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Trophée Jules Verne : Thomas Coville Bat le Record Absolu

Thomas Coville vient d’accomplir l’exploit ultime : un tour du monde en 40 jours et 10 heures seulement. Malgré une tempête finale dévastatrice, Sodebo Ultim 3 décroche le record absolu. Mais qu’ont-ils vraiment affronté dans ces dernières heures infernales ?

Imaginez-vous lancé dans une course contre la montre, où chaque minute compte, où les éléments déchaînés testent les limites humaines et mécaniques. Dimanche matin, un équipage français a franchi une ligne invisible entre deux phares emblématiques, inscrivant son nom dans l’histoire de la voile océanique. Ce moment marque bien plus qu’une simple arrivée : il symbolise la persévérance, le courage et une quête d’excellence qui défie l’entendement.

Un record absolu qui entre dans la légende

En bouclant son dixième tour du monde à la voile, Thomas Coville n’a pas seulement gagné une épreuve. Il a établi un nouveau standard absolu pour le Trophée Jules Verne. Le chrono final : 40 jours, 10 heures et 45 minutes. Ce temps pulvérise l’ancienne référence de plus de 12 heures et 44 minutes. Une performance qui place cet exploit parmi les plus grands de l’histoire maritime moderne.

Le maxi-trimaran a couvert une distance impressionnante de 28 315 milles nautiques, soit environ 52 440 kilomètres. La vitesse moyenne atteinte sur l’ensemble du parcours dépasse les 29 nœuds, ce qui représente plus de 50 km/h en permanence sur l’océan. Ces chiffres seuls suffisent à mesurer l’ampleur de la prouesse technique et humaine réalisée.

Un départ prometteur dès les premières heures

Dès les premiers instants de cette tentative, l’équipage a imposé un rythme effréné. La traversée entre Ouessant et le cap de Bonne-Espérance a été bouclée en seulement 10 jours et 23 heures. Ce chrono intermédiaire constituait déjà un record en soi. Il annonçait la couleur d’une campagne qui s’annonçait exceptionnelle.

Ce départ canon a permis de creuser un écart précieux sur les références précédentes. Pourtant, rien n’était joué. Les océans du Sud, connus pour leur violence imprévisible, réservaient encore de nombreux pièges. Chaque mille parcouru demandait une vigilance de tous les instants.

Le suspense jusqu’à l’antiméridien et au-delà

Le parcours a connu des moments de bascule. À un moment précis, l’équipage s’est retrouvé dépassé par le temps de référence. Les conditions changeantes et les choix stratégiques ont inversé la tendance au cap Horn. Cette reprise de contrôle a redonné espoir et énergie à l’équipe.

Mais le véritable défi attendait dans la dernière ligne droite. Une dépression puissante, nommée Ingrid, a balayé la zone finale avec une force rare. Des vagues de dix mètres et des rafales approchant les 100 km/h ont transformé les dernières 36 heures en véritable calvaire. L’équipage a dû naviguer au bord du précipice technique.

Les 36 dernières heures ont été les plus difficiles et les plus longues de cette tentative : nous avons abîmé plus de choses que pendant tout le tour du monde.

Thomas Coville

Cette déclaration résume parfaitement l’intensité vécue à bord. Une déferlante massive a même arraché un support essentiel pour le safran. Malgré les dégâts, l’équipage est parvenu à maintenir le contrôle du bateau. Cette capacité à gérer la crise sous pression illustre le niveau d’expérience et de sang-froid de l’équipe.

Un équipage soudé face à l’adversité

Thomas Coville était entouré de six marins chevronnés. Chacun a apporté sa pierre à cet édifice exceptionnel. Leurs noms méritent d’être cités : Benjamin Schwartz, Léonard Legrand, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel. Ensemble, ils forment une équipe soudée, capable de prendre les décisions collectives dans les moments les plus critiques.

La complémentarité des compétences a été déterminante. Les uns excellant dans la stratégie météo, les autres dans la maintenance sous contrainte, d’autres encore dans la gestion des performances du bateau. Cette alchimie rare explique en grande partie la réussite finale.

Un quatrième essai couronné de succès

Pour Thomas Coville, cette victoire représente la concrétisation d’un long chemin. Depuis 2020, plusieurs tentatives avaient été lancées. À chaque fois, des obstacles majeurs avaient empêché d’atteindre l’objectif. Cette quatrième campagne a finalement porté ses fruits.

Le skipper de 57 ans succède ainsi à Francis Joyon, qui détenait le record depuis 2017 avec un temps de 40 jours et 23 heures. Nombreux sont ceux qui ont tenté de battre cette marque sans y parvenir. Coville et ses hommes y sont arrivés avec une marge significative.

Le parcours d’un marin hors norme

Thomas Coville n’en est pas à son premier Trophée Jules Verne. Il avait déjà participé à cette épreuve mythique en tant qu’équipier. En 1997 avec Olivier de Kersauson, puis en 2010 avec Franck Cammas, il avait goûté à la victoire. Cette fois, il signe son premier succès en tant que skipper.

