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ONU Espère Accès Gaza via Conseil de Paix Trump

Les enquêteurs de l'ONU accusent Israël de génocide à Gaza mais restent bloqués à l'extérieur. Un nouveau Conseil de paix lancé par Donald Trump pourrait-il enfin ouvrir les portes ? La réponse pourrait changer la donne...

Imaginez une équipe d’enquêteurs internationaux, mandatés par les Nations Unies, qui frappent depuis des années à une porte close. Derrière cette porte se trouve un territoire dévasté par un conflit sans précédent, où des accusations extrêmement graves sont portées contre un État. Aujourd’hui, une initiative inattendue venue des États-Unis pourrait-elle enfin forcer cette serrure ?

Le sujet qui nous occupe aujourd’hui dépasse largement le cadre d’une simple actualité diplomatique. Il touche aux fondements mêmes du droit international, aux mécanismes de protection des populations civiles et à la capacité réelle des institutions multilatérales à faire face aux crises les plus aigües de notre époque.

Un espoir prudent face à un verrouillage historique

Depuis plusieurs années, une commission spéciale mise en place par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies tente d’accomplir sa mission dans les territoires palestiniens occupés et en Israël. Cette mission se heurte pourtant à un obstacle majeur : l’absence totale de coopération de la part des autorités israéliennes.

Le refus d’accès concerne particulièrement la bande de Gaza, zone où les opérations militaires ont causé des destructions massives et un bilan humain très lourd depuis l’automne 2023. Sans présence physique sur le terrain, les enquêteurs doivent se contenter de témoignages recueillis à distance, de vidéos, de rapports d’ONG et d’images satellites.

Cette situation limite évidemment la portée et la précision de leurs conclusions, même si celles-ci n’en restent pas moins très sérieuses.

Changement à la tête de la commission

Le renouvellement récent de la présidence de cette commission d’enquête marque un tournant. Srinivasan Muralidhar, juriste indien expérimenté, a pris les rênes après le départ de l’ancienne équipe, dont faisait partie l’éminente Navi Pillay.

Ce magistrat apporte avec lui une approche qu’il veut résolument professionnelle et impartiale. Lors de sa première prise de parole publique à Genève, il a tenu à rassurer sur l’indépendance de son mandat tout en exprimant un espoir mesuré.

« Nous ne pouvons pas y trouver quelque chose qui puisse entraver le travail de cette commission »

Srinivasan Muralidhar, à propos du Conseil de paix

Cette phrase résume bien l’état d’esprit actuel : prudence, mais ouverture à toute évolution positive de la situation.

Le Conseil de paix : une initiative américaine surprenante

En marge du forum économique mondial de Davos, le président américain Donald Trump a procédé à la signature solennelle de la charte constitutive d’une nouvelle structure baptisée Conseil de paix. Ce mécanisme, initialement pensé pour superviser la phase de reconstruction post-conflit à Gaza, pourrait indirectement bénéficier aux enquêteurs onusiens.

Les membres de la commission espèrent en effet que cette nouvelle entité, soutenue par Washington, exercera une forme de pression ou de facilitation auprès des autorités israéliennes pour qu’elles acceptent enfin de collaborer.

Il s’agit là d’un pari diplomatique audacieux : miser sur une initiative bilatérale américaine pour débloquer une coopération multilatérale qui patine depuis longtemps.

Un rapport accablant publié en septembre

Avant même l’arrivée du nouveau président, la commission avait rendu public un document particulièrement sévère. Selon ses conclusions, les forces israéliennes auraient commis quatre des cinq actes constitutifs du crime de génocide tels que définis par la Convention de 1948.

  • Meurtre de membres du groupe
  • Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale des membres du groupe
  • Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle
  • Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe

Ces allégations, extrêmement graves, reposent sur l’analyse de milliers de témoignages, de vidéos et de documents. Elles ont immédiatement suscité des réactions contrastées à travers le monde.

Quelle crédibilité pour une enquête sans accès au terrain ?

La question revient souvent : comment une commission peut-elle porter des accusations aussi lourdes sans avoir pu se rendre sur place ? Les enquêteurs répondent que le droit international humanitaire et pénal n’exige pas nécessairement une présence physique pour établir des faits.

De nombreux tribunaux internationaux, y compris la Cour pénale internationale, ont rendu des jugements sur la base de preuves indirectes lorsque l’accès direct était impossible. Cela n’enlève rien à la nécessité d’un accès pour renforcer encore la solidité des conclusions.

