise à lui seul la tragédie. Comment grandir après avoir vu sa mère mourir sous ses yeux ? Les psychologues spécialisés dans le trauma infantile insistent sur l’importance d’un accompagnement immédiat et durable.
Vers une enquête approfondie et des réponses attendues
L’enquête se poursuit. Les enquêteurs examinent les communications téléphoniques, les images de vidéosurveillance et les témoignages pour reconstituer précisément le mobile et le déroulement des faits. La préméditation semble évidente au vu du mode opératoire : arme à feu, scooter volé ou dissimulé, fuite organisée.
Le silence du mis en examen complique la tâche, mais les preuves matérielles s’accumulent. Des expertises balistiques et ADN sont en cours. La justice devra déterminer si d’autres personnes ont pu être impliquées, même indirectement.
Pour la famille de Lizabete, chaque jour qui passe est une épreuve supplémentaire. La douleur est immense, mêlée d’incompréhension et de colère. Pourquoi personne n’a-t-il su empêcher ce geste fatal ?
Un appel à la vigilance collective
Ce fait divers tragique rappelle que la violence intrafamiliale peut surgir n’importe où, même dans une ville aussi agréable que Nice. Les signalements, les plaintes, les alertes doivent être pris au sérieux. Trop souvent, les victimes hésitent à parler par peur ou par amour résiduel.
Les professionnels du secteur social, les forces de l’ordre et la justice ont un rôle crucial à jouer. Mais la société entière est concernée. Chacun peut devenir un maillon de prévention en écoutant, en soutenant, en dénonçant quand cela est nécessaire.
En attendant les conclusions définitives de l’enquête, une chose est sûre : la mort de Lizabete laisse un vide irréparable. Son sourire, sa joie de vivre, son amour inconditionnel pour son enfant resteront gravés dans les mémoires. Que ce drame serve au moins à renforcer la protection des femmes et des enfants face aux violences.
Le combat contre la récidive et pour une meilleure prise en charge des auteurs de violences doit se poursuivre. Car derrière chaque statistique se cache une histoire, une famille brisée, un avenir volé. Et aujourd’hui, c’est celui de Lizabete et de sa petite fille qui nous interpelle tous.
Points clés à retenir de ce drame :
- Jeune femme de 23 ans tuée par balles devant son bébé
- Piste intrafamiliale confirmée par l’arrestation du suspect
- Suspect de 45 ans, multirécidiviste, interpellé après cavale
- Mis en examen pour assassinat, encourt la perpétuité
- Questions posées sur le suivi judiciaire et la prévention
Ce genre d’événement nous force à regarder en face les failles de notre système. Espérons que la justice rende un verdict à la hauteur de la souffrance infligée et que des mesures concrètes voient le jour pour éviter de nouveaux drames similaires.
L’histoire de Lizabete est celle d’une vie fauchée trop tôt, d’un amour maternel interrompu brutalement, d’une petite fille qui grandira avec un manque immense. Que son souvenir nous pousse à plus de vigilance et de solidarité.