Cette consécration vient couronner une carrière déjà riche en exploits. Affable, meneur d’hommes, il incarne une certaine idée de la voile océanique : respectueuse des éléments tout en les défiant sans relâche. Son leadership naturel a été déterminant pour maintenir la cohésion d’équipage dans les moments les plus sombres.

Sodebo Ultim 3 : une machine devenue référence

Le bateau lui-même mérite une mention particulière. Mis à l’eau en 2019 après des milliers d’heures de conception et de construction, ce maxi-trimaran a connu des débuts difficiles. Longtemps considéré comme moins performant que certains concurrents directs, il a progressivement gagné en fiabilité.

Cette qualité s’est révélée décisive sur un tour du monde. Là où la vitesse pure peut parfois se retourner contre un équipage, la robustesse permet de traverser les tempêtes sans capituler. Au fil des années et des tentatives, Sodebo Ultim 3 est devenu une référence incontournable dans la classe Ultim.

Le soutien indéfectible du sponsor depuis plus de vingt-cinq ans a permis de construire ce projet ambitieux. Cette fidélité rare dans le monde du sport de haut niveau mérite d’être soulignée. Elle illustre une relation de confiance mutuelle qui porte aujourd’hui ses fruits les plus éclatants.

Les derniers hectomètres dans la tourmente

Dans les heures précédant l’arrivée, une nouvelle dépression s’est formée au large de l’Irlande. Elle a obligé l’équipage à réaliser un ultime empannage délicat. À seulement une trentaine de kilomètres des côtes bretonnes, les marins ont dû rester concentrés jusqu’au bout.

Le franchissement de la ligne à 7h46 a libéré une immense joie contenue. Après des semaines de tension permanente, le soulagement était palpable. L’arrivée prévue à Brest vers 11 heures a donné lieu à des célébrations méritées pour ces héros modernes des mers.

Un exploit qui ouvre de nouvelles perspectives

Cette victoire ne marque pas la fin de l’aventure. Une troisième génération de foils est actuellement en cours de fabrication à Lorient. L’objectif affiché est clair : viser la victoire sur la prochaine Route du Rhum prévue en fin d’année. Le duo skipper-bateau entend poursuivre son ascension.

Ce record absolu constitue une étape majeure, mais l’appétit reste intact. Dans l’univers ultra-compétitif des Ultims, chaque performance ouvre la porte à de nouveaux défis. L’histoire de ce trimaran et de son équipage est loin d’être terminée.

Pourquoi cet exploit touche-t-il autant ?

Au-delà des chiffres et des performances brutes, cet exploit parle à quelque chose de profondément humain. Il raconte l’histoire d’hommes qui refusent de se contenter de l’ordinaire. Ils repoussent sans cesse les limites de ce qui semble possible sur l’océan.

Dans un monde où la technologie domine souvent, voir des marins affronter les éléments à la force du poignet et de l’intelligence reste fascinant. Le Trophée Jules Verne incarne cette quête intemporelle de l’aventure pure. Il rappelle que certaines frontières ne se franchissent qu’avec du courage, de la préparation et une immense détermination collective.

Thomas Coville et ses compagnons ont écrit une nouvelle page glorieuse de cette légende maritime. Leur nom restera associé à ce chrono exceptionnel pour de longues années. Et peut-être que d’autres viendront un jour tenter de les détrôner. C’est toute la beauté de ces records absolus : ils inspirent les générations futures à rêver encore plus grand.

Pour l’instant, savourons simplement cet exploit rare. Un tour du monde en moins de 41 jours. Une performance qui défie l’entendement et qui continuera longtemps de faire vibrer les passionnés de voile et d’aventure.

Les chiffres clés de cet exploit historique

  • Temps total : 40 jours, 10 heures et 45 minutes
  • Amélioration du record précédent : 12 heures et 44 minutes
  • Distance parcourue : 28 315 milles nautiques (52 440 km)
  • Vitesse moyenne : 29,17 nœuds (environ 54 km/h)
  • Traversée Ouessant-Bonne-Espérance : 10 jours et 23 heures (record intermédiaire)

Ces données brutes parlent d’elles-mêmes. Elles traduisent une maîtrise technique et une endurance hors norme. Elles incarnent aussi des nuits sans sommeil, des quarts interminables, des réglages incessants et une vigilance permanente face à un océan qui ne pardonne jamais la moindre erreur.

En conclusion, cet exploit dépasse largement le cadre sportif. Il touche à l’essence même de l’aventure humaine : aller là où personne n’est allé auparavant, plus vite, plus fort, plus loin. Thomas Coville et son équipage nous rappellent que certains rêves restent à portée de main… à condition d’y croire assez fort et de travailler sans relâche pour les atteindre.

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