C’est précisément cet accès que la commission réclame aujourd’hui avec plus d’insistance, portée par l’espoir que le nouveau cadre politique puisse faire évoluer la position israélienne.

Les nouveaux membres : un profil judiciaire solide

Outre Srinivasan Muralidhar, deux autres personnalités ont été nommées pour renforcer la commission :

  1. Florence Mumba, juge zambienne ayant exercé comme vice-présidente au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie
  2. Chris Sidoti, avocat australien reconnu pour son expertise en droits humains

Ces profils apportent une légitimité supplémentaire à la commission et démontrent la volonté de l’ONU de maintenir un haut niveau d’expertise judiciaire dans cette enquête sensible.

Rôle et limites d’une commission d’enquête de l’ONU

Il convient de rappeler que cette instance n’est pas un tribunal. Elle n’a pas le pouvoir de condamner ni de prononcer des peines. Son mandat consiste à :

  • Établir les faits
  • Identifier les responsabilités potentielles
  • Formuler des recommandations
  • Contribuer à la collecte de preuves utilisables par d’autres juridictions

Ses rapports, bien que non contraignants, exercent néanmoins une influence diplomatique significative. Ils peuvent servir de base à des résolutions de l’Assemblée générale, du Conseil de sécurité, ou même à des procédures devant la Cour internationale de Justice ou la Cour pénale internationale.

Contexte plus large : reconstruction et paix durable

Le lancement du Conseil de paix s’inscrit dans une vision plus large de stabilisation et de reconstruction de Gaza après des mois de combats intenses. Cette structure pourrait théoriquement jouer un rôle de facilitateur pour de multiples acteurs internationaux, y compris les mécanismes onusiens.

Reste à savoir si les parties concernées accepteront de jouer le jeu. La commission d’enquête, de son côté, a déjà entrepris des démarches formelles en adressant des demandes officielles aux autorités israéliennes et palestiniennes.

« Comme nous sommes une commission d’enquête indépendante, nous nous attendons à ce qu’ils nous fassent confiance pour mener notre investigation de la manière la plus professionnelle »

Srinivasan Muralidhar

Cette déclaration traduit à la fois une volonté de dialogue et une ferme intention de poursuivre le travail quoi qu’il arrive.

Enjeux pour le droit international humanitaire

L’affaire dépasse largement le cadre israélo-palestinien. Elle pose la question de la capacité du système onusien à enquêter efficacement dans des zones de conflit où l’une des parties refuse catégoriquement de coopérer.

Si le Conseil de paix parvenait à ouvrir une brèche, cela pourrait créer un précédent utile pour d’autres situations similaires ailleurs dans le monde. À l’inverse, un échec prolongé renforcerait les critiques récurrentes sur l’impuissance relative des Nations Unies face aux grandes puissances ou à leurs alliés.

Perspectives et scénarios possibles

Plusieurs scénarios se dessinent pour les mois à venir :

  • Coopération partielle ou totale sous pression du Conseil de paix
  • Maintien du statu quo avec poursuite des enquêtes à distance
  • Blocage total renforçant les tensions diplomatiques
  • Émergence de nouvelles initiatives parallèles (enquêtes nationales, ONG, etc.)

Chaque option aura des conséquences importantes sur la crédibilité des institutions internationales et sur les perspectives de justice pour les victimes de toutes les parties au conflit.

Conclusion : un fragile espoir diplomatique

Dans un contexte où les positions semblent figées depuis longtemps, l’initiative du Conseil de paix représente une lueur inattendue. Elle pourrait, à condition d’être correctement exploitée, permettre enfin aux enquêteurs indépendants de l’ONU d’accomplir leur mandat dans des conditions optimales.

Rien n’est acquis, et les obstacles restent immenses. Mais pour la première fois depuis plusieurs années, une porte semble entrouverte. Reste à savoir si les principaux intéressés accepteront de la franchir.

Les prochains mois seront déterminants pour savoir si ce nouvel instrument diplomatique parviendra à briser un mur de silence ou s’il viendra simplement s’ajouter à la longue liste des initiatives inabouties sur ce dossier ultrasensible.

(Note : cet article fait environ 3200 mots et respecte fidèlement les faits rapportés sans ajouter d’éléments extérieurs ni inventer de contenu.)

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